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Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 00:01
Le Phasme nous présente une tenue "low profile":

Expression bien connue des pratiquants d'Airsoft, des adeptes du Milsim et des amateurs de Forces Spéciales en général, le "Low Profile" est d'actualité depuis l'attaque de l'Afghanistan à la fin de l'année 2001 par les troupes occidentales.

Littéralement, "Low Profile" (LP) signifie "Profil Bas". Ce terme désigne l'attitude, mais surtout la tenue employée en milieu hostile par les unités spéciales et/ou clandestines.
L'attitude et la tenue LP ont pour but d'évoluer avec moins d'entraves dans un milieu très ou extrêmement hostile à l'uniforme du soldat et du policier.
Une tenue LP est plus une tenue de combat de basse visibilité qu'une tenue purement civile. Il y a une nuance, si l'emploi est policier ou militaire.

Pour les personnels opérant sur le territoire national, une tenue LP est tout bêtement civile, celle que les enquêteurs OPJ, les opérateurs des BACs ou des unités spéciales des forces de sécurité intérieure (Police/Gendarmerie/Douanes) portent au quotidien ou endossent à l'occasion pour se fondre dans la population et agir discrètement.
La tenue civile a aussi pour effet de ne pas être aussi agressive pour certains qu'un uniforme, ce qui induit souvent une forme de respect et une crainte qu'un uniforme ne suscite pas forcément. Là où l'uniforme peut fermer le dialogue et envenimer une situation tendue, la tenue "Low Profile" intervient. Pour le commun des mortels, un personnel des forces de sécurité en tenue civile est gage d'un "petit quelque chose" en plus et d'une expérience supplémentaire...

Pour les militaires, les choses sont plus compliquées.
L'origine du LP militaire est peut-être aussi vieille que le militaire lui-même. Plus particulièrement pour le militaire engagé dans des opérations clandestines, celles que l'Etat qui l'emploie ne peut en aucun cas reconnaître officiellement.
Dans ce cas précis, le militaire infiltré en milieu hostile pour une mission clandestine se doit de se fondre dans la population ou d'être le plus discret possible s'il agit à la frange des troupes régulières de son propre camp (se fondre dans la troupe et éviter les fuites maladroites).
Les hommes engagés dans une opération clandestine ne sont pas forcément des espions à proprement parler, mais peuvent faire partie d'unités qui n'agissent que dans le secret (pour les autres unités, le grand public... et certaines autorités de leur propre pays parfois).


Sous les feux des projecteurs depuis l'Opération Enduring Freedom en Afghanistan en 2002, puis en Irak pour Iraqii Freedom, les forces spéciales et certaines unités encore plus discrètes ont démontré un goût immodéré pour ces tenues "Low Profile", qui sont à la fois des attitudes, des vêtements et des armements situés à des années-lumière de ce que l'on peut voir chez le troupier du rang.

Nous avons tous vus des photos ou entendu parler de ces super-soldats, que ce soit en A-Stan ou en Irak.
SAS, SBS et SRR Britanniques, pour les plus réputés; Delta Force et Special Operation Groups de la CIA (commandos clandestins) américains; Forces spéciales Françaises des trois Armes et Forces Spéciales de la DGSE (CPIS,CPEOM ou CPES).
Dans un contexte voisin, au Proche-Orient, les unités très spéciales de Tsahal, chargées des actions clandestines dans les territoires occupés ou au Sud-Liban: les Sayerot "officielles", le Kommando Yami et les unités plus que secrètes comme Egoz, Duvdevan ou Shimshon. Ces unités opèrent presque exclusivement en "Low Profile", poussant cette discrétion au stade du mimétisme absolu, de par le caractère de danger extrême de leurs missions.

Le "Low profile" est aujourd'hui caractéristique des Forces Spéciales et non conventionnelles, comme les commandos et les FS des services de contre-espionnage (CIA, DGSE, Mi-6, Mossad...). Pourtant, son origine remonte à l'antiquité, notamment au conflit qui oppose l'Empire Romain aux combattants Juifs en Judée et en Galilée (déjà!). Les combattants Juifs se fondaient dans la population locale pour frapper l'ennemi, en usant de tout ce qui pouvait le leurrer (langue et vêtements). C'est bien une forme de Low profile, déjà...


Plus tard dans l'histoire, tout combattant désireux de s'opposer à une force armée hors d'un contexte d'affrontement en champ ouvert, aura recours au LP.
Les rebelles, insurgés, guérilleros, maquisards et résistants usent et abusent du "Low profile", pour plusieurs raisons: absence de front régulier et population au contact direct des troupes ennemies; impossibilité physique d'utiliser un uniforme; actions moralement répréhensibles par la morale, notamment pour éviter de nuire à la popularité du mouvement.
A partir des années 45-50, les forces conventionnelles occidentales, confrontées aux luttes sanglantes de la décolonisation, vont comprendre rapidement l'intérêt de ne pas systématiquement opérer en uniforme. Un exemple célèbre reste celui du français Vandenberghe, du Commando delta en Indochine; par mimétisme avec ses hommes, mais aussi par souci de discrétion, ce soldat hors-pair combattit avec le pyjama noir traditionnel des paysans vietnamiens. Ce que feront parfois certaines forces spéciales U.S ( Navy SEAL's) dans le conflit qui suivra à partir de 1963.

Dans un pays soumis à une occupation étrangère, l'uniforme étranger est synonyme d'agression. Un pays est réputé pour ce phénomène: l'Afghanistan. Deux uniformes s'y sont déjà cassé les dents: le Britannique au 19ème siècle, le Soviétique au 20ème. Tout un lot d'uniformes différents semble subir le même sort depuis 2003-2004: celui des troupes occidentales.
En Afghanistan, l'uniforme étranger ne passe pas. En Irak non plus, d'ailleurs. Ces deux pays répondent à des lois religieuses, tribales et claniques et l'uniforme du soldat étranger devient à lui seul une agression morale, visuelle et physique, en particulier dans les zones tribales ou les régions difficiles d'accès (qui sont souvent les mêmes).
C'est là que le "Low Profile" intervient. Il a pour but de se montrer discret dans les actes, les manières et les tenues. Pour les unités spéciales, il ne s'agit pas d'arriver en blindé rugissant et menaçant, d'effrayer une population civile déjà éprouvée et de paraître "inhumain". Tout le contraire d'une troupe d'infanterie mécanisée américaine, qui débarque arme au poing, sanglée et casquée de partout, protégée au point de proscrire les contacts physiques avec les populations civiles.
Voyez la différence entre un SAS qui arpente les montagnes d'Afghanistan portant Pakhol et shemag et une tortue-ninja des Marines U.S.
L'objectif est pourtant le même: gagner la guerre, neutraliser l'ennemi, vaincre les cœurs et les esprits.

Dans ce contexte, les unités spéciales et clandestines appréhendent toute l'importance d'être "Low Profile".
Pas d'uniforme, ou seulement quelques pièces, pour montrer à quel camp on appartient. Vestes et pantalons civils tels que des jean's, pour casser l'image du soldat en treillis. Gilets multi-poches qui rompent avec l'aspect belliqueux des brêlages débordants et qui escamotent les armes de poing aux regards des civils. Barbes mimétiques pour adopter les coutumes des locaux. Patrouilles discrètes en dehors des zones de patrouilles mécanisées, armements souvent facilement dissimulable...

Les troupes anglaises et les rares commandos clandestins qui se sont "laissés" voir ou photographier en sont bel un exemple: les hommes apparaissent barbus, portant sur la tête tout ce qui peut les distinguer d'un troupier; gilets ou rigs non règlementaires; jean's ou pantalons de trek civils; chaussures de montagne; armement court et "customisé" (M4 CQB, M1A SOCOM, HK G36 C, PDW's, etc.).

Ce genre de tenue désormais appelée "Low Profile" a pour but évident de contourner l'image traditionnelle du soldat du rang, venu pour occuper et pour mener une lutte brutale, inégale et traumatisante.
La population qui rencontre un personnel d'aspect plus civil, donc moins agressif par nature, se laisse plus facilement approcher et est à priori plus encline à coopérer avec lui. A charge à ce personnel FS de s'adapter à son environnement (Cf. Vandenberghe).



Si le "Low Profile" est souvent gage de progrès et de réussite dans les opérations qui visent à rallier les populations locales, il est à double tranchant.
Les FS américaines et Britanniques ont systématiquement opéré en tenue LP aux premières heures du conflit en A-Stan, ce qui a aussi eu pour effet une arrogance ouverte vis-à-vis de la troupe conventionnelle qui n'opère qu'en uniforme. Partir combattre en jean's avec une casquette de base ball a pour but, ne le cachons pas, d'affirmer la liberté relative dont jouissent les FS dans biens des domaines, notamment la "démilitarisation". Ce qui induit des jalousies et des tensions.
Les commandos clandestins type SOG ou CPIS n'ont quant à eux aucun compte à rendre sur leurs tenues et leur matériel; seul compte le résultat.

Autre problème, l'abondance des personnels travaillant en civil sur les théâtres d'opérations modernes: Forces Spéciales, journalistes, médecins et ONG, Contractors.
Dans un contexte aussi difficile que celui de l'Irak ou de l'Afghanistan, quelle est la part de la population qui est capable de faire la différence entre un Land Rover du SAS et d'une ONG, ou entre un médecin des FS protégé par un pare-balles et un PA et un contractor de Blackwater?

Le "Low Profile" commence à être identifié avec le temps. Ceux d'En-Face ont fini par comprendre que les gars en jean's qui n'ont pas l'air de soldats sont en réalité bien plus dangereux et précieux qu'un troupier.
Hormis les espions et certaines unités URH pointues comme le 13ème RDP ou le SRR dont le rôle est de se fondre dans le paysage, ceux qui agissent en tenue "Low Profile" ou qui en ont les manières, deviennent des cibles de choix.

Trop de "Low profile" risque de tuer le "Low profile".

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Published by LE PHASME - dans TECHNIQUE
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commentaires

le phasme 20/12/2008 11:55

@ Pousse-Cailloux: les Dieux du Mercantour t'entendent, mon sucre d'orge!

Romain 19/12/2008 19:05

Pousse-Cailloux de Romain : vient dans mes bras Dave.

Athos 19/12/2008 18:37

@ Le Phasme: que le doute t'habite...camarade. Je ne pensais pas que tu puisses douter sur de pareil détails, et puis un fantasme c'est pas bon de le réaliser...On a plusieurs anecdotes en stock mon petit lapin...pour toi un de ces jours peut etre, délivrées par les interressés, s'ils t'en jugent dignes....

le phasme 19/12/2008 15:48

hi hi!! je fais souvent des rêves réalistes...

Pousse-cailloux 19/12/2008 14:28

Un fantasme ne peut pas toujours se réaliser mon jeune ami. Restes dons dans le doute.

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