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Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 16:14
Indissociable du tireur d'élite ou sniper, la ghillie suit est un survêtement de camouflage tridimensionnel, qui est l'aboutissement du camouflage individuel.

Histoire et étymologie:



Le terme Ghillie Suit (prononcer "gui-li-soute") provient du gaélique écossais de la fin du 16 ème siècle. Le mot Gille désigne l'assistant aux chasses ou aux pêches privées de l'Ecosse. Le Gille était chargé de l'assistance aux hôtes, ainsi que la surveillance de son environnement et la traque des braconniers.

Au 19ème siècle, des tenues bricolées par ces gardes-chasse pour compter les cerfs et approcher les braconniers sont utilisées par les Scouts d'un certain Lord Lovat, le seizième du nom, pendant la deuxième guerre des Boers (1899-1902). C'est là la toute première utilisation de Ghillie Suits (littéralement "tenue des ghillies") sur le terrain de la guerre.

Cette unité formée par l'armée britannique (Lovat Scouts) sera d'ailleurs sa première unité de snipers, et ce durant la Première Guerre Mondiale.

Petite ironie de l'histoire, le terme Ghillie désigne aussi une chaussure de danse utilisée dans les Highlands écossais…

Depuis cette époque où commencent à "s'illustrer" des snipers, la ghillie suit n'a cessé d'évoluer.

Allant d'un simple vêtement très ample et bariolé (première et deuxième guerres mondiales) à un survêtement garni de toile de jute, la ghillie est l'outil numéro 2 du sniper après son fusil.

" Ghillie inventée par les Lovat Scouts" (seule photo ne nous appartenant pas)

Description:

Il n'est pas possible de réellement décrire tel ou tel type de ghillie. Il existe autant de modèle de ghillies que de snipers et d'environnements. En revanche, il existe des impératifs à respecter, dictés par la nature du terrain où le sniper opère. Ces impératifs influent directement sur le garnissage de la tenue: presque inexistant en zone désertique ou enneigée, très important en jungle, particulièrement élaboré en zone tempérée.

En zone désertique, l'absence ou la rareté de la végétation conditionne l'élaboration de la ghillie. En milieu sableux, une simple bâche dans les tons ou un simple filet camouflé suffisent; il ne s'agit pas de créer une végétation ou un relief intrus ou improbable.

En zone enneigée, un survêtement blanc immaculé (type combinaison de peintre) convient en l'absence de végétation; en milieu boisé, il est indispensable de zébrer ou tacheter la tenue.

En jungle, la ghillie doit être garnie d'éléments sensiblement verts, clairs et foncés, plutôt longs et fins (franges), comme la végétation équatoriale.

En milieu tempéré ou de bush, la ghillie doit être très élaborée, plus qu'ailleurs, car l'environnement peut varier d'un extrême à l'autre. Le sniper peut passer d'un bois à une zone herbeuse et doit pouvoir s'y fondre efficacement. Pour cela, les éléments de la tenue doivent être de couleurs et de texture variées, d'avantage qu'une ghillie de jungle, qui a un aspect plus monochrome.

Dans tous les cas, la ghillie ne doit pas imiter, mais ôter au cerveau de l'adversaire toute possibilité d'identification.

Une ghillie réussie ne doit pas et ne peut pas être agréable à regarder. Pour un néophyte, une ghillie, c'est un tas informe, une véritable serpillière, indescriptible et souvent risible.

C'est là tout l'enjeu. Une ghillie suit doit impérativement éviter d'avoir une forme reconnaissable qui amènerait immanquablement à l'associer à un homme.

Décrire un type de ghillie suit revient en fait à décrire l'activité de celui qui la porte.

Sniping:

La ghillie doit être le résultat d'un long travail de réflexion et doit être garnie en fonction de la densité de la végétation du terrain où l'on opère (voir plus haut).

En tenant compte de ces facteurs, la ghillie du sniper, et c'est particulièrement vrai hors zones désertiques et enneigées, est une tenue lourde et contraignante à porter.

En conséquence, le sniper doit impérativement s'équiper d'un sac d'hydratation pour parer à tout incident dû à la chaleur et au stress inhérent à son activité.


Unité de Recherche Humaine (URH):

Pour les missions de renseignement brut, sans action de combat, type 13ème RDP ou SRR, la ghillie peut être plus "light", sans pour autant sacrifier à l'efficacité.

Le grand avantage des URH sur un binôme ou trinôme de snipers, c'est qu'elles n'ont pas vocation à se faire repérer et encore moins à engager le combat. Tirer un coup de feu équivaut à l'échec de la mission.

Ainsi, n'ayant pas, comme les snipers, l'obligation de se dévoiler à un moment donné (coup de feu), elles peuvent se permettre de porter des tenues moins lourdes. Et quand on connaît le poids de leurs sacs à dos (jusqu'à 60 kg et plus pour un équipier du 13), on comprend leur souci d'allégement.

Dans la pratique, les URH emploient évidemment un matériel adapté à la dangerosité de leur mission. La dangerosité est définie par le degré d'hostilité et de méfiance rencontré.

Leurs tenues varient de la "simple" smock guerilla à la véritable ghillie de sniper, en passant par la célèbre Chameleon de Karrimor™ et ses copies civiles, un véritable survêtement de feuilles flottantes en 3D.


Voilà donc concrètement les deux types de ghillies rencontrées sur le chemin de la guerre :

- La ghillie de sniper
- La ghillie Karrimor Chameleon™ et ses copies civiles


La ghillie suit de sniper

Aboutissement du camouflage individuel, la ghillie suit du sniper se décompose en trois parties:

_ La base: un vieux treillis, une combinaison de vol ou de mécano, voire d'intervention. Un poncho, un simple filet, un drap, etc…

Cette base doit être préparée efficacement par un bariolage de peinture et, la plupart du temps, par l'adjonction d'un filet cousu qui recouvre intégralement la face arrière, de la nuque aux chevilles. Sur ce filet viendra se nouer ou se coudre le garnissage. Certains snipers utilisent toutefois un pistolet à colle ou de la colle ShoeGoo pour gagner du temps lors de l'étape du garnissage, mais c'est un système moins durable.

A cet ensemble s'ajoute bien sûr le couvre-chef: un chapeau de jungle, une capuche, une casquette, etc… qui doit subir le même traitement que la face arrière de la ghillie. Une fois réalisé, la séparation tête-corps ne doit pas se distinguer.

La face avant de la ghillie est la plupart du temps renforcée (surtout chez les snipers US et canadiens) d'une toile épaisse pour protéger le porteur des meurtrissures du rampé. Ce renfort de toile, s'il améliore la durabilité et la solidité de la tenue, la rend encore plus éprouvante et chaude pour son porteur. D'où la nécessité de s'hydrater constamment et de parfois créer des aérations latérales ou dorsales à même la base. Attention toutefois à nos amis les tiques…


Ghillie très élaborée conçus et produite par London Bridge Trading sur base d'un BDU woodland. Utilisée par les unités SEAL


_ Le garnissage: le garnissage correspond à toute la matière que le porteur de la ghillie va nouer ou coudre sur sa base. Dans la grande tradition de la ghillie, c'est la toile de jute qui fait office de référence. On la découpe en bandes longues et assez larges (env. 5cm x 40 cm), ou on la démembre fil à fil, et on va la nouer ou la coudre sur le filet qui recouvre la base comme une côte de maille. Cette toile de jute, qu'elle soit teintée (de préférence) ou neutre, va créer la fausse végétation, le volume et l'ombre qui sont l'essence même de la ghillie.

Par ce garnissage, la ghillie prend vie. Mais si la toile de jute imite drôlement bien la végétation, elle vieillit vite, pue tout autant et se perd facilement. Il revient donc au sniper d'être vigilant pour éviter de se transformer, à cause d'une ghillie mal conçue, en Petit Pousset de la guerre…









Ghillie suit Arktis. La base est un filet aux mailles très fines et très résistante. Elle a été garnie de jute de trois couleurs différentes qui rend son utilisation polyvalente et surtout très éfficace en sous bois, dans les forêts européennes


Ce mælstrom de fils et de bandelettes pèse un âne mort, s'accroche partout et sert rapidement d'asile aux insectes et arachnides les plus indélicats.

C'est là le gros inconvénient de la toile de jute, même si, pour l'instant, elle constitue le support le plus "vivant" à la constitution d'une vraie-fausse végétation.

Depuis quelques années, face aux exigences des porteurs de ghillies, des modèles civils trouvent les faveurs des militaires.

Leur premier atout est le gain de poids; leur deuxième atout est l'économie de temps réalisée à l'achat, car ces modèles sont vendus prêts à l'emploi.

La base est désormais une sorte de poncho à capuche en filet à maille moyenne, directement garnie de feuilles synthétiques (façon gaze médicale) et d'herbe en brins de jute ou synthétiques. Le résultat est saisissant de réalisme et le port plus agréable, car bien plus léger, imputrescible, sans odeurs et bien plus respirant qu'une ghillie classique.

L'inconvénient de ces nouvelles tenues comme la gamme Bushrag™, est leur plus grande fragilité, qui reste cependant relative.

Une fois garnie de vraie-fausse végétation (ce travail manuel étant extrêmement long et fatigant), il ne reste plus au sniper qu'à partir sur le terrain et à ajouter du camouflage naturel: de la vraie végétation pour se fondre totalement au terrain.

C'est donc la troisième et dernière étape, qui consiste, avant d'entrer dans la zone d'action et de tir, à ajouter de la végétation naturelle à sa ghillie terminée pour parfaire son camouflage. A cette heure-là, il est trop tard pour découvrir les fondamentaux de la flore et s'apercevoir de ses subtilités. L'adjonction de camo naturel ne se fait pas n'importe comment et il convient de s'entraîner beaucoup en amont pour ne pas ressembler à un stégosaure le moment venu, ni ramper au milieu d'un champ de genêts avec de la bruyère accrochée à l'échine…

A ce stade et dans cette activité, tout le monde connaît le résultat d'une faute.

Il est à noter que certains snipers enterrent quelques temps leur ghillie dans la terre pour l'imprégner de son odeur et/ou la traînent derrière une voiture, sur le terrain, pour en accélérer le vieillissement et l'efficacité.

La ghillie Karrimor Chameleon™ et ses copies civiles:

Cette tenue porte couramment le nom usuel de ghillie, mais il s'agit en réalité d'un survêtement de camouflage, même si la destination est identique: le camouflage individuel.

La Chameleon™ est désormais très utilisée par les unités spéciales de très nombreux pays.

Son aspect est bien connu: un cagoule, une veste, un pantalon, des mitaines et des couvre-chaussures, confectionnés en filet ultra-léger en polyester (hydrophobe) et à mailles très serrées façon grille de tamis, et recouvert de feuilles flottantes synthétiques imputrescibles. Ce sont ces feuilles qui, cousues en rangées sur le survêtement en filet, constituent le camouflage.

Quand un porteur de Chameleon™ s'immobilise, tout comme un porteur de ghillie de sniping, et s'il est placé judicieusement, il est invisible entre 5 et 10 m…

Cette tenue, d'origine britannique (une fois de plus), est une solution de facilité pour qui désire se camoufler avec légèreté et la plus grande efficacité (elle est disponible en plusieurs camouflages). La Chameleon™ a aujourd'hui les faveurs des URH et des tireurs de précision des groupes d'intervention des unités de police à travers le monde, pour toutes les raisons précédemment évoquées.

Hormis Karrimor, quelques firmes civiles produisent leur propre ghillie à feuilles flottantes 3D, qui sont des copies de qualité bien inférieure à leur modèle de référence. Ces copies sont des alternatives moins onéreuses à la Chaméléon pour les militaires soucieux de ne pas trop investir ou qui n'ont qu'un besoin ponctuel de ce genre de tenue. Il existe aussi des modèles exclusivement destinés à la chasse, ce que je me dispenserai de commenter.

Les différences majeures avec une ghillie classique: le poids, relativement réduit; le confort et la facilité d'enfilage; l'encombrement, et donc, la discrétion loin du front.

Nous noterons toutefois une évolution notable dans le garnissage des ghillies. Jusqu'à très récemment, les ghillies snipers étaient surtout garnies sur la face arrière, car le sniper tirait généralement à plat ventre. Mais, avec l'apparition de position de tir dites alternatives (mais désormais répandues et adoptées presque mondialement), semi-assises ou assises, les snipers se sont relevés et d'avantage exposés. En conséquence, ils doivent être intégralement camouflés, recto-verso.

Quel avenir pour la ghillie suit?

Les porteurs de ghillie ont de beaux jours devant eux, qu'ils soient snipers ou URH. La guerre évolue et face à la médiatisation grandissante des conflits et leur relais direct à la l'oreille et aux regards populaires, les combattants se doivent de gagner en précision pour échapper aux foudres de l'opinion… sans sacrifier à leur létalité.

Le tir se veut de plus en plus précis, la collecte du renseignement se montre chaque jour plus exigeante, pour les mêmes raisons.

Dans la nouvelle donne des conflits armés (asymétrie, absence de ligne de front définie, présence continue de civils…), les porteurs de ghillie voient leur rôle grandir.

De par la diffusion des moyens de détection optroniques modernes (IRR et IL), les porteurs de ghillies voient le danger s'accroître et leur furtivité menacée, même dans un conflit asymétrique (parfois même face aux organisations mafieuses).

Les concepteurs de ghillies se doivent de faire évoluer leur matériaux, afin de les rendre indétectables aux moyens d'observation modernes: intensificateurs de lumière, monoculaires et jumelles infrarouges, caméra et visées thermiques, le fléau du sniper.

Depuis quelques années, ce danger a été pris en compte et les firmes proposent des produits adaptés. La chaleur corporelle est mieux répartie, la teinture des tenues traitée IR, pour refléter comme la végétation naturelle.


Mais, si la Ghillie Suit parfaite était un jour créée, furtive de jour comme de nuit, elle n'empêcherait personne d'être totalement invisible.

La ghillie suit ne rend pas invisible, mais elle peut y contribuer.

Un homme sachant se camoufler sans ghillie est un élément bien plus efficace qu'un porteur de ghillie inexpérimenté.

En conclusion, il est bon de rappeler que la ghillie n'est pas la première étape dans la formation d'un sniper. Un sniper doit savoir observer, tirer juste et dans toutes les situations et positions, progresser et durer avec la plus totale furtivité.

S'il est capable de cela sans ghillie, imaginez ce qu'il pourra faire avec…

Texte du Phasme, sauf mention, photos SAS12 et 1CCR.

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Published by La phasme - dans TECHNIQUE
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commentaires

DoD 13/12/2009 22:21


Sympa, mais il y a mieux, le 22ème régiment vient d'en acheter 100:

http://www.youtube.com/watch?v=KqQy430caWs


Romain 13/12/2009 11:19


http://www.youtube.com/watch?v=_SU1IcpQ5is


Athos 06/12/2009 09:36


Mon très cher Nammah,
Penses-tu que ce que tu nous démontres ici avec brio, professionnalisme et amour de la couleur verte peut être inconnu du Commando Hubert?

Puisque l'on se connait maintenant et que l'on se croisera encore bientot je te dirais à cette occasion un petit truc, rien qu'à toi...attention rien qu'à toi pas à Dod...

A+


namaah 06/12/2009 00:39


suite des comparatifs entre tenues 3d à l'intensificateur de lumière. cette fois-ci entre la tenue bush rag chameleon à €249 chez usmc et toujours la même tenue low cost camosystems jackal un peut
personnalisée pour l'occasion...







messieurs, la chasse au yéti est désormais ouverte. dire que la tenue chameleon de bush rag est encore utilisée par le commando hubert.


DoD 24/11/2009 23:06


Hugo, tu es un fin observateur.

Les photos de Camosystems ne sont pas contractuelles non plus. Il existe l'ancienne version et la nouvelle version du Jackal. La photo de l'ancienne version figure toujours sur les emballages
des nouvelles versions.  Confusion garantie!!!
La claire c'est l'ancienne et la sombre avec le hamac c'est la nouvelle.


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