Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentations

Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
En savoir plus

22SAS12 is a group reenacting WW2 era Free French SAS paratroopers and the modern 22 SAS. This blog presents our particular approach of the reenactment but is also aimed at all people passionate about the SAS. We talk about operations, equipment but also about literature, cinema and the current events. Created in 2006, this blog has become the premier French-speaking source on the "Regiment" !

More information 

Recherche

21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 13:38

La version en ligne de ce journal néo-zélandais vient de publier cette superbe photo montrant un binome de SAS Néo-zélandais en patrouille en Afghanistan :

3250660-NZSAS.jpg

La photo a été prise Lundi 18 Janvier à Kaboul peu après une série d'attaque suicide. Le Premier Ministre néo-zélandais a confirmé la présence de NZSAS dans la capitale afghane. Il semblerait que l'homme sans casque à droite de la photo soit le héros médaillé Willy Apiata.
D'autres photos parues dans la presse néo-zélandaise :

sase.jpg

sastfb.jpg

sasb.jpg

sasdk.jpg

Exclusivité SAS12 : voici la vidéo de ce binome où l'on entend leur conversation !
-CLIQUEZ POUR VOIR LA VIDEO-

Repost 0
Published by MENATOR - dans 2001-2012
commenter cet article
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 18:24

 Situation :

Le QG d’un groupe ennemi a été localisé dans une forêt isolée et notre autorité a perdu contact avec son agent infiltré. Les dernières photo-satellites montrent une forte activité humaine autour de cette bâtisse. Deux équipes seront déposées sur zone dans la nuit de Vendredi au Samedi avec pour mission d’observer la maison durant toute la journée avant d’être récupéré dans la nuit du Samedi au Dimanche pour rendre compte.


Equipes : Trois SAS12 indicatif Lynx Trois Rapas40 indicatif Tapia

Ami : un agent infiltré non identifié.

Ennemi : nombre inconnu, les photos satellite montre des patrouilles régulières de deux hommes.


Vendredi :
ayen01.JPG

p1150610.jpg

Briefing avant dépose, Lynx est déposé à l’Ouest à 8km à vol d’oiseau de l’objectif, Tapia à la même distance mais plein Sud. Les deux équipes doivent faire leur jonction samedi à 0600 à 500 mètres au Sud de l’objectif puis établir un PO. En cas de retard d’une équipe, la mission est prioritaire donc la première arrivée s’installe en observation.


Samedi

0100 : dépose de Lynx.

Je suis chef de patrouille et j’appréhendai franchement cette sortie pour deux raisons :

Le ciel : Lune noire+nuages cachant les étoiles=visibilité zéro.

Le terrain : Lorsque j’ai reçu des scans de mauvaises qualités de la carte 1 /25000ème du secteur, j’ai appelé le Gentil Organisateur pour lui demander de m’envoyer une carte neuve originale, il me répond : « la dernière impression a dix ans, il y a eu beaucoup de changement, ne compte pas sur les chemins forestiers indiqués, ils ont disparu à cause des travaux, de toute façon, la foret a elle aussi plus ou moins disparu».

J’ai quand même préparé mon axe de progression au préalable en sachant qu’une fois sur place je risquais de devoir improviser. La carte est encodée et les points de jalonnement fixés pour le briefing.

Les SAS12 sont donc largué individuellement en  « Blind » sur un axe Sud-Nord, un point de regroupement avait été établi et je suis déposé en dernier par pur hasard à proximité de ce point, au moment de sortir, le pilote qui avait organisé ses dépose plusieurs jours avant, ayant entendu notre briefing et sachant maintenant que mon lieu de dépose est à proximité du point de regroupement me dit amicalement « tu me diras Dimanche où je t’ai posé ».

Sachant qu’on joue énormément sur la psychologie et qu’on ne peut se fier au hasard, cette simple phrase amicale se transforme dans ma tête en « Je t’ai largué hors carte, tu vas en baver».

Je saute du véhicule et vais me jeter dans le premier buisson venu se faisant je sens mon MP5SD se rompre dans mes mains et lorsque la voiture disparaissant au loin, lorsque je me relève, mon MP5SD tombe en petit morceau autour de moi. Je récupère mon puzzle de perceuse chinoise et décide de trouver un coin discret pour l’enterrer. Je me sens seul et tout nue. Je retrouve rapidement mes deux camarades qui posent tour à tour la question à mille euros : « qu’est-ce que tu as fais de ton pistoflingue ? »

L’action psychologique a bien fonctionné et on est tous persuadé que l’on a été déposé hors carte. Le fait d’avoir explosé mon arme n’aide pas à rassembler les idées. On fait donc une longue pause, car chacun a cassé ou déchiré quelque chose durant le largage. Je rassemble mes idées et fait un point topo qui confirme que nous sommes bien à l’endroit où l’on devait être déposé.


0135 : La patrouille se met en marche direction plein Est. Nous faisons 500 mètres dans une nuit noire et le chemin disparait. Je décide de continuer à l’azimut brut afin de trouver un autre chemin indiqué sur la carte. Dans un enchevêtrement d‘arbres mort et de ronces, la marche devient éreintante. On avance difficilement de 500mètres et il parait clair que l’on ne passera pas en temps et en heure au travers de cette foret.

Je décide de prendre plein Nord à la recherche d’un cours d’eau car d’après nos informations il y avait un chemin d’allage sur sa berge sud. Alors que l’on marche péniblement dans sa direction, il ne me vient pas à l’idée que les dernières semaines de pluie et de neige ont dut gonfler les eaux et faire sortir le fleuve de son lit. Un léger brouillard nous indique que nous sommes proches mais il est quasiment impossible de voir les eaux. J’imaginai un axe de progression simple sur un beau chemin ou alors un lit de galet qui nous permettrait de rattraper le temps mais je me retrouve simplement dans un marais. Le fleuve est sorti de son lit charriant des troncs d’arbres et de petits lacs d’eau croupie parsèment la foret. On avance donc péniblement en longeant le fleuve espérant que la foret s’ouvrira ou qu’une berge rehaussée apparaitra mais il n’en est rien.


0245 : Je repère sur la carte notre position exacte, nous sommes à un kilomètre au Nord-est de notre lieu de dépose. Il est clair que nous ne passerons pas. Je décide de rebrousser chemin pour tenter de rejoindre une ligne à haute tension situé à un kilomètre plein sud. J’espère pouvoir y trouver un chemin d’entretien.

0320 : Nous sommes sous la ligne à haute tension. Il n’y a bien entendu aucun arbre et on distingue un vaste couloir s’étalant plein Est, je veux en faire mon autoroute pour quitter cette maudite foret. A défaut d’arbres couchés et de marais, on se retrouve face à une muraille de ronces et d’arbrisseaux épineux, malgré tout notre acharnement il est impossible de passer par cette nuit noire.


0340 : Ce trajet en dent de scie du Nord au Sud sur l’axe Ouest-est nous a épuisé physiquement et moralement. Cela fait deux heures que nous peinons dans les ronces et nous n’avons progressé sur notre axe à peine plus d’un kilomètre alors que l'on a dut faire le triple. Il parait évident que la forêt est infranchissable dans ces conditions d'obscurité. Je décide donc de rejoindre notre point de dépose pour appeler la « log » par téléphone portable afin d’être récupéré.
Il y a eu tant d’heures de préparation en amont d’une OP et un long trajet en voiture après une semaine de travail que je suis abattu d’avoir à demander une évacuation. Mes compères eux semblent un peu moins affectés et s’imaginent déjà au chaud à l’arrière du diesel. Alors que nous revenons vers l'ouest, j’ai un drôle de pressentiment en voyant un petit talus, je stoppe la colonne et dépasse mon éclaireur sur sa gauche, j'escalade et une fois en haut je distingue la couleur blanchâtre d’un chemin en tout-venant qui pointe plein Est.


Je regarde l’heure, il est

0345 : Je sais que nous ne pourrons pas parcourir les huit kilomètres en deux heures mais avec un peu de chance nous pourrons arriver sur zone avant le lever du jour aux alentours de 08H00 et rejoindre Tapia sur Po pour soutenir leur position. Je trouve plusieurs points hypothétiques de récupération au Sud de notre trajet et je me dis que si à 05H00 nous n’avons pas assez avancé nous rejoindrons un d’eux pour appeler la « log » et nous faire récupérer avant le jour.

Je rejoins mon équipe pour leur annoncer que nous allons tenter notre chance sur cet axe à marche forcée. Pour les gars, la mission était annulée et ils se voyaient au chaud, ils ne partagent pas mon enthousiasme à la suite de cette annonce, mais ils se lèvent sans rien dire et se mettent en ordre de marche.

On avance donc à vive allure sur le chemin sur un axe Sud-est. Je suis censé quitter cette direction et m’enfoncer plein Est dans la foret mais il est hors de question de retenter ma chance dans ce capharnaüm à la recherche d’hypothétiques chemins. Je repère sur la carte plusieurs chemins carrossables qui pourraient nous amener à proximité de la zone mais il nous faut faire un énorme détour d’une dizaine de kilomètres plein Sud.

La perspective de ce long détour et donc d’une accélération de la marche n’enchante guère mes collègues mais tout le monde est d’accord pour éviter la forêt. On marche donc comme des traqués, je trouve toutefois plusieurs raccourcies grâce à des azimuts bruts et nous arrivons complètement épuisé à un petit kilomètre au Sud du point de jonction.


0550 Je contacte par radio Tapia. Ils sont comme nous près de la zone mais dans un labyrinthe végétal. Il me semble que nous pourrons parcourir les derniers mètres restants en une demi-heure mais je veux que mes gars se reposent pour arriver frais sur zone, j’annonce un retard de 50 minutes sur l’heure prévu. Nous sommes exténué mais le plus dur du trajet semble fait et la réception du contact radio avec Tapia est rassurante, nous ne sommes plus qu'à quelques centaines de mètres les uns des autres. Assis derrière des souches, nous contemplons les derniers mètres : La foret qui s’étendait sur une pente douce a été rasé, le halo lumineux d’une ville au loin se reflète sur les nuages et éclaire faiblement cette colline dévastée. On aperçoit en haut au loin quelques arbres, ça doit être notre lieu de rendez-vous. Sur ma carte plusieurs chemins sont censés contourner cette colline mais je renonce à les chercher et décide de tenir un azimut brut. D’ici quelques minutes le cauchemar sera terminé.


0605 Nous avançons péniblement entre les souches déterrées et les branchages morts qui cachent des trous et les traces d’engins remplis d’eau et de sable. Un pied au travers des branches et on s’enfonce jusqu’au genou dans l’eau. A mi-chemin de la colline, je crois rêver : Une énorme clôture nous barre la route. Alors que l’on découvre cette barrière, des phases apparaissent derrière nous à l’endroit de notre dernier arrêt. Des forestiers viennent charger du bois grâce à d’immense camion. Ils sont loin mais il semble que leurs projecteurs ne braquent que nous. On accélère donc la marche en contournant cette maudite clôture vers notre point de rendez-vous et son couvert. Il y a de moins en moins de souches et de branchages mais le sol est très moue et une odeur de bois pourri rappelant celle du lisier de porc annoncent simplement que nous arrivons dans un marais.

A cause des forestiers et du jour qui menace, il n’y a plus moyen de faire marche arrière. L’odeur me tape à la tête, mes épaules sont en feu, je suis mouillé, épuisé, stressé par le temps qui s’écoule et les phares au loin ; j’ai envie de m’effondrer.

A milieu de cet enfer, j’entends un bruit sourd derrière moi, une sangle du sac de Vince a cédé et il a perdu une partie de son chargement dans l’eau croupie. A ce même moment, je reçois par intermittence une communication radio. J’essaye d’émettre à mon tour mais la communication est brouillée. La pression ne cesse de monter. Derrière moi, Vince patauge dans l’eau pour récupérer son chargement, devant moi Ayen mon éclaireur est figé dans la boue le regard au ciel.

Les communications radio de mon oreillette grésillent, je l’enlève car avec en plus cette odeur d’ammoniaque, ma tête va exploser. J’ai envie de hurler « Stop ! Rallumez la lumière, on recommence ».

Mais nous n’avons pas le choix, il faut nous extirper de ce marécage avant le lever du jour, cela prend de longues minutes. Le poids du sac nous déséquilibre, chaque enjambée dans la boue est un supplice.

0730 : Il nous aura fallu plus d'une heure et demie pour parcourir 500mètres mais nous arrivons enfin à faire jonction avec Tapia. Les Rapas40 semblent tous en grande forme. Nous ne l’apprendrons que Dimanche mais leur progression fut tout aussi infernale. Peut-être cachent-ils comme nous leur fatigue histoire de faire bonne figure.

0745 : Sur la carte et les photo-satellites, la demeure ennemie se trouve au creux d’une vallée avec des arbres et des fougères. Tapia assure notre couverture au moment où nous cherchons un site d’observation. Il fait encore très sombre, on ne distingue pas la demeure. Nous supposons que les ouvertures sont situées sur sa façade Sud mais la colline qui donne sur cet axe vient juste d’être déboisée. Les amas de branches et de souches fourniront une bonne cachette cependant à cause de la nudité du site il sera impossible d’effectuer des relèves. On décide donc d’enterrer l’équipe Lynx plein Sud tandis que Tapia s’installera en soutien sur les hauteurs Nord avec une mauvaise vue sur la bâtisse mais un très bon angle sur le dispositif. Entre les deux, il y a la maison et son unique chemin d’accès.

0850 : Le Po Lynx est terminé. Nous avons établi notre poste à flanc de colline entre deux arbres abbatus. La face découverte donne sur l'objectif, nous l'avons été camouflé par du remblai, des branchages et des fougères sèches. Le travail de creusement a été considérablement facilité par la nature du sol sableux et l’absence de grosses racines. Le soleil se lève, il n’y a aucun nuage, la journée semble bien se présenter. Comme l’ennemi n’a pas de moyen aérien et que la météo semble clémente, nous ne construisons pas de toit car nous préférons prendre plus de temps pour bien camoufler les traces autour du Po ; nous utilisons nos bashas pour isoler le sol en prévision d’une longue journée d’attente statique dans le froid et l’humidité. Nous venons sans le savoir, de commettre la première erreur de la journée.

Po-linx.JPG
0900 : La longue marche et l’établissement frénétique de notre Po nous a lessivé. Nous sommes tout les trois allongé côte à côte face à l'objectif. Je commets la deuxième erreur, la plus grave, de la journée en n'affectant à l'observation qu'un seul pax à la place du binôme habituel. Je mets traditionnellement par écris les roulements pour toute la journée afin que chacun s'organise et règle sa montre mais là, je demande simplement à Vince qui semble le plus réveillé de prendre le premier quart puis de m'appeler dans une heure. Je règle ma montre pour sonner dans 50 minutes histoire d'avoir les idées claires pour prendre mon tour.

0930 : Un civil passe sur le chemin en direction de la maison, on ne voit pas ce qu’il fait puis il repart d’où il est arrivé.

1000 : Je prends mon premier quart. J'ai une très bonne vue sur le chemin et la cour d'entrée de l'objectif mais je n'ai pas sa façade. J'essaye de faire un plan du bâtiment mais il me manque beaucoup de données. Il n’y a aucune activité dans la maison.

1100 : Le temps est passé très vite, je réveille Ayen qui me fait mourir de rire. Le pauvre était dans un sommeil lourd, il a bavé comme un bébé. Sa salive a coulé par chaque extrémité de ses lèvres jusqu'à son menton ôtant ainsi sa crème camouflage. Son visage est noirci par la crème camo et sa peau claire apparait en deux ligne verticale à l'extrémité de ses lèvres pareille à de longues dents blanches lui donnant ainsi un air de vampire. Le tableau est parfait lorsque les yeux éblouis par le soleil, il aspire sa salive comme Nosferatu le sang de ses victimes.

1215 : Vince qui a pris son tour de guet me réveille brusquement : « homme armé sur nous ». Un soldat cagoulé sort du chemin vers notre direction mais s'arrête à mi-chemin à cause de la pente trop forte et des arbres couchés. Il observe puis reprend naturellement son chemin. Nous restons sur le qui-vive quelques minutes puis nous décidons puisque tout le monde est bien réveillé de manger ensemble. Pas question de faire du feu bien entendu, le menu est à base de charcuterie et de pain de ration.

p1160615-copie-1.jpg
Dans ma tête les tours de garde sont clairs, on continue notre train train toutes les heures, je suis censé prendre mon tour à 13H00 d'ici quelques minutes. Le ciel est bleu, le soleil nous réchauffe mais je décide de me mettre dans mon sur-sac car j'ai froid. Je prends mon tour d'ici quelques minutes alors je veux profiter du peu de temps qu'il me reste pour me détendre en restant bien allongé, j'ai le même sentiment qu'à la sonnerie du réveil le matin lorsqu'on se dit : « Je profite encore des cinq dernières minutes ».

J'entends du bruit derrière nous. Vince, à ma droite, s'agite. J'ouvre péniblement les yeux, il faisait soleil lorsque je me suis assoupi, il fait maintenant plutôt sombre. Je vois le visage d'Ayen près de moi qui baigne littéralement dans une flaque.
p1160620.jpgJe regarde ma montre, il est :

1650 : Le temps a changé, le soleil nous a quitté et il pleut averse. Je vois apparaître derrière nous Hannibal en tenue civile. Cela plusieurs heures qu'il essaye d'établir contact avec nous en vain. On s'est tous endormi après le repas. La pluie qui s'est abattu sur notre position a été retenu par les bashas à terre, nous pataugeons dans une piscine.

Hannibal nous explique qu’un homme en civil est passé à 15H00 et à caché une enveloppe. Un autre individu en tenue militaire est passé la récupérer à 16H00. La demeure est déserte.

1715 : La nuit tombe doucement, je profite encore de la faible lueur pour lever le Po car on ne peut plus rien observer. On rejoint celui de Tapia plus en retrait du dispositif et donc sécurisé. Nous allons profiter du reste du temps avant notre récupération à 2200 pour aller faire des repérages autour de la bâtisse. Il y a plusieurs cours d'eau aux alentours et j'aimerai reconnaître les ponts. Cette patrouille permet aussi aux deux équipes de se familiariser aux manœuvres conjointes.

1830 : Nous rentrons sur le Po de Tapia. Il nous reste une grosse heure avant de rejoindre notre point de récupération à deux kilomètres à vol d’oiseau de la zone. Nous allons en profiter pour faire un contrôle PAMM et préparer le retour. Tapia range les affaires pendant que nous couvrons le secteur. Je fais deux va et vient vers mes camarades en faction aux extrémités du dispositif histoire de vérifier que personne ne dort mais la sieste de la journée a été réparatrice et les SAS12 « chouffent ».

1900 : Tapia prend son tour de garde. Afin de ne pas rater le rendez-vous avec la log à 2200, il est décidé que Tapia prendra la tête de la marche puisque le point de récupération était sur leur passage hier soir et il semble difficile de le trouver. Ayen et Vince sont en train de vérifier leurs affaires et de manger un peu. On enlève les pulls portés la journée en prévision de la marche. Je demande 10 minutes supplémentaires pour étudier la carte. Histoire de faire oublier notre lamentable sieste de cet après-midi, je veux prendre la tête de la colonne et amener tout le monde à bon port. Je cherche un détour afin d'éviter la zone où Tapia en a bavé la nuit précédente. Je suis fatigué, j'ai du mal à bien rassembler mes idées alors pour éviter de faire des erreurs, je demande à Vince, mon numéro 01 pour le retour d'étudier avec moi le trajet. Ayen est allongé près de nous en train de manger.

1920 : Nous sommes donc tout les deux penchés sur la carte lorsque nous entendons un cri effroyable à 200 mètres à l'Ouest de notre position. Ayen et Vince pousse leur bardat dans les fourrés et se mettent en position avec leurs armes pendant que je rassemble mes cartes et vérifie de n’avoir laissé aucun document sur place.

Nous nous mettons en ligne face à l'ouest où se trouve la maison et d'où provenait le cri. Hannibal me signale par radio qu'il lui manque un pax, celui resté justement à l'Ouest de notre position. On avance prudemment en ligne dans cette direction.

Max était installé dans les buissons à l'Ouest de notre position pour assurer la sécurité du dispositif. Il fait nuit noire et quelques gouttes tombent . Les bruits de la forêt sont difficilement identifiables et avec la fatigue, on se fait facilement des idées, dans ce genre de moment, on voit des « chats bleus ». La souche qu'il fixe depuis quelques secondes se met soudain en mouvement droit sur lui. Il s'agit d'un sanglier qui le charge. Max est donc l'auteur de ce cri effroyable mélange de peur primitive et de rage poussé naturellement pour effrayer l'animal. La chose réussit puisque ce dernier se détourne au dernier moment.

Le groupe revient au Po Tapia afin de laisser sortir le sanglier de notre dispositif. Il est de toute façon l’heure de prendre le chemin du retour.

2050 : Les SAS12 prennent la tête de la marche, je vais essayer de ne pas perdre nos amis ni rater le rendez-vous.

2130 : Nous arrivons à proximité du Point de récupération, il a été décidé que Tapia embarquerait en premier et que nous les couvririons. Nous les laissons donc à 500 mètres de l'objectif et nous partons pour sécuriser le croisement et le seul axe dans lequel s'engagera le véhicule 800 mètres au Sud. Nous pourrons ainsi prévenir Tapia qu'il s'agit du bon véhicule et sécuriser l'embarquement.

2138 : J'entends deux détonations au loin. Peut-être s’agit-il d’un fichu braconnier ? Je pense à notre sanglier, le copain de Max.

2143 : Nous arrivons au croisement où l'on commence à se déployer lorsque je reçois une communication radio de mauvaise qualité. Je ne m'inquiète pas outre mesure, ça doit être le pilote qui approche en voiture et s'annonce.

2145 : Nous voyons des phares derrière nous sur le point de récupération. Le pilote était en avance et il doit rentrer avec son premier chargement. Je reçois de nouveau une mauvaise communication, je ne reconnais pas le voix d'Hannibal. Je contacte Tapia pour confirmation :

- « Tapia de Lynx, voiture en provenance du Point Récupération s'engage vers nous, confirmez embarquement. »

- « -Voix essoufflées- Tapia tombé dans embuscade, décrochons sur Palace 03 (notre dernier point de regroupement), un blessé. » 
Il est tentant de stopper la voiture qui approche pour détruire l'ennemi et récupérer le véhicule pour l'évacuation du blessé mais nous ne devons pas faire de vagues. Il est de plus aujourd’hui scientifiquement reconnu que des billes de 6mm pour 0.25gr ne stoppent pas un véhicule même une Citroën.

Tapis derrière des rondins de bois, nous laissons donc passer la voiture qui roule à toute vitesse.

Je laisse Vince au croisement avec nos sacs et je fonce avec son M4A1 accompagné par Ayen sur Palace 03.

22H00 Après les vérifications d’usage, nous faisons jonction avec Tapia. Max est en train de mettre le bras de Wanted en écharpe. Hannibal m'explique qu'en approchant du point de récupération, ils ont été grenadés. Wanted a été touché au bras par un éclat, il joue donc le blessé.

La récupération a été annulée, nous l'avons reporté d'une heure et demie sur un secteur à 1500 mètres au Sud-Est du croisement où nous attend Vince.

Nous progressons en tiroir avec grande prudence, Tapia avec son blessé nous suit par bond de 500 mètres.

23h30 : Lynx arrive sur le second Point de Récupération. Nous voyons clairement la voiture au milieu d'une clairière, moteur et feux éteints. Il n'y a pas de liaison radio possible avec le pilote. Nous laissons donc les sacs derrière nous. Hannibal m'a prêté son PA et avec Ayen nous contournons le véhicule. Vince reste en face pour lui barrer l'unique sortie de la clairière. On avance en rampant sous les souches autour du véhicule afin de vérifier qu'il n'y a pas de tireurs embusqués. Arrivés derrière la voiture, il n'y a aucun bruit. A hauteur de portière, j'aperçois le chauffeur et il est seul, un G36 à la main.

Au top signal Vince fait mouvement face à la voiture histoire d'attirer le regard du chauffeur, au même moment, je balance un coup de surefire pleine face alors qu'Ayen ouvre la portière et attrape le chauffeur par le bras. Une fois à terre, je commence à le fouiller méticuleusement, Ayen a saisi son G36 et Vince assure notre couverture.

Allongé dans la boue, mes genoux sur ses cuisses, le pilote confirme son identité.

J'annonce la situation à la radio, Tapia s’engage sur la dernière portion du chemin.

Nous aidons le chauffeur à se relever, crème camo sur la gueule et smock trempée, on dénote avec ce dernier. Mon coup de lampe avait révélé les plis et la brillance caractéristique du treillis impeccablement repassé.

Histoire de détendre l'atmosphère, je lance au pilote qui s’ébroue :

«-Beau treillis.»

«-Je l'ai sorti pour l'occasion. »

Hannibal confirme qu'il s'agit bien de notre chauffeur et de sa voiture. Il n'était pas prévu qu'on lui tombe ainsi dessus, le pauvre s'était même endormi en nous attendant, le réveil fut donc violent. Il s'avèrera que c'est la deuxième fois pour lui que nous lui tombons ainsi dessus. Notre ami jouait untrafiquant d’armes lors d’une Op précédente.

2340 : Tapia embarque rapidement avec son blessé.

0010 : Lynx embarque sans problème.

0030 Débriefing à chaud du groupe dans une maison en ruine sur propriété privée, nous sommes aux courants d’air mais à l’abri de la pluie. Lampe frontale sur la tête, cartes et bloc-note sur les genoux, les chefs de patrouille expliquent leurs marches d’approche de la veille. Ensuite la journée d’observation et le décrochage sont analysés, les erreurs commises sont décryptées et enregistrées. Chacun prend ensuite la parole à tour de rôle pour exprimer son ressenti à chaud.

La difficulté principale a été la marche d’approche non à cause des kilomètres parcourus mais par le fait d’avoir perdu du temps et de l’énergie à trouver des chemins inexistants dans l’obscurité. Le second problème que nous connaissions déjà fut l’établissement d’un Po dans le court laps de temps des premières lueurs du jour. Combinée à une longue marche d’approche et un état de fatigue conséquent, l’installation du Po est toujours laborieuse. Nous réfléchissons donc pour la prochaine fois à faire des marches d’approches moins lourdes pour « avaler » des kilomètres au retour.

Au final le résultat de cette mission est mitigé.

Les deux équipes ont rejoins l’objectif avec beaucoup de retard. Le Po Lynx a mal fonctionné et n’a pas collecté suffisamment de renseignements. On sait toutefois grâce à Tapia que la maison est inhabitée et qu’elle sert simplement de BLM. Nous n’avons pu prendre en photo aucune personne présente ni identifier notre agent infiltré. Nous n’arrivons pas à expliquer l’embuscade.
dsc_0115n.JPG

0115 Finex, nous allons maintenant pouvoir parler de toutes les anecdotes rigolotes mais avant on s’affaire pour étendre les affaires mouillés et isoler ainsi les ouvertures. Il faut aussi trouver du bois pour faire un bon feu. Pas besoin de commander, ce qui est avec agréable avec les personnes présentes c’est que chacun prend rapidement des initiatives, les équipes se mélangent autour de leaders improvisés et la demeure est rapidement  aménagée. Les bashas sont étendus aux fenêtres, une table mise et le feu crépite, nous allons enfin pouvoir manger chaud. Les Rapas40 n’ont rien mangé du week-end et par peur d’une mauvaise digestion à cause du froid j’ai sauté mon repas le vendredi soir. On a tous l’estomac au fond des talons sauf Ayen et Vince que je soupçonne de manger en un clin d’œil des boites de tripoux froides au lieu de chouffer lorsque je fais mes points topo …

L’odeur acre des pastilles de réchaud emplie la pièce, les ombres dansent sur un vieux crépi blanc et des éclats de rires éclatent. Max bien entendu se fait charrier à cause de sa mésaventure avec le sanglier, un autre (dont je préserve l’identité) parce qu’il a vomi sa bile entre deux communications radio. C’est ensuite bien entendu notre tour; Heureusement pour nous, Hannibal n’avait pas d’appareil photo sur lui lorsqu’il nous a trouvé en train de roupiller sous la pluie mais je pense qu’on va encore entendre longtemps l’histoire des trois cadavres qui ronflent dans la boue.

02H00-10H00 Comme d’accoutumé, nous réalisons nos huit heures de sommeil pour être frais à affronter la longue route du retour et une semaine de travail. Les affaires sont sèches et rangées, il va falloir encore consacrer du temps au domicile pour enlever la boue, le sable et conditionner le tout pour Février.

dsc_0114n.JPG
11H30 Avant de « décoller », les Rapas40 nous font l’agréable surprise de préparer un barbecue avec des spécialités du coin. Ayen et Vince en fins connaisseurs savourent la viande de porcs et nous terminons le repas par une bonne galette car qui sont les rois ?

 dsc_0112n.JPG


Je remercie chaleureusement les Rapas40 pour avoir organisé cette belle sortie et ce barbecue mémorable avec une pensée amicale pour notre « pilote ». Il faut aussi remercier même s’ils ne nous lisent pas Monsieur le Maire et son équipe municipale.

Repost 0
Published by MENATOR - dans MILSIM
commenter cet article
8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 15:51

05.00 AM

Une brume épaisse envahit lentement la vallée; les bois se noient, le silence est pesant. Au loin, une chouette pousse sa triste complainte. La forêt craque, grince. Des bruits à peine perceptibles montent vers le ciel laiteux, en des murmures humides.

En lisière de la muraille de hêtres, une maison blottie contre un talus. Une faible lumière s'échappe de l'intérieur. Les volets sont ouverts. La buée ruisselle contre les vitres. Des ombres zèbrent le halo qui se propage dans la brume.

La maison est occupée par quatre hommes. Ce sont des terroristes. Cachés depuis plusieurs jours dans cette bâtisse coupée du monde, ils rassemblent une dernière fois les éléments qui pourront leur permettre de frapper durement les militaires.

La table qui trône au centre de la pièce est recouverte de cartes, de plans et de petit matériel divers. Dans un coin, un gros sac à dos dort, appuyé contre un mur. Il soit servir à transporter la charge qui volatilisera, c'est certain, le pub où se rendent régulièrement les soldats.

L'heure est à la nervosité, même si tout semble correctement achevé et la tactique, aboutie.

On fume, on mange peu. Sous la garde d'un de leur camarade, les trois autres hommes s'accordent un peu de répit. Le poêle ronfle. On souffle un peu. Réunis autour de la table encombrée, on s'échange des regards qui en disent long sur la tâche qu'il faudra accomplir.

Tout semble suivre son cours normalement. Il n'y a eu aucun obstacle dans la préparation de l'opération. L'armée et les services de renseignements ne se doutent de rien.

 

Un toussotement étouffé parvient de l'extérieur. Le temps de relever la tête, un projectile entre en miaulant dans la pièce, en perçant violemment un carreau. Une grenade flash éclate en cognant contre un mur. Le bruit et la lumière sont terribles. Les trois hommes s'écroulent en rugissant.

Au même instant, la porte d'entrée sursaute et s'écrase sur le sol… Des silhouettes terrifiantes pénètrent de conserve dans la pièce. Des MP-5 sont braqués sur la tête des terroristes qui ne comprennent pas encore ce qui leur arrive. L'homme de garde, encore debout malgré la détonation de la flash-bang, esquisse un mouvement brouillon, un pistolet au poing. Un tir en double tap le cloue contre le mur et il tombe sur le parquet en un bruit mat.

Le groupe terroriste vient d'être neutralisé sans encombre par le Special Air Service.

 

Hypothétique, cette petite histoire s'inspire de faits qui ont existé, en Irlande du Nord, ou ailleurs sur la planète. L'exécution sans faille d'une telle mission repose sur le sang froid, le courage et, avant tout, sur une préparation matérielle, physique et psychique des hommes.

Mais en amont de toute action coercitive, à l'origine d'une interpellation dangereuse ou d'une opération commando, se trouve une opération de renseignement, une opération discrète et furtive destinée à trouver, identifier et suivre une cible (reco, filatures, caches, etc…).  

 

La photographie tactique joue un rôle crucial dans ce renseignement d'origine humaine, le plus à même de délivrer des informations fiables, récentes, ou carrément en temps réel.

Observer, identifier et transmettre, voilà ce qui caractérise le mieux la photographie tactique.

 

Employée par toutes les Forces Spéciales du monde, qu'il s'agisse bien sûr des SAS/SBS, des Delta ou du 1er RPIMa, la photographie tactique est une des spécialités militaires les plus employées aujourd'hui dans les sphères de l'élite guerrière. Plusieurs unités très pointues la pratique d'ailleurs comme d'autres pratiquent l'Ordre Serré. C'est le cas du SRR britannique, du 185ème RAO italien, du GIGN et, bien entendu, de nos chers Dragons paras du 13 et du 2ème Hussards, pour ne citer que les plus connus.

 

La photo tactique, qu'est-ce que c'est?

 

La photo tactique est l'œil de l'opérateur qui va fixer ce qu'il voit et va permettre aux copains de l'arrière d'identifier ou pas la cible, d'infirmer ou de confirmer une action future, de suivre la dite cible ou de rapporter l'efficacité d'un bombardement. Mais son utilité ne s'arrête pas là.

Photographier en ambiance tactique peut avoir pour but de préparer le terrain, dans ce que l'on désigne comme un RFA, un Renseignement à Fins d'Action, lors de l'établissement d'un dossier de cible. On peut dès lors photographier un bâtiment, un véhicule, une rue, un domaine, et bien sûr, un homme, sous tous les angles, afin que ce qui traitent et exploitent ces informations visuelles puissent ouvrir la meilleure des routes aux équipes action.

C'est le quotidien des opérateurs des services clandestins, comme le Service Action français ou le chimérique "Increment" britannique, ou, bien entendu, le Mossad Israélien. 

 

Commençons d'abord par démystifier la chose. La photographie tactique n'a rien de bucolique et ne se déroule pas, bien entendu, dans les mêmes conditions techniques que les photos du mariage du cousin Alfred. Si les moyens mis à la disposition des militaires font pâlir de jalousie les photographes civils et que la technologie de James Bond n'est plus de la science-fiction, il faut tenir compte du fait que la photo tactique est une activité qui ne souffre ni approximation ni mauvaise préparation.

 

Etre photographe dans le civil, pour fixer le sourire niais d'un communiant ou la main diabolique d'un footballeur français peu scrupuleux, c'est potasser et employer de la technique brute. Avec de la pratique, on arrive à du résultat.

Dans le monde du renseignement et de la guerre, le photographe doit avoir digéré les fondamentaux et les employer aussi facilement et inconsciemment qu'il se brosserait les dents, avec une maîtrise du stress et une furtivité de circonstance. Convenons-en, l'objectif d'un paparazzo et celui d'un soldat du 13 ou du SAS ne tournent pas avec la même sérénité.

Lorsque l'opérateur cadre son sujet pour en transmettre l'image dans la foulée au centre opérationnel pour exploitation, il n'est pas question de douter un seul instant sur le diaph ou la sensibilité à employer, ni s'emmêler les pinceaux avec la technique photo… C'est pareil pour un photographe professionnel civil, mais rater la photo d'un jockey qui se vautre sur une haie n'est pas aussi dramatique pour le genre humain que rater l'identification d'un taré qui projette de poser une bombe autour d'un terrain de volley.

Les fondamentaux de la photo

 

Des milliers de livres ont été écrits sur les fondamentaux de la photographie, qu'il s'agisse de capturer les premiers sourires d'un nourrisson ou le centième anniversaire de la mémé… La photographie est protéiforme et je ne vais pas trop m'étendre sur un sujet général, mais développer son côté "terrain".   

La photo obéit à des règles basiques qui peuvent transformer, s'ils les avalent et les digèrent, un soldat lambda en agent de renseignement ou un abruti curieux en acteur de l'Histoire.

Après, tout n'est plus qu'une question d'automatismes.

 

Le boîtier

 

Il est évident, sauf en cas de proximité impossible ou impromptue, qu'on ne fait pas de la photo tactique avec un appareil compact, c'est-à-dire exempt de tout réglage manuel et qui accuse un retard au déclenchement. La plupart des clichés exploitables réalisés par des opérateurs spéciaux (noir ou khaki), le sont avec des appareils reflex, à savoir des boîtiers à objectifs interchangeables, avec une sacrée gamme de réglages manuels et qui n'accusent aucun retard au déclenchement. Il est essentiel et logique que le boîtier réagisse au doigt et à l'œil (certains modèles commerciaux ayant l'autofocus asservi à la rétine…).

Le boîtier n'est cependant pas le plus important.

La pierre angulaire de la photo, après le cerveau, la jugeote et bien sûr l'œil du photographe, c'est l'objectif.

 

L'objectif

 

L'objectif détermine la qualité et la précision de la photo. Les gammes existantes vont du 12mm au 1200 mm; au-delà, on photographie un moustique sur la Lune et on rentre dans le monde merveilleux de l'Astronomie et des télescopes. Ne rions pas, les FS et tout ce petit univers utilisent aussi des télescopes couplés à des appareils reflex lorsque les objectifs à traiter sont vraiment trop éloignés ou trop dangereux à approcher. Depuis quelques années se développe aussi la digiscopie, qui consiste à greffer une longue vue sur un boîtier compact ou reflex (méthode très employée par les ornithologues).

Pour s'y retrouver dans ce que l'on appelle les focales (c'est-à-dire, la distance séparant le plan de la pellicule ou du capteur du centre optique de l'objectif, les "mm"), un 50 mm correspond à la vue humaine, en terme de grossissement. C'est la focale favorite des reporters qui pratiquent la photo à la volée. Le 24mm cher aux paysagistes revient donc à élargir 2 fois le champ de l'œil humain, au risque de se photographier les orteils sans faire attention… Le 100 mm multiplie par 2 la vue humaine. Vous comprendrez donc qu'on ne photographiera pas les caries d'un taliban avec un 24 mm, mais plutôt avec un gros téléobjectif, à partir de 300 mm.

 

Les objectifs photos rentrent dans plusieurs catégories.

Les zooms, tout d'abord, qui sont des objectifs à focale variable, comme le 35-70 mm, le 24-105 mm… Ils peuvent être aussi médiocres qu'excellents. Là, tout dépend du prix et de la luminosité proposée, ce qui est souvent indissociable.  La focale se règle par une bague rotative, et anciennement, par une bague-pompe (pompe à poussières, aussi).

Les objectifs à focale fixe, comme le 50 mm, le 300 ou le 500 mm (des paparazzi et des photographes de sports ou animaliers). Généralement, plus ils sont lumineux, plus ils sont chers et plus ils sont grossissants, plus ils sont lourds (env. 16 kg pour un 1200 mm). Ce sont les objectifs qui offrent la meilleure qualité d'image, le meilleur piqué (et les plus gros endettements...).

 

Le couple vitesse/ouverture

 

Le couple vitesse/ouverture correspond à l'équilibre entre vitesse d'obturation (vitesse à laquelle vous capturez votre sujet sur pellicule ou capteur) et diaphragme (iris artificiel de l'objectif qui détermine la quantité de lumière exploitable et la profondeur de champ).

La vitesse d'obturation d'un boîtier reflex varie généralement, dans les extrêmes, de 1/8000ème de seconde (hyper rapide) à 30 secondes de pose (très lente). En deçà, il y a la pose B (Bulb): l'obturateur reste ouvert tant qu'on le décide.

En dessous de 1/60ème de seconde, on parle de vitesse lente; au dessus de 1/125ème de seconde, on parle de vitesse rapide. En dessous de 1/30ème, un sujet mobile est immanquablement flou. Au dessus de 1/250ème, il est littéralement figé. Si on photographie un sujet mobile à une vitesse qui correspond à sa propre vitesse de déplacement, le sujet est parfaitement net, autant que son environnement direct.

En général, pour éviter le flou de bougé,  ne descendez pas la vitesse en dessous de votre focale: avec un 200mm, ne faites pas de photo à moins de 1/200ème de seconde, etc.

Aujourd'hui, certains objectifs sont équipés d'un stabilisateur (silencieux) pour compenser les tremblements ou les mouvements involontaires du photographe. Ils permettent de photographier jusqu'au 1/15ème à mail levée, ce qui est une gageure… Un stabilisateur ne compense nullement les mouvements du sujet, bien entendu.

La valeur d'ouverture du diaphragme détermine donc l'entrée de lumière sur le capteur ou la pellicule et la profondeur de champ. Ses valeurs s'échelonnent de f/1 à f/22 (voire 29, 32 ou 45 pour les macros).

F/1 correspond à une profondeur de champ quasi nulle, mais une grande luminosité; f/8 et f/11 étant des valeurs moyennes et de référence, car elles sont les valeurs où les objectifs offrent généralement leur meilleur rendu. F/22 correspond à une très grande profondeur de champ, mais une faible entrée de lumière.

En gros, pour faire simple, prenez une lampe tactique type Maglite®, à faisceau réglable. Lorsque vous avez un large faisceau, vous avec beaucoup de lumière, mais vous n'y voyez pas loin. Inversement, en "vissant", vous éclairerez très loin, avec un faisceau très fin. C'est le principe du diaphragme photo. Beaucoup de lumière, peu de profondeur de champ.

 

La profondeur de champ

 

Plus la profondeur de champ est importante, plus la quantité de lumière qui rentre dans l'objectif est faible, plus la vitesse d'obturation est lente, pour compenser la faiblesse de la luminosité entrante. Donc, on s'expose à du flou de bougé.

La profondeur de champ détermine la zone de netteté du sujet. Elle est conditionnée, en optique, par la loi du deux tiers/un tiers. Lorsque qu'un sujet est photographié net, la photo sera nette un tiers de l'image devant lui et deux tiers derrière. Le rapport évolue en fonction de la distance qui sépare l'objectif du sujet. F/16 est une profondeur de champ élevée, mais elle sera relativement faible si votre sujet est un insecte photographié à 3cm et presque inutile et imperceptible si votre sujet est à 1 km. Le rendu peut simplement s'en trouver changé, notamment par un effet de tassement, avec des longues focales (300 mm et au-delà).

 

La mise au point (MAP)

 

La MAP peut être manuelle ou automatique. On parle alors d'Autofocus (AF).

L'AF est asservi au bouton déclencheur du boîtier et parfois, à un capteur rétinien qui permet de sélectionner le point de MAP dans le cadre (les collimateurs* du viseur se bloquant alors sur votre sujet en suivant votre seule rétine…).

L'AF permet de traiter quasiment tous les sujets, sauf les plus agités, ceux qui sont masqués, dans l'obscurité, ou encombrés (un fond de couleur uniforme empêche aussi l'AF de se caler). Il rame alors et ne se fixe pas. Il cherche sans trouver. Sur les reflex modernes, pas de déclenchement possible sans Autofocus fixé sur un point. Il reste deux solutions: passer en manuel et tourner la bague de mise au point jusqu'au point de netteté (on peut aussi caler un collimateur sur une zone et attendre que le sujet y passe), soit guider l'AF avec une lampe pilote. Certains appareils en ont, sinon, prenez une lampe torche et éclairez votre sujet lorsque c'est possible.

Si ce n'est pas possible, augmentez la sensibilité ISO du boîtier.

 

* collimateurs: petits carrés ou symboles géométriques destinés à viser ou sélectionner un sujet.

 

La sensibilité ISO

 

La sensibilité ISO est l'échelle de mesure de la sensibilité des surfaces sensibles (pellicule en photo argentique, capteur en numérique). Sur les appareils numériques pros, elle varie de 50 à 3200 ISO, 100 à 1600 étant la gamme ISO des appareils standards.

C'est là un des indiscutables avantages des appareils numériques sur les argentiques: pouvoir changer en un instant de sensibilité suivant les besoins, ce qui était impossible en argentique. Il fallait un boîtier pour chaque type de pellicule…

La sensibilité ISO détermine la sensibilité du capteur à la lumière ambiante. Plus la valeur est haute (à partir de 400 ISO), plus la surface exposée est sensible (capteur ou pellicule). En très faible lumière, on tape dans le 800 ou le 1600 ISO. La nuit, au-delà de 1600 ISO. En pleine lumière, on se contente de 100 à 200 ISO.

Un facteur est à prendre en compte. Les ISO élevés sont très réactifs à peu de lumière. Ils permettent donc de photographier en pleine lumière à des vitesses d'obturation très élevées, parce qu'une vitesse rapide exposera le capteur ou la pellicule sensibles très peu de temps. Une vitesse lente et trop de lumière= photo surexposée ou cramée. Beaucoup de lumière devra être captée en très peu de temps, ce qui est idéal avec des gros téléobjectifs, pour des sujets éloignés et/ou mobiles.

A contrario, une sensibilité ISO élevée se traduit par l'apparition de grain (argentique) ou de bruit (numérique). Plus l'ISO est basse, plus la définition est bonne. A 3200 ISO, la définition est médiocre, voire mauvaise. A 100 ISO, voire 50, elle est optimale pour la plupart des appareils.

 

La définition

 

La définition est le degré de finesse d'une image exprimée par son nombre de lignes ou de points.

En photo, on l'appelle le piqué. C'est la finesse de l'image, la qualité de son rendu.

Elle est déterminée, en numérique, par la taille du capteur, le nombre de pixels disponibles et en règle générale, par la qualité de l'objectif. Un objectif haut de gamme possède un piqué excellent à presque toutes les valeurs d'ouvertures, sauf aux extrêmes (ce qui concerne tous les objectifs).

La définition est toujours moins bonne à très courte ou très longue distance (à cause, entre autre, des aberrations optiques, de la perte de quantité de la lumière et des perturbations atmosphériques).

En numérique, évitez les capteurs inférieurs à 8 MPixels.

Les fondamentaux de la photo tactique

en-attente.jpg
Le major P. de la MMFL de Potsdam en attente, quelques part en RDA en 1982.
Appareil photo Nikon F2 moteur.Objectif 1000 m/m à miroir.
Avec l'autorisation de l'auteur.


En photo tactique, le sujet est généralement éloigné pour des raisons périlleuses ou parfois, pour des raisons physiques. En conséquence, il convient de suivre quelques principes de base et de les combiner entre eux pour obtenir la bonne recette:

 

Boîtier: compact pour une photo inopinée et de proximité. A avoir dans la poche en permanence. Penser à neutraliser le flash en le désactivant ou en mettant un bout de scotch pour éviter qu'il ne sorte et ne se déclenche accidentellement. 

Reflex pour tout autre type et condition de prises de vues. Préparer ses réglages à l'avance. A courte et moyenne distance, optez pour un boîtier léger, facile à dissimuler. Avec un objectif lourd, prenez du reflex viril avec une baïonnette* métal pour éviter sa déformation.

 

*Baïonnette: point d'encrage du boîtier pour l'objectif. 

 

Objectifs: à courte et moyenne distance, privilégiez un zoom, de préférence à bonne ouverture initiale (ex. un 28-105mm f/2.8 ou f/4). Il permet de traiter efficacement le sujet, en cas d'éloignement ou de rapprochement intempestif et reste facilement escamotable en cas de souci. A longue distance, vous n'avez pas le choix, il faut un téléobjectif (même si les zooms sur écran d'ordi peuvent rendre d'inestimables services).

Après, tout dépend du besoin et de la nature de votre mission. Identifier un site ne demande pas forcément autant de précision que l'identification formelle d'un individu dangereux. On n'est pas obligé d'avoir un 800 mm si on photographie une installation depuis une voiture, à 200 m, pour déterminer ou non, s'il s'agit d'un aéroport ou d'un skatepark…

 

Le couple vitesse/ouverture et la profondeur de champ : là encore, tout dépend de la distance qui vous sépare de votre sujet/cible. Privilégiez les vitesses rapides pour éviter tout flou de bougé, surtout si votre sujet marche rapidement ou est agité de tics nerveux spasmodiques. On n'envoie pas les SAS dévaster sa "cabane au fond des bois" si on a pris Line Renaud pour une terroriste de l'IRA à cause d'une photo floue… Une vitesse d'obturation élevée garantit la netteté du sujet.

La profondeur de champ n'intervient que peu, surtout si vous êtes loin. Dans le cas contraire, à moins que plusieurs sujets ne soient réunis dans votre cadre et que vous devez profiter de l'aubaine pour "shooter" tout le monde net, ce n'est pas un facteur très important. L'identification d'une cible humaine se faisant à bonne distance, il est rare de se préoccuper de la profondeur de champ.

 

La mise au point: en ambiance tactique, on se fout des règles d'or du cadrage qui rendent les photos si artistiques et agréables à l'œil. Le dernier souhait d'un hostile est de se faire tirer le portrait par un paparazzo gouvernemental. Vous pouvez décemment vous autoriser un cadrage qui ne rentre pas dans les annales des Beaux-Arts. Choisissez un collimateur en fonction de la place que votre cible risque d'occuper ou occupe dans votre cadre. Bloquez ce collimateur et ne bougez plus votre index du déclencheur. Shootez à la moindre occase. Ne lésinez pas sur les prises de vues. Un tatouage déterminant se cache parfois derrière l'oreille gauche du méchant et un détail peut être essentiel sur la façade d'un édifice ou la carrosserie d'une voiture. Plus on a d'infos, moins on se plante. Encore faut-il que ces infos soient lisibles et compréhensibles par les copains qui attendent à l'arrière.

 

La sensibilité ISO: assez élevée, élevée, très élevée. Rien d'autre. Avec un reflex standard (encore mieux avec un pro), et avec une maîtrise parfaite des fondamentaux vitesse/ouverture, vous ne devriez pas trop mal exposer vos photos. Même si le terrain change, et avec lui, la lumière, montez dans les ISO, pour conserver la possibilité de shooter à haute vitesse (net). Comme en planque on n'est pas à la plage, même en plein soleil, ne descendez pas en dessous de 200 ISO. Priorité à la netteté. C'est le détail qui est important. Adaptez-vous.

 

La définition: là encore, c'est une affaire de détails. A 3200 ISO, à 3 km, la définition sera incomparablement plus mauvaise qu'un sujet pris à 300m à 400 ISO. C'est la mission et la distance qui doivent graduer la sensibilité ISO, à savoir qu'a longue distance, la définition est toujours moins bonne (perturbations atmosphériques).

C'est la différence entre compter les invités d'une réception et les identifier un par un… Compter: pas besoin de trop de détails, donc, définition passable acceptée (déf.>800 ISO). Identifier: besoin du maximum de détails, donc, définition optimale demandée (déf.<800 ISO).

Le matériel complémentaire à la photo tactique

 

Lorsqu'on part sur le terrain pour du recueil photographique, il est évident que le couple boîtier-objectif doit être secondé par du matériel de taille et de destination diverses, pour que l'opération ne se transforme pas en fiasco.

Tout photographe qui se respecte, qu'il soit un amateur ou un grand nom, s'est retrouvé au moins une fois dans sa carrière photo, en galère, parce qu'une partie de son matos a été oublié à la maison ou au bureau.

 

Certes, on peut partir avec un boîtier et un objectif et faire des vues, mais le confort et l'amplitude n'en seront que très limités.

Sans pour autant partir avec la logistique du corps des Marines, il est fortement recommandé de prendre le temps de faire le point sur le matériel indispensable pour une sortie photo, surtout si elle se déroule dans une ambiance tactique.

 

Les piles: ayez toujours (j'insiste) au moins un jeu de piles de rechange sur vous. Il est trop bête de se retrouver en rade d'énergie, parce que, croyez-moi, ça arrive toujours au plus mauvais moment. Par temps froid, gardez ce jeu de piles supplémentaires bien au chaud contre vous, dans une poche intérieure. Ne le collez pas à votre peau, surtout si vous suez comme un crapaud-buffle.

 

Les filtres: indispensables à la photo de paysage ou à la photo d'art, ils ne sont pas indispensables en photo tactique, sauf en milieu où la lumière est maximale, comme la mer, la montagne, le désert et la neige. De plus, régler un filtre vous impose un mouvement supplémentaire (gênant, en planque), car il fonctionne souvent par vissage/dévissage et se trouve en bout d'objectif, sur la lentille.

Par contre, vu le prix des objectifs, montez à demeure un filtre UV sur la lentille frontale (testez sa neutralité chromatique sur une feuille blanche); cela vous évitera, au cas échéant, une fissure ou un bris de la lentille si quelque chose y tape violemment. Mieux vaut un filtre cassé qu'un objectif HS. Il y a quelques années, un photographe pro a perdu son objectif à cause d'un gravier propulsé par les rotors d'un hélico, au Salon du Bourget… à méditer.

 

Le pare-soleil: en plus d'éviter les reflets et les prismes qui défigurent et perturbent une photo, ils servent de protection à la lentille frontale et réduisent sa réflexion, surtout pour les gros téléobjectifs. Si par mégarde, votre objectif heurte quelque chose, c'est souvent le pare-soleil qui trinque. Assurez-vous, par contre, que le PS n'assombrisse pas les coins de l'image, produisant ainsi du vignetage.

 

Film ou carte-mémoire: emportez-en plus qu'il n'en faut. Mieux vaut trop que pas assez. On ne sait jamais ce qu'il peut se passer quand on tient un sujet dans son viseur, sauf s'il s'agit d'un mammouth congelé depuis 20.000 ans…

Les pellicules déroulent bien plus vite qu'on ne le pense, et les cartes SD ont tendance à se comporter comme les piles… surtout s'il fait froid.

 

Les supports: si votre appareil est un compact ou un petit reflex de poche, vous pouvez vous permettre de faire des dizaines de photos sans vous faire une tendinite. En revanche, si c'est un reflex pro avec un "caillou" (objectif) de 300 mm monté dessus, vous allez vite le sentir passer, à moins que vous n'ayez les bras du professeur Banner lorsqu'il passe au vert.

Même s'il est stabilisé, avec les vues qui passent vous allez céder aux tremblements qui vont affecter la netteté de l'image. Donc, appuyez-vous.

Si vous réalisez vos photos à proximité d'un objectif contraignant et que vous devez agir discrètement, il ne s'agit pas, bien sûr, de sortir un trépied de photographe du 19ème siècle.

Tous les appuis sont bons (murs, arbres, rampes, portières de voitures, vitres baissées, dos d'un collègue, etc.)

 

Depuis une voiture ou une position allongée, pour encore plus de stabilité, vous pouvez utiliser un Bean Bag ("sac de haricots"). Ne prenez pas ce nom au pied de la lettre, les haricots, comme toutes les semences, sont à bannir d'un sac d'appui, parce qu'elles germent, pourrissent et pèsent trop lourd. Prenez un sac ou une poche artisanale qui doivent fermer de manière totalement étanche. Un zip est parfait pour compléter ou renouveler le remplissage. Remplissez votre bean bag de billes de polystyrène. Pour ma part, je ne recommande pas autre chose, car c'est le meilleur compromis prix/poids/durée/conservation/silence. Attention, le polystyrène est ultra-toxique pour l'environnement aquatique. Ne le semez pas.

Un bon bean bag peut même vous servir d'oreiller s'il ne cède pas à la pression. Remplissez-le au 9/10 èmes, de manière à ce qu'il épouse la forme de tout ce que vous allez poser dessus (objectif, tête, arme, ou autre, pour les amateurs…).

Pour les trépieds, ils sont recommandés pour la prise de vue à longue ou très longue distance, là où le danger direct est absent et quand le poids du matos vous l'impose. Avec un reflex pro couplé à un gros télé, vous atteignez ou dépassez 5/6 kilos comme qui rigole.

Petite chose à savoir: jusqu'à une focale de 200 mm, la plaquette de fixation rapide du trépied se visse sous le boîtier. Au-delà de 200 mm, elle se visse sous le collier de l'objectif. N'oubliez pas le risque de déformation de la baïonnette induit par un objectif trop lourd…

Enfin, pour le trépied, choisissez-le avec soin, en tenant surtout compte du poids qu'il peut supporter et de sa versatilité. Pas de trépied aux branches reliées (on n'est pas à Windsor).

 

Les blimps: ce sont des manchons anti-bruits qu'on peut trouver dans le commerce ou qu'on peut faire soi-même. Ce serait bête de s'en priver lorsque la compromission est envisageable en situation tactique. Le blimp est un manchon qui épouse correctement la forme de votre appareil. Vous pouvez vous en confectionner un avec une manche de doudoune. Ce n'est pas un accessoire indispensable, mais utile à proximité d'un sujet dont il ne faut pas attirer l'attention.

 

Les appareils "abandonnés": Ils interviennent lorsque la discrétion d'un photographe est encore synonyme de tapage… Là, pas question de proximité durable ou de gros téléobjectif: la zone est trop sensible, les "sujets", trop actifs et méfiants. Trop imprévisibles, aussi.

A leur manière, les appareils photos deviennent des capteurs abandonnés, comme des mouchards.

Ce type d'appareils fonctionne par onde radio ou rayon infrarouge. Un opérateur peut le déclencher à bonne distance ou, plus simplement, le poser, le laisser faire, et le récupérer plus tard, exactement comme le ferait un photographe animalier à la recherche d'un animal ultra discret (léopard des neiges ou lynx, par ex.).

Un appareil à cellule infrarouge se déclenche lorsque le faisceau de la cellule est "coupé" par quelque chose qui passe devant. La photo est prise à l'insu du sujet, surtout s'il n'y a pas de flash…

Un appareil "abandonné", généralement un compact pré-réglé sur la zone visée, doit impérativement être dissimulé dans le décor et ne faire qu'un avec lui. De récentes photos publiées dans la presse spécialisée montrent quelques exemples du génie du 13ème RDP lorsqu'il s'agit de maquiller son matos photo sur le terrain: parpaing, fausses souches, fausses pierres, etc. Tous les moyens sont bons pour photographier sans risque les "vilains pas beaux" qui peuplent la planète. Et ces derniers sont loin de se douter de que quelque part, un tronc d'arbre leur tire le portrait…

Ces méthodes sont très employées, notamment pour tout ce qui touche au renseignement humain en zone urbaine ou péri-urbaine, là où il est très difficile pour un opérateur de durer sur le terrain sans se faire repérer.   

 

Les housses, courroies et protection diverses: le commerce fourmille de ces accessoires qui sont faits pour vous soulager et augmenter le confort des prises de vues. Déambulez avec un boîtier pro et son 300 avec la courroie d'origine autour du cou et vous comprendrez vite. Il existe des super produits, confortables et abordables, ne vous en privez pas. Tout ce qui peut augmenter le confort et la protection du matos est bon à prendre.

 

Beaucoup d'éléments peuvent endommager votre précieux matériel. C'est encore plus dramatique lorsqu'il vous appartient en propre.

Les ennemis du matériel photo :

 

On se doute bien qu'il faut protéger son matos d'une chute ou d'une noyade définitive, encore plus d'un bombardement au phosphore blanc…

Mais il est des ennemis insidieux qui se cachent autour de nous, prêts à sévir comme des blattes vindicatives. Il faut impérativement les tenir éloignés du matériel, si on veut le faire durer. C'est encore plus vrai en ambiance tactique, si vous devez rester quelque temps sur une même zone, quelle qu'elle soit.

 

Le sable: le grand ennemi du matos photo. Un grain qui se fiche dans un boîtier peut le foutre en l'air. Pareil pour un objectif. Le sable rentre partout. Ne lésinez pas sur les protections. Même si votre appareil possède des joints toriques d'origine, le sable le menace. En ambiance sableuse, n'hésitez pas à passer du ruban adhésif sur ces mêmes joints et sur tout ce que l'appareil compte de jointures (sauf les bagues mobiles de l'objectif). Enveloppez-le dans un sac maison qui ne laissera passer que le bout de la lentille. N'exposez que le nécessaire. Tant que le matos fonctionne, pas besoin de prendre des risques. Ne vous laissez pas tenter par un nettoyage à la soufflette en plein désert… Il n'y aucun appareil aussi fiable qu'une AK47, et c'est encore plus vrai depuis qu'ils sont bourrés d'électronique. Mettez-le dans un cocon, pour ce qui est du sable. Si vous devez changer de piles ou de carte, faites-le vite et avec un max de protection. C'est le principe des contraintes tactiques. 

 

L'eau: A moins qu'il ne soit tropicalisé, c'est-à-dire équipé de joints toriques performants, il ne faut pas exposer le matos à l'eau. Un boîtier tropi est plus déperlant que véritablement étanche. Si vous voulez faire de la photo sous-marine, prenez du matos adapté (caisson…).

La pluie et l'eau douce ne sont pas les pires. Elles ne sont pas corrosives. L'eau salée est vraiment mauvaise. Un de mes boîtiers a survécu à une chute en rivière, mais n'aurait pas survécu à la même chute dans la mer. Le sel ronge et brûle. Les embruns marins collent et rongent. Nettoyez-les régulièrement. Par contre, si l'appareil tombe dans de l'eau salée… nettoyez-le en le plongeant dans un bain d'eau douce, pour le débarrasser du sel et séchez-le délicatement avec un souffle régulier d'air doux.  C'est parmi les pires incidents qui puissent arriver.

 

Le froid: il peut littéralement engourdir l'électronique de votre appareil. Lors d'une prise de vues en conditions froides ou polaires, gardez votre appareil au chaud au creux de votre veste. Ne le sortez que pour de bonnes raisons, pour cadrer et shooter. Il se peut que les piles se déchargent très vite et que certaines options soient perturbées. C'est le propre de l'électronique face au froid intense. Avec les vieux appareils mécaniques, il n'y avait pas ces soucis, mais les pellicules pouvaient se casser comme du verre si les températures tombaient très bas.

Lorsque vous rentrez d'une sortie dans le froid, laissez votre appareil dans sa housse se réchauffer tranquillement. Si vous le passez d'un coup du froid au chaud, il va se charger de condensation, à l'extérieur comme à l'intérieur. Attention, c'est tenace et très mauvais pour l'électronique.

 

La chaleur: comme le froid, il faut éviter de coller son matos à des sources de chaleur intenses ou de le laisser mûrir en plein soleil. Des circuits surchauffés sont aussi endommagés que des circuits glacés, et les dégâts sont souvent irréversibles. C'est de l'électronique, pas de la mécanique…

 

Le flash: et oui, en photo tactique, c'est pire qu'un ennemi. Autant vous suicider, ça vous évitera les souffrances de la capture. Soyons sérieux… n'oubliez pas de mettre l'anti yeux rouges, si vous dénichez Ben Laden.

En conclusion:

 

Les fondamentaux de la photographie tactique changent peu des fondamentaux de la photographie généraliste, mais ils doivent être absolument maîtrisés et digérés, au point de n'être plus que des réflexes. C'est exactement comme le tir. Ce n'est pas à deux heures d'une bataille qu'on apprend à tirer. On a vu le résultat pendant la Première Guerre Mondiale ou sur le Front Russe…

La photographie tactique doit être réalisée par des opérateurs qui sont avant tout des photographes, passionnés et soucieux de leur matériel. C'est une spécialité à part entière, exactement comme le sniping ou l'appui aérien avancé.

C'est prendre soin de son matériel, le maîtriser comme on maîtrise son bras, l'utiliser de manière optimale, en tirer toute la quintessence, en l'associant à d'autres techniques, comme le camouflage, la construction de postes d'observation, la transmission d'image cryptées par satellite, etc.

 

La photo tactique est un des piliers du renseignement militaire et policier. Elle ne se démodera pas de sitôt et ne sera détrônée que lorsque l'homme cèdera sa place à un système artificiel susceptible de le remplacer totalement.

En attendant, seul un photographe expérimenté est capable de choisir une cible et d'appréhender son importance, de la traiter avec plus ou moins de considération, suivant les objectifs définis. Seul un photographe derrière son télé est capable de reconnaître le visage d'un terroriste qui n'as plus de barbe ou qui s'est coupé les cheveux. A lui de confirmer ou d'infirmer une future action coercitive.

 

Une équipe action qui débarque dans la planque de terroristes au milieu de la nuit ou à l'aube ne le fait qu'après une récolte et une exploitation minutieuse de renseignements de toutes natures. La photographie est primordiale dans cette récolte.

 

Elle se fait au prix de longues périodes de planque, pénibles, inconfortables et parfois très risquées. Les contraintes de la proximité d'un site ou d'un individu dangereux augmentent considérablement lorsqu'on rajoute celles liées à la photo.

C'est le quotidien des soldats spécialistes, ceux qui doivent maîtriser tant de facteurs complémentaires à leur dur métier.

 

N'oubliez jamais qu'un hostile qui mord la poussière sous le genoux d'un SAS ou d'un gendarme du GIGN a eu, au moins une fois au cours de l'opération qui vise à le neutraliser, son visage cadré dans le viseur d'un appareil photo…

 

 

Le Phasme

07 janvier 2010

Repost 0
Published by LE PHASME - dans TECHNIQUE
commenter cet article
4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 09:10

afghanistan.jpg Afghanistan 23 décembre 2009.

 

Un soldat du « 1st Battalion the Parachute Regiment » a trouvé la mort près de Sangin dans la province afghane d'Helmand.
Le parachutiste opérait pour le SFSG, alors qu’il effectuait une patrouille à pied avec des membres de l' Armée Afghane, il a été tué par un EEI (Engin Explosif Improvisé).

Source
Merci à Neill

Repost 0
Published by MENATOR - dans 2001-2012
commenter cet article
28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 14:17

f7bb547d8bb065e72e7571b556d74915.jpg
En Novembre 2001, le Special Boat Service est déployé sur l’ancienne base russe de Bagram. Avec sa piste de 3000 mètres de long, cette base va devenir le point névralgique du déploiement militaire en Afghanistan.

Une centaine d’hommes du « squadron » C du SBS débarque à la mi-novembre pour sécuriser cette base située au Nord de Kaboul. Construite par les soviétiques en 1976, elle comprend une piste de 3000 mètres de long, trois hangars, une tour de contrôle et des installations annexes.


Le chef de guerre local de l’Alliance du Nord n’étant pas au courant de l’opération, le premier contact entre anglais et afghan sera donc très tendu. Une équipe de journalistes allemands arrivera rapidement sur place, ils seront stoppés à l’entrée de la base puis chassés par deux soldats en DPM désert, béret vert des Royal Marines sur la tête. Les journalistes réussiront à voler quelques images filmées de loin, on y voit les soldats du SBS prendre le soleil sur les toits des immenses hangars.

81ffd80f8b5225d316230c99c393d894.jpg

La tenue du SBS en Afghanistan en 2001 :

On verra beaucoup de photos de soldats du SBS en tenue civile mais cette tenue DPM panachée du début du conflit est entrée dans l’imaginaire collectif comme la tenue des FS anglaises en Afghanistan. Elle n’a rien d’exceptionnel au niveau matériel mais nous avons la chance d’avoir récupéré les effets d’un vétéran personnalisés par ce dernier. Le défaut principal de cette série de photos vient de l’armement qui est un M4A1 à la place d’un C8.

Elle se compose donc :

- Veste smock classique en DPM personnalisée avec un rajout de poches.

- Pantalon DPM désert.

- Chaussures de hautes montagnes Lowa

- Gilet de combat All-Arms Arktis personnalisé par un sous-officier des RM.

- Sac à dos Bergen personnalisé par un sous-officier des RM.

 

Armement :

- Carabine C8 (sur la photo il s’agit hélas d’un M4 airsoft)

- Pistolet P226

7412760307d99a5449ad855eaee0b62a.jpg

Une fois la base de Bagram sécurisée et l’arrivée des premiers avions de l’US Air Force, les hommes du SBS vont se déployer vers la ville de Mazar-y-Sharif pour conseiller et soutenir les troupes de l’Alliance du Nord. Les commandos coordonneront le support aérien et interviendront notamment lors de la rébellion du fort de Qala-i-Jangi.  

En 2006, la base aérienne rénovée de Bagram, accueillait plus de 17.000 américains.

Le SBS n’a toujours pas quitté le pays, il est même secondé depuis 2009 par le SAS.

53f75cfed33ef52deea99e6b3e84ac55.jpg

Repost 0
Published by MENATOR - dans TENUES
commenter cet article
25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 07:00



xtmrkp21noir
SAS12 : Quels souvenirs gardez-vous de votre passage promotionnel à Paris en Décembre 2007 ?

 

Duncan Falconer : Je me rappelle que c’était bien amusant de courir avec vous, une bande de types fous, équipés en Forces Spéciales. Je me demandais à quel moment l’unité anti-terroriste française allait nous tomber dessus.

SAS12 : Nous pouvons suivre votre actualité grâce à votre site internet mais qu’est-ce qui s’est passé pour vous depuis deux ans ?

 

Duncan Falconer : J’ai crée une société de lutte contre la piraterie maritime qui emploie d’anciens Gurkha et d’ex membres des  Forces Spéciales. Nous n’avons pas trop avancé car j’ai été très pris par d’autres affaires en Afghanistan.

 

SAS12 : Comment procédez-vous à l’écriture de vos romans ? Comment votre passé militaire et votre travail actuel dans le domaine de la sécurité influencent-ils votre plume ?

 

Duncan Falconer : Pour écrire un livre, il faut commencer par avoir une idée bien sûr; l’étayer jusqu’à ce que vous soyez prêt à vous asseoir et à l’écrire. Mon travail m'a fourni beaucoup d'histoires, la plupart de mes personnages sont basés sur des gens réels . Mon travail m'a aussi permis de connaître et de comprendre comment des opérations réelles sont planifiées et effectuées, ce qui peut ou ne peut être fait et quel équipement militaire est utilisé ou non. Je suppose que c'est que l’on appelle le réalisme. J'essaye autant que possible d’être réaliste, même si « Undersea Prison » (roman à venir ndt) était crédible selon moi.

9782915243239.jpg


SAS12 : Pouvez-vous nous parler de l’Opérateur, votre prochain romain qui sort en France aux Editions Nimrod en Janvier 2010 ?

 
Duncan Falconer : J'ai écrit l’Opérateur car chaque film sur les experts militaires en explosif que je voyais était "pauvre" ou faux. J'ai alors voulu montrer ce qui pourrait vraiment être fait par un expert. J'ai beaucoup d'expérience dans ce domaine, je le connais donc très bien. L’action se déroule à Los Angeles, où j'ai vécu ; la description des lieux est donc bien réelle. Je l'ai aussi écrit comme un scénario en 2001 et terminé juste avant l’attaque des Tours Jumelles du 11 Septembre. Puisque l'épilogue est relatif à la destruction d’un bâtiment - pas très populaire à l’époque - je l'avais mis en stand by.

 

SAS12 : Pouvez-vous nous parler de l’adaptation de votre premier roman : L’otage pour la télévision anglaise ?

 

Duncan Falconer : Ce n'est pas pour la télévision anglaise. Il est destiné à être adapté sur grand écran. Je viens d'achever la première ébauche, mais plusieurs autres devront suivre.  Alors les chances de réalisation sont de un pour mille mais nous espérons.

 

SAS12 : Pour terminer, quels sont vos projets pour 2010 ?

 

Duncan Falconer : Je prévois d'étendre mon affaire de sécurité, de profiter de ma famille. J'ai espoir de m'installer en France où nous voulons vivre depuis longtemps mais cela n'a pu se faire jusqu'à présent. Je compte écrire un nouveau roman et j'espère que le projet cinématographique aboutisse.

Les livres de Duncan Falconer sont disponibles aux Editions Nimrod . L' entretien a été réalisé en anglais par couriel début Décembre 2009, merci à l'auteur d'avoir répondu à mes questions malgré un emploi du temps chargé.
Repost 0
Published by MENATOR - dans INTERVIEWS
commenter cet article
21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 07:57

Le camouflage standard de la British Army va être changé pour la première fois depuis près de 40 ans. Le nouveau motif, appelé Multi-Terrain Pattern (MTP) et qui ressemble beaucoup au Multicam, doit remplacer le célébrissime Disruptive Pattern Material (DPM).

Les forces britanniques en Afghanistan commenceront à recevoir les nouveaux uniformes en mars 2010, et l'armée devrait entièrement remplacer ses uniformes DPM forêt en 2011. Les No.9 Desert/tropical combat dress en DPM désert devraient, elles, rester en service aux côtés du MTP.


De gauche à droite : MTP, DPM forêt, DPM désert

Le MTP est conçu pour être assez efficace dans de nombreux environnements. Les troupes britanniques en Afghanistan utilisent actuellement un mix de DPM forêt et désert. Chacun de ces camouflages est très efficace dans le milieu pour lequel il a été conçu, mais ne « marche » pas bien dès qu’il en sort. Le mix forêt-désert est loin d’être idéal et est assez visible, notamment dans les zones vertes du Helmand. C’est pourquoi le MTP n’est pas optimisé pour un milieu particulier



Le MTP a été sélectionné après de nombreux tests menés par Infantry Trials and Development Unit de l’armée et le Defence Science and Technology Laboratory. Les tests ont été menés au Royaume-Uni, en Afghanistan, à Chypre ainsi qu’au Kenya.

Le MTP a été développé par par Crye Precision et est dérivé du multicam. Le motif fait l’objet d’un brevet US et a été enregistré dans l’Union Européenne comme appartenant au MODUK. Toute compagnie voulant fabriquer des vêtements avec ce motif doit obtenir une licence du MODUK.

Sources :

British Army to get new camouflage uniform - BBC News


DPM out after 40 years – UK adopts new “Multi-Terrain Pattern” camouflage

Test camouflage multicam / DPM

Repost 0
Published by ROB1 - dans TENUES
commenter cet article
20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 10:41

L’entraînement de Décembre sous les premières neiges avait pour thème le camouflage.

1209-entrainement 1173
La séance a commencé avec une revue de paquetage afin de vérifier que tout le monde était prêt à affronter l’hiver et le cas échéant, orienter au mieux les achats de Noel. Chacun présente son emport partageant ainsi expérience et astuces.
1209-entrainement 114434 decembre noir
31 decembre noir
Adrien nous explique sa méthode confidentielle de bivouac tactique ultra léger mis au point après plusieurs années d’expérience dans la brume humide des lendemains froids et désenchantés de fêtes votives aveyronnaise (des stages peuvent être organisés à partir de la Saint Jean 2010).


Tout le monde, ou presque donc, est convenablement équipé pour affronter le froid, les kits et procédures sont harmonisés et la petite troupe est homogène. Je souligne ici l’effort financier des recrues pour se mettre rapidement à niveau sur l’équipement, le matériel radio et les répliques.


L’exercice avait pour but d’enterrer un groupe de six individus sur une semaine voir plus afin d’observer une grange isolée.

1209-entrainement 1148
Nous avons donc établi un PO semi enterré à flanc d’une colline peu boisée mais parsemée de ronces et fougères. A 1500 mètres de la cible, avec la monoculaire X60, un poste bien isolé au sol et convenablement camouflé, le travail semble facile… pour 24 heures de jeu, on a donc une pensée pour les hommes qui restent des semaines dans la froid et l’insécurité. Le seul problème reste les traces de passages sur les feuilles mortes lors des changements de quarts.

1209-entrainement 1151
La zone de vie semi-enterrée assez vaste pour accueillir quatre individus au sec et l’équipement de six a posé un peu plus de soucis mais tout le monde et Koursk en particulier a pris un grand plaisir à patauger dans la boue gelée. Le volume de terre à évacuer était conséquent, nous avions pour nous, une barrière de ronces et de broussailles pour la stocker. La météo annonçait des chutes importantes de neige pour la semaine, il fallait donc construire une toiture de basha supportant le poids de la neige. On a donc utilisé des pieux pour tendre l’édifice au maximum et l’enfonçage de ces derniers a posé des soucis de discrétion.

1209-entrainement 1147
Un PO secondaire installé en hauteur sur notre flanc servait grâce à la vue d’ensemble à protéger l’ensemble de notre secteur.


La journée a permis de corriger des erreurs mais le travail a soulevé de nouveaux problèmes dont nous trouverons sûrement la solution lors de la prochaine journée de mise en pratique.

 

Repost 0
Published by MENATOR - dans MILSIM
commenter cet article
8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 17:12

Un lot de cinq médailles ayant appartenu à un ancien SAS a été vendu aux enchères pour la modique somme de 120.000 livres soit plus de 130.000 euros.

 

Le héros :

Le Capitaine Melvill K. « Taff » Townsend, originaire de Newport, a servi au sein du 22 SAS.

Il a participé aux opérations à Chypre sous l'égide de l'ONU, en Irlande du Nord, s'est illustré aux Malouines mais c'est à Oman qu'il va gagner la prestigieuse DCM ( "Distinguished Conduct Medal" qui vient en second après la VC "Victoria Cross").

Il est à l'époque Caporal Chef, sa patrouille tombe dans une embuscade à Sheerishitti à l'Ouest de la province du Dhofar. Pris sous un feu nourri, Townsend fera preuve d'audace et de courage ce qui lui vaudra la DCM, pour l'instant seule distinction accordée à un SAS.

Après avoir quitté le Regiment, le héros travaillera dans le milieu de la sécurité privée, il a pris sa retraite en Aout 2009.

Le lot en vente :

La DCM (à gauche de la photo) est bien entendu la pièce maitresse de ce lot et le fait qu'il appartienne à un SAS rajoute de la valeur vu la popularité de cette unité. Il y avait de plus une copie d'une lettre de remerciement écrite par Lady Diana en 1997 après que Townsed ait assuré sa sécurité durant un voyage en Angola où elle dénonça le ravage des mines antipersonnel.

Sa mise en vente était estimé entre 40.000 et 60.000 £, ce lot a donc crée la surprise Mercredi 18 Novembre lors de l'enchère à la Maison Spink à Londres puisqu'il a atteint la somme de 120.000 £.

Source : site de la BBC
Merci  Neill

Repost 0
Published by MENATOR - dans 1952-2000
commenter cet article
7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 06:40
Pour répondre aux questions de certains d’entre vous me demandant quelle était la meilleure « config » de gilet, la meilleure répartition entre les poches de la veste/le sac/le gilet etc… je vous ai préparé rapidement ce qui suit. C’est juste une évolution d’un précédent article qui me convient pour nos activités. Je n’ai pas la prétention d’avoir la meilleure configuration mais c’est la mienne….et enfin je suis à l’aise, tout tombe bien. Même avec sacs (40l ou 100l).En espérant que cela répondra à vos questions…


J’ai changé de gilet car je voulais un accès rapide aux chargeurs puisque je pars du principe qu’un gilet d’assaut est avant tout un « porte chargeurs » (je n’aborderai pas la protection balistique).
Suivant le vieil adage :
tu vis avec ton sac,
tu combats avec ton gilet
et
tu survis avec tes poches
.


J’ai donc du investir dans une veste type guérilla avec de nombreuses poches pour pouvoir ranger tout le petit matériel, des effets chauds et de pluie qui était dans mon ancien gilet voir même dans mon sac. L’emport individuel est très nettement augmenté ainsi que l’autonomie sans le sac.

Je vais donc lister le matériel que j’emporte :


Veste Kommando Arktis et poches du pantalon :

  • Chiffon cam

  • Serviette pertex

  • Stowaway Arktis

  • Bonnet

  • Buff

  • spandoflage

  • Rainshield Arktis

  • Poncho

  • T shirt Brynje

  • Micro polaire

  • Lampe frontale

  • Boussole

  • Compte pas+led

  • Carnet + stylo

  • Kit feu+réchaud à pastilles esbit+briquet+vivres de course (fruits secs + Mars+ pates de fruits etc…)

  • Tatoo

  • 1 lot de piles

  • Kit hygiène

  • 2 chargeurs de M4

  • Gourde US avec quart


Gilet BH Recon Harness avec poches 5.11 V-TAC:

  • 14 chargeurs M4 (ou MP5)

  • 1 chargeur PA + 1 leatherman

  • Radio + micro et oreillette

  • 1 zinzin (voir Romain pour explication)

  • Jumelles

  • Piles

  • Couverture de survie

  • Sécateur « leatherman »

  • 2° kit feu

  • Couteau Extrema Ratio 185 RAO

  • cyalume


Ceinturon
(ensemble GK qui commence à dater et sera bientôt remplacer)

  • Glock17 + 1 chargeur dans son holster de cuisse

  • Couteau Glock

  • Poche dépliable pour récupération des chargeurs vides


Divers :

  • Sac d’hydratation

  • Casque avec lunettes

  • M733 avec lampe Surefire G2 (led 210 lumens) + sangle 1 point

  • Echarpe filet cam

  • Gants en cuir

Prochaine évolution : holster Safariland puisque j’en ai assez d’attendre le 5.11…


En conclusion
 : il n’y a pas de « config » idéale autrement on l’aurait tous déjà adoptée. Il faut tester, essayer, driller et surtout ne jamais oublier qu’un gilet ne sert pas qu’à transporter des chargeurs d’un point A à un point B, mais à les avoir à portée de main de façon instinctive et rapide. A vos coms…

 

Repost 0
Published by PAPA ATHOS - dans TECHNIQUE
commenter cet article

Articles Récents

Catégories