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Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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22SAS12 is a group reenacting WW2 era Free French SAS paratroopers and the modern 22 SAS. This blog presents our particular approach of the reenactment but is also aimed at all people passionate about the SAS. We talk about operations, equipment but also about literature, cinema and the current events. Created in 2006, this blog has become the premier French-speaking source on the "Regiment" !

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 10:51

Voici quelques articles sur les opérations et les grandes figures du SAS durant le Second Conflit Mondial. Pour de solides informations sur le sujet, je vous invite à consulter le site de référence de David PortierFFL SAS.
Regardez aussi notre bibliographie.



Histoire et Opérations :


Naissance du SAS : Le jeune David Stirling, le desert et la guerre assymétrique.

Ailes égyptiennes : naissance d'un symbole

Les SAS en Bretagne : A lire absolument

Bérets du SAS : évolution et couleurs

Dague ailée : l'insigne du SAS

Opération LOYTON : le 2nd SAS engagé dans les vosges en 1944

Maquis de Grandrupt : le 2nd SAS du major Farran

Personnalités :

BERGE George : Le "père" des SAS français.

DRUCE Henry : officier du 2nd SAS.

JELLICOE George : compagnon de Stirling et officier du SBS.

JORDAN Augustin : Un des premiers officier SAS français.

MATHER Carol : brillant militaire, compagnon de Stirling.

MAYNE "Paddy" : Le second de Stirling, une personnalité légendaire.

MENDIONDO René : Français du 3th SAS décororé par M. OBAMA.

ROB : un chien parachutiste.

STIRLING David : le génial créateur du SAS.

ZIRNHELD André : héros français, auteur de la prière du para

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Published by MENATOR - dans 1941-1945
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 19:29

Contribution des forces spéciales aux missions d'interdiction et de fixation stratégiques : l'exemple des SAS français en Bretagne (juin 1944)


Jean-Jacques CÉCILE - Publié dans les pages du n°1 de la revue Renseignement & opérations spéciales, mars 1999)


                    5 juin 1944, un jour avant l'aube, tel est le titre de la plaquette éditée par l'Amicale des anciens parachutistes SAS et des anciens commandos de la France Libre à l'occasion du 40e anniversaire du débarquement en Normandie. Dix années plus tard, à l'approche des festivités commémorant le cinquantenaire, certaines déclarations lapidaires et dithyrambiques soutiennent une thèse quelque peu maximaliste en ce qui concerne la contribution de ces soldats d'exception à la libération du sol français. Loin de ces assertions parfois partisanes, un examen des opérations menées par les commandos du 2e Régiment de chasseurs parachutistes en Bretagne au mois de juin 1944 éclaire d'une singulière façon la contribution que les forces spéciales peuvent apporter à deux missions stratégiques primordiales : l'interdiction du champ de bataille et la fixation des troupes ennemies.


Interdire et fixer : de quoi s'agit-il ?


                    Enoncer que l'un des plus sûrs moyens de parvenir à la victoire est de s'assurer à tout moment un rapport de force en sa propre faveur est un truisme. Mais la chose devient moins évidente dès lors qu'il s'agit de sélectionner les actions à mener ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. D'autant plus que, l'époque contemporaine étant caractérisée par une mobilité militaire tactique, opérationnelle et stratégique sans précédent, il faut non seulement que le rapport soit favorable dans la phase initiale de la bataille mais aussi que l'évolution de ce rapport au cours des opérations de combat se fasse aussi de manière favorable. L'interdiction et la fixation stratégiques permettent d’atteindre ces buts.

                    Dès lors qu'il s'agit d'interdire et de fixer, il convient en préalable de faire un inventaire aussi exact que possible des forces que l'ennemi peut acheminer rapidement vers la zone choisie pour l’axe d’effort : c'est une tâche que les services de renseignement doivent prendre prioritairement en compte dans la phase de préparation. Il s’agit alors en premier lieu de créer une menace là où les renforts ennemis tiennent garnison. Ladite menace peut revêtir un caractère réel (opération de diversion) ou n’être que suggérée (opération d'intoxication). Elle doit en tout cas être perçue par l’adversaire comme suffisamment grave et crédible pour justifier un stationnement sur place : c'est l'action de fixer. Il convient ensuite de détruire systématiquement l'infrastructure de transport commandant l'accès au champ de bataille ainsi que d’attaquer méthodiquement de tout le trafic ennemi s'affranchissant des destructions opérées : c'est l'action d'interdire.

                    Les moyens pour fixer et interdire sont nombreux, diversifiés, et le débarquement en Normandie nous en fournit un excellent exemple. Les préparatifs ne pouvant pas être dissimulés aux yeux des espions allemands dans les mois précédant juin 1944, il importe avant tout de distraire le maximum de troupes nazies du lieu choisi pour l'action. Parmi les moyens retenus, citons pêle-mêle le bombardement systématique des voies de communication du nord de la France, lequel bombardement est destiné à entretenir le doute quant au lieu du débarquement, ou encore l'opération d'intoxication dont le but consiste à accréditer la présence d'une armée fictive dans la campagne du Kent, au sud-est de l'Angleterre, dans le but de renforcer la croyance des généraux allemands pour qui l'assaut ne peut survenir que dans le Pas-de-Calais. Citons également la menace d'un débarquement secondaire dans la baie de Suscinio, au sud de la Bretagne.

                    Mais parmi les moyens employés, il en est un qui se distingue des autres de par l'extraordinaire somme de qualités humaines et guerrières qu'il nécessite ; l'action en Bretagne des Français du Special Air Service a en effet apporté son concours aux deux actions de fixer et d'interdire avec, sinon un plein succès, du moins un panache et un courage certains.

Plantons maintenant le décor de l'action.


Juin 1944 : la Bretagne, ses occupants et la Résistance


                    A la veille du débarquement, la Bretagne est une région qui se prête bien à une guerre de partisans ; la campagne y est très fortement compartimentée, de nombreux chemins creux couverts d'une voûte sylvestre ainsi que des forêts de sapins conservant leurs épines en toutes saisons y permettent des déplacements et des stationnements discrets, à l'abri des avions d’observation. La côte y est escarpée, tourmentée, donc difficile à surveiller continuellement dans son intégralité, les débarquements clandestins d’hommes en provenance d'Angleterre en sont d’autant facilités. Du fait des influences océaniques, les conditions météorologiques sont fréquemment mauvaises, ce qui confère un caractère aléatoire à l'emploi de l'arme aérienne. L'infrastructure de communication routière comme ferroviaire est relativement pauvre et qualitativement médiocre.

                    Le Breton est d’autre part un homme jaloux de son indépendance, de cette jalousie qui remonte du fond des âges et qui a permis à la région de conserver son autonomie face à la France jusqu'en 1532. Une histoire plus récente encore porte les stigmates d'un attachement profond et viscéral à des valeurs traditionnelles que l'on accepte difficilement de voir remises en question par un ordre imposé de l'extérieur. Car c'est bien en Bretagne que la Révolution, encore mal assurée de son autorité, doit éteindre les derniers feux des guerres de Vendée, mêlées sauvages où le credo républicain affronte une royauté pétrie de foi religieuse. Tous les ingrédients sont donc préexistants pour rendre la vie difficile à l'Allemand. D’autant plus que l'espoir d'une libération prochaine ainsi que la brutalité des troupes d'occupation suscitent les vocations, renforcent les déterminations, décident les hésitants.

                    Mais cet occupant, quel est-il ?

                    Force est de reconnaître que les forces allemandes stationnées en Bretagne à la veille du débarquement de Normandie sont disparates. On y trouve pêle-mêle des fantassins, des parachutistes à l’instruction, des bataillons spéciaux formés d'hommes malades employés à des tâches de veille et de patrouille ainsi que des troupes itinérantes de cavaliers, cyclistes et fantassins des pays de l'Est, Ukraine ou Géorgie. Soldats de piètre qualité, ces derniers exercent leurs « talents » en écumant la région pour se livrer à des besognes de basse police ; plutôt que des méthodes de combat à proprement parler, ils mettent en œuvre des modes d'action relevant de la dissuasion par la terreur.

                    Plus précisément, la Bretagne est divisée en deux zones territoriales dévolues aux XXVe Corps d'armée (zone sud, QG à Pontivy) et au LXXIVe Corps d'armée (zone nord, QG à Guingamp) auxquels s'ajoutent des éléments de trois divisions aéroportées (les 2e, 3e et 5e) dont le volume et la subordination semble avoir varié avec le temps. Sont également présentes les troupes de second ordre déjà mentionnées, à savoir les troupes dites « de l'Est » ainsi que les deux bataillons de malades. La défense statique du littoral et des ports est quant à elle principalement assurée par le 25e Régiment de forteresse formé de vingt-neuf compagnies et par trois groupes d'artillerie de l'armée de Terre. Totalisant un effectif d'environ 1 200 hommes, l’aviation est surtout regroupée sur la base de Meucon, au nord de Vannes.

                    Le XXVe Corps d'armée du Général Fahrmbacher est composé de quatre divisions d'infanterie : les 265e (Lorient, QG à Quimperlé), 275e (Saint-Nazaire, QG à Redon), 343e (Brest, QG à Landerneau) et 353e (Landivisiau, QG à Lampaul-Guimillault). Le LXXIVe Corps d'armée (Général Koltitz) est quant à lui formé de trois divisions d'infanterie : les 77e (Saint-Malo), 266e (Guingamp, QG à Belle-Isle-En-Terre) et 319e (Pontorson). Notons tout de suite que ces troupes ne comprennent pas ou très peu de blindés et que leur armement est souvent hétérogène. On cite par exemple le cas du 275e Régiment d'artillerie organique de la 275e Division d’infanterie dont une batterie est équipée de pièces de 122 mm russes récupérées sur le front de l’Est.

                    Face à cela, la Résistance s'organise, les volontaires sont nombreux, ils veulent en découdre. Mais force est de reconnaître que l'enthousiasme l'emporte bien souvent sur les connaissances tactiques et que l'armement est très léger, trop léger pour prétendre constituer une armée capable de se mesurer avec l'occupant en rase campagne. Les FFI du Morbihan, pour ne citer qu’eux, possèdent seulement des armes soit récupérées sur l'armée française lors de la déroute en 1940, soit prises aux forces allemandes, soit parachutées par le BOA (Bureau des opérations aériennes). En tout état de cause très peu de fusils-mitrailleurs, 400 pistolets-mitrailleurs Sten, 150 pistolets de modèles divers, 4 000 grenades et un stock d'explosif. Bref, ainsi que le fait si justement remarquer Roger Leroux dans son ouvrage Le Morbihan en Guerre, « c'est un armement destiné à des équipes de saboteurs, non à des troupes en campagne. La répartition a été faite par section mais on n'a pu armer que dix compagnies et il est impossible d'envisager des opérations importantes ».

                    Le décor est planté, les acteurs vont entrer en scène.

Le Special Air Service


                    En juin 1944, le SAS est de création récente. L'idée en revient à David Stirling, officier du Commando n°8 de la Layforce qui, immobilisé sur un lit d'hôpital suite à une première et mauvaise expérience du parachutisme, a eu tout loisir d'y réfléchir et de formaliser son projet en jetant hâtivement quelques phrases sur le papier. A l'instar de toutes les bonnes idées, celle-ci a le mérite de la simplicité. Et puis elle tombe à point nommé pour revigorer le moral d'une armée britannique qui, ayant subi un certain nombre de revers successifs, a bien besoin d'initiatives coûtant peu et rapportant beaucoup. Le concept de base est le suivant : pour attaquer un objectif où la doctrine militaire juge nécessaire l’emploi d’un commando de deux cent hommes, Stirling recommande d'employer une patrouille de quatre à cinq hommes audacieux, résolus, surentraînés, usant au besoin de méthodes peu orthodoxes. Il fait remarquer à juste titre qu'un effectif plus volumineux nécessite une logistique plus lourde donc moins discrète. Cela implique également la mobilisation de moyens de transport faisant défaut ailleurs et dont l'éventuelle perte au combat est susceptible de réduire considérablement le rapport coût/efficacité donc l'intérêt du raid dont il est question. Il propose au contraire la mise sur pied de petits groupes autonomes sachant se contenter d'un faible soutien logistique et aptes à utiliser tous les moyens de mise en place disponibles, que ce soit l'avion, le bateau, le sous-marin, les véhicules terrestres légers ou... les brodequins !

                    Stirling parvient à forcer la main du haut commandement ; c'est ainsi que le Special Air Service voit le jour en juillet 1941 avec un effectif initial de sept officiers et soixante hommes provenant pour la plupart de la Layforce démantelée. Tout de suite, une remarque s'impose : sur l’insistance de Stirling lui-même, le Détachement L de la Brigade SAS est directement placé sous les ordres du commandant-en-chef au Moyen-Orient. Ceci signifie que, dès le départ, le jeune officier veut situer l'action de « son » unité au niveau stratégique : c'est à ce niveau et à ce niveau seulement qu'il envisage la planification de l'emploi du SAS. Selon sa conception, les commandos soutiennent le volet tactique de la bataille tandis que les éléments du SOE (Special Operations Executive) œuvrent en civil sous le contrôle des services secrets ; l'action du SAS se situe à mi-chemin. Cette remarque a son importance : s’agissant de la Bretagne, c’est bel et bien au niveau stratégique que l'emploi du SAS est planifié.

L'intégration de soldats français au Special Air Service remonte à janvier 1942, mois au cours duquel la 1e Compagnie de chasseurs parachutistes du capitaine Bergé (cinquante hommes) est rattachée au Détachement L. A la veille du débarquement, la contribution française aux effectifs de la brigade SAS s'élève à deux régiments, les 3rd Special Air Service Regiment (3e Régiment de chasseurs parachutistes) et 4th Special Air Service Regiment (2e Régiment de chasseurs parachutistes). Ce sont les hommes du 2e Régiment de chasseurs parachutistes qui reçoivent la mission de combattre les troupes allemandes stationnées en Bretagne.


Les SAS dans les actions d'interdiction


Interdire l'accès à la Normandie, c'est avant tout s'attaquer à l'infrastructure ferroviaire d’une part et gêner les déplacements routiers de l'ennemi en entretenant l'insécurité par des embuscades répétées et meurtrières d’autre part. Intéressons-nous tout d'abord au sabotage des voies ferrées.

Cette composante du plan d'ensemble est confiée à dix-huit équipes de saboteurs connues sous la dénomination générique de « Cooney Parties ». Parachutée dans la nuit de J à J+1 (6 au 7 juin) ou de J+1 à J+2 (7 au 8 juin), chaque équipe doit opérer une coupure sur une voie ferrée principale, la somme des sabotages étant prévue pour provoquer un isolement ferroviaire quasi total de la péninsule bretonne. Toutes les missions réussissent mais influent de manière très diverse sur la régularité des convois allemands. Car le sabotage des rails est une course poursuite entre les commandos d'une part et les capacités de réparation ennemies d'autre part. La coupure d'une voie ferrée n'est pas une chose acquise une fois pour toutes, il faut l'entretenir de manière régulière si tant est que le but à atteindre soit d'interdire et non pas seulement de ralentir. Cette notion est du reste bien comprise par les responsables de la Résistance dont le « plan vert » ayant pour but la coupure des voies ferroviaires prescrit d'entretenir ces coupures pendant huit jours au moins et quinze jours au mieux à partir du 6 juin. L'entretien des coupures est bel et bien initialement planifié par l’état-major du SAS : un volet de la mission prescrit de mettre sur pied en Bretagne même des bases qui, convenablement approvisionnées par voie aérienne, doivent fournir aux équipes de saboteurs l’explosif dont elles ont besoin.

                    En ce qui concerne la durée moyenne d'une coupure de voie après sabotage, il est difficile d'avancer un chiffre. A ce titre, un rapport concocté par les services de la SNCF peu après la fin du conflit apporte quelques précisions. Bien que distinguant quatre schémas principaux de coupures et faisant état de durées allant de neuf à trente-et-une heures d'interruption avant réparation, ce rapport ne manque pas de préciser que ces chiffres cachent cependant de grandes disparités et qu'il est difficile de formuler des conclusions réellement représentatives au vu du faible nombre de cas relatés. Les durées mentionnées se fondent par ailleurs sur une étude relative au nord de la France ; curieusement, les données concernant la Bretagne sont presque inexistantes, visiblement peu significatives. Tout cela ne permet finalement que de se livrer à une estimation très vague des conséquences qu’induisent les sabotages sur la régularité du trafic des TCO (Transports en cours d'opération) allemands, d'autant plus vague qu'il faut en l'occurrence distinguer ce qui revient en propre aux SAS de ce qui est à porter au crédit de la Résistance ou des bombardements.

                    En première approximation, on peut penser que l'intention des « Cooney Parties » n'était en aucun cas de bloquer mais bel et bien de retarder : la seule considération du faible effectif commis aux missions de sabotage l'indique clairement. Espérait-on immobiliser définitivement 150 000 hommes avec quelques dizaines de parachutistes seulement ? Du reste, la réalité historique est là pour montrer que, si tel était le cas, alors on ne peut dresser qu'un constat d'échec. Certains documents signalent la présence d'éléments appartenant aux 265e et 275e divisions d'infanterie au contact des troupes alliées dès le 13 juin et il en est de même avec des unités de la 3e Division aéroportée. Cependant, si on s'en tient à la thèse du ralentissement, le constat penche en faveur du succès, un succès qu'Anthony Cave Brown, dans son ouvrage La guerre secrète, relate en ces termes : « [Rommel] n'obtint jamais toute l'infanterie dont il avait besoin, car entre les harcèlements de la guérilla et les bombardements sur la Bretagne, (...) la 265e d'infanterie quitta Lorient le jour J, mais n'atteignit le front que le 16, sans être au complet de ses effectifs. La 275e d'infanterie partit de Vannes le 7 juin et arriva péniblement le 14. Un bataillon mit huit jours à faire le trajet d'une journée ».

                    Des documents allemands (Rapports d'activité du XXVe Corps d'armée allemand en occupation en Bretagne, édité par le Service historique de l'armée de Terre) contiennent également des indications permettant de conclure au succès. Ainsi, un groupement tactique formé d'unités appartenant à la 275e Division d'infanterie est immobilisé le 8 juin dans la région de Messac/Rennes « du fait des destructions de voies ou d'attaques aériennes ». Le même document fait état d'un effet indirect de l'offensive contre les voies ferrées : le ravitaillement ne circulant plus que très difficilement, le carburant se fait rare et des unités sont parfois amenées à interrompre leur transfert vers le front normand pour cause de manque d'essence. Enfin, dans son livre Qui ose vaincra, Paul Bonnecarrère prête au Général Fahrmbacher les propos suivants : « l’ampleur des actions de sabotage, les coups portés à nos convois prennent des proportions inquiétantes (...). Le front normand réclame des troupes fraîches ; j'en dispose, mais il semble impossible de les acheminer. Nous devons frapper vite et fort, anéantir ces terroristes pour permettre au Génie de rétablir les voies de communication et me mettre en mesure d'exécuter les ordres qui me sont transmis ».

                    La réussite la plus emblématique s'agissant de ces missions de sabotage est sans conteste celle qui a pour effet de couper la pénétrante ferroviaire sud-Bretagne Quimper/Redon/Rennes au niveau du lieu-dit « La Corbinière » entre Redon et Messac ; elle illustre parfaitement deux aspects des opérations spéciales que nous allons maintenant mettre en exergue.

                    Le premier de ces deux aspects a trait à l'importance du renseignement d'objectif dans la préparation d'une mission de sabotage : couper cette ligne ferroviaire stratégique était depuis longtemps déjà une préoccupation de l'état-major de Londres. Paul Bonnecarrère rapporte que dès le début de l'année 1944, le BCRA gaulliste (Bureau central de renseignement et d'action) parachute des hommes chargés de déterminer l'endroit où porter l'attaque pour maximiser l'effet du sabotage. La meilleure solution consiste sans conteste à faire sauter le tunnel de La Corbinière. A cette endroit, la voie ferrée empreinte sur une distance relativement courte une combinaison formée successivement d'un encaissement, d'un tunnel assez long puis d'un pont enjambant la Vilaine, cours d'eau serpentant au fond d'une étroite vallée. Cette disposition des lieux très particulière rend beaucoup plus difficile le travail des équipes de réparation.

                    D’autant plus que le deuxième aspect complique encore la tâche des ouvriers d’entretient appartenant à l'organisation Todt : ils doivent travailler sous la menace constante d’un raid aérien. En effet, les unités spéciales opérant dans la profondeur du dispositif ennemi ne sont que très rarement livrées à elles-mêmes ; elles ont dans la plupart des cas la possibilité de suppléer à leur faible puissance de feu en utilisant les moyens de transmissions dont elles disposent afin de requérir l'appui des aviateurs. Dans son ouvrage La Bretagne de 1939 à nos jours, Jacqueline Sainclivier note ainsi que « l'aviation alliée, alertée par nos parachutistes, viendra sans cesse mitrailler l'équipe de relevage qui mettra plus de huit jours à dégager les voies (...). Ce dernier sabotage (...) a privé [les Allemands] de cette relation [voie ferrée] jusqu'au 18 juin, période critique où la bataille de Normandie faisait rage ».

                    C’est un bilan nettement plus mitigé qui émerge en ce qui concerne le réseau routier. Il y a plusieurs raisons à cela. Relevons pour l’instant que l'armement léger aux mains des SAS ainsi que des résistants ne leur permet pas de s'attaquer aux gros convois fort bien pourvus en armes automatiques et en armement d'appui. En l’occurrence, ce volet de la mission se résumera donc à l'attaque de quelques véhicules isolés ou de convois de faible volume, ce qui aura cependant l'effet psychologique non négligeable d'instiller dans l'esprit de l'occupant un fort sentiment d'insécurité.

Les SAS dans les actions de fixation


                    Ainsi que nous l'avons déjà relevé, fixer l'ennemi est un résultat qui s'obtient avant tout en créant dans la zone de stationnement des troupes susceptibles d'être envoyées en renfort une menace réelle ou fictive suffisamment crédible pour persuader les décideurs militaires au mieux d’engager leurs unités sur place, au moins de les garder « sous le coude » dans le cas où ladite menace se concrétiserait. L'un des modes d'action préférentiels des forces spéciales pour remplir cette tâche consiste à armer, entraîner et encadrer sur place des forces de guérilla recrutées au sein de la population locale. Précisons tout de suite que nulle part dans l'énoncé initial de la mission dévolue aux SAS on ne trouve de volet prescrivant une action purement destinée à « fixer » les troupes allemandes en Bretagne ; il ne s'agit à l'origine que d'interdire. Seul apparaît un petit paragraphe qui ordonne « d'examiner sur place (...) les possibilités de coopération avec la Résistance ».

                    Cette surprenante omission tient à deux raisons principales.

                    Tout d'abord, relevons que la doctrine relative à l'emploi du Special Air Service ne considère nullement l'encadrement de maquis comme une mission prioritaire. Cet état de fait est particulièrement mis en exergue par David Stirling lui-même qui liste en ces termes les opérations susceptibles d'être prises en compte par l’unité qu’il a créée : « raids en profondeur derrière les lignes ennemies et dirigés contre les centres vitaux du Quartier Général, des terrains d'atterrissage, des lignes de ravitaillement ; mise sur pied d'une activité d'offensive stratégique à partir de bases secrètes placées à l'intérieur du territoire ennemi ; à l'occasion, recrutement, entraînement, coordination d'éléments de guérilla locale ». L'expression employée (« à l'occasion ») et le fait que cette mission-type soit énoncée en dernière position de la liste en dit long sur l'importance attachée par Stirling à des actions de ce genre. Le Special Air Service est une unité avant tout créée, équipée et entraînée pour détruire par l'action violente en comptant sur ses propres moyens.

                    Deuxièmement, les possibilités des réseaux et maquis bretons sont mésestimées ou délibérément ignorées par les planificateurs de l'action SAS. S'agissant de la Résistance bretonne, Paul Bonnecarrère met par exemple cette phrase dans la bouche d'un officier français : « inexistante, d'après les renseignements anglais. Il y aurait plus d'un an qu'elle aurait été démantelée et anéantie ». Roger Leroux fait quant à lui observer : « le Commandement suprême redoute que la Résistance, dont l'action risque toujours d'être retardée ou empêchée par des arrestations, soit dans l'impossibilité d'accomplir l'ensemble des destructions voulues. Les Alliés sont d'ailleurs mal renseignés sur l'importance des mouvements de résistance en France occupée ; le manque de coordination entre les services de renseignement britanniques et le BCRA dirigé par le colonel Passy ne peut que renforcer leur méfiance à l'égard de l'organisation des maquis ».

                    Or, l'enchaînement des événements allait se charger de mettre les commandos français devant le fait accompli.

                    La Résistance bretonne, pour se mobiliser, a en effet créé des centres destinés non seulement à armer au fur et à mesure les unités FFI qui s'y présentent mais aussi à constituer de véritables enclaves libérées de l'occupation allemande. C'est précisément à l'un de ces centres mobilisateurs que les lieutenants Marienne et Deplante, parachutés en précurseurs dans la région de Plumelec (Morbihan), prennent contact avec le maquis. Contre toute attente, les deux officiers choisissent de privilégier l'aspect secondaire de leur mission, à savoir l’encadrement de ces unités de bric et de broc, plutôt que de s'en tenir à l'aspect principal, soit la formation d'une base destinée à accueillir puis à réapprovisionner en munitions et explosifs des troupes parachutées ultérieurement. Cette décision est prise sur des critères qui apparaissent empreints de subjectivité. L'événement est relaté en des termes qui ôtent toute équivoque à ce sujet : « [Marienne] est impressionné par l'importance des effectifs », écrira Roger Leroux. Le lieutenant lui-même, dans son compte rendu radio à son chef le commandant Bourgoin, écrit par ailleurs : « suis enthousiasmé par organisation et ses immenses possibilités ». On le voit : il s’agit d’enthousiasme, non de logique tactique.

                    Or, si le concept tapageur du « centre mobilisateur » s’affranchit intrinsèquement d'une certaine discrétion, ce n'est certes pas le cas des forces spéciales. Le combat qu'elles mènent repose sur le postulat de la furtivité afin de contrebalancer un rapport de force perpétuellement défavorable. Bref, il faut une extraordinaire cécité des troupes allemandes pour que l'orage n'éclate pas avant le 18 juin. Les officiers de renseignement ennemis croient tout d'abord n'avoir affaire qu'à des bandes isolées manquant de coordination. Et puis les priorités sont ailleurs ; il s’agit en premier lieu d'acheminer des troupes vers le front de Normandie et non de « faire le ménage » en Bretagne. Il faut dire que les Français du Special Air Service, occupés à armer les résistants et les résistants eux-mêmes, occupés à faire mouvement sur La Nouette, à percevoir les armements, à en apprendre le fonctionnement et à tenir garnison au camp, négligent dans un premier temps de mener la vie dure à l'occupant. Les trop rares actions visant à fixer les troupes allemandes sur le sol breton dans les jours qui suivent immédiatement le 6 juin n'ont donc qu'une faible incidence sur la bataille normande. Même au plus fort des combats pour le contrôle du camp, les troupes allemandes engagées dans le bataille de Saint-Marcel sont d'un volume relativement faible : 300 hommes du 2e Régiment parachutiste de maintenance et d'instruction, un commando de chasse du 17e Etat-major du génie de forteresse, quelques éléments (une compagnie d'infanterie, trois commandos de chasse, une section d'artillerie antiaérienne, deux batteries d'artillerie) de la 275e Division d'infanterie ainsi qu'une compagnie du 798e Bataillon de Géorgiens. Le moins que l'on puisse dire est que la présence de ces troupes sur le front normand n'aurait pas changé grand chose. Si l'on excepte le cas des 77e et 319e Divisions d'infanterie, presque immédiatement au contact des troupes alliées qui débarquent, ainsi que celui de la 5e Division aéroportée, dont la présence est à confirmer, un récapitulatif des troupes allemandes initialement en Bretagne et envoyées en Normandie s'établit du reste comme suit :

                    - 2 000 hommes du 2e Régiment parachutiste de maintenance et d'instruction ;

                    - Un groupe d’artillerie de la 2e Division aéroportée ;

                    - Le totalité des effectifs de la 3e Division aéroportée ;

                    - 265e Division d'infanterie : un groupement tactique équivalant à un régiment ;

                    - 266e Division d'infanterie : un groupement tactique équivalant à deux bataillons ;

                    - La quasi totalité des effectifs de la 275e Division d'infanterie ;

                    - 343e Division d'infanterie : un groupement tactique équivalant à un régiment renforcé ;

                    - La totalité des effectifs de la 353e Division d'infanterie.

                    A l'issue de ces transferts et même si l'on tient compte des unités de l'Est, il ne subsiste donc en Bretagne que le strict minimum nécessaire au contrôle de la région. Encore convient-il de faire la part des choses : les troupes restantes ne sont pas toutes maintenues sur place pour lutter contre les SAS et les résistants, certaines le sont pour faire face à d'éventuelles opérations aéroportées de grande envergure qui n'auront finalement pas lieu. Le volet « fixer » de la mission confiée aux SAS a donc eu, parce qu'improvisé, un temps de retard dont l'effet a été de minimiser ses conséquences sur le plan stratégique.


En guise de conclusion


                    Réécrire l’histoire est une des armes idéologiques préférées des dictateurs. Mais l'analyser pour en tirer les leçons est légitime ; il existe par ailleurs beaucoup d'amateurs de fictions historiques qui sans prétention aucune prennent plaisir à refaire le passé. Et si nous tentions une telle aventure au moins succinctement ?

                    Juin 1944. Admirablement renseignés par le BCRA sur les possibilités de la Résistance, le commandement interallié décide de parachuter sur la Bretagne tout un régiment de SAS français. Missions : d'une part mener au combat les FFI convenablement armés par les nombreux parachutages pendant les semaines précédant le débarquement et d'autre part, sans cesse renforcés par de nouvelles équipes dotées d'un armement collectif conséquent, de mener une campagne de sabotages et d'embuscades ayant pour but de dénier aux troupes allemandes l'usage des principaux moyens de transport entre la péninsule bretonne et le front normand.

                    Je laisse au lecteur le soin d'imaginer la suite…

 

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 12:03

Sennecey le Grand, petit village de Saône et Loire où est érigé le mémorial des SAS, accueille chaque année, de hautes autorités civiles et militaires, d’anciens soldats SAS français, belges, britanniques et une foule importante, toujours fidèle pour célébrer chaque 4 Septembre, la libération de Sennecey le Grand de 1944.

N’oubliant pas que David Stirling désirait que le mémorial des parachutistes Français SAS devienne celui de tous les SAS, toutes nationalités confondues, Georges Caïtucoli et Jean Paul Emorine, sénateur maire de Sennecey, ont inauguré le 4 Septembre 2008 l’ouverture de leur musée en présence du Général SAS Richard Lea, entre autres personnalités.


Compte tenu de son faible espace, il s’agit plutôt d’une halte explicative ayant pour but d’informer ceux qui, s’étant recueillis au mémorial, aimeraient en savoir plus sur cette unité au nom mystérieux.

L’information est donnée par des photos et des textes très lisibles qui retracent le parcours complet du Special Air Service depuis sa création par David Stirling jusqu'à la fin de la guerre.

Ce petit musée est enrichi du principal de l’armement, de l’équipement et des objets utilisés pour les missions qui ont pu être réunis grâce à la participation amicale duMusée des Invalides dirigé par le général Bresse, mais aussi à l’apport de Patrick Nonzerville qui leur a offert une partie de sa collection et surtout permit de doter le musée d’une jeep authentique, parfaitement remise en état. Par ailleurs, leurs camarades britanniques ont ramené un fusil Lee-Enfield et ce superbe Bren :


A l’entrée du musée, nous tombons sur une splendide photo de David Stirling, et un texte présentant le personnage :


Vient ensuite la légendaire Jeep SAS : 

La fameuse Jeep SAS version désert parfaitement refaite par le collectionneur et fin connaisseur, Patrick NONZERVILLE

Continuons la visite par ces quelques vitrines :

Officier Britannique du SAS, en tenue désert.

Pistolet Mitrailleur Sten, avec une Denison Smock et différents accessoire inédit.

 

Détachement L du 1er SPECIAL AIR SERVICE Britannique, photo prise le 19 Janvier 1943 à l’ouest de MATMATA(TUNISIE). De gauche à droite :

William HENDERSON mitrailleur, Robert « Bobby » Mac Dougal conducteur

Frederick BRIAR mitrailleur, Michael « Mike » SADLER( ?) conducteur

William “Bill” KENNEDY mitrailleur, Lieutenant Edward Mac DONALD conducteur et chef du détachement.


Ce musée correspond à ce qui tenait très à cœur au créateur des SAS, le maintien des liens les plus étroits entre anciens SAS Britanniques, Belges et Français.

Je tiens à remercier Pierre Jean C., pour sa disponibilité, et son extrême gentillesse.


Photos et texte Romain

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 11:47
Faute de grives on mange des merles.
Notre sortie "opérationnelle" bi-mensuelle est tombée à l'eau au dernier moment, un cauchemard d'organisateur que je ne croyais plus revivre.
C'était un Vendredi 13.
Les grands ennuis des années précédents sont ressurgis du passé : annulation de dernière minute, casse de matériel, système radio défaillant, trouble de l'érection ...
Malgré tout, nous avons mis à profit notre temps pour "driller" (je ne sais pas si ça se dit).
Au programme :
Révision des exercices d'Octobre dernier et survol du prochain entrainement de Décembre.
Un peu de patrouille donc et du camouflage surtout.
On a travaillé le bivouac tactique avec les nouveaux et réalisé un PO en lisière de forêt :
(Au centre sur la photo, ça sert en quelque sorte d'illustration, le rendu est difficilement percevable sur photo et faussé en plus par la lumière en contre-jour) :

Nous avons pu utiliser les premiers achats faits à partir de la caisse commune du groupe à savoir : 
Monoculaire d'observation X60, grillage à poule et filet cam individuel.
(photo au premier plan à coté de Nono et Frog)

Je n'ai pas eu le temps de prendre plus de photos.
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 09:26

Commando magazine Nov/Déc. 2009

Découvrez dans ce premier numéro de la nouvelle formule de Commando un extrait du livre du Jean-Jacques Cécile. L'article de plusieurs pages est illustré en intégralité par une dizaine de nos photos de reconstitution.
Une première pour le groupe SAS12 qui est honoré de voir son travail sur papier glacé dans un kiosque, gageons que ce n'est qu'un début.

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 14:37

Afghanistan Octobre 2009

 

Un hélicoptère Chinook de l’USAF transportant des membres du SAS et de l’Armée Afghane s’est posé en urgence dans les montagnes afghanes sur un secteur tenu par l’ennemi après un incident technique. Les soldats ont été pris à parti par des Talibans.

Les hommes de l’Alpha Compagny du 3eme « Battalion Royal Regiment of Scotland» les célèbres « Black Watch » sont rapidement intervenus pour repousser les talibans avec l’aide de l’aviation américaine (des hélicoptères Apache et des avions d’attaque au sol A10).

Récupération d'un Chinook en Afghanistan en 2002
source hélico passion


Les grenadiers du « Black Watch » ont sécurisé le secteur permettant à un hélicoptère géant Mi26 de rapatrier le Chinook sur la base aérienne de Kandahar pour y être réparé.

Il n’y a eu aucune perte à déplorer.

Au mois d’Aout 2009, il y avait déjà eu un cas similaire et l’hélicoptère avait dut être détruit sur place.


Source : The Sun du 25 Octobre 2009
Merci Neill

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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 16:46

Les faits ont eu lieu dans le Province afghane d'Helmand en d'Août 2009; Une période électorale durant laquelle les combats se sont intensifiés entre insurgés et forces militaire britannique qui ont déploré 37 morts et 100 blessés. 


Les officiers du "Royal Military Police's Special Investigation Branch" enquêtent aujourd'hui pour savoir si les allégations de torture psychologique restent un cas isolé ou bien si cela fait parti d'une politique secrête de techniques utilisées contre les rebelles capturés.
Le dossier est entre les mains de l'"Army Prosecuting Authority", le corps des procureurs de la Justice Militaire.

Si les charges sont retenues, un soldat du SFSG sera traduit devant une cour martiale. S'il est jugé coupable de crimes de guerre ou de menace avec une arme à feu, il peut encourir de la prison ferme.
Pour les raisons de sécurité que vous connaissez, l'identité du soldat inculpé reste secrète mais il s'agirait selon les sources d'un Caporal âgé de 25ans, qui a servit huit ans dans l'Armée et a étudié la langue pachtoune.

Si elles sont prouvées, ces allégations vont endommager l'image de l'Armée et du gouvernement britannique qui fait déjà face à la polémique autour du meurtre de Baha Mousa, un civil irakien battu à mort en septembre 2003.

Les prisonniers de guerre sont protégés par la Convention de Genève et les mauvais traitements à leur encontre sont définis comme crime de guerre et puni par la Cour de Justice Internationale.

L'autorité de la Cour de Justice Internationale est reconnue par la France mais aussi par la Grande-Bretagne depuis 2001 mais jusqu'à aujourd'hui un seul soldat britannique a été condamné.

En Septembre 2006, le Caporal Donald Payne a été condamné à un an d'emprisonnement et a été démis de ses fonctions après avoir plaidé coupable pour les mauvais traitements infligés à des prisonniers irakiens.

Ce dernier incident a eu lieu dans une base opérationnel de la province d'Helmand après la capture par les membres des Forces Spéciales de talibans armés supposés fabriquer des pièges explosifs IED utilisés contre les troupes britanniques.

Un taliban décrit selon la formule anglo-saxonne "high value target" (une "cible de choix") comme un haut responsable est interrogé par un membre du SFSG spécialement entraîné à mener des interrogatoires, il est accompagné par un interprète militaire britannique et un interprète afghan.

On sait qu'à un moment de l'entretien alors que le prisonnier refuse de répondre aux questions, l'interprète britannique sort son pistolet, l'arme et pousse la tête du suspect sur la table. Il pose alors son arme sur sa nuque et dit en pachtoune " réponds aux questions ou tu es mort" .

Selon le journal  The Sunday Telegraph le responsable de l'interrogatoire s'est plaint de cet incident, l'interprète afghan, lui aussi présent, a corroboré les faits et l'accusé a lui-même admis la bavure lorsqu'il fut questionné par un officier supérieur.


Le soldat a été entendu début Octobre 2009 par les membres de la Police Militaire en Angleterre et il est ressorti libre.

Une source proche de l'enquête explique :" La police va essayer d'établir s'il y a des circonstances atténuantes pouvant expliquer un tel acte mais il semble peu probable qu'il y en ait. Nous sommes maintenant face à une affaire de crime de guerre ou de menace par arme à feu ce qui constitue un délit très grave. Nous pensions qu'après l'affaire Baha Mousa, ce genre de chose faisait parti du passé." 

Les crimes de guerre sont définis dans les violations des lois de la guerre, elles incluent les mauvais traitement aux prisonniers de guerre dont la torture psychologique et la simulation d'exécution.

traduction partielle de cet article daté du 17 Octobre 2009.
Merci à Neill pour l'information.

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 16:14
Indissociable du tireur d'élite ou sniper, la ghillie suit est un survêtement de camouflage tridimensionnel, qui est l'aboutissement du camouflage individuel.

Histoire et étymologie:



Le terme Ghillie Suit (prononcer "gui-li-soute") provient du gaélique écossais de la fin du 16 ème siècle. Le mot Gille désigne l'assistant aux chasses ou aux pêches privées de l'Ecosse. Le Gille était chargé de l'assistance aux hôtes, ainsi que la surveillance de son environnement et la traque des braconniers.

Au 19ème siècle, des tenues bricolées par ces gardes-chasse pour compter les cerfs et approcher les braconniers sont utilisées par les Scouts d'un certain Lord Lovat, le seizième du nom, pendant la deuxième guerre des Boers (1899-1902). C'est là la toute première utilisation de Ghillie Suits (littéralement "tenue des ghillies") sur le terrain de la guerre.

Cette unité formée par l'armée britannique (Lovat Scouts) sera d'ailleurs sa première unité de snipers, et ce durant la Première Guerre Mondiale.

Petite ironie de l'histoire, le terme Ghillie désigne aussi une chaussure de danse utilisée dans les Highlands écossais…

Depuis cette époque où commencent à "s'illustrer" des snipers, la ghillie suit n'a cessé d'évoluer.

Allant d'un simple vêtement très ample et bariolé (première et deuxième guerres mondiales) à un survêtement garni de toile de jute, la ghillie est l'outil numéro 2 du sniper après son fusil.

" Ghillie inventée par les Lovat Scouts" (seule photo ne nous appartenant pas)

Description:

Il n'est pas possible de réellement décrire tel ou tel type de ghillie. Il existe autant de modèle de ghillies que de snipers et d'environnements. En revanche, il existe des impératifs à respecter, dictés par la nature du terrain où le sniper opère. Ces impératifs influent directement sur le garnissage de la tenue: presque inexistant en zone désertique ou enneigée, très important en jungle, particulièrement élaboré en zone tempérée.

En zone désertique, l'absence ou la rareté de la végétation conditionne l'élaboration de la ghillie. En milieu sableux, une simple bâche dans les tons ou un simple filet camouflé suffisent; il ne s'agit pas de créer une végétation ou un relief intrus ou improbable.

En zone enneigée, un survêtement blanc immaculé (type combinaison de peintre) convient en l'absence de végétation; en milieu boisé, il est indispensable de zébrer ou tacheter la tenue.

En jungle, la ghillie doit être garnie d'éléments sensiblement verts, clairs et foncés, plutôt longs et fins (franges), comme la végétation équatoriale.

En milieu tempéré ou de bush, la ghillie doit être très élaborée, plus qu'ailleurs, car l'environnement peut varier d'un extrême à l'autre. Le sniper peut passer d'un bois à une zone herbeuse et doit pouvoir s'y fondre efficacement. Pour cela, les éléments de la tenue doivent être de couleurs et de texture variées, d'avantage qu'une ghillie de jungle, qui a un aspect plus monochrome.

Dans tous les cas, la ghillie ne doit pas imiter, mais ôter au cerveau de l'adversaire toute possibilité d'identification.

Une ghillie réussie ne doit pas et ne peut pas être agréable à regarder. Pour un néophyte, une ghillie, c'est un tas informe, une véritable serpillière, indescriptible et souvent risible.

C'est là tout l'enjeu. Une ghillie suit doit impérativement éviter d'avoir une forme reconnaissable qui amènerait immanquablement à l'associer à un homme.

Décrire un type de ghillie suit revient en fait à décrire l'activité de celui qui la porte.

Sniping:

La ghillie doit être le résultat d'un long travail de réflexion et doit être garnie en fonction de la densité de la végétation du terrain où l'on opère (voir plus haut).

En tenant compte de ces facteurs, la ghillie du sniper, et c'est particulièrement vrai hors zones désertiques et enneigées, est une tenue lourde et contraignante à porter.

En conséquence, le sniper doit impérativement s'équiper d'un sac d'hydratation pour parer à tout incident dû à la chaleur et au stress inhérent à son activité.


Unité de Recherche Humaine (URH):

Pour les missions de renseignement brut, sans action de combat, type 13ème RDP ou SRR, la ghillie peut être plus "light", sans pour autant sacrifier à l'efficacité.

Le grand avantage des URH sur un binôme ou trinôme de snipers, c'est qu'elles n'ont pas vocation à se faire repérer et encore moins à engager le combat. Tirer un coup de feu équivaut à l'échec de la mission.

Ainsi, n'ayant pas, comme les snipers, l'obligation de se dévoiler à un moment donné (coup de feu), elles peuvent se permettre de porter des tenues moins lourdes. Et quand on connaît le poids de leurs sacs à dos (jusqu'à 60 kg et plus pour un équipier du 13), on comprend leur souci d'allégement.

Dans la pratique, les URH emploient évidemment un matériel adapté à la dangerosité de leur mission. La dangerosité est définie par le degré d'hostilité et de méfiance rencontré.

Leurs tenues varient de la "simple" smock guerilla à la véritable ghillie de sniper, en passant par la célèbre Chameleon de Karrimor™ et ses copies civiles, un véritable survêtement de feuilles flottantes en 3D.


Voilà donc concrètement les deux types de ghillies rencontrées sur le chemin de la guerre :

- La ghillie de sniper
- La ghillie Karrimor Chameleon™ et ses copies civiles


La ghillie suit de sniper

Aboutissement du camouflage individuel, la ghillie suit du sniper se décompose en trois parties:

_ La base: un vieux treillis, une combinaison de vol ou de mécano, voire d'intervention. Un poncho, un simple filet, un drap, etc…

Cette base doit être préparée efficacement par un bariolage de peinture et, la plupart du temps, par l'adjonction d'un filet cousu qui recouvre intégralement la face arrière, de la nuque aux chevilles. Sur ce filet viendra se nouer ou se coudre le garnissage. Certains snipers utilisent toutefois un pistolet à colle ou de la colle ShoeGoo pour gagner du temps lors de l'étape du garnissage, mais c'est un système moins durable.

A cet ensemble s'ajoute bien sûr le couvre-chef: un chapeau de jungle, une capuche, une casquette, etc… qui doit subir le même traitement que la face arrière de la ghillie. Une fois réalisé, la séparation tête-corps ne doit pas se distinguer.

La face avant de la ghillie est la plupart du temps renforcée (surtout chez les snipers US et canadiens) d'une toile épaisse pour protéger le porteur des meurtrissures du rampé. Ce renfort de toile, s'il améliore la durabilité et la solidité de la tenue, la rend encore plus éprouvante et chaude pour son porteur. D'où la nécessité de s'hydrater constamment et de parfois créer des aérations latérales ou dorsales à même la base. Attention toutefois à nos amis les tiques…


Ghillie très élaborée conçus et produite par London Bridge Trading sur base d'un BDU woodland. Utilisée par les unités SEAL


_ Le garnissage: le garnissage correspond à toute la matière que le porteur de la ghillie va nouer ou coudre sur sa base. Dans la grande tradition de la ghillie, c'est la toile de jute qui fait office de référence. On la découpe en bandes longues et assez larges (env. 5cm x 40 cm), ou on la démembre fil à fil, et on va la nouer ou la coudre sur le filet qui recouvre la base comme une côte de maille. Cette toile de jute, qu'elle soit teintée (de préférence) ou neutre, va créer la fausse végétation, le volume et l'ombre qui sont l'essence même de la ghillie.

Par ce garnissage, la ghillie prend vie. Mais si la toile de jute imite drôlement bien la végétation, elle vieillit vite, pue tout autant et se perd facilement. Il revient donc au sniper d'être vigilant pour éviter de se transformer, à cause d'une ghillie mal conçue, en Petit Pousset de la guerre…









Ghillie suit Arktis. La base est un filet aux mailles très fines et très résistante. Elle a été garnie de jute de trois couleurs différentes qui rend son utilisation polyvalente et surtout très éfficace en sous bois, dans les forêts européennes


Ce mælstrom de fils et de bandelettes pèse un âne mort, s'accroche partout et sert rapidement d'asile aux insectes et arachnides les plus indélicats.

C'est là le gros inconvénient de la toile de jute, même si, pour l'instant, elle constitue le support le plus "vivant" à la constitution d'une vraie-fausse végétation.

Depuis quelques années, face aux exigences des porteurs de ghillies, des modèles civils trouvent les faveurs des militaires.

Leur premier atout est le gain de poids; leur deuxième atout est l'économie de temps réalisée à l'achat, car ces modèles sont vendus prêts à l'emploi.

La base est désormais une sorte de poncho à capuche en filet à maille moyenne, directement garnie de feuilles synthétiques (façon gaze médicale) et d'herbe en brins de jute ou synthétiques. Le résultat est saisissant de réalisme et le port plus agréable, car bien plus léger, imputrescible, sans odeurs et bien plus respirant qu'une ghillie classique.

L'inconvénient de ces nouvelles tenues comme la gamme Bushrag™, est leur plus grande fragilité, qui reste cependant relative.

Une fois garnie de vraie-fausse végétation (ce travail manuel étant extrêmement long et fatigant), il ne reste plus au sniper qu'à partir sur le terrain et à ajouter du camouflage naturel: de la vraie végétation pour se fondre totalement au terrain.

C'est donc la troisième et dernière étape, qui consiste, avant d'entrer dans la zone d'action et de tir, à ajouter de la végétation naturelle à sa ghillie terminée pour parfaire son camouflage. A cette heure-là, il est trop tard pour découvrir les fondamentaux de la flore et s'apercevoir de ses subtilités. L'adjonction de camo naturel ne se fait pas n'importe comment et il convient de s'entraîner beaucoup en amont pour ne pas ressembler à un stégosaure le moment venu, ni ramper au milieu d'un champ de genêts avec de la bruyère accrochée à l'échine…

A ce stade et dans cette activité, tout le monde connaît le résultat d'une faute.

Il est à noter que certains snipers enterrent quelques temps leur ghillie dans la terre pour l'imprégner de son odeur et/ou la traînent derrière une voiture, sur le terrain, pour en accélérer le vieillissement et l'efficacité.

La ghillie Karrimor Chameleon™ et ses copies civiles:

Cette tenue porte couramment le nom usuel de ghillie, mais il s'agit en réalité d'un survêtement de camouflage, même si la destination est identique: le camouflage individuel.

La Chameleon™ est désormais très utilisée par les unités spéciales de très nombreux pays.

Son aspect est bien connu: un cagoule, une veste, un pantalon, des mitaines et des couvre-chaussures, confectionnés en filet ultra-léger en polyester (hydrophobe) et à mailles très serrées façon grille de tamis, et recouvert de feuilles flottantes synthétiques imputrescibles. Ce sont ces feuilles qui, cousues en rangées sur le survêtement en filet, constituent le camouflage.

Quand un porteur de Chameleon™ s'immobilise, tout comme un porteur de ghillie de sniping, et s'il est placé judicieusement, il est invisible entre 5 et 10 m…

Cette tenue, d'origine britannique (une fois de plus), est une solution de facilité pour qui désire se camoufler avec légèreté et la plus grande efficacité (elle est disponible en plusieurs camouflages). La Chameleon™ a aujourd'hui les faveurs des URH et des tireurs de précision des groupes d'intervention des unités de police à travers le monde, pour toutes les raisons précédemment évoquées.

Hormis Karrimor, quelques firmes civiles produisent leur propre ghillie à feuilles flottantes 3D, qui sont des copies de qualité bien inférieure à leur modèle de référence. Ces copies sont des alternatives moins onéreuses à la Chaméléon pour les militaires soucieux de ne pas trop investir ou qui n'ont qu'un besoin ponctuel de ce genre de tenue. Il existe aussi des modèles exclusivement destinés à la chasse, ce que je me dispenserai de commenter.

Les différences majeures avec une ghillie classique: le poids, relativement réduit; le confort et la facilité d'enfilage; l'encombrement, et donc, la discrétion loin du front.

Nous noterons toutefois une évolution notable dans le garnissage des ghillies. Jusqu'à très récemment, les ghillies snipers étaient surtout garnies sur la face arrière, car le sniper tirait généralement à plat ventre. Mais, avec l'apparition de position de tir dites alternatives (mais désormais répandues et adoptées presque mondialement), semi-assises ou assises, les snipers se sont relevés et d'avantage exposés. En conséquence, ils doivent être intégralement camouflés, recto-verso.

Quel avenir pour la ghillie suit?

Les porteurs de ghillie ont de beaux jours devant eux, qu'ils soient snipers ou URH. La guerre évolue et face à la médiatisation grandissante des conflits et leur relais direct à la l'oreille et aux regards populaires, les combattants se doivent de gagner en précision pour échapper aux foudres de l'opinion… sans sacrifier à leur létalité.

Le tir se veut de plus en plus précis, la collecte du renseignement se montre chaque jour plus exigeante, pour les mêmes raisons.

Dans la nouvelle donne des conflits armés (asymétrie, absence de ligne de front définie, présence continue de civils…), les porteurs de ghillie voient leur rôle grandir.

De par la diffusion des moyens de détection optroniques modernes (IRR et IL), les porteurs de ghillies voient le danger s'accroître et leur furtivité menacée, même dans un conflit asymétrique (parfois même face aux organisations mafieuses).

Les concepteurs de ghillies se doivent de faire évoluer leur matériaux, afin de les rendre indétectables aux moyens d'observation modernes: intensificateurs de lumière, monoculaires et jumelles infrarouges, caméra et visées thermiques, le fléau du sniper.

Depuis quelques années, ce danger a été pris en compte et les firmes proposent des produits adaptés. La chaleur corporelle est mieux répartie, la teinture des tenues traitée IR, pour refléter comme la végétation naturelle.


Mais, si la Ghillie Suit parfaite était un jour créée, furtive de jour comme de nuit, elle n'empêcherait personne d'être totalement invisible.

La ghillie suit ne rend pas invisible, mais elle peut y contribuer.

Un homme sachant se camoufler sans ghillie est un élément bien plus efficace qu'un porteur de ghillie inexpérimenté.

En conclusion, il est bon de rappeler que la ghillie n'est pas la première étape dans la formation d'un sniper. Un sniper doit savoir observer, tirer juste et dans toutes les situations et positions, progresser et durer avec la plus totale furtivité.

S'il est capable de cela sans ghillie, imaginez ce qu'il pourra faire avec…

Texte du Phasme, sauf mention, photos SAS12 et 1CCR.
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 21:16

Après l'épreuve de "Selection", voici le premier entraînement de l'équipe effectué au début du mois d'octobre sous un beau soleil d'été indien.

Au programme : le calendrier des sorties et la vie de groupe puis la mise en pratique du déplacement en patrouille et de la communication.

(cliché intéressant montrant l'efficacité du panachage à l'automne)

A midi pour le repas, nous avons abordé les grands sujets de discussion et les questions existentielles :

Réglage des sangles dorsale des Bergen en descente ou bien le choix entre ration conserve, popote maison ou sachet lyophilisé ou bien encore après le cas Romain, le nombre d'enfants non reconnus par Athos...

En après-midi nous avons planché sur la cartographie simplifié, avec le travail sur les instruments de mesure et la carte 1/25000eme. La formation est simplifié, il s'agit de savoir calculer des azimuts et faire les reports carte/terrain. On a terminé par des études de cas.

Cette journée est aussi l'occasion de continuer à faire connaissance avec les nouveaux puisque nous avons doublé nos effectifs. Lors de la création de l'équipe en 2004, nous avions fixé le nombre à quatre pour former une patrouille et garder une certaine intimité. On a souvent progressé à trois jusqu'à l'an dernier et il a été décidé de doubler les effectifs afin de pallier les absences et d'être au moins quatre au sûr à chaque sortie.


Nous ont donc rejoint pour cette saison : Vincent et Arnaud au premier plan et Yoann "Frog" le père fondateur de l'équipe, au milieu.
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 18:55

Il y a des p'tits moments de plaisir que l'on ne peut partager avec tout le monde. Vous allez comprendre de quoi je veux parler.

J'ai pris la route de bon matin pour participer au tournage d'un court métrage dans le Cantal. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre et entre-nous j'avais peur de regretter le déplacement. Le jour se lève ainsi que le brouillard sur la campagne, à moitié endormi au volant, le trajet est long et monotone.

Je quitte la grande route pour la petite qui ensuite m'amène à une plus petite et qui m'amène enfin sur une vieille route ou plutôt un chemin barré par un panneau signalant "Route barrée". Je le retire et je m'engage doucement en seconde. Au bout d'un kilomètre, la route est réellement barrée par...
un canon de 105 monté sur chenillette Loraine 37L. et
un semi-chenillé SdKfz !
Leur équipage est en train de les camoufler de branchages pendant que des soldats allemands creusent des trous tout autour. Premier p'tit plaisir...

Direction le parking, présentation rapide à toute l'équipe, le tournage débute dans trois-quarts d'heure, le temps qu'il faut pour enfiler mon battle-dress, réajuster mon brelage et boire un thé.

L'équipe tourne la scène d'ouverture du court-métrage intitulé "Le chemin". Il s'agit d'un combat entre les allemands de la 21PZ et les anglais de la 6th AB aux alentours de Caen peu après le Débarquement.

Je rejoins les anglais qui se rassemblent : il y a les WW2 Jumpers et le Victory Club Normandy. Le contact passe très bien, on doit grimper à bord d'un camion Chevrolet et attendre les instructions à l'autre bout du chemin.

L'équipe dispose pendant ce temps des épaves de véhicules et des charges le long de l'axe :

On reçoit nos directives : Le camion va se retrouver nez à nez avec le convoi allemand. Il doit piler violemment et les soldats gicler sur les côtés. On répète la scène avant car on ne se déplace pas aussi naturellement que l'on ne le voudrait avec des brodequins à clous et du bardât sur les épaules.

La scène est filmée sous plusieurs angles, tout se passe très bien.

Il y a une équipe PIAT et une équipe Bren dont je suis pourvoyeur. On doit se mettre en position dans les fossés face aux allemands dès le premier tir de canon de 105.

Premier contact avec les artificiers de cinéma. Pour faire simple : ça décoiffe ! Le souffle est orienté par un cône, les gravats sont simulés par de l'écorce de sapin qui retombent tout autour du cratère. Les explosions sont commandées à distance. Le départ du coup et l'impact sont donc très réalistes. Pas besoin de jouer la scène, on plonge simultanément dans les fossés au départ du feu et l'impact nous fait bien rentrer la tête entre les épaules.

Les scènes vont s'enchaîner toute la journée :
Il fait un soleil radieux, les moments d'attente entre les prises sont donc agréables. Je ris énormément avec les Jumpers sur l'évolution de la simulation de la mort du soldat à l'écran depuis le Jour le Plus Long. Il est dommage que l'on ait pu mettre en image cette scène en souvenir, c'était à mourir de rire.

Le soleil décline, il faut se dépêcher de tourner les dernières scènes et les prises de son.

Clap final : Le tournage s'est bien déroulé toute l'équipe semble satisfaite, les figurants aussi. Nous avons le plaisir de grimper comme des enfants sur les véhicules allemands pour les parquer : bruit de moteur et de chenilles sur l'asphalte, encore un p'tit plaisir... Mais ce n'est pas le dernier.

Toute les participants sont invités au restaurant où nous attend un cochon de lait à la broche.

Cette superbe journée riche en p'tits plaisirs se terminent dans les rires et la ripaille.

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