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Présentations

Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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22SAS12 is a group reenacting WW2 era Free French SAS paratroopers and the modern 22 SAS. This blog presents our particular approach of the reenactment but is also aimed at all people passionate about the SAS. We talk about operations, equipment but also about literature, cinema and the current events. Created in 2006, this blog has become the premier French-speaking source on the "Regiment" !

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 11:07
Avant d'intégrer de nouveaux membres, une révision des acquis s'imposait.
Profitant du beau temps estival, nous avons réalisé des ateliers de révision.
Au programme :
- attitude.
- carte et orientation simplifiée.
- radio et communication.
- patrouille.
- bivouac tactique.
- camp de vie.
- PO.


Nous en avons profité pour faire une sorte de JPO.
Le groupe devrait ainsi s'étoffer à partir de Septembre après un raid d'intégration.
Vous en aurez un résumé en temps et en heure.

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Published by MENATOR - dans MILSIM
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 14:13

22SAS12 : BonjourDavid Portier votre livre Les Parachutistes SAS de la France Libre est aujoud'hui très difficile à trouver, il était question d'une nouvelle édition ?

David Portier : Enfin, c'est fait! La nouvelle édition de mon livre "Les Parachutistes SAS de la France Libre 1940 - 1945" est lancée. Il s'agit cette fois d'un véritable recueil au format 22 x 30 (400 pages environ) avec plus de 250 photos, des cartes détaillées, de nouveaux témoignages et des informations complémentaires ainsi que des corrections liées à l'avancée de nos recherches.

Vous y trouverez également une liste détaillée de la composition théorique des sticks, la répartition du matériel et une partie militaria avec des photos d'insignes, tenues, équipements, matériels...



22SAS12 : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette nouvelle édition ?

David Portier : Concernant cette nouvelle édition, il s'agissait avant tout de répondre à des demandes de la part de passionnés ou de familles. Je ne voulais pas refaire le même livre mais y apporter des informations complémentaires et différents éléments que je n'avais pas pu insérer, faute de moyens, dans la première édition que j'avais autoédité. Dans cette nouvelle édition, il est fait de nombreuses corrections suite à des archives ou de nouveaux témoignages. Cela apporte des informations complémentaires. D'autre part, j'ai ajouté des cartes ainsi que des annexes avec des organigrammes, la composition théorique des sticks, la répartition du matériel, de l'armement...
Enfin, je souhaitais faire un véritable recueil et j'ai donc choisi dans cette édition d'insérer les photos dans le texte. Ce livre est donc en papier quadri (ce qui explique son prix) et j'ai proposé à l'éditeur plus de 600 photos dont une partie qui présente les différents insignes, l'armement, les uniformes, l'équipement... Ceci devrait permettre de faire un livre vraiment complet avec tous les éléments en ma connaissance aujourd'hui et devrait intéresser tous les passionnés de l'histoire des SAS de 40-45.
La difficulté par contre dans cette aventure est que pour rassurer l'éditeur, il a fallu passer par la souscription et je dois donc rassembler environ 1000 précommandes. Nous prévoyons d'éditer un "beau" livre dans le sens de l'édition et chaque exemplaire serait numéroté. Par contre, il est difficile de communiquer auprès d'un large public même si j'ai pu compter sur le soutien de revues spécialisées ainsi que l'aide de l'Office de Tourisme de Sennecey-le-Grand et d'autres personnes. Il est dommage de voir par contre que la majorité des localités concernées par cette histoire ne se sentent pas plus concernées par le sujet. Le but étant de mettre ce livre dans les bibliothèques municipales afin de faire connaître l'histoire de ces hommes peu médiatisés.  

Ci-joint quelques exemples de photos tirées du livre :



Pour ceux qui s'intéressent à ce sujet, je vous invite à visiter le site internet FFLSAS et à découvrir ce livre pour retirer un bon de souscription.

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Published by MENATOR - dans LIVRES -CINE -1-6
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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 07:14

Cet exposé a un but extrêmement ambitieux, il risque même d’être voué à l’échec tant il semble impossible d’élever un Français vers la position tant enviée de celle d’un gentleman.

Mais comme on dit chez nous « Who dares wins », j’ose donc en ces pages m’adresser à la bande d’iconoclastes, de fans de Michael Jackson, d’amibes pré-pubères et de crevettes anorexiques que vous êtes, d’avoir l’objectif de vous éduquer afin que vous puissiez un jour émettre la pensée secrète de vous rapprocher par l’attitude d’un sujet de sa Gracieuse Majesté.

Nul besoin d’avoir la tentation de devenir un citoyen Britannique, les Continentaux ont ceci de particulier qu’il leur est physiologiquement impossible d’acquérir cette qualité, tout au plus pourrez vous, à l’issue des recommandations scientifiquement exposées, avoir une vague idée de ce à quoi il faut ressembler afin de faire semblant.

L’habit ne fait pas le moine ai-je pu lire à quelques reprises en ces pages, et ceux qui l’ont écrite, cette phrase, ne pensaient probablement pas si bien dire lorsqu’il s’agit de se déguiser en dpm, en 5.11 ou 642 de chez Antarctique et autres subtilités modistes qui échappent au plus sain des lecteurs de ce blog.

Je disais donc, qu’avant de se prétendre être un soldat d’élite de la Perfide Albion, qu’il fallait à vous bande d’ignorants pathologiques, comprendre ce qu’est déjà un simple citoyen insulaire désireux de faire ses classes.

En guise de première leçon, il s’agira de développer ici ce qu’on nomme le « self cooking », bon, je sais les Français se targuent d’avoir la meilleure cuisine du monde, souvent à raison par ailleurs, mais en est-il le même sur le terrain ? Une fois dans la nature hostile, entourés d’ennemis prêts à vous tailler en pièces alors que vous êtes aux abois, serez vous capables de maintenir votre réputation mondiale de chefs queues?

Ce premier article se contentera plus de la forme que du contenu, nous développerons la qualité des mets plus tard.

Il est important que vous sachiez que tout ce qui sera dit ici est le fruit d’expériences séculaires testées par tous temps et tous terrains, autant dans les Beacon Recon que les Highlands et ainsi que sur la plaine d’Ascot lors du Royal.

Un gentleman ne s’improvise pas, il nait tel quel il ou le devient suite à une longue et studieuse éducation, de préférence dans les meilleurs collèges où il brillera en sciences ou en rugby. Ces collèges, disais-je, sont à l’origine de l’Empire où partout les traditions sont persistantes même après l’émancipation des « locaux » ceux-ci ayant bien compris les qualités à retenir d’une nation aussi grande, comme savoir jouer au cricket par exemple.

Je sais cet avertissement un peu long, mais il m’a semblé très utile de mettre en garde les républicains que vous êtes de l’abordage de notions nouvelles pour vous mais qui croyez moi vous permettront de survivre dans les pires conditions tout en restant dignes.

Note : Par souci de discrétion habituel, l'instructeur n'apparaîtra pas à visage découvert, le seul indice prouvant ses qualités est qu'il fut dans son jeune temps le mentor d'Andy Maccab, Chris Riant, John Malàlaise et plein d'autres ...

Entrons enfin dans le vif du sujet.

J’ai fait l’acquisition très tôt dans ma vie de ce que l’on nomme le « kit de survie » utile en tout territoire hors chez soi.


Attention, il s’agit que du matériel nécessaire à la nourriture solide, les outils dédiés aux boissons feront l’objet d’un sujet plus vaste et complexe mais probablement plus facile à comprendre par vous.

Voici dont l’image de l'ensemble du kit :


Il s’agit d’un modèle facile à fixer sur la malle de votre MG ou Jaguar Type E et tout à fait parachutable.

La matière utilisée pour le contenant est de la même qualité que celle des « paniers » en osier parachutés entres autres avec succès, aux Résistances locales durant la WWII.

Les deux poignées rendent le transport possible soit par une personne, soit par deux personnes, cette dernière option permet de diminuer la charge par un facteur 2.


Vous constaterez aisément qu’il a été conçu avec science pour quatre personnes, ce qui constitue une équipe de base chez les S.A.S.

Nous y trouvons donc :

- 4 assiettes
- 4 fourchettes
- 4 cuillers
- 4 couteaux
- 4 mugs
- 4 serviettes
- 1 nappe
- 2 Tupperware®
- 1 thermos
- 1 essuie de cuisine


La disposition de son contenu doit répondre à des normes que nous souhaiterions internationales. Nos colons, partout dans le monde ont inculqués ces notions élémentaires mais comme vous n’avez pas eu cette chance, je me vois dans l’obligation d’en exposer une illustration ici. Si l’un d’entre vous a eu un jour l'ambition de traverser le Chanel et si vous êtes observateur, il se peut que ce savoir vous soit acquit.

Même à vos cervelles de reptiles il est aisé de faire comprendre que ce kit résiste à toutes les fouilles des « hostiles » qui vous demanderaient, en cas d’imprudence de votre part, par exemple lors d’une descente de train, d’ouvrir le bagage afin d’espérer y trouver un poste radio clandestin.

Dans le cul qu’ils l’auront, quoi de plus innocent qu’un pique nique (ta sœur) aux yeux des pandores, sales collabos d’une autorité qu’il est pour mission d’anéantir fusse-t-il au prix de sa propre vie ? Hein ? J’vous l’demande moi ma p’tite dame. Hé bien rien, nada, pas la peine de pas niquer, d’avoir des sueurs, de serrer les fesses, etc… attitude par ailleurs indigne d’un gentleman au sang froid légendaire de part le monde (ce qui fera l’objet d’un autre exposé concernant le « self control » et l’esprit « sport »).

Voilà, je reste à disposition de toute moule unijambiste d’entre vous qui souhaiterait avoir plus de détails concernant ce matos de survie.



Phil

S/Sgt 5th S.A.S. S.G.
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Published by PHIL - dans TEAM SAS12
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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 07:53


Nous pleurons la perte d'un ami et d'un frère d'arme; un compagnon, un pilier de notre édifice s'en est allé. Sa disparition est aussi lourde que notre peine.
Nous avions rencontré Nicolas par le biais d'internet et les liens se sont très vite tissés. De par sa gouaille, ses bons mots, sa gentillesse, son savoir-faire et sa passion, il est devenu incontournable.

Il était une référence dans bien des domaines qui font les mailles de notre passion commune.
Avec le temps, nous avons découvert, en plus d'un ancien soldat d'élite d'un régiment qui fait la fierté des ses pairs, un homme soucieux de la vie de son prochain.
Du métier des armes, il est passé à celui de sauveteur, par conviction profonde, nous le savions. Il a changé d'uniforme, mais pas de convictions. Servir, encore et toujours, avec force et dévotion.
Il était le premier à nous encourager, à nous pousser à nous battre et à contrer les coups-bàs de l'existence, et en cela, il vivra en nous.

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Published by LE PHASME - dans TEAM SAS12
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 08:50
En 1972, à une époque où le MI5 et le MI6 obtenaient de faibles résultats en matière de collecte de renseignements en Irlande du Nord, l'armée créa un certain nombre d'unités de renseignement spécifiquement pour ce théâtre d'opérations. Une d'entre elles était la « 14 Intelligence Company » ou « 14 INT », aussi appelée « The Det » pour « The Detachment ».
Son programme de recrutement visait à sélectionner des hommes, ou des femmes, venant des trois armées, généralement des sous-officiers ou officiers âgés de 20 à 30 ans capables d'effectuer des missions de surveillances de longue durée, au plus près de l'ennemi. Leur théâtre d'opérations se limitait au conflit de l'Irlande du Nord face aux terroristes armés de l'IRA, bien que vers la fin des années 80, « le Det » prétendait pouvoir effectuer des missions de reconnaissance de proximité dans les zones dangereuses de par le monde à la place du SAS et du SBS.
Le programme de sélection mettait l'accent sur la faculté d'adaptation et la résistance psychologique et non pas sur celui de la puissance physique, indispensable au sein des forces spéciales telles que le SAS et le SBS. Le personnel, recruté dans les régiments ordinaires de l'armée, suivait un stage de plusieurs semaines (6 mois) consacré aux techniques élémentaires de surveillance, aux transmissions, aux techniques de filatures, de conduite rapide et au maniement des armes. Celui-ci était au début assuré par les SAS. Les candidats apprenaient les techniques de filature et de contre-filature, comment communiquer le maximum d'informations sur le réseau radio, en un minimum de mots. Ils apprenaient à pénétrer dans les maisons, les boutiques, les bureaux afin de se procurer des informations et d'y chercher du matériel, à suivre des hommes et leurs familles pendant des semaines, afin de connaître leurs habitudes, leurs déplacements, leurs relations en vue de déterminer le moment opportun pour pénétrer dans la demeure de la cible. Ainsi ils devenaient familiers avec toutes sortes d'appareils photographiques, y compris le matériel à infrarouge qui leurs permettait de photographier les numéros de série des armes ainsi que les documents - et de faire des clichés de photographie.

Leur entrainement au combat rapproché comprenait l'enseignement aux pistolets, des Browning HP35 ou des Walter PPK, mais aussi aux pistolets-mitrailleurs compacts tels que les Ingram M10, MP5K voir les fusils HK53. Passant des journées au stand, leur entrainement leur assurait une excellente dextérité au maniement de ses armes qu'ils n'utilisaient qu'en cas d'extrême urgence. En effet, ils faisaient tout pour éviter le contact et si l'objectif devait être supprimé, c'étaient aux SAS de passer à l'action. A leur grand dam, d'ailleurs, d'après le livre de Duncan FALCONER, « En première ligne » les SAS manquants de professionnalisme à l'époque, prenant les choses à la légère et y allant un peu à la « bourrin »... Ce qui a beaucoup énervé le 14 INT à l'époque, qui faisait un travail remarquable, dans des situations très risquées et qui voyaient leurs longues heures d'observations gâchées à cause d'une opération SAS mal effectuée.
La dextérité au tir des hommes du Det s'illustre d'ailleurs dans une histoire apparue dans le livre « The Irish war », de Tony GERAGHTY, incident brièvement évoqué dans le HS RAIDS n°21 sur l'Irlande du Nord : En 1981, un jeune officier de la 14 INT Company, roulant seul dans son Opel dans Londonderry, fut soudainement stoppé par une Escort. Deux gars de la PIRA, George McBrearty et Charles Maguire, armés d'Armalites, en descendirent et se postèrent chacun à une extrémité de l'Opel. Avec son pied, l'officier déclencha un bouton dissimulé de sa radio pour appeler de l'aide tout en saisissant son pistolet caché sous sa cuisse. Alors que McBrearty s'approchait par l'avant, l'officier lui tira dessus quatre fois à travers la vitre. A l'arrière, Maguire ouvrit le feu mais rata l'agent britannique, qui ouvrit sa porte et roula hors de son véhicule, se tourna et tira dans la tête de son adversaire. Les deux autres membres de l'IRA étaient toujours dans leur voiture. L'officier remonta dans son Opel et tira sur l'Escort, se protégeant derrière la porte de sa voiture, avant de faire demi-tour et de prendre la fuite sous les tirs de l'IRA. Il laissait derrière lui deux terroristes morts et un blessé. L'IRA prétendit que ses hommes étaient tombés dans une embuscade du SAS où ils étaient inférieurs en nombre et en puissance de feu. Après cet incident, les voitures de la 14 INT furent équipées d'un système lâchant des grenades Flashbang, particulièrement utiles pour se désengager d'une foule hostile.
Finalement, ce fut la RUC qui s'occupa des interventions en coopération avec la 14 INT. A propos des forces spéciales, d'après le livre de Duncan FALCONER, « En première ligne », Londres prenait grand soin de ne pas mêler officiellement les SAS à l'Irlande du Nord, bien que tout le monde savait qu'ils y étaient présent. Ainsi ils ne pouvaient pas intégrer la 14 INT. L'avantage du SBS était que personne ne connaissait l'unité, et ses membres pouvaient ainsi intégrer le détachement. Et Londres, pouvait nier honnêtement, qu'aucun SAS n'effectuait des opérations clandestines.
Cela dit, ces propos sont tenus par Duncan FALCONER, qui entra au régiment à la fin des années 70. Or, dans le livre de Andy Mc NAB, « Action Immédiate », celui-ci évoque qu'il arrivait fréquemment dans les années 80 de voir tourner des membres du Regiment (22 SAS) et du SBS au sein de cette unité, qui trouvait important de se réapproprier les talents qui sont les leurs et qu'ils ont développé au départ (du moins pour le 22 SAS).

Au terme du stage les élèves avaient acquis des nouvelles techniques de planification et de préparation, ainsi que des compétences dans le domaine des surveillances, de l'action technologique et de la reconnaissance de proximité en milieu urbain. En termes d' « action technologique » on peut citer le fameux « Jarking » qui est une technique qui date de la fin des années 70 et qui consiste à cacher un émetteur miniature dans une arme. Elle fournit une option supplémentaire aux forces de sécurité lorsqu'elles trouvent une cache d'armes. Cet appareil se déclenche lorsqu'on déplace l'arme et permet ensuite de suivre les déplacements du terroriste. Il est aussi possible de penser qu'ils neutralisaient les armes, les remettaient dans la cache et attendaient les membres de l'IRA afin de les arrêter, les armes à la main sans risque de se faire tirer dessus...
Au bout du compte, inévitablement, l'IRA découvrait que les armes étaient trafiquées. Ils avaient toute sorte de détecteurs qui permettaient de déloger les micros dans les locaux ou dans les armes. Ainsi ils recouraient à des contre mesures que le Det tentait à leur tour de déjouer.
L'IRA est un ennemi très prudent et malheureusement devenu très bon, qui rendait les missions d'observations très risquées pour les membres du Det. La 14 INT se chargeait des tâches les plus difficiles et, si son action s'est révélée très efficace, son histoire est marquée par la perte de beaucoup de ses membres en opération.
La présence de cette unité sur le terrain n'était pas révélée, c'étaient des clandestins. Leur mode opératoire s'apparente plus à l'art de l'espionnage qui consiste, avant tout, à ressembler à tout sauf à un militaire. Ils opéraient sous des identités d'emprunt comportant les mêmes initiales, le même prénom, et un nom proche du patronyme réel, afin qu'elle soit plus facile à retenir. Ils se créaient une « légende », comme on dit au sein des services secrets. D'ailleurs, des femmes pouvaient être membre du Détachement. C'était très utile lors d'opérations de surveillance où l'on pouvait simuler qu'un couple s'est arrêté là, en voiture, pour faire des galipettes.
Dans certains quartiers résidentiels tels que Bogside, Shantello ou Creggan, entrer dans les maisons était risqué, si bien qu'un boulot de trente secondes nécessitait parfois des jours et des semaines de préparation. Pour que vous compreniez le décor dans lequel ces opérateurs étaient amené à travailler, d'après Andy McNab, dans son livre « Action Immédiate », les habitants de ces quartiers étaient très méfiants. L'atmosphère était toujours extrêmement tendue. Des soldats Anglais se faisaient abattre d'une balle dans la tête et les locaux trouvaient cela formidable... Un agent du Det garé au bord de la route, attendant qu'on lui donne du boulot, fut abattu par des térroristes qui avaient flairé un truc pas net, ils sortirent leurs armes et lui firent sauter la tête.

Avec l'avancée du processus de paix en Irlande du Nord au milieu des années 90, la 14 INT a perdu sa raison d'être. Ses restes ont récemment été intégrés dans le SRR (Special Reconnaissance Regiment), créé en avril 2005. Une sorte de Dét pouvant agir dans d'autres pays. Il semble déjà avoir été actif en Irak, à Londres après les attentats du 7 juillet 2005, et récemment de retour en Irlande du Nord pour contrer les irréductibles de la Real IRA qui refusent encore le processus de paix.



Bibliographie


En français :

-Andy McNab, Action immédiate, Ifrane, Paris, 1996 ISBN 2-84153-069-8 : récit d'un SAS comprenant un tour dans la 14 INT en 1987
-Duncan Falconer, En première ligne, Nimrod, Paris, 2007 ISBN 2-915243-09-3, 978-2-915243-09-3 : récit d'un SBS comprenant un tour dans la 14 INT fin années 70 ou début années 80
-RAIDS Hors-série n°21, Irlande du Nord : guerre au coeur de l'Europe, 1969-2006, par François Auboineau, Histoire & Collections, Paris, octobre 2006 : résumé de diverses sources ouvertes, dont les livres de James Rennie, Tony Geraghty et Mark Urban cités ci-après.


En anglais :

Tony Geraghty, The Irish War: The Hidden Conflict between the IRA and British Intelligence, JHU Press, 2000, ISBN 0801864569, 9780801864568 (3e édition) : livre d'un journaliste sur le renseignement dans le conflit nord-irlandais
Transcription du reportage 'Brits' de Peter Taylor, BBC, diffusé pour la première fois sur BBC Two, 17 mai 2000
Ken Connor, Ghost Force: The Secret History of the SAS, Orion Books Ltd, London, 1999 ISBN 0-75282-697-2 (édition originale Weidenfeld & Nicolson, 1998) : histoire du SAS par un ancien du Régiment, avec quelques informations sur la 14 INT
Michael Asher, Shoot to Kill: A Soldier's Journey through Violence, Cassell, coll. « Cassell Military Paperbacks », Londres, 2004 (réed. 2004) ISBN 1-89880-189-4 (édition originale Penguin, 1990) : biographie d'un ancien du 2 PARA comprenant un tour dans la section de renseignement de son bataillon en 1972 et quelques infos sur la MRF.

Nous n'avons pas lu mais nous avons aussi entendu parler des livres suivants parlant de la 14 INT :

Sarah Ford, One Up: A Woman in Action with the SAS, Harper Collins Publishers, Londres, 1997 ISBN 000255819X, 978-0002558198 (au moins deux rééditions) : récit d'une femme de la 14 INT
'Jackie George' avec Susan Ottaway, She Who Dared: Covert operations in Northern Ireland with the SAS, Pen & Sword Books Ltd, 1999 ISBN 0850526868, 978-0850526868 : récit d'une femme de la 14 INT
James Rennie, The Operators: Inside 14 Intelligence Company, Century, 1996 ISBN 0712677305, 978-0712677301 (au moins deux rééditions) : récit d'un officier d'opérations de la 14 INT
Don Camsell, Black Water: By Strength and by Guile, Virgin Books, 2000 ISBN 1852278730, 978-1852278731 (au moins 3 rééditions) : récit d'un SBS comprenant un tour dans la 14 INT
Peter Taylor, Brits: The War Against the IRA, Bloomsbury Publishing PLC, 2001 ISBN 0747550077, 978-0747550075 : livre d'un journaliste sur le conflit nord-irlandais
Mark Urban, Big Boys' Rules: the Secret Struggle Against the IRA, Faber and Faber Limited, Londres, 1992 ISBN 057116112X, 978-0571161126 (plusieurs rééditions) : livre d'un journaliste sur le renseignement et les forces spéciales dans le conflit nord-irlandais

Photos et article de Romain complété par Robin.

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Published by ROMAIN et ROB1 - dans 1952-2000
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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 14:18
La Gambie est un ancien protectorat britannique enclavé dans le Sénégal. Il est le plus petit pays d'Afrique s'étendant le long du fleur Gambie sur 320Km, sa largeur n'excède pas 50 Km entre sa frontière Nord/Sud.

Sir Dawda Kairaba Jawara devient Premier Ministre à l'indépendance du pays en 1961. Il est élu Président lors de l'instauration du régime républicain en 1970.
Profitant du départ du Président pour le mariage du Prince Charles le 29 Juillet 1981, un opposant au régime Kukoi Samba Sanyang dirige un coup d'état. Son mouvement est d'inspiration marxiste, il dispose de 400 hommes entraînés par la Libye. Le 31 Juillet les rebelles prennent le contrôle de l'aéroport et de la radio nationale à Banjul la capitale. Ils retiennent aussi la femme et les enfants du Président en otage mais ne contrôle pas entièrement la capitale où, à la suite de combats et d'émeutes, règne le chaos.
Sir Dawda Kairaba Jawara souhaite regagner son pays au plus vite, il demande l'assistance au Sénégal et au Royaume-Uni. Le Président Abdou Diouf envoie ses parachutistes, l'élite de la jeune armée sénégalaise. L'Angleterre ne va pas déployer l'Army mais deux hommes seulement ...

La Major Ian Crook a fait le coup de feu à Bornéo, en Irlande du Nord et a participé à l'opération Nimrod au sein du 22SAS. Le 1er Août, il débarque en civil à Dakar au Sénégal accompagné d'un Sergent du SAS. Dans leur valise du corps diplomatique ils ont deux HK MP5, deux PA Browning HP, des cartouches de 9mm et des grenades flashbang.

Il quitte la capitale sénégalaise et se dirigent vers la Gambie où les attend leur contact local : Clive Lee un ex major du SAS qui travaille pour le gouvernement gambien. Les trois hommes rejoignent les parachutistes sénégalais qui ont repris le contrôle de l'aéroport de Banjul. Ils organisent avec ces derniers la prise de la radio nationale et du dépôt d'armes qui sont aux mains des rebelles.


La libération de la famille du Président :
A la suite d'un problème de santé la femme du Président Jawara et ses cinq enfants sont amenés à l'hôpital central pour y être soigné. Ils sont sous la surveillance armée de gardes.
Les trois commandos prennent contact avec les médecins, ils leur demandent de garder en observation le plus longtemps possible la famille présidentielle. La petite équipe médicale arrive même à convaincre les gardes de ne pas porter leurs armes devant leurs patients pour ne pas les effrayer.
Les SAS arrivent devant l'entrée de l'hôpital déguisé en médecin, ils désarment les soldats puis pénètrent dans le bâtiment. Les gardes de la famille étant désarmés, l'opération se conclue rapidement et sans bavure.
Une fois la famille du Président Jawara en lieu sûr, les SAS s'assure que les ressortissants britanniques sont en sécurité pendant que les forces sénégalaises reprennent le contrôle du pays. Les deux SAS rejoignent leur base à Hereford le 3 Août au moment même où Dawda Kairaba Jawara retrouvent son pays.


Les trois jours d'émeutes et d'anarchie auront causé la mort de plus de 600 gambiens. 7 chefs rebelles seront exécutés en décembre 1981. Le président Dawda Kairaba Jawara signera l'accord de coopération créant la confédération de Sénégambie qui durera jusqu'en 1989. Il sera réélu cinq fois jusqu'au coup d'état militaire de 1994.

Le Major Ian Crook sera décoré de la Distinguished Service Order, il quitte l'armée en 1983 avec le grade de Lieutenant Colonel. Il part pour l'Afrique du Sud où il dirige la société KAS qui lutte officiellement contre le braconnage mais sert de couverture pour les services secrets anglais. La firme KAS a été crée par un certain David Stirling.

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Published by MENATOR - dans 1952-2000
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 23:55

Jean-Jacques Cécile est un journaliste indépendant spécialisé, entre autres, dans le domaine des opérations spéciales. Un milieu qu’il connaît bien puisqu’il a été membre des équipes de recherche aéroportée du 13e RDP avant de poursuivre sa carrière militaire dans le renseignement. Il vient nous parler aujourd’hui de son prochain ouvrage Histoire secrète des SAS à paraître en septembre 2009 aux éditions Nouveau Monde.


SAS12 : Qu’est-ce qui dans votre jeunesse vous a poussé vers le métier militaire ?

Jean-jacques Cécile : Je suis d’origine bretonne. J’ai, durant des années, travaillé pendant l’été dans une crêperie dont le patron avait une bibliothèque d’ouvrages militaires très fournie et il me permettait d’y puiser à ma guise, voire même, de temps en temps, d’oublier de lui rendre certains livres empruntés. Toute mon adolescence a été bercée des pages écrites par Paul Bonnecarrère, Jean Lartéguy et beaucoup d’autres encore. Plus tard, j’ai été poursuivi par les études sans vraiment qu’elles ne parviennent à me rattraper. Elles m’ont au moins permis de constater que je n’étais pas fait pour rester cinq jours par semaine dans un bureau. Je les ai interrompues brutalement pour partir au service militaire que j’ai effectué comme aspirant. J’y ai découvert une vie qui me convenait. Plus tard, mes fonctions à Dieuze m’ont révélé ce qu’était le renseignement, je suis, comme Obélix, tombé dans la marmite, cela a été une découverte qui s’est rapidement muée en passion. Aujourd’hui, dans mes activités quotidiennes en tant que journaliste, je considère avant tout faire un travail de renseignement sur sources ouvertes. J’essaie de le faire avec cette rigueur apprise dans le milieu du renseignement militaire.


SAS12 :
 
Je ne vais pas vous demander de parler de votre travail au sein du « 13 » car le sujet est bien entendu sensible mais je ne résiste pas à l’envie de vous demander de partager avec nous une anecdote de type feu de camp.

Jean-jacques Cécile : Mes activités au sein du 13e RDP ne sont pas aussi sensibles que cela ; j’ai quitté Dieuze en 1985 et c’était il y a fort longtemps. Depuis, beaucoup d’eau a passé sous les ponts et les langues se sont déliées. Certes, on ne prête qu’aux riches et nombre d’affabulations circulent au sujet du Régiment. J’ai ainsi au la surprise de lire dans un ouvrage consacré aux forces spéciales et publié récemment (par décence, je tairai le nom de l’auteur…) que le 13 avait opéré clandestinement en Tchécoslovaquie et en Hongrie pendant la Guerre Froide. A ma connaissance, et j’ai la prétention d’être bien informé sur le sujet, il n’en est rien. Même le contexte des activités menées par les gens de Dieuze en Allemagne de l’Est est désormais très bien connu ; il a été exposé en détail dans l’ouvrage de Roland Pietrini intitulé Vostok : il n’y a rien de très clandestin là-dedans. Quant aux tactiques, techniques et procédures alors mises en œuvre par les équipes de recherche, elles-aussi ont été exposée en long, en large et en travers dans différents ouvrages, en particulier dans celui du général Robert Gaget intitulé Au-delà du possible – Recherche du renseignement en régions hostiles. Les équipiers sont certes beaucoup plus discrets en ce qui concerne leurs opérations actuelles et on ne peut que s’en réjouir. Car n’oublions pas que lorsqu’ils se retrouvent en zone contrôlée par l’ennemi, la discrétion est leur seule véritable garantie de survie. Même si, parfois, la conception du secret à la française peut prêter à sourire. Et ce sera justement le thème de mon anecdote « feu de camp ».

En tant que jeune sous-officier au 13e RDP, j’ai été amené à faire un séjour de quatre mois en Allemagne de l’Est sous couvert d’appartenance à la Mission militaire de liaison près du Haut commandement soviétique en Allemagne, c’est précisément le thème de l’ouvrage Vostok. Je résidais dans une villa située en zone Est, à Potsdam, villa fournie par les Allemands de l’Est et qui était, disait-on, truffée en micros. En conséquence et pour des raisons de sûreté, il m’était bien entendu strictement interdit de lâcher dans la conversation que j’appartenais au 13. Cependant, l’établissement du Propousk, la carte délivrée par les Soviétiques, exigeait de donner au KGB notre véritable identité accompagnée de huit photos en uniforme. De même, les missions étaient effectuées en uniforme avec béret rouge et insigne de grade blanc (la cavalerie) ; l’insigne d’unité était celui de la MMFL. Se taire : précaution bien aléatoire car les services de renseignement soviétiques savaient très bien que dans l’armée française, il n’y avait que deux unités de l’Arme Blindée-Cavalerie à avoir à la fois le béret rouge et les insignes de grade blancs : le 13 et le 1er Régiment de hussards parachutistes. Particularité : les hommes du 1er RHP portent en plus, sous l’insigne de béret, un liseré que nous ne portons pas au Régiment. Les tchékistes n’avaient donc pas besoin de mes éventuelles indiscrétions pour savoir que je venais de Lorraine. Est-ce un hasard si, à peu près à la même époque, un espion d’un « service » des pays de l’Est a été surpris en train de prendre systématiquement en photo tous les paras sortant du quartier à Dieuze ?


SAS12 : 
Votre prochain livre traite du Special Air Service, pourquoi écrire un second ouvrage sur le sujet ?

Jean-jacques Cécile : Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, mon premier ouvrage date de 1997 ; pour un livre documentaire, c’est l’âge de l’obsolescence, d’autant plus que depuis, il y a eu le 11 septembre 2001 et tout ce qui s’ensuit. Il était donc urgent de revenir sur le sujet pour une sérieuse actualisation des connaissances. Ensuite, le temps passant, j’étais de plus en plus dubitatif quant à la qualité de mon premier ouvrage. Sur le fond, j’avais fait de nombreuses erreurs dont je m’étais aperçu en continuant à m’intéresser à l’histoire du Special Air Service. Sur la forme, il m’avait été reproché d’avoir été trop complaisant envers l’unité britannique. J’ai essayé, dans le livre à sortir en septembre, de recentrer le ton. J’y suis notamment beaucoup plus critique sur les opérations aux Malouines. Enfin, le temps passant, nombreux sont les documents publiés qui permettent de revenir plus en détail sur le Special Air Service et notamment sur son histoire. Il y avait là matière à écrire.


SAS12 :
Comment se compose Histoire secrète des SAS, est-ce un recueil historique d’opérations peu connues, une étude des missions spéciales britanniques, l’actualité du Régiment ?

Jean-jacques Cécile : Je ne dispose que de peu de contacts britanniques acquis d’une manière que j’expose en introduction de mon nouvel ouvrage, et ceux-ci ont fréquenté le SAS il y a très longtemps, leurs souvenirs datent un peu. J’ai donc rédigé mon livre à partir de sources ouvertes. C’est toujours ainsi que je procède et c’est une critique que l’on me fait couramment. Je me souviens par exemple d’une recension faite dans un grand hebdomadaire national, par ailleurs plutôt flatteuse, dans laquelle un journaliste connu, s’agissant de mon avant-dernier ouvrage intitulé Les chiens de guerre de l’Amérique, relevait que je n’avais manifestement pas eu accès à des sources originales. Il avait raison et c’est également vrai à peu de choses près s’agissant de ce deuxième opus sur le Special Air Service. Mais je revendique en revanche que l’on me reconnaisse de m’être livré à une exploitation véritablement extensive des sources ouvertes existantes et notamment des ouvrages anglo-saxons sur la question. Qui, en France, a par exemple lu in extenso l’ouvrage intitulé Churchill’s Underground Army qui, entre autres, expose les liens entre d’une part le SAS et d’autre part ces réseaux de résistance ultrasecrets créés en Grande-Bretagne même sur ordre express de Churchill afin de contrer une éventuelle invasion allemande du territoire national ? Qui a de la même manière lu l’ouvrage The Story of the Lovat Scouts qui permet de comprendre à quelles influences a été soumis David Stirling, le fondateur du SAS, alors qu’il n’était qu’un adolescent écossais ? Plus qu’un journaliste, je suis un analyste qui travaille au fin fond de sa campagne, oublié qu’il est d’une intelligentsia puisant ses sources « originales » dans les salons parisiens où l’on discute entre gens comme il faut une coupe de Champagne à la main. Cette situation comporte des inconvénients mais également des avantages. Au rang de ceux-ci, beaucoup de temps pour lire beaucoup, et pas seulement les ouvrages que l’on trouve à la librairie du coin. C’est une autre manière de concevoir le journalisme, empreinte de rigueur et de patience, loin de la tyrannie du « temps-média » qui réclame une réaction ultra-rapide aux événements. Je ne sais pas, je ne veux pas écrire un livre en urgence sous prétexte de faire un coup médiatique. Au final, mon nouvel ouvrage dresse une fresque la plus complète possible de l’histoire du Régiment jusqu’aux dernières opérations connues tant en Afghanistan qu’en Irak. J’ai en revanche fait quelques impasses, notamment en ce qui concerne le processus de sélection/instruction. Cela me sera sûrement reproché mais était-ce vraiment indispensable de revenir là-dessus alors que tant d’encre a déjà coulé sur le sujet ? N’était-il pas plus intéressant de développer des aspects moins connus de l’unité d’élite britannique ? Quoi qu’il en soit, c’est un choix que j’assume pleinement.


SAS12 :
Nous parlons régulièrement dans ce blog des rapports avec les sociétés militaires privées, vous avez d’ailleurs consacré un livre à cette question. Mais quels sont selon vous les changements majeurs opérés au sein du Régiment depuis ces dix dernières années ?

Jean-jacques Cécile : Je ne crois pas qu’il soit approprié d’évoquer des « changements majeurs ». Le Special Air Service et plus particulièrement sa composante d’active le 22nd Special Air Service Regiment est une formation qui, c’est un constat que l’on peut du reste étendre à toutes les unités de forces spéciales au monde, est en évolution constante. Evolution constante des structures, des matériels mais aussi des tactiques, techniques et procédures. S’il fallait cependant absolument distinguer une tendance, mon choix se porterait sur l’accélération des développements technologiques. Drones sans cesse plus petits et discrets, balles tirés par les snipers qui seront bientôt guidées vers leur cible, équipements permettant d’être sans cesse plus furtif dans l’action, etc. composent un monde militaire en perpétuelle mutation dont les opérateurs spéciaux doivent maîtriser toutes les facettes sans cesse plus vite sans pour autant sacrifier leur rusticité. Souvenons-nous que disposer de capacités technologiques avancées en appui direct des forces est une des principales raisons ayant motivé la création du commando Kieffer. Là est à mon sens l’un des défis majeurs, sinon le principal, que doivent relever les forces spéciales en général et le SAS en particulier.

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 23:00
Voici notre bibliographie sur les SAS français durant le Second Conflit Mondial. Cette liste sera enrichie car nous ne traitons que des ouvrages que nous avons lu. Il en existe beaucoup d’autre bien entendu et nous ne demandons qu’à les lire. Faites nous part de vos lectures et vos découvertes par commentaire.
 
les paras de la france libreLES PARACHUTISTES SAS DE LA FRANCE LIBRE 1940-1945
David Portier. Editions Nimrod. 2010.
Réédition MAGNIFIQUE et tout simpement COMPLETE de la Bible sur le sujet. Le grand format sublime les photos d'époque, le teste est riche et agréable à lire, de nouvelles photos couleur de matériel et quipement viennent enrichir l'ouvrage et intéresseront les collectionneurs sur un total de 600 pages !
 LES PARACHUTISTES S.A.S DE LA FRANCE LIBRE. 1940 1945
David Portier. Préface de Edgar Thome compagnon de la libération.
 
Il s’agit de la publication de dix ans de recherches minutieuses. C’est un livre référence sur le sujet du SAS pendant le second conflit mondial. L’auteur nous fait découvrir le 3 ème et 4 ème SAS en nous permettant de suivre ces hommes aux destins exceptionnels quasiment au jour le jour, du désert de Libye aux campagnes de hollande. David Portier retranscrit touts les témoignages de ces vétérans où parfois la vérité dépasse largement la fiction. Des photos rares ou de collections privées illustre ce livre incontournable pour qui veux connaître la vie et les actions de ces hommes qui on fait l’histoire et notre liberté. Ce livre est aujourd'hui épuisé.
 
FS de la libérationLES FORCES SPECIALES DE LA LIBERATION
Paul Gaujac. Histoire et Collections.1999
 
Description des méthodes et des opérations du SAS, des jedburghs, du SOE en France pendant l’année 1944. Un livre ou le lecteur nous place au coté de ces hommes parachutés en France occupée, souvent seul, afin d’entraîné et organisé les maquis. Nombreuses photos et cartes des parachutages.
 

REMEMBER
LES PARACHUTISTES DE LA FRANCE LIBRE 40 à 43
Raymond Forgeat.1990
 
Magnifique ouvrage qui nous fait connaître les cinquante premier Free French de manière quasi individuelle. Éprouvant avec eux le soleil de Libye et marchant à leur coté dans les déserts. Nous permettant d’être les témoins de leurs destins héroïque, parfois tragique. Ce livre nous fait connaître chaque noms et chaque visages de ces jeunes hommes de la 1ere CIA ,puis SAS du désert. Jamais un livre ne m’a permis d’être aussi proche de l’action et de ceux qui l’on fait. De nombreuses photos, cartes, dessins illustres cet ouvrage d’exception.
 
 STIRLING ET LES COMMANDOS DU DESERT
Jean Bourdier. Edition Dualpha. Collection « Vérités pour l'histoire »
Préface de Philippe Randa

Il y a ceux qui provoquent les guerres, ceux qui les déclarent, ceux qui les subissent... et ceux qui la font ! David Stirling, créateur du redoutable SAS anglais, fait incontestablement parti de ces derniers.
Juillet 1941. Un jeune officier écossais de 25 ans force littéralement les portes de l'état-major britannique du Caire. Il est porteur d'un plan révolutionnaire pour la conduite d'opérations spéciales dans la guerre qui fait rage en Libye et en Égypte, plan prévoyant la formation de commandos allant effectuer par tous les moyens et tous les itinéraires - à commencer par ceux réputés impraticables - des raids de destruction derrière les lignes ennemies.
Ce jeune officier se nomme David Stirling et l'unité qu'il va faire naître prendra le nom de Special Air Service. Rapidement associée à une autre « armée privée », le Long Range Desert Group, composée de spécialistes du désert, elle multipliera les « missions impossibles » et parviendra notamment à détruire au sol l'incroyable total de 400 avions allemands et italiens.
Rommel lui-même sera contraint de rendre hommage à celui que ses hommes ont surnommé le « Major fantôme », David Stirling.
 
DIABLES ROUGES EN NORMANDIE
Georges BERNAGE. Edition Heimdal
 
Pour protéger le débarquement des troupes par mer le Jour J, la 6e division para britannique se voit confier la mission de s’emparer des ponts sur l’Orne, de faire sauter ceux sur la Dives, de neutraliser une batterie allemande et de repousser toutes les contre-attaques allemandes qui pourraient balayer la fragile tête de pont. C’est cette action militaire audacieuse que le présent ouvrage évoque en détails. Articulé en deux parties, il retrace l’arrivée des parachutistes et des troupes transportées en planeurs dans la nuit du 5 au 6 juin puis évoque les durs combats menés par la division pour s’emparer et tenir ses objectifs.
 
HISTOIRE DE LA LIBERATION DE LA FRANCE JUIN 1944- MAI 1945
Robert ARON Edition FAYARD 1964
 
Un classique pour mieux comprendre le rôle des SAS en France et le travail avec la résistance. Il y a une analyse complète de la libération de la Bretagne et du rôle du 4eme SAS français. Le combat de St Marcel y est très bien décrit de façon objective.
 


 LES F.T.P.: LA GUERILLA EN FRANCE
charles TILLON édition Julliard années 60

L'histoire des SAS est trop souvent vu du point de vue gaulliste, Charles Tillon ancien FTP nous dresse un tableau moins héroique des évênements en bretagne durant l'été 44. Selon lui, les SAS n'ont pas joué un si grand rôle, ils ont été un instrument politique des gaullistes. Le "massacre" de St Marcel aurait été voulu par ces derniers pour affaiblir les FFI et surtout les FTP qui repressentaient une menace pour le nouvel ordre débarquant de Londres.

 
BIOGRAPHIES :   

SIX AMIS VIENDRONT CE SOIR
Gilbert SADI KIRSCHEN 1946

Biographie d'un soldat belge du 5th SAS nous narrant ses actions en France et en Hollande. Ce livre est très intéressant, il a été écrit "à chaud", il décrit bien le quotidien des missions clandestines derrière les lignes ennemies.
 
 

la-rage-au-coeur.jpgLA RAGE AU COEUR
Jean PAULIN paru après guerre et préfacé par le Colonel Bourgoin.
 La dernière édition date de 1958 chez Marabout n'135

Même s'il manque le style littéraire, la narration est fluide et on prend plaisir à découvrir les détails fournis par l'auteur sur son équipement et son action dans le combat de St Marcel durant l'été 1944. Jean Paulin rejoint les Français Libre après un périple à travers l'Espagne pour s'engager au 2eme RCP. Il suit un entrainement difficile, devient radio et fait parti des premiers sticks lachés sur la Bretagne dans la nuit du 5 Juin 1944.


bataillon-du-ciel-copie-1.jpg LE BATAILLON DU CIEL
Joseph KESSEL paru en 1947 régulièrement réédité depuis

Joseph a écrit ce livre d'histoire romancé à partir des témoignages de paras du 2eme RCP fin 1944 alors que le bataillon est au repos près d'Epernay. Il fera l'adaptation d'un excellent film. 



PARACHUTISTE AU 3eme SAS

Philippe AKAR édition Atlante 2007

L'auteur est artilleur en 1940, il assiste impuissant à la victoire de l'Allemagne et après l'annexion de la zone libre décide de rejoindre Londres. Comme tant d'autres, il franchit les Pyrénées pour connaitre l'enfer des prisons espagnoles. Après un passage par Gibraltar, il atteint enfin la Grande-Bretagne pour poursuivre le combat au sein des parachutistes français SAS. Grâce à sa formation à l'Ecole de Mines de Paris, il devient Lieutenant et à la responsabilité d'une équipe de sabotage. Il opère en Saone et Loire en 1944 puis participe à l'Opération Amherst durant laquelle il est blessé et fait prisonnier. 
 
OPERATIONS SPECIALES
Jean SASSI  édition Nirmod 2009

Le mot de l'éditeur : C'était l'élite de l'élite. En 1943, le Commandement suprême interallié recrute des volontaires parachutistes, britanniques, américains et français, pour l'épisode le moins connu de la Seconde Guerre mondiale : l'opération Jedburgh. Triés sur le volet, formés à toutes les techniques de la guerre non conventionnelle, ces 300 commandos Jedburghs, précurseurs des forces spéciales contemporaines, sont parachutés par équipes de trois sur l'Europe occupée en été 1944. Parmi eux, Jean Sassi, un jeune Corse, déjà vétéran de la campagne de France et des Corps francs d'Afrique. Un engagement qui va le conduire des maquis du Vercors aux jungles du Laos, contre les Allemands, puis contre les Japonais. Officier instructeur du 11e Choc, il sera envoyé en Indochine pour commander les Hmongs du Laos, guérilleros anti-Viêt-minh et pro-français, au sein du GCMA (Groupement de commandos mixtes aéroportés). Avec eux, il tentera en vain de sauver Diên Bien Phu, contre l'avis de l'état-major, qui se méfie de ce seigneur de la guerre, trop pur, trop dur. Après l'Indochine, ce sera l'Algérie, où l'attendent d'autres déceptions, d'autres trahisons. Pendant des années, cet homme de l'ombre choisit de se taire, fidèle à la loi du silence des Jedburghs. Quelques mois avant sa mort, il décide finalement de raconter l'extraordinaire aventure que fut sa vie. Pour ses camarades tombés là-bas, dans les maquis alpins, dans les sables du bled, dans les forêts d'Asie. Et pour les Hmongs qui poursuivent leur combat anticommuniste au Laos, oubliés de tous.

Magazines :
 
 LES DOSSIERS DE LA  2eme GUERRE MONDIALE. N°4
LES PARA SAS DE LA FRANCE LIBRE

Magazine retraçant l’histoire des SAS français, de leur création à la fin du conflit. Explication globale de l’histoire du SAS français, de manière générale mais pointue et sérieuse. Point fort, de nombreuses photos inédites tout au long des pages. Pour qui veut connaître le sujet rapidement et sans trop rentrer dans les détails de la ‘’petite histoire’’. Permet de ce faire une idée correcte du vécu de ces para SAS.

arton254.jpg LIGNE DE FRONT N'1

 Dossier consacré aux paras :
— Le parachute. Une invention plus ancienne de l’aviation ;
— Crète, 1941. Opération Merkur (Y. Kadari) ;
— GIA. Les premiers paras francais 1936-1940 (C.-J. Ehrengardt ;
— More Majorum. 1978, le REP saute sur Kolwesi (J.-Ph. Mavournel) ;
— Géronimo. La naissance des paras américains (V. Bernard) ;
— Eugène Bosson. SAS français au service de sa Majesté (S. Delogu) ;
— Paracudisti ! Les soldats de la foudre (C. Mas) 
 

ligne_de_front_713.jpg LIGNE DE FRONT N'5
article de david Portier sur le 4eme SAS en bretagne

Le 4ème Bataillon du Special Air Service
dans l’opération « Overlord
»
Alors que tout le monde ou presque connaît l’histoire du débarquement de Normandie et celle de la libération de notre pays, beaucoup de Français ignorent encore aujourd’hui la participation à cette opération d’unités des Forces Françaises Libres. Un peu tardivement, certes, l’histoire des 177 commandos du commandant Kieffer est désormais connue ; en revanche, celle des parachutistes SAS de la France Libre l’est nettement moins. Pourtant, près d’un millier de parachutistes français des 3e et 4e Bataillons vont être engagés en soutien de l’opération « Overlord ». Ainsi, dans la nuit du 5 juin 1944, un détachement précurseur composé de 35 hommes du 4e SAS est parachuté en Bretagne.


couv unif 277ARMES et MILITARIA N270
Juillet 2011


Article consacré à Antonin Betbèze, officier du 4eme SAS qui a combattu en Bretagne, à Chalon sur Saone puis en Hollande à la fin du conflit.

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 16:13

F.F.O.M.E.C.B.L.O.T

 

Les bases du camouflage militaire

 

 

Avant de rentrer dans le détail et définir cet obscur acronyme, il est important de rappeler la définition même du camouflage militaire.

 

Le camouflage militaire est un art (véritable), qui consiste à vous dissimuler, pour vous soustraire à la vue, à l'ouïe et à tout moyen de détection employé par l'ennemi.

 

Se dissimuler est l'essence même du camouflage militaire, mais il faut aussi considérer qu'il n'est pas obligatoire de se cacher au sens littéral du terme pour se soustraire aux moyens de détection de l'ennemi.

 

Le camouflage, comme tout art digne de ce nom, fait appel à des règles de bases, fondamentales, que nul, comme toute loi, n'est censé ignorer.

Mais comme toutes règles, celles du camouflage militaire se doivent d'être adaptées et adaptables à la situation, et constamment évolutives.

 

En gros, pour faire simple, le camouflage consiste à ne pas se faire repérer par l'adversaire ou l'ennemi, et le meilleur moyen pour cela, plus que de bien se cacher, est de ne pas exister.

 

Ne cherchez pas à imiter ou à vous fondre absolument, parce qu'il arrive de ne pas pouvoir.

Ne cherchez pas à tout prix à être tel ou tel élément du décor.

Ne soyez pas. Ou soyez le vide qui entoure le buisson.

NE NOURRISSEZ PAS LE CERVEAU D'EN FACE.

Si l'adversaire s'arrête sur vous, même si vous avez l'aspect d'un buisson à s'y méprendre, vous existez pour lui. Ne donnez aucune nourriture à son cerveau, afin qu'il ne soit jamais en mesure de vous identifier, et donc, de vous considérer.  

Le cerveau d'un mammifère (comme l'homme, donc), ne peut pas définir ce qu'il n'identifie pas.

 

Le camouflage mili est un gage de survie en territoire hostile et en appliquer les règles de bases sans vision évolutive est synonyme de compromission rapide, et donc, chez les professionnels de la guerre, de mort imminente.

 

Avant de parler de ce fameux FFOMECBLOT, je me dois de revenir sur un point fondamental.

Même s'il se pratique en milieu urbain, loin de tout espace forestier ou naturel, le camouflage militaire doit suivre les mêmes règles que le camouflage destiné à la photographie et à l'étude éthologique des espèces sauvages.

La nature est la première "étape" du camouflage. Son premier test grandeur-nature. Se fondre dans un milieu sauvage signifie aussi préserver son équilibre et son intégrité, tout en assurant sa propre protection.

La nature est l'alliée de celui qui sait s'y dissimuler, car, en territoire hostile, plus qu'ailleurs, passer totalement inaperçu aux yeux et aux oreilles de la faune peut vous permettre d'avoir une longueur d'avance sur votre adversaire ou votre ennemi.

 

Il existe des animaux dont le rôle naturel consiste à alarmer leur écosystème de la présence d'un intrus.

En connaissant les espèces, vous vous éviterez beaucoup de troubles qu'un "ignorant" ne saurait éviter. Et, je le rappelle, passer inaperçu auprès de la faune sauvage, c'est aussi ne pas la déranger, et donc, en connaissance de cause, la respecter.

 

Revenons donc au camouflage militaire, dont le but est strictement humain, que ce soit pour de l'action directe ou du renseignement (ce qui est plus de mon ressort).

 

J'en arrive donc au titre de ce chapitre: FFOMECBLOT.

 

Le FFOMECBLOT est un acronyme militaire (c'est presque un pléonasme aujourd'hui), qui rappelle des souvenirs à tous ceux qui ont connu à un moment donné de leur vie le fameux mois de classe, lors de leur période de service militaire. FFOMECBLOT s'apprend sur les bancs des salles d'instructions régimentaires et, malgré son aspect TTA frustrant, il est la base indiscutable de l'application efficace d'un camouflage militaire de terrain.

 

FFOMECBLOT réunit les 10 principes de bases du camouflage, les 10 facteurs fondamentaux, récurrents et inévitables qui interviennent dans le domaine.

 

Fond

Forme

Ombre

Mouvement

Eclat

Couleur

Bruit

Lumière/Lueur

Odeurs

Traces

 

Et bien, agissons dans l'ordre.

 

 

FOND

 

Le fond est bien entendu le décor dans lequel vous évoluez.

Il se subdivise, évidemment. Voici un exemple:

 

Forêt

Claire/dense

Feuillue/persistante

Dominante verte/brune/ocre/grise

Etc…

En analysant avec précision votre environnement direct, vous mettez tous les atouts de votre côté et évitez ainsi les pièges éventuels.

Vous devez constamment garder en mémoire l'environnement et ses particularités, devant vous, pour trouver un écran de dissimulation, mais surtout derrière vous, pour ne pas jurer (comme une olive noire dans un bol de lait) dans votre décor. Pensez toujours à l'arrière-plan, comme si l'adversaire vous voyait à 360°.

Ne soyez pas charmé par votre propre pouvoir camouflant. Votre DPM ou Multicam peuvent vous sembler invisibles de face, parce que VOUS vous projetez fatalement devant votre nez, en vous convainquant inconsciemment que l'ennemi voit ce que vous voyez. Mais si vous êtes le Positif de l'image, l'ennemi en voit le Négatif.  

Il se peut donc que vous soyez dans l'axe d'un rocher ou d'un mur clair qui dort dans votre dos et que vous n'avez pas vu, parce que vous faites une fixette devant votre nez.

En infiltration, on doit se considérer tout le temps observé par quelqu'un. C'est la raison pour laquelle il faut faire attention sur 360°, parce le fond sur lequel vous évoluez peut trahir votre présence.

Quelques exemples: La nuit. Le ciel nocturne est toujours plus clair que la forêt. Attention à ne pas marcher en ligne de crête, votre silhouette se détache en noir sur fond clair.

En forêt, ne projetez pas le pouvoir camouflant de votre tenue devant vous, mais derrière vous, en tenant compte de l'espace vide "incolore" d'entre les arbres.

En plaine ouverte, attention à l'arrière plan, même lointain. Une maison, si lointaine soit-elle, peut "happer" un court instant la dominante sombre de votre treillis. Un court instant qui peut suffire.

En Irlande du Nord, les sympathisants et les activistes de l'IRA peignaient les murs des maisons d'une large bande blanche, à hauteur d'homme, afin que les patrouilles britanniques soient visibles lorsqu'elles longeaient les murs de ces mêmes maisons. La silhouette sombre du trooper se détachant irrémédiablement sur fond blanc. A méditer…

 


Le FOND est essentiel lors de votre progression. Il est le premier facteur à considérer pour vous rendre de A à B, de B à C, etc.

Ne pas jurer dans votre environnement direct, c'est déjà un pas vers un camo efficace.

N'oubliez pas: un coup d'œil devant, un coup d'œil derrière.

 

FORME

 

Nous parlons de la forme qu'a votre silhouette.

 

On lit souvent que l'être humain est "identifiable" par le Delta" caractéristique que forme la tête et les épaules. Moi, je parlerai plutôt d'"Oméga" .

C'est bien cette forme de fer à cheval qui trahit un buste et une tête humains et ça, homme ou animal, tout le monde le sait …

 

C'est bien simple, brisez cette forme, et la forme du corps humain en général (briser l'oméga tête-épaules est souvent suffisant).

Voilà la vocation de la "disruptivité" d'un camouflage: briser par une alternance clair/foncé la forme du corps humain.

 

Attention cependant à ne pas trop en faire. Une simple écharpe-filet jetée sur la tête et couvrant les épaules suffit la plupart du temps à briser cet Oméga.

Souvenez-vous que le mieux est l'ennemi du bien, donc, ne déplacez pas le problème. Un oméga moulant en toile de jute ou en feuilles synthétiques n'en est pas meilleur pour autant.

C'est d'abord l'oméga qu'il faut briser, puis la texture de votre corps (cacher sa peau).

 

Autre chose, attention que la "forme" de votre tenue (votre aspect géométrique) ne jure pas dans votre environnement direct. Un paquet compact aux formes trop nettes, même si elles n'ont rien d'humain, peut vous trahir.

 

Personne ne vous demande de ressembler à tout prix à un élément du décor. Ne le faites pas, car ils sont tous différents et bien trop complexes pour être imités à la perfection. Et surtout, comme ils peuvent être décrits par un homme qui observe ("dentelé, découpé, ciselé…"), n'ayez pas une forme descriptible.

 

Soyez plutôt un tas de merde informe et indescriptible, qu'un "magnifique buisson brillant, touffu, vert et hérissé, à 200 m sur la droite, au pied du gros sapin".

 

Qui peut trouver les mots pour décrire un tas informe, aux couleurs mal définies? Et qui, surtout, va y arrêter son regard? sachant que le premier réflexe d'un soldat aux abois ou méfiant et de rechercher le visage d'un ennemi.

OMBRE


 

On ne peut pas composer avec notre ombre.

Tant qu'il y a de la clarté, elle nous suit comme la peste. Je dis clarté, et pas lumière, car la clarté de la Lune suffit à générer une ombre. Pensez y surtout les nuits de pleine Lune.

 

Quelle que soit vos teintes, votre forme, votre allure de progression et votre discrétion, vous ne pouvez pas l'éviter: vous créez une ombre.

Comme vous n'êtes pas, si je puis dire, des fantômes, vous êtes obligés d'en tenir compte.
 

 

Pour cela, premièrement, surveillez toujours l'angle de la lumière solaire. Ne longez pas un mur ou une haie, ou je ne sais quoi d'autre, si la lumière solaire y projette votre ombre.

La lumière solaire doit de préférence être dans votre dos, quand vous avancez vers l'ennemi. Ce qui aura deux avantages: la lumière sera projeté vers lui, donc, vers le sol et le soleil de face gênera considérablement sa capacité à vous déceler.

Mais, revers de la médaille, votre ombre peut courir jusqu'à lui, s'il n'y pas d'obstacles entre votre ombre et lui (facteur dont il faut tenir compte en milieu urbain, où la distance d'engagement diminue vraiment).

 


Attention:
 _ ne coupez pas le soleil directement, façon éclipse. C'est radical pour vous faire repérer.

_ Ne créez pas de zones d'ombre sous-jacente: quand vous êtes accroupis, vous créez une zone d'ombre entre votre cou et vos cuisses. Quand vous êtes en position d'observation allongée, entre votre menton, vos coudes et le sol. Gaffe, ça se voit de loin, parce que ça crée un "effet cavité" quand on voit ça de face.

_ Ne laissez pas votre ombre dépasser d'un mur derrière lequel vous vous planquez.

 

Dans tous les cas, c'est une certitude, plus vous ramasserez votre silhouette, moins votre ombre vous trahira: si votre silhouette est ramassée, l'ombre qui est projetée en est moins facilement identifiable. Un homme accroupi derrière un mur a une ombre projetée qui dépasse du mur (ça ne doit pas arriver) moins évidente que celle d'un homme debout.

Plus vous vous ramassez sur vous-même, tête et épaules comprises, moins votre ombre sera assimilable à votre rang d'homme.

Ca n'en est que plus évident lorsque vous êtes allongé. L'ombre générée est presque nulle et, pour peu que le camouflage soit ample et 3D (et ne générant pas "d'effet cavité"), elle n'est pas assimilable à l'être humain.

 

MOUVEMENT

 

En ce qui concerne le camouflage militaire, il y a 2 types de mouvements à considérer:

 

_ Le mouvement de déplacement;

_ Le mouvement d'action.

 

Le mouvement de déplacement est la manière et l'allure auxquelles vous vous déplacez.

 

La première chose à éviter est la précipitation, qui est un ennemi du camouflage. Elle doit être réservée à l'exfiltration, lorsque votre forfait est accompli et que vous devez dégager la place rapidement.

 

Dans la nature, des espèces d'oiseaux et de mammifères, ainsi que certains amphibiens et insectes sonneurs ont un rôle de sentinelles. Au choix, ils se mettent à crier ou se taisent subitement en présence d'un danger, en l'occurrence un super prédateur tel que l'Homme, alertant du coup l'ensemble de leur biotope et les humains qui le comprennent.

 

Ce phénomène est d'autant plus vrai si vous marchez comme un prédateur en chasse.

Les animaux vivent suffisamment de perturbations d'origine humaine, sans que vous ayez besoin d'en rajouter. 

 

En approche, marchez en ramassant votre silhouette, utilisant tous les écrans disponibles entre votre objectif et vous. Mais marchez normalement, simplement, en ralentissant considérablement votre vitesse. Un mouvement régulier et fluide est beaucoup moins perceptible qu'un mouvement sec et rapide, surtout face à un œil exercé qui fixe une zone avec intérêt.

Avancez au ralenti, sans pour autant adopter une attitude anormale.

Pas de Playmobil, pas de robot, pas de caméléon qui décortique ses mouvements.

Soyez ralenti, marchez en douceur, sans saccades. La marche d'approche est par définition stressante et pénible… faites en sorte que ça n'empire pas.

Détendez vos pieds et posez toute la plante au sol. Pas que la pointe, encore moins que le talon. Tout le pied, en déroulant du talon à la pointe, souple et plat. C'est le meilleur moyen d'être discret, stable et de ne pas s'épuiser.

 

En gros, quand vous marchez, faites comme un herbivore qui se nourrit. Un pas tranquille, prudent, sans bruit et sans saccades. C'est inné chez eux, ceux qui leur permet de se fondre tout en continuant à se nourrir, sans créer de bruit qui parasiterait leur ouïe. Pas d'arrêt fréquent comme un prédateur qui piste. Ne tournez la tête que lentement, le contraire serait un signe menaçant pour les animaux qui alarment leur environnement.

 

Si vous rampez, faites le serpent et pas le lézard. Ne vous secouez pas. Traînez-vous, sil le faut, comme une limace. C'est plus fatigant, mais tellement plus discret.

Il suffit de comparer la discrétion de déplacement dans l'herbe, entre un serpent et un gros lézard…

 

Le mouvement d'action

 

C'est l'ensemble des mouvements que vous faites pour tout ce que vous devez faire à part marcher: vous grattez, monter votre arme, regarder aux jumelles, manger, boire, pisser… que sais-je encore.

 

Comme vous devez vous considérer comme constamment surveillé, oubliez tout ce qui est mouvement ample et décollé du corps.

Faites glisser vos mains et vos bras le long de votre corps, comme une caresse. Si, par malheur, vos mains ne sont pas couvertes, un mouvement ample et rapide peut être vu de très loin, par un homme ou un animal.

 

Là encore, prenez votre temps; bougez lentement et en gardant vos membres collés à votre corps.

 

 

ECLAT

 

Malheur à celui qui luit ou qui brille!

 

Avant toute chose, pensez à rendre tout votre équipement MAT.

Prenez le temps d'en faire le tour. Passez à la bombe de peinture ce qui doit l'être; si la brillance persiste, passez la surface métallique à la flamme, si possible, ça la rendra plus mate.

 

Oubliez le cirage sur les rangers. Ca brille et ça sent. En fait, oubliez les rangers si vous comptez marcher en souplesse.

 

Evitez tout ce qui est trop riche en nylon. Le nylon, ça luit au soleil.

 

Bien sûr, pensez qu'en approche et en situation de stress, vous allez suer comme un bœuf. La sueur se voit sur une peau claire, mais c'est encore plus vrai sur une peau mate ou noire; le soleil s'y reflète un peu trop bien.

Les crèmes de camouflage se délavent vite à cause de ça.

 

Perso, je préfère les cagoules ou les filets. Mais prenez tout le temps qu'il faut pour bien choisir ce qui va couvrir votre tronche: champ de vision large, matière qui ne gratte pas, couleurs judicieuses, pas trop chaud, bien fixe, etc… Un bon camouflage de visage est essentiel.

 

Souvenez-vous qu'un éclat se voit à des kilomètres et qu'une simple lunette de tir trop exposée peut trahir votre présence. Pensez aux bonnettes et aux caches en "nid d'abeille". A défaut, utilisez un filet camo ou de la gaze médicale teinte au thé.

 

Je le redis, faites le tour complet de votre équipement avant de partir, histoire que vous puissiez revenir tranquille.

Etre trahit parce qu'une pièce de votre équipement brille, c'est tragicomique. Le comique n'étant pas de votre côté…

 

COULEUR

 

 

A l'évidence, personne ne vous demande de porter une tenue rouge sur la neige.

 

Mais il faut savoir que l'œil humain est assez facile à leurrer, surtout s'il ne perçoit pas de mouvement dans son champ de vision.

 

Dans le spectre des couleurs, nous pouvons facilement être leurrés: une couleur efficace est une couleur qui s'insère dans un large spectre.

Pourquoi l'Alpenflage Suisse, ce fameux camo rouge, est-il si efficace en forêt? Simplement parce que le rouge est correctement inséré dans le spectre des couleurs que l'on perçoit, entre le marron de l'humus et des écorces, et le brun roux caramel des feuilles qui forment la litière forestière. Bingo, le rouge est un compromis acceptable entre toutes ces couleurs.

 

Ce principe marche pour toutes les nuances de couleurs, mais pas pour l'imbécile heureux qui a créé l'ARPAT en prétendant qu'il se fondrait correctement en forêt. Lui, il mériterait des baffes, et je reste sobre…

 

Parce que la couleur, ça va sans dire, doit être compatible avec l'environnement de votre mission. Cherchez celles qui s'insèrent entre les couleurs dominantes du décor.

C'est un peu le principe du Multicam, qui lui, en plus, fond ces couleurs, les rendant peu discernables de manière franche par le cerveau humain.

Imaginez une forêt aux feuillages jaunes et aux troncs rouges. Les deux couleurs sont trop opposées pour pouvoir se chevaucher discrètement. Prenez une tenue orange, vous jouerez efficacement sur la perturbation de l'œil induite par l'addition jaune + rouge.

 

Plus réaliste, si vous devez constituer vous-même votre camouflage, collez les couleurs sans limite franche, là où vous hésiterez à définir une dominante (principe du Multicam). Vous hésitez entre le kaki et le marron? entre l'écorce et le feuillage? mêlez sans frontière nette les deux couleurs, vous n'en serez que plus efficaces, tantôt kaki, tantôt marron. 

 

Certaines couleurs efficaces peuvent vous surprendre, mais partez du principe qu'il faut travailler sur COMMENT vous percevez et non pas QUELLE EST EN REALITE LA COULEUR que vous percevez. C'est la lumière qui donne son rendu à une couleur. Pas la couleur elle-même. Il n'existe pas de couleur invariable sous la lumière. Exemple: les Land Rover roses des SAS dans le désert. Il n'y a pas de rose dans le désert, mais cette couleur s'insère correctement entre l'ocre des pierres, le sable beige et les ombres qui sont marrons… le tout, magnifié par la lumière du désert et l'effet rose qu'elle donne à cet environnement.

 

Choisissez votre tenue avec soin, sans tenir forcément compte de la destination originelle du camouflage. Le DPM Désert 95 marche magnifiquement dans une forêt tempérée en hiver et même en été, quand les feuillages verts sont hauts. A-t-il été pensé pour ça?

 

Enfin,  puisque toutes les solutions sont dans la nature, faites comme les grands prédateurs: foncé en haut, clair en bas. Pourquoi?

Parce que l'étage bas de la végétation change peu, comparé aux étages supérieurs. L'herbe jaunit bien plus vite que les feuillages, non?

Mais surtout, parce que si vous évoluez dans une végétation claire, vous n'en serez que plus efficaces en conditions de faible lumière ou de lumière rasante.

C'est le contraire d'une ligne de crête. Si vous marchez debout en pleine cambrousse et que vous traversez des milieux herbeux, le pantalon clair ne jurera pas à sa hauteur et la veste foncée, se fondra plus facilement sur la ligne de fond constituée pas les arbres (mais pas sur fond de ciel nocturne, je le rappelle).

 

Là encore, prenez le temps au préalable d'étudier le choix d'une tenue.

Oubliez d'être beaux, soyez efficaces.

Et surtout, n'espérez pas trouver un camouflage qui marche dans tous les environnements, ce n'est pas possible, à moins d'avoir le même costume que le monstre peu avenant de Predator.

Preuve en est que le Multicam ne marche pas partout.

 

Une solution Combat Proven: panachez vos tenues.

 

 

BRUIT

 

Ne perdez pas votre temps à vous déguiser en arbre si vous marchez avec la discrétion d'un éléphant en rut.

 

Le bruit est le premier facteur de détection par l'ennemi à courte et moyenne distance (de 0 à 100 m).

S'il n'y pas de bruit suspect, pourquoi devrait-on se méfier?

 

Le bruit est un indicateur de la stabilité d'un milieu.

Apprenez à connaître les espèces qui alarment leur milieu pour ne pas les alerter (en plus, vous en serez respectueux); profitez des bruits réguliers (chutes d'eau, routes, grillons, vent, tonnerre…) pour vous déplacer.

 

Mais, là encore, ne jurez pas dans votre environnement.

Sauf si vous êtes trop près de votre adversaire, vous pouvez vous permettre un peu de bruit, tant qu'il ne dépasse pas le seuil sonore ambiant. Un pas prudent dans des feuilles mortes ne s'entend pas forcément, même à moyenne distance (25 à 100 m).

Si vous faites du bruit, ne dépassez pas le seuil du bruit mat (sans écho). Pas de bruit sec. Une branche ou une brindille qui pète, vous m'en direz des nouvelles. En forêt, c'est impardonnable. Comme une pierre qui tape en montagne.

Regardez où vous mettez les pieds. Dans tous les cas, vous ferez moins de bruit en posant le pied bien à plat plutôt que sur la pointe (votre poids étant dans ce cas concentré sur la pointe).

 

Le silence n'existe pas et il est très difficile pour une oreille humaine (surtout si elle vient de la ville) de localiser un bruit qui ne détonne pas dans son milieu.

 

Evitez les bruits réguliers ou facilement identifiables, comme une série de pas, un raclement de gorge, un reniflement, le balancement de l'eau dans la gourde, etc…).

 

Agissez en fonction des conditions du moment et du milieu:

En forêt, il est très dur pour un homme de localiser la source d'un bruit, parce que les sons rebondissent sur les arbres et les talus et sont absorbés par l'humus mou.

Pire en montagne et en milieu rocheux, ou tout les sons sont renvoyés tous azimuts et où le vent presque omniprésent fait voyager les sons sur de longues distances.

 

Ce qui vaut pour les autres vaut aussi pour vous…

 

La nuit, les sons voyagent plus et sont plus perceptibles, parce que les "nuisances" diurnes ont disparu: plus de grillons, moins d'avions dans le ciel, plus de chants d'oiseaux, souvent moins de vent…

 

Un pas humain peut être perçu à 200 m; un véhicule à plusieurs km, tout dépend de sa taille. Une conversation vole bien au-delà de ses participants. Attention.

 

Enfin, convenons-en, fixez vos équipements baladeurs et ne créez absolument pas de bruit artificiel, notamment produit par du métal qui choque, du plastique ou un tissu synthétique qu'on froisse.

LUMIERE/ LUEUR

 

La lumière est celle que vous ne devrez en aucun cas produire.

 

Il est inutile de faire un topo sur la lampe de poche ou la lampe frontale. On ne les utilise pas sur le terrain sans précaution, c'est une notion antinomique au camouflage.

 

Si vous devez lire une carte, par contre, recroquevillez-vous près du sol, couvrez-vous le haut du corps d'un poncho ou d'une basha et utilisez le filtre rouge de votre lampe militaire ou la position veilleuse de votre lampe civile au plus près de la carte.



 

La lumière rouge se voit bien moins dans la nuit, car elle n'a pas le halo d'une lumière blanche.

 

En infiltration, laissez vos yeux s'habituer à la pénombre. Au bout de quelques dizaines de minutes, par nuit claire, vous retrouverez une certaine acuité visuelle, sans pour autant devenir un hibou.

Vous arriverez à distinguer les formes majeures de l'environnement, mais ne vous attendez pas à des miracles; à part les nuits de pleine lune où il vaut mieux éviter de s'agiter dans des zones hostiles, vous pourrez passer à côté d'un homme sans le voir, et vice versa.

 

Le danger, à l'heure actuelle, provient des systèmes passifs de vision nocturne, les intensificateurs de lumière (IL). Ils sont dangereux, car en plus d'être très performants, ils sont totalement passifs et donc, indétectables, contrairement aux systèmes Infrarouges (IR).

L'IR produit un faisceau de lumière invisible à l'œil nu, mais bien visible par un autre système IR. Aussi puissant qu'une bonne lampe torche, un projecteur IR est facilement détectable par un même système et donc, très vulnérable.

 

Les systèmes IL, eux, sont capables de fonctionner dès que quelques étoiles constellent le ciel (pas les générations 1, cependant). Leur mode de fonctionnement est basé sur le captage et l'amplification de toute lumière active ou résiduelle.

Inutile donc de rappeler que les réchauds, cigarettes et autres réjouissances du genre sont totalement à proscrire, parce qu'en plus de produire des odeurs fortes pour le milieu naturel, ils sont visibles à des kilomètres!

 

Avec un camouflage efficace le jour, vous serez efficace face à un IL, à condition de ne pas porter une source de lumière et de ne pas faire le poireau les bras en croix au milieu d'une route.

 

Soyez vigilants à tous les niveaux, car les appareils rétroéclairés, comme les montres ou les GPS, peuvent vous trahir face à un observateur muni d'IL.

 

Mais comme ce qui est valable pour vous est valable pour les autres, adaptez-vous à la situation et aux conditions.

Il est des nuits ou, si on n'a pas de système de vision nocturne, on fait bien de rester couché…

 

 

ODEURS

 

Ce domaine est semblable à celui du bruit.

 

Pour faire simple, encore une fois, contentez-vous de ne pas puer plus que le décor. Vous avez le droit d'avoir une odeur, tant qu'elle ne surpasse pas celle ambiante.

 

Il est évident que certaines odeurs n'ont pas leur place dans le milieu naturel:

_ Esbit des réchauds;

_ Cirage des chaussures;

_ Urine humaine à l'odeur très identifiable (on peut même deviner la dominante d'un menu);

_ Merde humaine (pour les mêmes raisons que l'urine);

_ Sueur humaine: un animal qui sue ne sent pas le poisson frit comme un humain qui sue;

_ Graisse d'arme;

_ Fumée;

_ Nourriture,

_ Tabac…

 

Sans aller jusqu'à ce couvrir le corps d'urine de cerf ou d'un élixir de feuilles de hêtre, contentez-vous de ne pas produire de nouvelles odeurs ou d'odeurs fortes.

Les hommes habitués à vivre dans la verte peuvent déceler des odeurs "étrangères" au milieu très facilement. Je ne vais pas vous parler de mon cas, je ne tiens pas à passer pour un lycanthrope…

 

 

Une bonne parade consiste à rouler ses vêtements dans la terre du site (ou s'y rouler soi-même avec ses vêtements) pour atténuer sa propre odeur. Toutefois, il faut raison garder, un chien possède un odorat 1000 fois supérieur à celui d'un homme.

Donc, si vous êtes confrontés à une truffe hostile qui vous course, ne vous imaginez pas qu'un cours d'eau sèmera votre trace. L'humidité conserve les odeurs (principe des eaux de toilette) et les relâche encore d'avantage lorsque la chaleur augmente.

Exemple: un chien mouillé ne pue pas trop tant qu'il est à l'extérieur sous la pluie. Dès qu'il rentre dans un couvert chauffé (maison ou voiture), les gouttes d'eau nichées dans ses poils vont s'évaporer et libérer la molécule qui pue; d'où l'odeur immonde du chien mouillé…

 

Si on vous piste, privilégiez les espaces moins humides, pas encaissés et plus ventilés, là où votre odeur peut être vite balayée par le vent. Mais faites en sorte de ne pas être pistés.

 

Enfin, comme vous avez aussi le droit de détecter les odeurs des autres, entraînez-vous à renifler et, avec patience, constituez-vous un catalogue (souvenirs) d'odeurs diverses et variées.

Vous apprendrez ainsi à faire le tri et à trouver l'intruse.

 

Sur le terrain, lorsque vous sentez quelque chose qui détonne, reniflez par petits coups, et ne vous remplissez surtout pas le nez de cette seule odeur, sous peine d'avoir l'odorat neutralisé.

 

 

TRACES

 

Comme j'aime à le dire dans mon discours de sensibilisation à la protection de la Nature, le meilleur moyen de protéger un milieu est de ne pas y laisser de traces.

 

Et bien, pour vous camoufler correctement, appliquez ce principe sans retenue. Apprenez à ne laisser aucune trace et la nature vous remerciera en se montrant clémente.


 


Les exemples sont nombreux:

_ Pas de signature visuelle, sonore ou olfactive;

_ pas de résidus de repas (charbon, esbit, papiers, os, plastiques…);

_ pas de marques sur la végétation (branches cassées, prés piétinés…);

_ pas d'empreintes de pas identifiables, sur un sol nu (boue, sable…) ou dans l'herbe (la coulée d'un animal est plus étroite et rectiligne que celle d'un humain, en "escaliers");

_ pas d'urine ou d'excréments dans votre sillage, sans parler du papier toilette. Eloignez-vous et enterrez votre lot à bonne profondeur. Ne soyez pas bêtement trahis à cause d'un tas d'insectes coprophages (qui mangent la merde);

_ assurez-vous de ne rien semer (papiers, brins de toile jute, bouts de filet camo…).

Etc.

 

Faites attention à tout pour ne pas être la proie et pour être le prédateur.

 

Les toiles d'araignées qui barrent les chemins sont un bon indicateur de la présence d'un homme. Si vous en prenez plein la poire, ça peut vouloir dire quasiment à coup sûr que personne n'est passé avant vous… Pas de trace, c'est utile, quel que soit le sens de lecture.

 

Attention à ne pas modifier le décor.

En sortant d'un cours d'eau, ne vaporisez pas les pierres sèches d'eau ou de sable mouillé (qui va blanchir en séchant).

En milieux rocailleux, veillez à ne pas retourner les pierres, qui sont toujours sales dessous et propres dessus. Ne les rayez pas non plus si vous marchez avec des crampons en alu ou des bâtons de rando.

 

Si vous coupez une branche fournie pour gommer vos empreintes derrière vous (façon "les larmes du soleil"), ne jetez pas la branche n'importe où après usage; une branche de noisetier (souillée de boue de surcroît) n'a rien à faire dans une hêtraie ou une pinède…

 

Plus vous connaîtrez le milieu sauvage, plus il s'alliera à vous, à la seule condition d'y être discret et respectueux.

Le milieu se passe bien volontiers de vous et de votre impact et c'est en ayant conscience de cela que vous devrez agir pour vous y dissimuler et faire ce que vous avez à faire.

 

Ne considérez pas le milieu sauvage comme une barrière ou un obstacle, mais bien comme un allié. Et c'est en cela que vous devez le respecter.

 

Cette analyse est terminée. Elle ne représente qu'une petite partie de ce dont je pourrais réellement vous parler, tant il y a à dire.

 

Chacun de ces dix chapitres a été réduit à sa portion congrue afin de pouvoir être plus digeste. C'est relatif…

 

Je me ferai un plaisir de développer ou d'éclaircir certains points si besoin est.

 

Et je finirai ce chapitre dédié aux bases du camouflage militaire en reprenant la devise d'une unité que j'admire: le CPIS, ex 11 ème Choc: "Nul ne verra, nul ne saura".

 

Et maintenant, à vos buissons!!

 

Le Phasme,

le 02 juillet 2009  
Photos SAS12

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Published by LE PHASME - dans TECHNIQUE
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 09:40

J'ai découvert l'émission « Seul face à la Nature » grâce à l'article de notre nouvel ami « Bob French » qui soit dit en passant a pris un pseudo de catcher mexicain voir d'un acteur porno de l'Age d'Or.


Bref, je regarde avec grand plaisir les émissions présentées par Bear Grylls, un jeune homme, beau, sportif, plein d'humour et je me dis que la société de production a trouvé la perle rare. Je vais sur son blog et je retrouve notre aventurier entouré d'enfants car il promeut le scoutisme. Je vois aussi qu'il a sa propre marque de vêtements « outdoor ».

Bref, les affaires marchent bien pour ce jeune aventurier et ses producteurs. Je me dis alors que la promotion médiatique serait complète si un jour un naufragé survie grâce aux leçons de l'ancien commando anglais.

Voilà la chose faite, en mieux même puisqu'il ne s'agit pas d'un naufragé mais d'un enfant égaré !


En Juin 2009, le jeune Grayson Wynne (photo), 9 ans perd ses parents lors d'une ballade en forêt dans l'Utah. Le garçon ne panique pas car il est un fervent téléspectateur de « seul face à la nature ». Il met en application les leçons de son mentor (Bear Grylls car il ne connaît pas Athos). Il suit un ruisseau espérant trouver quelqu'un, il déchire son imperméable jaune vif et marque son trajet afin de signaler sa présence aux sauveteurs ou pour pouvoir rebrousser chemin. Il aménage un abri avec soin sous un tronc d'arbre pour passer la nuit.

Un hélicoptère le localise le lendemain, Grayson Wynne cour vers une clairière et agite un tissu jaune, une équipe de secours le récupère sain et sauf. Le garçon a passé 18 heures seul face à la nature.

Un bon coup de promotion pour cette émission de qualité et il y en aura sûrement d'autres.


Pour parfaire le tableau, je me dis qu'il ne manque plus que l'aspect écologie très en vogue aujourd'hui.

A quand une vidéo de Bear Grylls faisant le bouche à bouche à un bébé panda ?


Source : Marianne

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Published by MENATOR - dans LIVRES -CINE -1-6
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