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Présentations

Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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22SAS12 is a group reenacting WW2 era Free French SAS paratroopers and the modern 22 SAS. This blog presents our particular approach of the reenactment but is also aimed at all people passionate about the SAS. We talk about operations, equipment but also about literature, cinema and the current events. Created in 2006, this blog has become the premier French-speaking source on the "Regiment" !

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 19:00

Nous avons décidé en ce mois de Novembre 2010 de quitter nos forets et PO pour faire une journée découverte aux métiers de la protection rapprochée. Le but était de découvrir ce milieu, son vocabulaire et d’apprendre quelques notions et techniques qui serviront lors de nos scénarios milsim.

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La matinée fut consacrée à l’enseignement théorique, les grands principes, le vocabulaire et quelques techniques de déplacements.

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Nous avons ensuite réalisé des mini-scénarios : Suivre un VIP dans une visite, anticiper ses mouvements, ceux d’éventuels agresseurs. Nous avons ensuite travaillé avec un véhicule au parking avec les positions à l’intérieur mais surtout la gestion des entrées et des sorties. Quelques notions donc qui permettront de peaufiner nos scénarios notamment lors d’évacuations de personnels en véhicule.

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Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques mais simplement rappeler quelques très bons moments de fou rire avec de nombreux hématomes. En effet nous ne sommes pas vraiment préparés aux jets de bouteilles d’eau, de casques de chantier, aux coups de lampes à tête crénelée (ça fait mal) et surtout ça se complique vraiment avec le véhicule et ses portières en situation d’urgence.

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Encore une belle journée riche d’enseignement avec beaucoup d’échanges dans un cadre de rêve entre passionnés.

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Published by MENATOR - dans MILSIM
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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 21:15

Voici le résumé du Raid de Selection 2010 réalisé par notre recrue de la saison 2010-2011 : Dress. Nous l'avions rencontré en 2008 autour d'un verre puis nous avions fait un sortie tous ensemble. Comme nous évoluons sur la base d'un calendrier de sorties organisé sur un an, nous demandons donc à chaque membre de "s'engager" sur une année. Dress ayant un emploi du temps chargé, il avait préféré ne pas s'engager. Quelques années plus tard, il a répondu pour notre grand plaisir, à notre appel annuel à candidature. Voici sa vision du Raid de Selection :

 

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De nouveau disponible et en pleine possession de mes moyens, je décide, le 2 septembre dernier, de reprendre contact avec le 22SAS12. Le jour même, je reçois une réponse de Menator : « J’en parle aux autres vendredi soir ». Le temps de commencer à compléter mon paquetage, je reçois, le 24, un second message d’un certain Y.G. : je suis convié au raid prévu pour le week-end du 15 octobre. Il me reste encore un peu de temps pour m’équiper. Le 28 septembre, un second message d’Y.G., alias Frog, me donne les premières instructions. L’opération se fera en tenue delta (bon, pas la peine de m’affoler pour le matos DPM…). Le contact avec des civils étant plus que probable, il est indispensable de se créer un personnage cadrant avec les lieux, la tenue et le matériel nécessaires à l’opération. Le smoking et les souliers vernis me semblent donc inutiles, de même que (et c’est plus embêtant) mon sac à dos Lowe Alpine kaki, couverts de passants Molle… Il va falloir que je ressorte mon vieux Decathlon Cherokee. D’un vert mousse… brillant, il fera l’affaire. Il ne lui manque, à première vue, qu’une ou deux poches extérieures. Côté vestimentaire, il me faut, a priori, résoudre l’équation suivante : c’est une mission de renseignement et d’observation dans une zone manifestement fréquentée. Il me faut donc ressembler à un civil tout en évitant de trop attirer l’attention, surtout en phase d’observation. Après moult tergiversations (je me doutais bien que le 22SAS12 aurait prévu un truc dans ce goût-là, mais j’étais obnubilé par mon équipement mili) je finis par opter pour la solution suivante : discret de loin (voire camouflé), promeneur décontracté de près. Mon sac à dos répond parfaitement à cette double exigence : vert mousse pour la perception lointaine, démodé, brillant et affublé d’un triangle flashy Cherokee de près. Pour la veste, j’ai le choix entre ma parka de teinte brune chocolat et ma vieille parka rouge… pour le pantalon, c’est plus compliqué : jean, vieux treillis F1, McKinley marron ultra léger à séchage rapide (et tout neuf et puis, il a l’air fragile quand même, hein ?), vieux Timberland bleu électrique ? Non, ce sera un Tactical 5.11 de teinte grise : c’est solide, plein de poches, ample, et j’obtiens une tenue panachée marron/gris d’allure civile qui reste discrète, d’autant que je n’ai aucune autre information sur la mission. Je veux rester polyvalent car rien n’indique que nous n’allons pas nous retrouver en zone urbaine. En milieu naturel boisé de ce début d’automne, ma veste marron fera son office en position accroupie ou allongée (calmez-vous les gars, rien de sexuel là-dedans, ni maintenant, ni après : vous pouvez fermer l’onglet 22SAS12 et retourner sur sexagogo.com). De plus, il me semble bien que, d’après l’expert en camouflage du groupe Rhône, le gris passe assez bien pour un camouflage superficiel.
J’ai donc rendez-vous chez Koursk, dont l’adresse m’est donnée en coordonnées UTM wgs84, vendredi 15 octobre, à 21h30. Je couche les enfants à 20h et leur dit à dimanche : « Qu’est-ce que tu vas faire papa ? – Je vais jouer à cache-cache avec des copains. » Un large sourire éclairant leurs visages, ils s’enfoncent sous leurs couettes. Je finis de m’habiller et charge mon sac dans la voiture. Étant donné la météo plutôt clémente, je me demande si j’ai bien fait de mettre mes sous-vêtements d’hiver. Tant pis ! Si j’ai trop chaud, ils sont sensés évacuer la transpiration rapidement. Je l’espère. J’ai une grippe intestinale qui risque de mettre cette combinaison à rude épreuve. Je démarre : horreur ! Ma femme n’a pas fait le plein comme je lui avais demandé et je n’ai pas le temps pour une scène de ménage.


Deux Kangoo blancs, des frontales zébrant un ciel noir à peine étoilé, un petit point rouge incandescent, zigzagant à hauteur de nez. C’est ici. Il est 21h45. Je retrouve avec plaisir Koursk et Frog, tous deux un bonnet commando rivé sur le crâne. Des 15°C de l’après-midi, il n’en reste plus que 5 et un vent froid venant du Nord souffle sur le plateau. Je fais la connaissance de Vince. Je ne le reconnais pas. Il a du maigrir depuis les dernières photos du blog. L’ambiance est chaleureuse. Le temps de décharger mon sac, la pause clope est terminée. Nous montons au PC du groupe. Du matériel divers du genre kaki ou DPM, une armoire, un lit de camp, une paire de Meindl à côtés desquelles mes Lowa flambant neufs trouvent une place, un bureau où deux radios aux numéros 32 et 33 finissent de charger, un MOD planté dans une poutre, et le superbe fanion du 22SAS12 portant la devise : « temps et audace » : je suis à la maison. Frog prend une chaise, un dossier en main. Koursk, Vince et moi-même nous asseyons sur le lit de camp, sourire aux lèvres. Menator et une seconde recrue manquent à l’appel. La recrue n’a donné aucun signe de vie. Menator a pu être exfiltré et rapatrié en vol sanitaire à l’hôpital milsimaire de Toulouse. Le dernier membre de l'équipe Ayen n'est pas présent.

L’opération Table en Marbre est tout de même maintenue avec un seul groupe au lieu des deux prévus initialement. 

 

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Il s’agit d’une mission de reconnaissance et d’observation d’une zone où l’activité inhabituelle d’une entité terroriste (indicatif : Kadok) a pu être détectée. Elle se situe autour d’un pont (indicatif : Calédonie) traversant un cours d’eau (indicatif Styx) situé en plein cœur de l’Aveyronistan. Les instructions sont claires. Le groupe de reconnaissance (indicatif : Gauvin), composé de Frog et moi-même, devra rejoindre Calédonie et y établir un poste d’observation pour 7h00. En cas de contact avec la population civile : conserver une attitude normale. En cas d’égarement ou d’éclatement du groupe : rejoindre Carmélide, au Sud-Ouest de Calédonie. Les deux ponts situés en amont ont pour indicatifs respectifs Guenièvre et Tintagel. Trois vacations avec Arthur, l’autorité (composée de Koursk et Vince) sont prévues pour le lendemain à 6h00, 12h00 et 18h00. Frog me tend une carte, le dossier de photos satellite, ainsi que les prises de vue de Calédonie effectuées, quelques jours plus tôt, par un agent. Nous vérifions les coordonnées de Calédonie et de Désert, la zone d’insertion. Il est 23h30. J’enfile mes Mountain Boots. Après le test radio, j’embarque avec Frog à 0h00. Il est vêtu d’un pantalon 5.11 gris. Heureusement que je n’ai pas craqué pour une parka Aggressor en toundra. Nous aurions eu l’air malins avec notre uniforme « low profile » de contractors-gardes forestiers. Après quelques virages nous rapprochant de la vallée encaissée de Styx, Arthur nous largue sur Désert. Il fait nuit noire. La couverture nuageuse nous empêche de bénéficier de la lumière d’un maigre croissant de lune. Un coup d’œil rapide sur la carte et nous nous enfonçons dans une sombre forêt de conifères. 

 

Notre marche d’approche est très lente. Nous ne voyons pas nos pieds. Il est inutile d’espérer suivre un quelconque chemin. Je me guide à la faible lueur qui s’immisce entre les frondaisons, silhouettes noires se détachant sur un ciel anthracite. Je trébuche, puis nous nous enfonçons dans des ornières boueuses. Nous manquons un virage et trébuchons encore. Nous finissons par rejoindre une route, comme prévu, et décidons d’emprunter un sentier de randonnée non répertorié sur nos cartes. La forêt est ici composée d’arbres à feuilles caduques, moins denses. Nous progressons plus rapidement. J’ai chaud. Je m’en veux déjà d’avoir enfilé cette satanée combinaison quand, tout à coup, Frog me retient d’un brusque mouvement de bras.

Sans nous en rendre compte, nous nous sommes retrouvés à une vingtaine de mètres d’une habitation isolée. Retenant notre souffle, nous laissons passer quelques minutes, le temps de vérifier que personne ne nous a entendu. La ferme est abandonnée, mais nous prenons cet incident comme un avertissement : surtout, ne pas relâcher sa vigilance. Plus précautionneux désormais, nous longeons Styx à une centaine de mètres, par le Sud, sur un versant dégagé et atteignons rapidement un groupe de bâtisses que nous avions repérées lors de notre point topo à Camelot, le PC. Le chemin, encadré d’un côté par un ravin donnant sur Styx, et de l’autre par une haie d’épineux, passe en plein milieu des bâtiments, juste devant une porte ou une fenêtre éclairée. Derrière la haie, on entend le souffle et les bruits de mastication d’animaux en train de brouter. Nous avons le choix entre un grand détour par la lisière située plus au Sud, en remontant le thalweg, ou tracer tout droit. Les bovins semblent s’être accoutumés à notre présence et ne donnent aucun signe d’inquiétude ou d’agressivité. S’il y avait des chiens dans le hameau, ils auraient déjà aboyé. Nous sommes en avance. Je pose mon sac et nous pouvons prendre le temps de la réflexion.

Aucun mouvement n’est observé à travers la lucarne Ouest. Même en avance, l’installation du PO risque de nous prendre du temps, car nous ne serons que deux à observer, au lieu de quatre. Trouver le bon endroit risque d’être long. Frog s’avance donc en éclaireur afin de déterminer si la source lumineuse est une porte ou une fenêtre et si l’activité intérieure peut nous permettre un passage sans encombre. Je reste en arrière. Inutile de se faire prendre tous les deux, d’autant qu’en l’absence de renseignements complémentaires, il peut très bien s’agir d’un endroit où logent des terroristes. Frog me rejoint. C’est une fenêtre située à 2 mètres de hauteurs. Nous pouvons passer dessous. Je reprends mon sac et nous avançons le plus silencieusement possible. Nous passons sous la fenêtre. On n’entend aucun bruit à l’intérieur. L’entrée est à l’Est. C’est une double porte-fenêtre. Les autres bâtiments sont des dépendances. Plusieurs voitures sont stationnées devant. Personne en vue : nous filons sur la chemin d’accès désormais goudronné, l’œil et l’oreille aux aguets. À l’approche d’une route, nous observons une circulation intense, inhabituelle à cette heure avancée de la nuit et pour un endroit aussi peu peuplé. Certes, nous sommes en civil. Mais se balader à 2h du matin avec de gros sacs à dos, c’est un peu louche, surtout pour des terroristes qui auraient la mauvaise idée d’être de sortie. Nous nous terrons, le temps que l’activité automobile se calme.

J’en profite pour boire : impossible. La valve de ma poche d’hydratation qui semblait avoir trouvé sa place dans une poche latérale de mon Cherokee doit être coincée. Je tends le bras : elle s’est déboîtée et la poche fuit lentement… Nous reprenons notre progression et avançons rapidement sur la route maintenant désertée. Le plan bien en tête, nous n’avons aucune hésitation : nous prenons, après un bon quart d’heure, un sentier empierré qui descend sur notre gauche. Nous retrouvons des conifères, mais le ciel semble être plus dégagé et nous pouvons regarder où poser le pied. Le bruit de l’eau s’amplifie. Nous approchons de Styx. On peut déjà apercevoir Calédonie. Mais Frog se dirige auparavant vers une petite maison de vigne abandonnée. À l’intérieur se trouve son sac, probablement dissimulé sous une plaque de tôle ondulée par un de nos agents. Le cloisonnement étant la règle, je ne suis pas au courant de cette manip. Je ne pose aucune question.

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Nous reprenons notre approche et atteignons le pont, plus étroit que je ne le voyais sur les photos. Un rapide coup d’œil sur les alentours nous permet de nous rendre compte qu’un PO sur la rive gauche sera difficile à établir. Nous traversons le pont et poursuivons sur le chemin qui remonte le versant exposé au Sud. Il y a, manifestement, davantage de possibilité sur la rive droite, mais il fait trop sombre pour prendre une décision. On dirait bien que Calédonie ne se laissera pas observer facilement. Nous décidons de bivouaquer dans les sous-bois, à une centaine de mètres du pont, sans installation particulière et ce, malgré les quelques gouttes qui commencent à tomber. Nous faisons le pari qu’il ne pleuvra pas davantage et que les feuillages seront suffisants. Nous voulons dormir suffisamment pour être prêts, de bonne heure, à trouver le meilleur point de vue et y installer le PO.

En ôtant ma parka et mes chaussures, je reviens sur mes impressions de tout à l’heure : je ne ressens aucune humidité liée à la transpiration et, même s’il ne fait pas très froid, mes sous-vêtements vont compenser la maigre épaisseur de mon sac de couchage. Apparemment, je n’ai plus de fièvre. Il est 2h00 et je m’endors du sommeil du juste. Quelle heure est-il ? Je ne sais pas, mais une forte lumière nous réveille en sursaut.les projecteurs du château qui surplombe le site, au Sud de Calédonie, viennent de s’allumer. Nous nous redressons dans nos sacs de couchage, tous les sens en éveil (non, les gars, une fois pour toute : c’est pas la peine de vous exciter).

Il est 5h05. Il n’y a aucun bruit. Les projecteurs finissent par s’éteindre. Nous nous perdons en conjecture : Vince en a-t-il profité pour aller rendre une petite visite à la châtelaine ? Koursk, préparant un piège, s’est-il perdu dans les jardins du manoir, une meute de chiens aphones à ses trousses ? Aucune de nos hypothèses n’étant retenue, nous nous rendormons, vaguement inquiets pour Arthur. En fait, je ne dors plus, et Frog, probablement pas davantage. J’attends tranquillement 5h30 en me remémorant les quelques possibilités d’installation entrevues à notre arrivée. Nous avions raison. Il n’a pas plu. Il ne fait pas très froid, mais je ne regrette tout de même pas d’avoir enfilé ma deuxième peau, obsession d’un grippé oscillant entre phases de transpiration intense et sensations de froid intérieur.

À 5h30, nous nous habillons rapidement et bouclons nos sacs, direction Calédonie, pour effectuer un repérage express des lieux et installer le PO et la zone vie. Nous abandonnons définitivement toute idée de PO sur la rive gauche et encore mois de zone vie : nous ne pouvons pas nous installer sur ce versant beaucoup trop escarpé. Et quand bien même nous le pourrions, nous serions à la fois adossés à une falaise et sur ce qui semble être un passage depuis l’habitation traversée la nuit précédente vers le sentier qui donne sur la route. En cas de problème, nous ne pourrions pas nous extraire de la zone aisément. Et puis, de toute façon, la rive est trop clairsemée. Nous repassons le pont vers l’entrée Nord, sur la rive droite, et empruntons un chemin forestier herbu longeant, en surplomb, la rivière. Nous hésitons quelque peu entre trois postes : deux le long de Styx (l’un à une cinquantaine de mètres, l’autre à environ 150 mètres) et un dernier plus en retrait, au-dessus du chemin, au beau milieu d’un champs de ronces acérées. Les deux premiers présentent l’avantage de dévoiler la quasi totalité de Calédonie, mais sont très exposés à la vue arrière, depuis le chemin forestier, et ne permettent pas l’installation d’un PO complet. Le dernier permet une plus grande discrétion, mais n’offre aucune vue de l’entrée Nord. L’heure tourne. La vacation de 6h00 devra être effectuée d’ici une vingtaine de minutes. Frog part en quête d’une zone vie pendant que je m’installe rapidement à couvert, au-dessus de la rivière. La vacation approche… Kadok aussi peut-être ! Frog revient, allégé. Il m’indique l’endroit où son sac est dissimulé. Nous décidons également d’établir deux PO légers. Le premier sera en contrebas du chemin, au-dessus de Styx, à 150 mètres de Calédonie. C’est plus sûr qu’à 50 mètres, pour une visibilité quasiment identique. Le second sera établi après la première vacation. Je file vers la zone vie poser mon Cherokee et recouvre rapidement nos sacs d’un poncho kaki sur lequel je laisse quelques branches accompagnées de feuilles et d’herbes sèches. En plus de ma radio et de mes jumelles, je prends mon appareil photo et ma bâche en Gore-Tex camouflé, trop grande et trop lourde. De retour sur le PO n°1, je manque Frog de quelques mètres. Je reviens en arrière : installé sous son filet de camouflage, je ne l’avais pas vu ! Nous n’avons, apparemment, pas trop mal choisi notre endroit. Frog rend compte à Arthur. Une casquette bleue vissée sur la tête, mon appareil en bandoulière, je m’en vais faire quelques photos du pont et tenter un repérage discret pour le PO n°2. Un angle mort subsiste depuis le PO n°1 et gêne encore l’observation de l’entrée Nord du pont, en lisière de forêt. Je reviens chercher ma bâche et m’enfonce dans le champs de ronces en direction d’une zone située dans le prolongement exact de Calédonie, et le surplombant légèrement.

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Il est environ 9h15. L’heure avancée me fait craindre un contact imminent. J’essaie de faire le moins de bruit possible. J’ai repéré un amas de branches mortes à côtés de quelques fougères adossées à un arbre, le tout sur un petit replat du terrain, juste dans l’axe du pont. Je m’y assieds et me glisse partiellement sous les fougères. J’ai juste le temps d’attraper quelques branchages et de replier un ou deux arbustes devant moi que des voix se font entendre à quelques mètres en arrière ! Je me couche aussitôt sur le dos et me tasse le plus discrètement possible sous les fougères :

« Regarde ! dit une première voix. C’est quoi ces traces, là ? – C’est rien, réponds une seconde voix, c’est un chevreuil ».

Nom de Dieu ! Je vais me faire débusquer par d’autres traces que les miennes… C’est trop con. J’ai le cerveau qui tourne à plein régime. L’impression que ma respiration résonne dans toute la vallée me pousse à ne plus respirer que par intermittence. Je pense aussitôt que je n’ai pas eu le temps de contacter Frog pour lui indiquer ma position. Je coupe immédiatement ma radio. Après l’avoir délicatement sortie de ma poche, j’enfile doucement, sous ma capuche, une cagoule bariolée, histoire de parfaire, autant que possible, mon camouflage de fortune. J’essaie de lister calmement les possibilités qui me sont offertes et d’anticiper sur ce qui peut arriver à partir de maintenant. Les deux individus viennent de s’arrêter à l’entrée du pont. Ils ont l’air décontracté mais se tiennent manifestement sur leurs gardes. Leur petite conversation de tout à l’heure en témoigne. Ils regardent de tous côtés. L’un d’entre eux porte la barbe. Il sourit. Je suis à une vingtaine de mètres d’eux. Je pourrais leur tirer le portrait, mais je crains de me faire repérer au déclenchement. Je me tiens toujours sur le dos. Je relève à peine la tête pour pouvoir les observer. Le barbu regarde dans ma direction. Il sourit. Merde ! Il m’a repéré, c’est sûr. Je me suis trop avancé. Il est 9h30 et l’opération est pliée. Ceux que je considère, sans aucun doute, comme deux éléments de Kadok, reprennent leur marche vers le milieu du pont où ils s’arrêtent de nouveau. La pointe de leurs bâtons de marche semble indiquer des directions ou des vues. Je ne les entends plus que très partiellement. Ils ont rejoint l’entrée Sud. Je peux sortir mes jumelles. Dois-je quitter ma position ? La vue est imprenable ; je décide de rester. Ils tournent à droite, direction Ouest et s’enfoncent dans les sous-bois. Je perds le contact visuel, mais trois ou quatre détonations résonnent dans les gorges de Styx. Ce sont plutôt des coups portés sur de la tôle. Les deux terroristes sont maintenant au bord de la rivière. Je peux de nouveau les apercevoir à travers un étroit cadre de feuilles et de branchages. Ils rient sans aucune gêne et s’amusent à lancer des cailloux dans l’eau… Bon sang ! Ils n’ont vraiment que ça à faire. Pourraient pas plastiquer le pont, des fois ? Un petit effort quoi ! À croire qu’ils veulent que je me bousille les cervicales pour rien ! Après deux ou trois tentatives d’éradication des représentants de la famille des salmonidés au moyen de ricochets, techniquement irréprochables, les deux individus rebroussent chemin, empruntent de nouveau le pont, s’y arrêtent une seconde fois pour faire le point et passent sur la rive Nord, juste en face de moi. Je ne peux qu’entendre : « Je les verrais bien là… piles du pont » de la bouche de n°1, c’est-à-dire le barbu qui, il faut le dire au passage, ressemble à s’y méprendre à l’ami Koursk. Remontant le chemin par lequel il était arrivé, Kadok disparaît rapidement de mon champ de vision, ne laissant entendre que le crissement de plus en plus faible de ses chaussures de marche. Je n’entends plus rien, maintenant, si ce n’est cet oiseau qui s’est habitué à ma présence et qui s’affaire à la confection d’un nid, à moins d’un mètre de mon bras. J’ai posé ma nuque endolorie sur le sol et décide de ne pas bouger, le temps de vérifier que les terroristes ne reviennent pas sur leurs pas. Ce n’est donc qu’au bout d’une demi-heure que je me relève pour rejoindre mon binôme au PO n°1. Nous croisons les informations recueillies, puis je couche sur mon carnet mes propres observations. Je n’avais pu, ni voulu le faire pendant ma planque, très exposée. Je prends la place de Frog sous le filet de camouflage du PO principal pendant qu’il vérifie, sur le parcours emprunté par Kadok, s’il n’y a pas d’autres éléments d’information à glaner. Après cette petite inspection, Frog s’en va rejoindre la zone vie y prendre son petit-déjeuner. Il revient à peine dix minutes plus tard. Je lui cède la place, à mon tour. Arrivé en zone vie, j’engloutis deux barres de céréales et une pomme. Cette dernière, accompagnées de quelques autres, est lourde et malcommode à transporter, mais elle est avant tout destinée au service auxiliaire de mon estomac. Bien acide, je dois dire qu’elle remplit son rôle parfaitement. Je bois quelques gorgées d’eau et vérifie rapidement l’étanchéité de mon sac. Tout va bien. Je replace ma poche d’hydratation qui continuait à fuir. Mais elle est loin d’être encore vide. Ce petit problème résolu, je rejoins Frog, allongé derrière un écran camouflé fort efficace et lové dans une bâche DPM.

Il est 11h15. Je décide d’utiliser les prochaines 45 minutes avant la vacation au repérage d’un troisième PO volant. Je finis par trouver, à une centaine de mètres au-dessus du PO n°1, un replat avec un peu de mousse, offrant à la fois une vue dégagée sur le pont et couvrant mes arrières d’un amas de ronces et de fougères. Après m’être donné quelques indications pour retrouver l’endroit rapidement, je redescends lentement vers Frog, cinq minutes avant la vacation de 12h. Notre compte-rendu effectué auprès d’Arthur, nous faisons un point rapide.

 

Quelque minutes plus tard, Frog, l’œil rivé à la monoculaire, me fait signe : un promeneur s’approche par le Sud de Calédonie. Il porte un sac à dos d’une vingtaine de litres et est équipé d’un appareil photo de type réflex. Il semble prendre un grand nombre de clichés de la zone. Peu de temps après, alors qu’il rejoint le milieu du pont, un second individu le rejoint. Poignée de main sans hésitation, sourire et conversation sur le mode amical semblent indiquer que ces deux hommes se connaissent. À mesure qu’ils rejoignent l’entrée Nord, nous perdons le visuel, mais percevons toujours le bruit de leur conversation. Ils ne cherchent manifestement pas à se dissimuler. Je décide de remonter doucement sur le PO n°3. Je me déplace lentement, presque cassé en deux, à un rythme irrégulier. Je retrouve l’endroit assez aisément et m’assieds à mon poste, sous ma bâche. Je sors mes jumelles et ne les quitte pas des yeux. Les deux inconnus se sont avancés vers le milieu de Calédonie et ont ouvert leur sac. Ils en sortent des sandwiches, rapidement engloutis. C’est alors que le photographe sort une boîte contenant un parallélépipède en aluminium qu’il pose délicatement sur le parapet. L’autre semble l’observer attentivement. Le premier me tourne le dos, désormais et je ne vois plus ce qu’il fait. Il finit par refermer son sac et entraine le second vers la rive sud, laissant son sac sur le pont. Dix minutes plus tard, ils repassent le pont, et arrivent à hauteur du sac. Le photographe poursuit vers l’entrée nord quand l’autre homme s’arrête. Brusquement, s’emparant du sac à dos, il détale vers la rive sud. Le photographe hurle et court dans la même direction. Je ne les vois plus. Deux coups de feu résonnent dans la vallée de Styx puis, plus rien. Je laisse passer quelques minutes puis établis un contact radio avec Frog : je dois le rejoindre au PO n°1 où nous échangerons nos observations. Mieux placés que moi, cette fois, il n’a rien loupé de la scène. Il s’avère qu’une altercation a eu lieu entre ces deux éléments de Kadok (les coups de feu les identifient comme tels) à propos d’un paquet que le second individu a tenté de subtiliser au photographe, d’où les cris : « Eh ! connard ! mes nougats ! » et les coups de feu. Je prends la place de Frog, hilare, pendant qu’il va ratisser l’entrée nord et la rive sud à la recherche de traces éventuelles. Il reviendra avec deux douilles de 9 mm. Nous vérifions nos notes.

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Frog restera sur le PO n°1. Je fais un passage éclair en zone vie afin d’emporter une gourde, puis m’en retourne au Poste n°3 en ayant pris soin de vérifier la batterie de ma radio, ma bâche sous le bras et deux barres de céréales dans la poche porte-chargeur de mon pantalon. De nouveau installé, je coupe délicatement quelques branches de ronces gênantes, aplani légèrement le sol, vérifie le masque de végétation arrière et m’enroule dans la bâche, mes jumelles à la main et la radio entre les jambes. Je me fais la réflexion qu’une oreillette discrète aurait été la bienvenue. En revanche, je ne regrette plus du tout que ma bâche soit si grande et si lourde. À mesure que les heures d’attente immobile passent et que ma fièvre augmente, cette bâche en Goretex est idéale, d’autant qu’il se met à pleuvoir doucement. Un peu plus recroquevillé sur moi-même, je commence à somnoler. Il me faut à tout prix casser cette spirale de l’inaction : je reprends mes notes, les complète, redessine un schéma de la zone. La migraine s’installe. J’essaie de respirer profondément. La vallée de Styx s’éclaire sous un rayon de soleil timide qui fait monter quelques volutes d’une brume légère. Un couple de hérons glissent lentement au dessus des eaux… une scène digne d’une estampe japonaise… pris par la contemplation du paysage, je sens mes paupières s’alourdir. Je consulte ma montre : il est 15h. Je décide d’établir un contact radio avec Frog, histoire de faire quelque chose : « RAS » des deux côtés. Je pense qu’il ne se passera rien jusqu’à 17h. Et en effet, à part la traversée de Calédonie par deux chasseurs, il n’y a toujours rien à signaler. J’attends 16h pour pouvoir ouvrir ma première barre de céréales : je décide en effet de ponctuer ces deux heures de deux prises de nourriture. L’attente m’occupera l’esprit et la perspective de manger me tiendra éveillé. Comme prévu, à 17h pétante, un individu en treillis camouflé, le visage couvert d’un shemagh, déboule à toute vitesse sur le pont qu’il traverse jusqu’à l’entrée nord. Il repart en sens inverse et, ai-je bien vu ? saute du pont. Il disparaît derrière la pile nord et apparaît de nouveau sur la rive opposée, pour repartir aussi vite qu’il est venu. Je reçois aussitôt un contact radio de Frog. Je le rejoins après avoir laissé passer une dizaine de minutes. Cette activité soudaine m’a fait oublier ma migraine. Nous décidons de laisser passer encore un quart d’heure avant d’aller jeter un œil. Frog affirme avoir vu l’inconnu déposer un paquet dans une pile du pont. Et en effet, jouant notre légende de randonneurs, mon appareil photo à l’épaule, nous descendons tranquillement sur la rive sud. Nous ne tardons pas à repérer un sac étanche coincé dans une anfractuosité de la maçonnerie. À l’intérieur, se trouve un téléphone portable et un papier de format A4. La zone et le sac sont photographié immédiatement. Le texte est écrit dans une langue du Moyen-Orient, mais par chance Frog connaît cette langue de manière courante. Sous une photo est écrit une menace explicite d'attaque à l'IED, les coordonnées où l’engin sera disposé, ainsi que le numéro de téléphone qui déclenchera la mise à feu. La personne visée passera en voiture entre 0600 et 0700 sur un pont le dimanche matin. Tous les éléments de la BLM sont pris en photo à leur tour, afin de faire passer un maximum d'information à Arthur. Nous remettons tout en place de manière identique, en nous aidant des photos et repartons par le chemin avant de regagner le PO n°1 par un détour, tandis que quelques coup de feu claquent à plusieurs centaines de mètres, au Nord de notre position.

 

16h30 : nous apercevons un individu d’une cinquantaine d’années longer lentement la rive sud et rejoindre Calédonie. Il a l’air tendu et semble chercher quelque chose. En tout cas, il inspecte les berges attentivement. Me trouvant, à ce moment-là, derrière l’écran végétal de camouflage, je peux le photographier, ce dont je ne me prive pas, pendant que Frog prend note. Il quitte la zone au bout d’une vingtaine de minutes. Un quart d’heure plus tard, la zone s’agite. Des mouvements multiples de véhicules, d’hommes et de chiens se font entendre au-dessus de notre position, en direction du Nord. Deux véhicules ne tardent pas à stationner à l’entrée de Calédonie. Des hommes se dispersent. Des éclats de voix se font entendre. Nous tentons d’analyser rapidement la situation qui semble devenir critique. Ces hommes cherchent quelque chose ou quelqu’un. Nous pouvons toujours nous montrer et jouer notre rôle de randonneurs. Mais rien ne nous assure qu’ils n’ont pas décelé, ou soupçonnent notre présence. Kadok aurait-il obtenu, par un biais ou un autre, des informations sur notre mission ? Frog, au-dessus de moi, à environ deux mètres, s’est redressé et m’informe, par gestes, que deux hommes viennent de longer notre position vers la zone vie et sont repartis. Je n’ai pas le temps de répondre. Un nouvel individu avance sur le chemin forestier. Il passe à moins de deux mètres de Frog qui, heureusement, avait rabattu sa capuche. Brun, aux yeux marrons, il porte un jean et un blouson rouge et bleu. J’ouvre grand les yeux pour prévenir Frog qui lui tourne le dos et je m’enfouis sous la bâche DPM du PO. Je laisse passer quelque instants, sans bouger, puis relève doucement mon camouflage de quelque centimètres : Frog n’a pas bougé d’un pouce et notre homme, bien que clairement en train de scruter les taillis, n’a pas décelé notre présence. Que faire à présent ? Il sera bientôt 18h30, horaire fixé pour la troisième vacation et la zone est quadrillée par un groupe d’hommes véhiculés, à la recherche de quelqu’un, peut-être nous… Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a que nous sur zone. Frog descend lentement vers moi. Il est d’avis de rejoindre la zone vie. Je préfèrerais ne pas bouger puisque notre poste semble sûr. Les types continuent à s’agiter tout autour de nous. Je me rallie à l’avis de Frog : si les chiens sont de la partie, nous sommes pris au piège. Nous rassemblons rapidement nos affaires et nous glissons, entre deux « patrouilles », vers la zone vie. Nous chargeons nos sacs. Frog m’aide : je suis trempé de sueur et ma migraine revient à la charge. J’ai envie de vomir. Ce n’est pourtant pas le moment. J’attrape une aspirine et l’envoi au fond de ma gorge pendant que nous redescendons vers le chemin forestier. Pendant ce temps, le groupe perçu comme hostile s’est évanoui et nous rejoignons Calédonie tranquillement. Quelques minutes plus tard, deux individus équipés de vêtements tactiques occidentaux descendent sur nous, depuis le Nord. Nous sommes sur nos gardes, mais pas longtemps. L’un deux tend son bras vers la droite, à l’horizontale. C’est le signal en cas de contact ami. Frog fait de même. Arthur est venu à notre rencontre.

 

Nous donnons un rapide compte-rendu de la situation depuis la dernière vacation et faisons part, notamment, de notre découverte du téléphone portable. Arthur nous apprend notamment que des dissensions se font jour au sein de l’organisation terroriste. Surtout, nos services de renseignements ont eu vent d’un assassinat planifié pour le lendemain. Le document trouvé sous le pont vient donc confirmer qu’une attaque à l’explosif sera effectuée contre le véhicule de la victime. Les coordonnées d’une cache d’armes aménagée par une de nos équipes nous sont données ainsi que les nouvelles instructions : y récupérer notre armement, rejoindre la zone prévue pour l’attentat, trouver et neutraliser l’engin explosif, sécuriser le passage du véhicule, abattre le ou les membres de Kadok dont la présence est probable. Je suis blanc comme un linge : Arthur me demande s’il faut procéder à une EVASAN. Il n’est pas question de compromettre l’opération. Je m’écarte donc vers le parapet de Calédonie et m’enfonce deux doigts dans la bouche : le haut-le-cœur ne renvoie rien mais je me sens mieux. Nous pouvons à présent laisser notre autorité en observation sur Calédonie où quelqu’un viendra, à coup sûr, récupérer la BLM. Notre progression vers la cache d’armes me permet de respirer. La nuit est tombée depuis un moment et nous avançons bien. Nous trouvons rapidement l’épave rouillée d’un véhicule sous laquelle un vieux sac de toile nous attend. Les deux PA et leurs deux chargeurs rejoignent nos poches intérieures de parka et nous reprenons notre chemin vers Tintagel, la zone où l’IED doit être disposé. Une nouvelle poussée de fièvre me fait serrer les dents et allonger le pas. Nous progressons vite, trop vite même. Je m’en rends compte au bruit infernal que nous sommes en train de faire. La tenue Delta me fait oublier toute prudence. Je ralentis pour retrouver une progression plus tactique. C’est ainsi que nous arrivons sur zone. Nous nous arrêtons en lisière de forêt et observons avant de nous engager. Tintagel est situé de l’autre côté de Styx. Pour l’atteindre, il nous faut traverser un pont dont l’accès est commandé visuellement par une maison manifestement habitée. Deux véhicules sont garés devant et de la lumière inonde l’intérieur de l’habitation à cette heure peu avancée de la nuit. Nous décidons de traverser le pont tranquillement puis de nous arrêter derrière d’immenses stères de grumes disposées le long de la route et masquant nos recherches à la vue de la résidence. Après avoir enfoui nos sacs dans les fourrés, nous nous mettons à la recherche du ou des explosifs. J’inspecte méticuleusement entre les grumes, persuadé d’y trouver l’IED qui peut être disposé à hauteur de conducteur, tout en s’appuyant à un élément solide permettant d’orienter le souffle de l’explosion vers la route… en vain. Pendant ce temps, Frog inspecte longuement et précautionneusement les bas côtés. Le tout est de dégager l’IED sans toutefois le faire exploser. Au bout de deux heures de recherche environ, Frog finit par le trouver, grâce à une erreur commise par Kadok. En effet, celui-ci n’a pas pris la peine de replacer correctement les feuilles de fougères destinées à dissimuler l’engin explosif. La face blanchâtre du dessous des feuilles faisant un contraste saisissant avec le reste, même en pleine nuit. Un sac en toile verte se trouve dessous. Après un dégagement méticuleux nous retirons une charge de deux pains d'une demi livre de TNT. Un téléphone portable est relié au détonateur et à la charge primaire glissée entre les deux blocs. D'un tour de Leatherman, Frog retire le câble entre le téléphone et le détonateur. Tout est remis en place, y compris les fougères mal disposées. La détonation n'aura donc pas lieu et nous espérons cueillir notre poseur lorsqu'il se rendra sur place pour voir ce qui cloche après la mise à feu infructueuse. Mais nous ignorons quand il viendra ni même s’il viendra seulement s’en assurer. Peut-être restera-t-il a distance, bien à l'abri ? Peut être restera-t-il à bord d'un véhicule, hors de notre portée ? Nous choisissons nos postes d’observation pour le lendemain matin, 5h30, de chaque côté de la route. Frog se placera sur des rondins ayant glissé dans le bas-côté, à proximité de l’IED, quand je me posterai légèrement en hauteur dans les sous-bois, couvrant la route et une zone possible de stationnement. Il est 22h00 et nous installons notre zone vie dans une forêt au Nord de Tintagel, en position élevée. Il commence à pleuvoir. Une fois installés dans nos sacs de couchages, la pluie s’intensifie. Avant de nous coucher, nous grignotons un peu, histoire de nous remplir le ventre. Notre équipe réduite à deux personnes ne nous a guère permis de mettre en place un roulement et nous n’avons quasiment rien avalé depuis la matinée. Ce « repas » vite expédié, nous tentons de nous endormir sous une pluie désormais battante. Je suis bien calé sur un replat du terrain, mais Frog est moins chanceux. Nos équipements synthétiques n’autorisant aucune installation sur une pente, même faible, Frog se retrouve bien vite un mètre plus bas, tassé contre mon sac à dos. Le tissus de son sur-sac glisse sur le tapis de sol. Il tente de se caler un peu plus haut, mais là, le sommeil devient un véritable sport de glisse. Nous rions jaune… Les paquets d’eau qui tombent sur notre bâche risquent de nous faire passer une sale nuit. Un vent d’Ouest s’est levé et la pluie vient mordre assez loin sous notre installation pour que je ressente le besoin de resserrer la capuche de mon Bivvi Bag. Je vais passer tout le reste de la nuit avec le visage généreusement balayé par les éléments et pourtant, je dors comme un bienheureux. Frog, de son côté, est allé voir ailleurs si j’y étais et a fini, lui aussi, par trouver le sommeil. Il est maintenant 5h00 et il nous faut nous préparer. Il pleut toujours mais assez faiblement. Je passe une cagoule noire, arme mon PA que je place dans la poche arrière de mon pantalon et conserve ma lampe à la main, en prenant soin qu’elle ne s’allume pas de manière intempestive. Nous sommes largement en avance. Nous prenons donc le temps de récapituler les divers éléments et de répertorier les différents scénarios possibles. Car, bien entendu, il n’est pas question de contact radio pendant la manip. Nous nous mettons tranquillement en place. Je m’agenouille entre des buissons et choisis de relever ma capuche afin de casser ma silhouette, difficilement décelable de toute façon. J’ai un bon visuel sur la route. Ma position à genoux devrait me permettre de réagir vite. L’attente est longue. Je sais qu’il va y avoir de l’action et qu’elle ira très vite. Il est 6h00. Un véhicule apparaît à l’entrée de la longue ligne droite où l’engin mortel devait faire son œuvre. Il s’arrête et fait une courte marche arrière pour stationner dans le virage, parfaitement dans l’axe de la voie, à environ cent cinquante mètres de notre position. Les feux restent allumés quelques instants puis plusieurs appels de phares sont émis, après quoi ils s’éteignent. C’est probablement une estafette blanche. À cette distance on distingue mal l’intérieur de la cabine. Rien ne bouge. Nous n’avions pas prévu ce cas de figure. Je sors mon PA, ma lampe dans l’autre main. A 6h30, le véhicule, dont le signalement nous a été donné, passe devant nous à vive allure, longe le tas de grumes et tourne pour s’engager sur le pont, sans encombre. À mon grand soulagement, il n’y avait pas d’autre IED. Il fait encore nuit noire. L’objectif principal de la mission est rempli. Nous attendons désormais que Kadok se manifeste. Au bout de quelques instants, une portière s’ouvre. Quelqu’un a du descendre du véhicule, mais on ne voit rien. Une personne seule avance sur la voie. Je décide de m’avancer dans le sous-bois, dans sa direction. Je viens en effet de réaliser que Frog et moi risquons de nous tirer dessus. Deuxièmement, si nous manquons notre cible et que Kadok tente de s’échapper, je veux pouvoir lui couper la route. J’avance donc, moitié à plat ventre, moitié à quatre pattes, très lentement, mais le sol est jonché de brindilles encore cassantes malgré la pluie diluvienne de la nuit. Je fais trop de bruit. Ma capuche démultiplie l’effet sonore. Je la fais glisser en arrière. Je stoppe. L’homme, que je distingue à peine, vient juste de dépasser ma position. Une lumière blanche, deux coups de feu rapprochés et un homme s’effondre. J’allume ma torche et bondis sur la route. Un individu en veste camouflée, coiffé d’un pakol s’est affalé en travers de la route. Braquant mon arme dans sa direction, je m’approche. Frog me fait signe qu’il a son compte. Pendant qu’il procède à une fouille en règle, je cours sécuriser le véhicule, en prenant soin de progresser par zigzags. Il n’y a personne à l’intérieur. Je m’empare des clefs et ferme l’estafette. De retour aux côtés de Frog, nous dégageons rapidement le corps sur le bas-côté. Le terroriste a été touché à l’aisselle et à la poitrine. Frog restera avec lui pendant que j’irai chercher nos sacs. De retour sur la zone d’extraction, le transport envoyé par notre autorité est là. Le corps de Kadok a déjà été chargé. À peine avons-nous sauté à l’intérieur avec nos sacs que nous sommes déjà sur le chemin du retour.

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 21:58

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Le jour J est enfin arrivé, ça faisait un an que l’on attendait ça

Depuis Septembre 2009, nous avons orienté notre entrainement pour que 0510 en soit l’apothéose.

Les trois derniers mois, nous n’avions plus que cela en tête.

Une semaine avant le jour J, je reçois un message m’avertissant de me tenir en alerte.

Je rassemble les SAS12 au café pour un briefing, nous n’avons aucune information sur le lieu ni la nature de notre mission.

Il va donc falloir prendre un maximum d’équipement pour prévenir toutes éventualités.

Nous répartissons dans les sacs de chacun le matériel pour faire une cache, des affaires «civile», du bivouac sec et l’armement lourd. Bref de quoi répondre à toutes éventualités.

Au niveau météo, l’hiver traine : il pleut depuis plusieurs jours, il fait très froid et la lune sera noire. On sera donc les rois de la forêt.

 

Je prépare soigneusement mes affaires en essayant de m’alléger le plus possible.

- M4 et six chargeurs, P226 et trois chargeurs.

- Quatre litres d’eau réparti dans les gourdes et le sac d'hydratation, le filtre de purification BWT, deux rations TTA enrichies.

- Ma trousse médicale.

- Mon kit bivouac, le kit camouflage et observation.

Je rajoute deux choses qu’en ce mois de Mai j’aurai pensé laisser à la maison :

- Le sous-vêtement grand froid Termoswed et mon parka goretex.

Le bergen et le sac d’allégement sont chargés dans la voiture, j’espère n’avoir rien oublié.

 

Une grosse journée de travail, un peu de route et je retrouve à 22H00 mon gang sur le parking d’une grande surface, on charge nos "tactical Kangoo". Je suis déjà mort de fatigue après une semaine de travail et c’est plusieurs heures de route qui nous attendent...

Pour ne pas s’endormir, on part sur les délires habituels, quelques pauses sur les aires routières où on se motive à bloc malgré la fatigue bien visible de chacun.

 

03H20 : On arrive enfin sur notre QG : Une maison isolée au fond des bois à flanc de montagne.

Aucune activité, il fait froid et la nuit est calme.

Soleil et un de ses gars nous attendent. 

On vide nos "tactical Kangoo", on s’équipe tranquillement au sec et comble du privilège : on nous sert une mousse ! 

C’est bien la première fois que nous pouvons nous équiper au sec à notre rythme, autant d’attentions avant une OP, c’est mauvais signe, on va surement en baver plus tard...

 

04H00 : Briefing général.

Notre autorité Soleil distribue la carte du secteur et nous explique la situation :

Un avion d’un service de renseignement s’est écrasé en territoire ennemi controlé par des partisans.

Une équipe URH a été déployée sur zone la veille avec pour mission :

- Établir un camp de base sur zone
- Observer les contacts entre partisans

 

Vacation radio 08H00 et 20H00.

Depuis le dernier contact radio avec le groupe, notre service de renseignement a capté des communications ennemie et à pu localiser une de leur BLM.

Nous allons être largué en territoire ennemi avec pour missions :

- Etablir la liaison avec l'équipe URH

- Leur transmettre de nouvelles cartes encodées et les infos sur la BLM avant 08H00

- Etre à disposition de leur chef d'équipe

 

 Il nous faut établir la liaison le plus rapidement possible afin de mettre en place un PO sur la BLM ennemie.

Le jour va bientôt se lever, il ne va pas falloir trainer…

Nous faisons un rapide briefing d’équipe tout en se peinturlurant la gueule façon guerrier, on vérifie aussi une dernière fois nos gilets et les radios.

 

Direction la Jeep avec la photo traditionnelle avant d'embarquer :

0510-02 

On roule péniblement par les chemins dans une nuit noire et fraiche. Fini les largages en « blind », on est assuré par l’autorité du lieu de dépose mais de vieux réflexes me font compter les croisements et les virages afin de visualiser notre trajet sur la carte mémorisée.

- « 60 secondes ! » nous dit le chauffeur en ralentissant et en éteignant ses feux.

Le véhicule s’arrête brutalement, chacun sait ce qu’il a faire, les uns couvrent les angles pendant que les autres déchargent les sacs. En quelques secondes chacun est en position, le véhicule repart péniblement.

Un genou à terre, le cul dans les ronces, on attend plusieurs minutes afin d’acquérir notre vision de nuit et de s’imprégner du milieu. Le ciel est noir, la faible lueur de quelques étoiles parvient à percer les nuages. Il fait froid, le sol est détrempé mais nous avons de la chance, la pluie s’est arrêtée. Tout est calme et silencieux, on n’entend que de rares gouttes qui chutent des arbres au sol. Nous sommes en moyenne montagne de résineux, l’air humide sent le bois mort.

Je vérifie notre position. Nous devons rejoindre le secteur de l’équipe URH situé plein Ouest sur une hauteur à huit kilomètres à vol d’oiseau de notre position. Une ancienne voie de chemin de fer serpente les collines et passe à proximité. Sur la carte je vois deux points de passage obligé, une sorte de canyon et un pont. Vu l’heure je décide de prendre cette « autoroute » afin d’arriver avant le jour et de contourner simplement les points de passage.

 

04H45 La patrouille se met en marche en colonne :

Pour cette OP j’ai une « Dream team » : deux « moustachus » Frog et Koursk et Nono, un chat maigre. Je suis chef d’équipe et je m’occupe de la topo. Devant moi Nono, le nouveau, ouvre la marche, derrière moi Frog couvre les flancs et Koursk ferme la marche comme il sait si bien le faire.

On avale les premiers kilomètres sans encombre. Devant moi Nono stoppe : « canyon apache ». On ne pourrait rêver mieux pour tendre une embuscade. Il s’agit d’un défilé de 800 mètres avec des falaises abruptes des deux cotés. J’ai toujours mon œil rivé sur la montre et je me dis « Qui ose gagne ». Je décide de ne pas le contourner et de faire un bond en avant, la crosse sur l’épaule. Ca passe sans encombre et on garde l’allure, le numéro un et le numéro trois change de poste afin d’avoir toujours un éclaireur bien affuté.

Deuxième points de passage obligé, je veux tenter une nouvellement fois le diable, je décide de ne pas le contourner. On passe quelques minutes à observer le site, tout semble calme. Nouveau bond en avant en prêtant attention à d’éventuels pièges. RAS encore une fois.

 

06H50 Le jour pointe. Après le pont, j’ai cherché un axe pour rejoindre la zone de regroupement qui se trouve à plusieurs mètres de dénivelés au-dessus de notre autoroute. Avec notre rythme de marche forcée, nous ne sommes plus maintenant qu’à un kilomètre plein Sud de notre zone de regroupement. Seulement un méchant dénivelé nous attend, c’est pratiquement une voie baby d’escalade. On commence à grimper en zigzaguant puis on finit pratiquement à quatre pattes. Les sacs sont lourds et ça tape fort sur les cuisses. Lorsque nous arrivons sur le pallier, nous sommes à sec mais nous établissons la liaison radio avec le groupe URH.

 

07H30 : On vient nous récupérer pour nous diriger vers la zone de vie établie la veille. Cette planque se situe sur le flanc Nord d’une montagne dans un amas de roches et de broussailles. L’endroit est détrempé, couvert de bois mort et il faut être un bouquetin masochiste pour y accéder.

Une cache avec deux pax dedans : le chef de groupe et son radio. Les autres sont dispersés en deux équipes sur deux PO. On nous indique un trou aménageable à quelques mètres pour faire un abri sec. Je fais mon rapport de situation pendant que les gars s’affairent à creuser, à tendre une basha et du filet cam.

Je confirme qu’un avion de reconnaissance s’est écrasé sur la zone, nous avons intercepté des communications radio ordonnant à un villageois de rejoindre une BLM dans la montagne. Il s’agit d’une cabane au bord d’un chemin. Le chef de groupe envoie sans tarder sa deuxième équipe sur la BLM supposée de l’ennemi avec pour mission de monter un PO. Nous n’avons pas trainé en route mais nous apportons l’info avec le jour et l’équipe d’observation va devoir prendre des risques.

 

08H00 : Je quitte mon chef de groupe qui fait sa première vacation radio de la journée. Nous sommes à disposition, nous allons assurer la relève du PO de l’équipe d’observation. Mon rapport n’a duré que quelques minutes et je retrouve mes camarades en train de manger avec le sourire des gars qui sont fiers de leur abri camouflé réalisé très rapidement comme quoi l’entrainement y a que ça de vrai. Deux gars en PO, deux gars au repos, changement toutes les deux heures.

La matinée s’écoule lentement, il fait très froid, un vent humide fouette notre poste mais il ne pleut pas c’est déjà ça. L’abri semi enterré est protégé du froid par une bâche étalée au sol, de l’humidité par une bâche tendue et du vent par la terre et nos sacs remplis. Je rêve de la chaleur de mon duvet mais pas question de s’installer, il faut être capable de dégager dans la minute. Couché en boule dans ma tenue, je fais des mini-sommeils en grommelant contre mon chef d’équipe qui a planté une zone vie sur un flanc plein nord balayé par ce vent glacial.

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13H00 : Le secteur est calme, RAS de la matinée, le ciel est menaçant mais il ne pleut toujours pas. L’équipe d’observation est de retour et je suis appelé au briefing :

Les gars ont vu un civil non armé rentrer dans la cabane indiquée par nos services puis en ressortir. Un de nos hommes tente sa chance en entrant à son tour, il a trouvé un billet et a noté son contenu. Quelques heures plus tard, un deuxième individu entre lui aussi discrètement dans cette cabane pas si isolée que cela en définitive. Il revient un peu plus tard et l’équipe recommence la manip. Nous avons donc une copie d’un long message et sa réponse cependant le tout est codé et indéchiffrable. L’unique moyen de transmettre ce message à nos services d’analyse est une de nos BLM.

Le chef d’équipe prend la décision de parti en plein jour, déguisé en civil avec son garde du corps pour déposer lui-même le message à notre BLM la plus proche.

 

13H50 : Je le regarde partir de mon PO, je suis un peu dubitatif sur sa décision de s’exposer ainsi. Les rotations se font toute l’après-midi, sans rien à observer ni à signaler. Je lutte contre le froid mordant et le sommeil tant le secteur est désespérément calme.

16H00 : C’est mon tour de repos, je suis allongé sur la bâche de notre abri mais je n’arrive pas à dormir à cause du froid. Notre chef de groupe aurait dut revenir depuis plus d’une heure et nous n’avons aucune liaison radio avec lui. S’il n’est pas rentré avant 20H00, il faudra considérer qu’il est perdu et que notre planque est polluée. Il faudra donc profiter de la nuit pour trouver une nouvelle cache.

Quitte à ne pas dormir autant en profiter pour aller nous dégourdir les jambes pour nous réchauffer. Mon idée est d’aller à la rencontre du chef de groupe vers un sommet qui sépare notre planque de la BLM où il me sera peut-être possible d’établir une liaison radio. Frog, à mes cotés, ne dort pas lui non plus, il grelotte comme moi et doit pester lui aussi sous sa cagoule.

 

- « Allez camarade, on va aller se dégourdir les jambes. »

- « C’est une putain de bonne idée, on se les gèle ici. » 

  

Afin de ne pas se charger inutilement, on a deux tenues de randonnée pour l’équipe SAS12. Radio dans une poche et P226 dans l’autre, Frog et moi quittons très discrètement notre cache après avoir eu l’accord du reste du groupe.

On profite de la ballade pour refaire le plein d’eau et reconnaitre le site de jour.

Arrivé au sommet et après de longues minutes d’attente, j’arrive enfin à établir la liaison radio avec le chef d’équipe. Notre BLM était piégée par un piège à con, son binôme est touché, ils se trainent pour revenir au campement. Il est décidé que Frog et moi allons nous poster dans son sillage afin de vérifier qu’ils ne sont pas suivis.

 

17H00 Le chef de groupe arrive au campement où l’on donne les premiers soins à son binôme, il est touché au bras et au thorax et son état sable ne nécessite pas d’évacuation d’urgence. On ne va pas rompre le silence radio et attendre simplement la vacation de 20H00 pour demander une evasan.

 

17H30 Frog et moi après nous être assuré que l’équipe n’était pas suivie rejoignons le campement.

On nous donne pour mission de rejoindre notre deuxième BLM afin de laisser les messages à décoder. Si la première était piégée, la seconde le sera sûrement voir même un comité d’accueil peut nous y attendre.

La BLM se situe sur la face Nord du point culminant à proximité d’un chemin et d’une source.

Je décide de contourner tout le sommet en passant par le flanc Nord, de nettoyer les hauteurs et de descendre vers la source afin de tomber dans le dos d’éventuels ennemis. L’expédition sera physique et il nous faudra du jour pour grimper. On prend nos tenues cam, nos M4 mais on s’allège au maximum sauf en munition car une journée d’attente et surtout notre blessé ont titillé notre agressivité. On est déterminé à détruire toute embuscade.

La colonne se met rapidement en marche. Sans les sacs, on a l’impression de gambader follement. On essaye d’allier une bonne allure et un maximum de discrétion. On va dans une embuscade mais on est content d’être entre nous et actif. J’ai le nez sur la carte afin de manœuvrer précisément et de ne surtout pas perdre de temps, les autres « chouffent » bien.

L’ascension se fait sans encombre, arrivé au sommet on n’a hélas pas le temps de profiter de la vue. On descend vers la source en ligne en formant des zigzags sur tous les points sensibles. La nuit tombe, la luminosité baisse, la tension grimpe plus on se rapproche de la BLM.

 

L’arbre qui nous sert de BLM est devant nous, nous avons sécurisé le secteur et aucunes traces de passage.

Frog, notre expert pétard, inspecte prudemment l’arbre, il en ressort deux tubes à pellicule photo et dépose à la place nos deux messages. On signale la réussite de la mission par radio afin de lancer une levée lors de la prochaine vacation radio.

Ca n’a pas tapé à l’aller, ça n’a pas tapé à la BLM, ça va taper au retour…

On décroche prudemment aidé par la nuit. Après la tension de la phase d’approche, je sens que tout le monde force légèrement le rythme et je calme le train.

 

22H00 : Retour au bivouac, RAS, tout s’est bien passé, nous avons été très prudents au retour en prêtant une attention particulière à ne pas être suivi. Je suis très satisfait de la navigation, de la manœuvre et de la tenue de l’équipe. Tout le monde est resté attentif et agressif malgré la fatigue qui s’accumule.

Rapport de situation avec les chefs d’équipe :

Notre blessé ne sera pas évacué, son état est stable et il est transportable en cas de pépins.

La levée de la BLM 2 a été demandé à la vacation, pas d’informations complémentaires ni d’ordres.

On décrypte les infos laissé par l’autorité sur la BLM 2 : Il s’agit de la fiche d’identité encodée de notre pilote.

On sait tout ce qu’il y a à savoir pour l’identifier de façon sûre. (Par exemple : mentions de son premier diplôme, numéro de sa licence civile, nom de jeune fille de sa grand-mère paternelle, où est enterré son grand-père maternel…)

Nos PO n’ont rien donné, il n’y a pas d’activité sur zone, simplement les passages sur la BLM ennemi dont nous attendons le décryptage des messages.

Nous continuons à assurer nos tours de garde. La dernière promenade m’a bien épuisé tant physiquement que mentalement. La fatigue de la semaine et de ce premier jour de terrain commence à se faire sentir. Je somnole entre deux sursauts nerveux.

Soudain :

- Ils arrivent. Ahhhhh, ils arrivent !

Je bondis et j’épaule mon M4.

Silence total.

Frog et Koursk sont déployés autour de moi, genoux à terre et M4 à l’épaule. L’autre équipe ne semble pas réagir ou bien ils font comme moi : ils écoutent.

Le seul son que je perçois provient de Nono qui ronfle comme un vieux mineur.

J’avertis par radio que Nono notre dernière recrue, souffre de terreur nocturne.

Je me rendors mais on vient me réveiller un peu plus tard dans la nuit :

- Le chef de groupe te demande.

Il fait nuit noire, aucune lueur d’étoile n’arrive à percer les nuages. J’ai la tête dans le cul, les genoux rouillés, je chute deux fois avant d’atteindre son bivouac.

Nous avons reçu la clé de décryptage du message par radio. Lumière rouge sous les bâches, je m’attaque au décryptage qui est long et vraiment coton. Au bout de quinze minutes j’ai le cerveau qui fume et je passe le relais à un suivant. Je suis fatigué et je n’arrive pas à bien calculer. Au bout de dizaines de minutes de travail, le résultat tombe.

Pour résumer, le premier message demande la venue de la ville d’un traducteur. Il s’appelle « le boucher », on ne sait pas si c’est son métier ou bien un nom de guerre.

Le deuxième message est une réponse : un lieu de RDV et une heure, aujourd’hui à 7H00.

C’est une excellente information, en toute logique, le traducteur devrait être conduit vers le lieu de détention de notre pilote. Nous étudions attentivement la carte du secteur de RDV. Le lieu est un croisement de chemin qui est vraiment isolé. Le chef de groupe attire notre attention sur une cabane située dans les hauteurs à quelques kilomètres du lieu de RDV. Il n’y a aucune habitation à plusieurs kilomètres à la ronde. Avec un sourire sardonique éclairé par la lumière rouge il déclare :

- Messieurs, on prend les blancs.

Le plan du chef de groupe est simple et audacieux :

.Une équipe se positionne sur le lieu de RDV qui a lieu à 7H00.

.Une équipe se positionne sur la cabane où pourrait être retenue le pilote.

.Une équipe, la notre, l’accompagne sur la cabane, si on suppose la présence du pilote, on tape les méchants, s’il n’y a personne, on laisse la première équipe en observation et on prend position sur l’unique accès entre la cabane et le lieu de RDV. Suivant ce qui va se passer on sera en mesure de stopper des renforts si une des équipes tapent les méchants ou encore de délivrer le pilote s’ils le font bouger.

Le risque du plan est que nos équipes sont éparpillées et isolées sur un grand secteur dont les sommets boisés risquent de couper les liaisons radios.

Je reviens vers les miens et je relais les informations. On range notre bivouac et on camoufle les sacs de vie. On n’a pas besoin du matériel confort simplement de nos munitions mais si ça tape, il faudra quitter le secteur et abandonner notre planque donc on fait le plein d’eau et de nourriture.

 

04H30 : Nous quittons discrètement notre cache en colonne. Il faut nuit noire à cause des nuages mais il ne pleut pas, l’air frais est chargé d’humidité. Nous assurons les arrières du dispositif, en passant prêt d’un ruisseau nous refaisons le plein d’eau. Nos bidons étaient bien remplis après la ballade de l’après-midi mais on ne sait jamais de quoi les prochaines heures seront faites. Il y a deux ans à la même époque, nous avions passé 20 heures ensoleillées sur un PO sans possibilité de refaire le plein d'eau avec une action suivi d'un décrochage et ce fut vraiment rude.

Après plusieurs kilomètres, le chef de groupe et son équipe partent en direction du lieu de RDV. Nous suivons l’autre équipe vers la cabane isolée.

06H00 : Le jour commence à pointer. Nous sommes à l’orée de la forêt face à une clairière où doit se trouver la cabane à 100 mètres devant nous mais elle est noyée dans un brouillard matinal. On se déploie autour de l’objectif. Le secteur est vide de toutes activités mais nous remarquons des traces de véhicules.

Comme de toute évidence le secteur est vide, nous laissons nos amis en poste autour de la cabane et nous nous dirigeons vers notre objectif.

En étudiant la carte, j’ai vu que le chemin carrossable forme une épingle dans une montée. Le chauffeur est obligé de ralentir à ce niveau et de passer en première. C’est donc un endroit idéal pour stopper en toute sécurité un véhicule.

Nous nous dirigeons vers ce virage et comme nous pouvions le supposer, nous perdons le contact radio avec le reste des équipes. De toute façon, les instructions sont claires : à 10H00 si rien n’a bougé on décroche sur la planque.

06H45 : Nous sommes en position sur le virage en épingle. Nono est sur les hauteurs au Nord de l’axe et Koursk au Sud, ils peuvent identifier un véhicule en avance et rejoindre rapidement le reste de l’équipe. Je suis au centre du dispositif sur le virage avec Frog mon tireur.

Si nous voyons un prisonnier dans un véhicule ou si on entend des tirs sur les positions amis, on stoppe tout renfort.

Avec un peu de chance, les méchants iront au RDV avec leur prisonnier. Vu l’état de la route, on imagine un 4X4 avec des méchants et notre objectif à l’arrière. A deux mètres de la route, on ne fera pas de bavures, on pourra récupérer notre colis et un véhicule.

-Ménat de Nono : berline en approche, un pax.

Une berline verte descend doucement, un seul homme à l’intérieur, il se dirige vers le lieu de RDV.

Première désillusion, les méchants roulent en berline sur ce chemin défoncé. Le super plan Jeep et doublette dans le buste du chauffeur tombe à l’eau.

Je rends compte à la radio sans réponse.

Dans l’hypothèse que le méchant repasse avec un passager : le « boucher », on les stoppe et on se débrouille pour qu’ils nous conduisent au pilote.

09H50 : Cela fait trois heures que le véhicule est passé et il ne s’est rien passé sur le secteur. Le jour est levé, il fait beau, les nuages se sont dissipés et le soleil vient sécher nos tenues. Il va falloir rejoindre notre planque en plein jour. Nous quittons le site d’embuscade en colonne et faisant très attention à notre environnement. Nous n’avons pas fait 500 mètres que l’on entend un véhicule, il passe en première et accélère fortement, on peut donc supposer qu’il prend le virage en montant.

Je regarde mes gars au visage froncé et les yeux à ciel.

On vient peut-être de rater notre colis mais les ordres sont les ordres, on rejoint notre positon.

11H00 On va de mauvaises surprises en mauvaises surprises : Nous sommes à la planque et il n’y a personne. Sur la carte, nous étions les plus éloignés donc nous devrions être les derniers à rentrer. Aucun contact radio de toute la matinée. Frog prend position sur le premier PO et moi sur le deuxième. Je n’aime pas entrer et sortir de la planque mais on ne va pas attendre les copains jusqu’à la nuit.

J’envoie Nono et Koursk vers le lieu de RDV en tenue de randonnée pour tenter d’établir une liaison avec l’autorité.

Le soleil est levé, il sèche la terre autour de moi, je cherche quelques rayons à l'ombre de ma cache pour me réchauffer. Cela fait maintenant 36 heures que nous sommes sur le terrain, nous n'avons pas participé à des actions mais l'équipe est au complet et c'est déjà ça. J'étudie la carte pour prévoir un plan B, si dans six heures personne ne revient, il faudra quitter la cache.

Arrivés sur une hauteur, Koursk et Nono établissent le contact radio et font liaison entre le chef de groupe et moi.

Les deux équipes reviennent au complet sur notre planque avec le colis…

Après avoir bien vérifié de ne pas avoir été suivi et avoir camouflé les traces, la routine des PO reprend son rythme alors que le soleil est à son zénith.

Les chefs d’équipe font un briefing de la matinée :

Le Rendez-vous a bien eu lieu au croisement à 07H00, le conducteur de la berline qui passa devant nous a retrouvé un deuxième homme et ils ont discuté quelques instants sous l’œil de notre équipe. Une chose incroyable s’est produite : un bonhomme en tenue est sorti menotté du coffre de la Berline et s’est enfui alors que son gardien parlait. Ce dernier ne s’est aperçu que longtemps après de sa disparition au moment ou il embarquait son camarade surement le boucher.

Ils l’ont cherché en vain pendant de longues minutes puis ont décroché. L’équipe sur place a réussi à établir le contact avec la seconde équipe qui était en « chouff » sur la cabane et ils ont organisé une battu pour récupérer le pilote. L’opération fut compliquée par la présence de méchants eux aussi à la recherche de ce dernier mais elle s’est conclue par la récupération et l’identification du pilote en toute discrétion.

Nous offrons un peu de réconfort au pilote, en profitons pour réaliser une deuxième vérification de son identité et le questionner longuement sur ces lieux de détentions. Il a passé la nuit au sec dans une cabane qui ressemble à celle observée ce matin, nous avons une vague description du lieu et de ses gardiens. Il a été convenablement traité et malgré le stress de l’évasion il est en forme.

Nous allons profiter du fait que les méchants sont à la recherche de leur ancien prisonnier au Sud de notre position pour l’évacuer sur un site que nous avions repéré lors de notre marche d’approche au Nord. Le silence radio est rompu pour demander une évacuation immédiate.

Un « hélicoptère » viendra récupérer le pilote à 16H30 dans une clairière au Nord de notre position.

La progression en plein jour étant extrêmement dangereuse, notre chef d’équipe décide de créer un leurre. Une équipe progressera relativement à découvert vers la zone d’évacuation avec un faux pilote et devra attirer le tir d’éventuels tireurs embusqués pendant que le reste du groupe avec le vrai pilote fera une large boucle et se positionnera en deuxième cercle sur la zone. C’est avec un certain fatalisme que j’apprends que la mission suicide nous revient.

Je retourne vers les miens pour les avertir de la mission. Pendant ce temps Romain qui a le même gabarie que le pilote change ses affaires avec ce dernier qui ne comprend pas tout. Nous l’attachons avec de faux liens et lui bandons les yeux afin que l’illusion soit totale si un méchant nous observe à l’aide d’une lunette.

Le groupe quitte la planque en premier car ils vont réaliser un grand contour et sécuriser leur marche. Nous restons avec Romain et nous aiguisons notre agressivité. Nous sommes passés à côté de toutes les actions depuis que nous avons été largués. De plus, nous avons l’impression de nous coltiner toutes les missions à la con. Si quelqu’un nous tire dessus, il s’attendra à ce qu’on protège le pilote et non à ce qu’on fasse une boule de feu sur lui, nous voulons donc profiter de ces quelques secondes pour éliminer le ou les tireurs en limitant au maximum la casse mais personne n’est dupe sur le résultat surtout pas Romain.

Nous quittons la planque et prenons la direction du lieu d’extraction en longeant le seul axe du secteur. Nous progressons en colonne à l’abri de la forêt, légèrement en hauteur du chemin que l’on devine à travers les branchages. Soudain nous entendons un véhicule sur le chemin, il progresse doucement et stoppe à notre hauteur. Nous ne pouvons le voir car il est trop loin mais nous entendons clairement deux portières claquer.

Armes à l’épaule, en ligne face au danger nous attendons, nous sommes très bien camouflé et il est impossible qu’ils nous aient vu de la route, je cherche à la lunette d’éventuels observateurs.

Nous entendons des bruits de mouvements dans notre direction, je distingue une silhouette à la lunette, un homme en tenue civile avec une bonnie hat sur la tête et une tronçonneuse à l’épaule. Il s’installe sur notre axe de progression, allume sa machine et commence à couper de minuscule branche, il ne travaille pas proprement, on devine qu’il n’est pas seul mais je ne distingue pas son ou ses collègues.

J’envoie Frog qui a revêtu sa guillie hibou à la pêche aux infos, c’est le plus silencieux d’entre nous et il arrive à se glisser jusqu’au véhicule. Il revient vers nous en confirmant la présence de deux « bucherons » non armés. On fait donc une boucle pour les éviter en prenant soin de ne pas tomber dans une embuscade car leur présence au même moment que la nôtre ne peut être le fruit du hasard.

 

16H10 Nous arrivons en lisière de la clairière, la marche d’approche avec cette sensation d’être épié a été très fatigante. Nous avons sécurisé le secteur, le groupe est sur nos arrières en second cercle et ils s’apprêtent à bondir avec le pilote dés l’atterrissage de notre hélicoptère.

16H25 Contact radio avec l’hélicoptère. Il approche par le Nord et sera sur zone dans 5 minutes.

Tout le monde est extrêmement crispé.

16H30 Je bascule mon M4 pour attraper un fumi lorsque soudain à l’oreillette.

- "Votre secteur est pollué, nombreux ennemis en approche au Nord de votre position, mission annulée. Bonne chance".

- Le chef de groupe annonce à la radio «On décroche, on décroche ».

On fait un bon en arrière, le groupe et le pilote doivent se situer sur les hauteurs et filer vers le lieu de RDV d’urgence à plusieurs kilomètres au Sud. En courant je vois un léger relief, je stoppe la colonne et déploie les gars en ligne. On pourra donner un peu de temps au groupe en stoppant d’éventuels poursuivants. Au bout de quelques minutes comme tout est calme, nous reprenons notre marche en colonne et au même moment nous entendons des détonations au loin sur les hauteurs au sud : le groupe a été accroché.

Comme d’habitude dans les cas d'urgence, nous subissons des interférences à la radio, ils ont dut passer sur l’autre versant de la montagne.

Nous reprenons la marche en colonne toujours prudenment.

Alors que nous progressons silencieusement dans les fourrés, devant moi mon éclaireur stoppe et se tourne vers la droite tout en épaulant son arme.

A l’imité je suis son mouvement et je vois à 70 mètres à ma droite deux miliciens à moitié allongés par terre avec chacun une AK47 à ses pieds. Ils viennent de nous appercevoir en même temps, ils ouvrent grand leurs yeux.

J'aligne ma visée sur celui qui vient de laisser tomber son repas et se saisit de son arme.

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Alors que j’allais tirer, son camarade l’empêche de prendre son arme et se lève.

Je hurle : « jetez vos armes » en contrôlant du coin de l’œil ma colonne qui est en mode « rouge ».

Le premier obtempère, il jette son arme et d’un mouvement las et se met à genou les mains sur la tête.

Le second vient tranquillement vers nous.

Je suis extrêmement tendu et je lui hurle de ne pas bouger.

Il ne semble pas tout comprendre mais fini enfin par s’arrêter.

L’équipe sécurise le secteur pendant que Frog et Nono s’occupe de nos nouveaux amis.

Ils sont équipés et armés comme un porte-avion russe avec une tenue neuve et des « pistoflingues » propres avec accessoires.

Je procède à un interrogatoire en règle mais je n’obtiens absolument rien d’eux. Ils jouent les pauvres types mais au vue de leur équipement, ils font parti du groupe qui nous cherche et qui a tapé nos camarades quelques instants auparavant.

Je n’avais absolument pas prévu de faire de prisonniers, je suis vraiment pris au dépourvu. Pressé par le temps et notre position défensive, ces deux lascars représentants une menace qui n’arrange vraiment pas la situation en ne coopérant pas. Oppressé par notre position et agacé par leur comportement, je décide de les éliminer. Cette décision me sera sévèrement reprochée lors du débriefing. J’aurai du les ligoter et les laisser là mais je n’avais pas envie de les retrouver sur le chemin et il faut avouer qu’ils ont payé pour l’avortement de l’opération de secours.

En continuant sur notre axe de retraite, nous tombons sur des traces qui nous mènent à une cabane. Après inspection, elle a abrité une équipe la veille. Il y a donc des gars qui campent à proximité de notre secteur de bivouac. On retourne à nos caches en effectuant plusieurs manœuvres en hameçon afin de prévenir de ne pas être suivi.

 

18H00 Nous arrivons en fin d’après-midi à la cache où nous attendent le reste du groupe. Ils ont bien été pris à parti par l’ennemi heureusement sans casse si ce n’est le pilote qui s’est foulé une cheville lors du décrochage.

Avec l’équipe nous avions peu de sympathie pour le pilote étranger mais maintenant qu’il doit être brancardé, il devient vraiment un boulet. Comme nous héritons généralement de tous les pots de pue depuis le début de la mission, nous décidons que si nous devons nous le coltiner pour une évacuation, nous utiliserons la AK récupéré sur les prisonniers pour nous alléger et écourter la mission. Alors que nous complotons entre nous, le chef de groupe réorganise son dispositif et nous affecte à la protection de la cache et du pilote. La situation est vraiment causasse,  le pilote fait ami-ami avec nous sans savoir qu’on compte l’éliminer à la première occasion. A son retour le chef de groupe doit sentir la situation car il nous reproche de ne pas avoir nourri le pilote et nous rappelle que nous devons le protéger. Pour moi, c’est sa mission, il ne porte pas notre drapeau, on coopère bon gré malgré mais mon but est de ramener tous mes gars et je ne prendrai pas de risques pour lui.

La nuit tombe, je suis inquiet par la présence de la cabane à quelques kilomètres seulement de notre cache. Il y a des nuages mais il ne pleut pas. Les quarts sont programmés par le chef de groupe. Je remonte l’info aux miens en faisant régler les montres. Je décide que nous resterons dans les duvets sur notre position pour surveiller car il fait vraiment très froid. L’essentiel est d’avoir un gars aux oreilles à l’affut. Une heure avant notre tour de garde, Romain vient tous nous réveiller pour nous expliquer qu’il faut prendre le tour de garde à l’opposé de notre position. Il insiste en disant que c’est un ordre. On s’équipe donc tour à tour pour rejoindre un secteur venteux. Je prends le dernier quart celui de 5 heures. A flanc de montagne, en plein vent, je vois les premiers rayons de soleil se dessiner à l’horizon. Si ce n’est ce changement d’ordre, la nuit a été très calme.

 

06H30 tout le monde se réveille. Je fais mon rapport au chef de groupe et j’apprends qu’il n’y a pas eu de contrordre mais simplement une erreur dans la transmission des ordres et du planning. Nous regardons tous avec un mauvais œil le pauvre Romain.

La vacation radio du matin nous apporte les éléments cruciaux pour la suite des événements.

Un hélicoptère sera de nous envoyé pour récupérer le pilote et nous avons les coordonnés de la base ennemi où doit se trouver un document électronique provenant de l’avion abattu que nous devons absolument récupérer.

Nous détruisons la cache et nous partons avec les sacs sur les coordonnées de la base ennemie. La route se déroule sans incident.

10H00 Arrivé sur zone, le chef de groupe nous envoie en éclaireur pour faire un PO sur la base ennemi. Alors que nous approchons doucement de l’objectif, on m’indique par radio qu’un hélicoptère nous a été octroyé et que nous devons sécuriser la zone pour évacuer le pilote et rapporter tous les documents que l’ennemi à récupérer sur la carlingue de l’avion. Nous avons 60 minutes pour opérer.

Cette nouvelle me rend fou de colère. Comment organiser une action sans aucune information au préalable !?

Le chef me signale par radio de récolter le maximum d’informations en 20 minutes pendant ce temps, ils progressent vers nous.

J’envoie Frog et Koursk faire un contournement de l’objectif pour observer la face Nord et je me dirige avec Nono vers la face Sud. Nous avançons rapidement mais furtivement dans la forêt et nous arrivons à l’orée d’une clairière où une petite cabane en bois trône au milieu.

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Un véhicule 4X4 est garé derrière dans le secteur de Frog et, à l’entrée face à nous, un homme en arme est assis devant un feu. L’ensemble est baigné dans la brume matinale. Aux jumelles je distingue clairement l’homme assis, il se prépare un café, son AK posée à coté et il converse avec une autre personne que je ne vois pas. Elle semble être dans la cabane et je distingue sans en être sûr des mouvements à l’intérieur. Nono me signale des mouvements dans le bois au Nord de la cabane mais je ne sais pas si ce sont nos gars ou des ennemis. Pour des raisons de sécurité évidente, nous sommes en silence radio.

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Au bout de quelques minutes je retourne au lieu de RDV où nous attendent le groupe, Frog et Koursk.

 

10H20 Nous faisons notre briefing très rapidement, nous avons identifié au sûr un bonhomme et il y aurait deux autres types (un dans la cabane et un autre non vérifié dans les bois en patrouille).

Il est décidé que nous progresserons rapidement en colonne jusqu’à l’orée du bois puis nous sous scinderons en trois équipes avec chacune un secteur à traiter.

10H30 Nous prenons la tête de la colonne pour amener rapidement le groupe devant notre zone. Je suis essoufflé par les dernières progressions et le stress n’arrange pas tout. Arrivé à 100 mètres de l’objectif, nous prenons à droite en ligne et je vois les autres équipes faire de même. A couvert dans les taillis, je frêne ma troupe qui veut en découdre, je veux garder la ligne et éviter tous tirs fratricides à cause du stress et de la fatigue.

Nous sommes à l’orée du bois, je vois clairement le type encore assis mais avec son AK entre les jambes.

Je stoppe, met en joue comme mes camardes à gauche et à droite, j’attends deux secondes qui paraissent interminables quand claque à la radio le « Go, go, go ». A cet instant tous mes gars tirent sur le pauvre type assis et j’entends pétarader dans les autres secteurs.

 

Plusieurs détonations ont lieu et la zone se trouve noyée par des fumigènes jaunes, un système de défense qu’à actionné un ennemi avant d’être touché. On ne distingue plus grand-chose, il y a du mouvement dans la cabane, on tire à l’intérieur, je retiens Frog qui veut ouvrir son angle mais qui quitterait sa zone de tir. Une silhouette se dessine dans la fumée, Nono à ma gauche tape une doublette et la silhouette s’écroule. En tombant elle sort de la fumée et on voit clairement un uniforme DPM.

Le silence tombe, j’entends la première équipe signaler que son secteur est clair, je fais de même et j’entends la troisième signaler qu’elle a un homme à terre.

Nous fouillons les trois ennemis morts, une équipe nettoie la maison qui est piégée et un petit groupe s’occupe de notre touché. Il s’agit de Romain qui s’est trop avancé dans la précipitation et que Nono a dessoudé.

La tension est à son comble, nous craignons que d’autres ennemis arrivent attiré par le bordel. Je reste prêt de Nono qui se morfond de sa bourde. Personne ne trouve les documents dans la maison, ça prend vraiment beaucoup trop de temps. On surveille notre secteur et une explosion retenti, un deuxième gars s’est fait sauter en fouillant le 4X4 qui était piégé.

Panique à bord, les fouilleurs décident d’abattre une cloison dans la maison, je fais reculer mes gars encore plus et j’appréhende une contre attaque.

J’entends à la radio : « les enculés avaient cachés le matos dans la cloison, on décroche »

10H40 On part en tiroir avec nos deux touchés sur la zone d’évacuation.

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11H00 « L’hélicoptère » arrive sur zone à l’heure prévue, soit quelques minutes après l’accrochage, pour éviter qu’il ne fasse plusieurs aller-retour trop dangereux, on charge simplement les blessés et nos sacs de vie.

Il nous reste encore une demi-journée pour rejoindre dans nos lignes, sans nos sacs et blessés, on progressera très rapidement.

Comme mes gars étaient déployés en essaim pour sécuriser la zone, j’ai vidé les sacs de l’équipe de la nourriture et de l’eau en prévision du crapahut de retour, j’ai les poches de ma smock remplit de denrées, chacun vient puiser et remplir à son tour ses poches.

La brume s’est levée et a laissé place à une fine pluie, le groupe progresse rapidement en colonne sans aucune rencontre.

Nous arrivons à notre camp de base pour l’apéritif qui est déjà servi.

 

FINEX

 

Un toast en l’honneur des participants et des absents et à table pour l’habituel barbecue qui après tant d’effort à un gout si particulier.

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Quelques précisions après débriefing, l’action improvisée de la fin, qui nous a beaucoup dérangé, avait été judicieusement décidée par l’organisation afin de tester notre sens de l’initiative. Depuis trois ans nous avions systématiquement le temps de bien préparer notre assaut et c’était vraiment original d’improviser et de faire cela en très peu de temps.

Nous avons tous salué le talent de comédien du pilote qui a parlé anglais avec accent polonais durant toute la durée du raid. Il a énormément improvisé comme par exemple lors de son évasion et en simulant une entorse, tout cela n’était pas du tout prévu ! Cela a posé quelques problèmes à l’organisation mais s’est avéré très stimulant pour nous tous.

Le retour a été effectué sans l'équipement et les airsoftguns car il fallait sortir de notre zone de jeu pour rejoindre le camp de base. C'était donc l'occasion de faire une longue marche finale pour finir en beauté ce long week-end.

Au niveau de l’équipe, après six mois d’entrainement intensif, nous étions vraiment chaud et soudé. Le fait d’être tributaire d’une échelle de commandement avec parfois ses couacs a resserré nos liens, le terrain que nous connaissons est quand même chaque année aussi difficile (vent, froid et humidité mordante). Lors du débriefing nous avons appris que dès notre largage nous aurions dut tomber dans un guet-apens à Canyon Apache, le système électrique de mise à feu n’a pas fonctionné. Merci à notre bonne étoile, des pertes dés le début de la mission aurait surement bien affecté notre moral.

Nous nous sommes fait taper sur les doigts pour l’exécution des prisonniers et le tir fratricide. Il n'était pas prévu que l'ont tombe nez à nez avec les deux ennemis qui ont très bien réagit car les distances étaient badartes? Nous étions en effet trop prêt pour un décrochage et trop éloigné pour allumer à la cause de la portée de nos airsoftguns. Pour éviter un engagement typiement airsoft les deux méchants ont parfaitement percuté en se rendant. Quite à jouer les méchants jusqu’au bout, nous avons défendu notre camarade Nono en disant que nous avions volontairement tué Romain pour nous venger du réveil intempestif de la veille.

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Je tiens à remercier sur ces dernières lignes d'un long résumé Athos et ses gars pour l’organisation impeccable du raid ainsi que leur sens si particulier de l’accueil et de l'amitié.

Ce raid comme les précédents s'est déroulé sur propriété privé à savoir une zone de chasse, largage et circulation ont toujours lieu sur chemins privés. Nous invitons vivement tous les amateurs de ce type d'évênements à prendre contact avec les municipalités et les autorités compétentes.

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 11:44

Retex du "drill" mensuel du mois d' Avril par Kourk :

 

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8h50 - Je reçois un coup de fil de Vince :

" - Salut, j'ai eu nono, il risque de ne pas venir. Il m'a dit qu'il passerait peut-être cet aprèm.
- On se retrouve a deux le matin alors ?
- Oui on maintient ou pas ?
- Oui, Menat doit venir l'aprèm, ce serait con de le planter...
- Ok alors a tout à l'heure.
- Ok

10h00 - J'arrive sur zone, la poussière du chemin retombe a peine, Vince vient d'arriver.
Après les salutations d'usage, je montre rapidement le fanion et les écussons à mon binome.
Nous nous changeons et préparons les AEGs

10h45 - Nous nous rendons dans la forêt et installons les cibles. Ils sera décidé que l'aprés midi nous allons faire du deux-en-un : ISTC et un parcours type patrouille le long d'un chemin parsemé de deux embuscades.

Nous installons donc les cibles sur les arbres de part et d'autre du parcours. Il y aura 4 cibles pour simuler une embuscade et ce en deux points. Pour corser un peu l'affaire, j'installe le second groupe de 4 cibles dans un carrefour. Il faudra tourner à gauche sans visibilité et nous tomberons dans le piège.

11h - Nous commençons en douceur par une révision ISTC. On récite comme une prière les 4 commandements : ACDC.
On continue ensuite a revoir le CEVITAL sur le premier groupe de 4 cibles. Nous passons chacun notre tour et corrigeons les erreurs du copain.
On accélère le rythme progressivement en ajoutant des difficultés.

12h20 / 14 h : Il fait beau, l'ambiance est bucolique et le repas se prolonge.
Nous nous attendons à tous moment à la visite de Menator que l'on soupconne vouloir nous faire réviser le contact partisan à nos dépens et même si l'ambiance est détendue, nous restons sur nos gardes.
Si bien qu'a 13h10 nous entendons des bruits dans la forêt. Il s'agit en fait d'une petite belette bien affairée et peu farouche. Nous passons un petit moment à l'observer en pensant au Phasme.
Une belette peu farouche, il n'en faut pas plus pour que Vince m'expose sa technique de drague inspirée de la couverture dite de "l'observateur animalier qui aime le camo".

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Nous passons la fin du repas à revoir le contact partisan, en s'attendant à tout moment à la visite de Menator, grimé en paysan yougoslave.

14h : On se remet difficilement au boulot. On a bien discuté, il fait beau et l'on remarque quelques coins d'ombres propices à une bonne sieste...
On sait que l'aprés midi sera sportive car nous avons décidé de faire un parcours plus dynamique durant l'aprés-midi.
Devenant de plus en plus persuadés que nous ne serons que deux, nous décidons de nous entraîner en binome, afin d'acquérir des automatismes et une certaine fluidité dans les déplacements et réactions au combat.

14h/17h : On exploite le chemin et notre parcours en essayant de passer en revue toutes les éventualités. On teste en binome les tubes arrières, les progressions en tiroir/en perroquet, les boules de feu etc... De nombreux questionnements tactiques apparaîssent, nous en discutons et nous nous empressons de tester et d'improviser des solutions sur le terrain. On se rend compte que plus on monte en puissance, plus le binôme s'adapte et des automatismes apparaissent pour répondre efficacement aux situations.

17h : Finex / debrief

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 17:18

Voici le résumé du drill inter-équipe du mois de Mars 2010 préparatoire au Raid Annuel du mois de Mai, "Disturbed" un membre du CIR, une équipe soeur, était l'invité du mois, voici le résumé de sa première prise de contact avec notre petit monde :

 

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Après une nuit de train à supporter un vieux qui ronflait au point de ne pas avoir pu dormir du tout, j’ai été accueilli à la gare de Rodez par Koursk : 

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Le premier contact a été fort sympathique, la discussion s’est installée facilement, et il m’a fait visiter rapidement le centre ville et sa cathédrale.

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On est arrivé sur le terrain vers 8h00, et on a donc rejoint le petit groupe Rapas40 qui repliait leur bivouac, Ils étaient arrivés la veille. C’est le groupe le plus jeune, la moyenne d’âge ne doit pas dépasser les 23/24 ans.
Peu de temps après le reste des SAS12 est arrivé et on a lutté pour amener un des Kangoo transportant le matériel, (véhicule officiel des SAS12, ils en ont tous un !!) au lieu du bivouac. Il a commencé à pleuvoir aussitôt, et il a fallu pousser le véhicule dans la boue sur environ 400m, ca met en jambe dès le matin !!
La pluie et le vent ne nous ont pas lâché jusqu’à au moins 16h00, le matériel a été mis à dure épreuve…

Le Groupe Rhone est arrivé vers 10h00, le temps de faire les présentations ainsi qu’une installation sommaire des campements, nous avons commencé les ateliers vers 10h30/11h00.
J’ai été intégré au groupe des Rapas64 avec Wazzock et Mac, et nous avons suivi le cours dispensé par Dirt Diver, les modules Alpha et Bravo de l’ISTC. Les différentes phases d’un tir, les positions…Pas de surprises pour moi, au CIR on a de bons formateurs…La bonne humeur était de mise pendant les ateliers, Dirt à l’air visiblement à l’aise pour l’enseignement de ce type de savoir.

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Très peu de différences avec nous, si ce n’est la systématisation du « scan » après chaque tir, une habitude à prendre. Je me suis senti à l’aise, seul le vocabulaire différait un peu parfois.

Pendant ce temps les SAS12 étaient occupé par le cours TOPO d’Athos.

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A 13h00 pause bouffe, j’ai mangé avec les Rapas40 rapidement et on a ensuite préparé notre bivouac pour la nuit, juste au moment ou j’ai fini de m’installer, les SAS12 m’ont demandé si je voulais venir dormir avec eux ce soir, trop tard, je n’allais pas faire faux bond aux landais qui me l’avaient gentiment proposé ! Tout le monde était aux petits soins pour moi, ca m’a fait plaisir !

14h00 reprise des activités, cette fois-ci tous ensemble, pour un cours sur les progressions dispensé par Athos et ses anciens.
On a commencé par les passages de carrefours, et les démos du Groupe Rhone ont été très convaincantes, on sent qu’il y a de l’expérience et que les plus jeunes sont à bonne école, ça va vite et chacun sait ce qu’il a à faire !
Une fois de plus, on sent que les anciens ont vraiment plaisir à partager. A aucun moment ils n’ont donné le sentiment qu’ils pensaient que leur méthode était la meilleure. Même discours qu’avec Apone et Jigen pendant leurs cours : « Il n’y a pas de vérité absolue, plusieurs méthodes existent, avec chacune leurs forces et leurs faiblesses, nous on préfère celle-ci mais telle autre peut être aussi efficace, le but c’est d’accomplir une tache en se sentant à l’aise ! ». J’ai apprécié.

J’ai travaillé les passages de carrefours avec les Rapas, on a fait quelques erreurs, mais le carrefour choisi était très particulier et assez dur à aborder, pour des pax travaillant rarement ensemble, on s’en est bien sorti, pas de secrets, il faut driller pour progresser !
Ensuite on a fait les progressions en équipes et les réactions à adopter en cas de contact, pas de soucis à ce niveau, même si je suis loin d’être un spécialiste je me suis senti à l’aise en effectuant des tubes avec les Rapas et les SAS12 :

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On a ensuite fait la même chose mais à deux équipes, là je suis resté avec les SAS12, et on a principalement fait l’équipe de soutien pour les Rapas pendant des exercices à contacts multiples. Manœuvrer à 2 équipes de 6 est vraiment quelque chose de sympa à faire, surtout quand tout se déroule sans soucis ! Les membres du Groupe Rhone nous servaient de plastrons. C’était dynamique et plaisant, le tout sous les conseils des plus anciens. Ils systématisent le tir d’échec, c'est-à-dire, tirer sur les ennemis à terre quand on s’approche d’eux, pour être sur qu’ils soient bien inoffensifs. Je connaissais la méthode, mais pas le terme.

Ensuite pendant une petite heure on a parlé du matériel individuel, on a fini d’installer les bivouacs pour la nuit, et mis en place l’organisation des tours de garde par chaque groupe du campement quand tout le monde serait au restaurant. J’ai été dispensé de garde, comme j’étais tout seul et que je venais de loin…

On a tous embarqué dans les Kangoo pour rejoindre le fameux restaurant réservé par les SAS12, avec une grande salle rien que pour nous ! Ce fut un festin de Roi !! Salade composée, saucisses du pays, aligot et plateau de fromage, le tout à volonté, suivi d’une tarte à la fraise ! Le tout bien sur accompagné de bière, de vin rouge et de vin blanc…Inutile de dire qu’on a tous très bien dormi ! Et tout ça pour la somme astronomique de 17€ !!!!
Très bonne ambiance pendant le repas, je me suis bien marré! J’ai constaté qu’il n’y avait pas de clans, tout le monde se mélangeait avec plaisir !

On a décollé vers minuit, pour finir autour du feu et d’une bouteille pour l’anniversaire de Romain.

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Je me suis couché vers 1h00, j’ai dormi comme un bébé jusqu’au réveil, 7h00.

Le lendemain, j’ai replié toutes mes affaires en prévision de mon départ vers 11h00. On a reformé les groupes, et j’ai participé à l’atelier permettant de valider les modules Alpha et Bravo de Dirt Diver, j’ai fais un sans faute, juste le scan à systématiser !

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La suite du programme fut le cours topo et l’étalonnage du double-pas. Dans mon groupe j’étais le seul à avoir eu une initiation topo, Athos m’a donc demandé de servir de référence pour l’étalonnage. J’ai donc compté mes 62 double pas, et verdict au télémètre laser : 100m pile-poil !! On suivit quelques exercices sur cartes, rien de nouveau pour moi, coordonnées UTM et azimuts, ainsi que quelques conseils sur les boussoles, conseils identiques à ceux de Jigen !
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11h00, après avoir tout remballé et fait le tour pour dire au revoir à tout le monde, les SAS12 me raccompagnent à la gare de Rodez, fin d’un très bon week-end !

J’ai passé un excellent moment, on sent que tout le monde prend plaisir à apprendre et à échanger ! J’ai été accueillis par les différentes équipes avec enthousiasme, tous très curieux et demandeurs de savoir quand ils verraient le CIR au complet !
Premier contact très positif pour ma part !

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 18:49
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Les objectifs de la journée :

- Révision de la topographie.

- Marche sur dénivelé avec sac de vie 36heures.

- Elimination des effluves d’éthanol du Samedi soir.

 

Le risque des entraînements le Dimanche matin est qu’on a de grandes chances de perdre des effectifs à cause de la soirée précédente. Nono, malgré une solide formation, n’était pas prêt à lire une carte et à affronter du dénivelé. Le troisième objectif était bien trop difficile pour lui.

 

Le programme :

Largage individuel en « Blind » au pied d’un massif forestier.

Regroupement en milieu d’après-midi au sommet.

 

On a laissé les treillis à la maison et revêtu une tenue passe partout. Seul les sacs à dos sont chargés comme pour les sorties.

Ayen est déposé en premier sur un petit chemin forestier. Il ne sait pas où il est.

Je lui donne la carte 1/25000ème de la zone. Il l’a range dans sa poche topo, il note sur un carnet l’heure de RDV : 1515. On procède à un dernier test radio.

- Des questions ?

- Aucune, c’est parti.


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Je fais demi-tour en voiture pour déposer Vince et je vois dans le rétroviseur Ayen avec son gros sac partir d’un pas décidé vers la forêt. Je suis mort de rire et je m’arrête à moins d’un kilomètre du lieu de dépose.

Vince me demande pourquoi je m’arrête mais il a rapidement la réponse à la radio :

-Ménat’ de Ayen.

-Ménat.

-Où est le lieu de regroupement ?

 

Il y a des dimanches matin vraiment difficile…

 

C’est maintenant au tour de Vince qui du coup, prend bien note de toutes les informations.


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Ayen est déposé à proximité d’un lac mais il y en a plusieurs dans le secteur ce qui va fausser ses estimations.

Vince, lui, a plus de chance car une fois qu’il a prit un peu d’altitude il repère une ligne à haute tension et se localise rapidement.

Le hasard fera que les deux compères se rejoindront rapidement pour faire le reste du trajet ensemble. Ils progressent rapidement mais vont perdre du temps dans les derniers kilomètres pour rejoindre le point de regroupement.

J’atteins le point de regroupement en premier à 15H00. J’ai l’avantage d’avoir fait plusieurs repérages des lieux.

Je suis rassuré d’avoir une liaison radio avec mes deux compères, ils ne se sont pas perdus mais les derniers kilomètres sont les plus délicats.

Il y a plusieurs ruisseaux à proximité et avec la neige qui a fondu dans la semaine, ils ont doublé de nombres et de volumes.

Le RDV doit avoir lieu au sud d’un lac qui est bien caché par la végétation.

Les garçons vont suivre plusieurs ruisseaux passants à proximité du lac sans le voir.

Le lac est gelé, il fait un froid de canard et je décide d’escalader un peu afin de saisir les rayons de soleil. Il est 16H00, assis sur mon promontoire, j’ai enfin le plaisir de voir dans mes jumelles mes camarades. Le site est magnifique, j’observe Vince qui sort son appareil photo.

- Vince de Ménat’, si j’avais un L96 je ferais un carton.

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Comme tout le monde est bien chaud, on décide de tenter le diable et de nous séparer à nouveau pour rejoindre une ruine sur le versant nord dans un secteur que je ne connais pas. Il reste deux bonnes heures de jour, le point de regroupement est plus bas que nous. Les gars savent maintenant d’où ils vont partir et à marche forcée sans erreur de topo, ça devrait le faire. On planifie quand même des procédures d’urgence.

Chacun part sur un versant de la montagne et moi je retourne à la voiture.

Je me dis que si la nuit tombe ils pourront se repérer à mes phares.

 

Arrivée au nord de la montagne, je laisse la voiture à l’entrée de la forêt et m’engage vers l’objectif. Comme je suis au pied de la montagne j’ai beaucoup de mal à repérer ce que la carte indique comme une ruine. Je me demande si les gars me rejoindront avant la nuit. Je pense en particulier à Ayen qui a hérité de la partie la plus difficile niveau topographie puisque hors sentier.

Je tente ma chance à la radio afin de savoir s’il est à proximité.

-Ayen de Ménat’.

-Ayen de Ménat’.

Il doit être encore loin.

-Ayen, j’ai un problème :

Tu savais qu’il n’y avait que 20% de lièvres et 1% de cognac dans les Terrines de Lièvre au Cognac des rations françaises ? C’est honteux.

 

Il y a en un qui est arrivé à l’avance au moins puisqu’il est en train de manger planqué face à l’objectif. Au suivant maintenant.

-Vince de Ménat’.

-Vince. Si j’avais un L96 je ferai un carton…

Il me tient dans l’objectif de son appareil photo.

 

La deuxième partie de la marche n’a donc posé aucun problème à personne, tout le monde est arrivé en avance cette fois. On revient vers la voiture.

Il est 18H20, la nuit tombe doucement, on prend un thé autour de la voiture le regard dans la vallée en contrebas. Les ruisseaux sont en crus dans les champs, la brume se lève, il n’y a pas un seul nuage, il va faire très froid cette nuit. Il est temps de rentrer se mettre au chaud.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 18:24

 Situation :

Le QG d’un groupe ennemi a été localisé dans une forêt isolée et notre autorité a perdu contact avec son agent infiltré. Les dernières photo-satellites montrent une forte activité humaine autour de cette bâtisse. Deux équipes seront déposées sur zone dans la nuit de Vendredi au Samedi avec pour mission d’observer la maison durant toute la journée avant d’être récupéré dans la nuit du Samedi au Dimanche pour rendre compte.


Equipes : Trois SAS12 indicatif Lynx Trois Rapas40 indicatif Tapia

Ami : un agent infiltré non identifié.

Ennemi : nombre inconnu, les photos satellite montre des patrouilles régulières de deux hommes.


Vendredi :
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Briefing avant dépose, Lynx est déposé à l’Ouest à 8km à vol d’oiseau de l’objectif, Tapia à la même distance mais plein Sud. Les deux équipes doivent faire leur jonction samedi à 0600 à 500 mètres au Sud de l’objectif puis établir un PO. En cas de retard d’une équipe, la mission est prioritaire donc la première arrivée s’installe en observation.


Samedi

0100 : dépose de Lynx.

Je suis chef de patrouille et j’appréhendai franchement cette sortie pour deux raisons :

Le ciel : Lune noire+nuages cachant les étoiles=visibilité zéro.

Le terrain : Lorsque j’ai reçu des scans de mauvaises qualités de la carte 1 /25000ème du secteur, j’ai appelé le Gentil Organisateur pour lui demander de m’envoyer une carte neuve originale, il me répond : « la dernière impression a dix ans, il y a eu beaucoup de changement, ne compte pas sur les chemins forestiers indiqués, ils ont disparu à cause des travaux, de toute façon, la foret a elle aussi plus ou moins disparu».

J’ai quand même préparé mon axe de progression au préalable en sachant qu’une fois sur place je risquais de devoir improviser. La carte est encodée et les points de jalonnement fixés pour le briefing.

Les SAS12 sont donc largué individuellement en  « Blind » sur un axe Sud-Nord, un point de regroupement avait été établi et je suis déposé en dernier par pur hasard à proximité de ce point, au moment de sortir, le pilote qui avait organisé ses dépose plusieurs jours avant, ayant entendu notre briefing et sachant maintenant que mon lieu de dépose est à proximité du point de regroupement me dit amicalement « tu me diras Dimanche où je t’ai posé ».

Sachant qu’on joue énormément sur la psychologie et qu’on ne peut se fier au hasard, cette simple phrase amicale se transforme dans ma tête en « Je t’ai largué hors carte, tu vas en baver».

Je saute du véhicule et vais me jeter dans le premier buisson venu se faisant je sens mon MP5SD se rompre dans mes mains et lorsque la voiture disparaissant au loin, lorsque je me relève, mon MP5SD tombe en petit morceau autour de moi. Je récupère mon puzzle de perceuse chinoise et décide de trouver un coin discret pour l’enterrer. Je me sens seul et tout nue. Je retrouve rapidement mes deux camarades qui posent tour à tour la question à mille euros : « qu’est-ce que tu as fais de ton pistoflingue ? »

L’action psychologique a bien fonctionné et on est tous persuadé que l’on a été déposé hors carte. Le fait d’avoir explosé mon arme n’aide pas à rassembler les idées. On fait donc une longue pause, car chacun a cassé ou déchiré quelque chose durant le largage. Je rassemble mes idées et fait un point topo qui confirme que nous sommes bien à l’endroit où l’on devait être déposé.


0135 : La patrouille se met en marche direction plein Est. Nous faisons 500 mètres dans une nuit noire et le chemin disparait. Je décide de continuer à l’azimut brut afin de trouver un autre chemin indiqué sur la carte. Dans un enchevêtrement d‘arbres mort et de ronces, la marche devient éreintante. On avance difficilement de 500mètres et il parait clair que l’on ne passera pas en temps et en heure au travers de cette foret.

Je décide de prendre plein Nord à la recherche d’un cours d’eau car d’après nos informations il y avait un chemin d’allage sur sa berge sud. Alors que l’on marche péniblement dans sa direction, il ne me vient pas à l’idée que les dernières semaines de pluie et de neige ont dut gonfler les eaux et faire sortir le fleuve de son lit. Un léger brouillard nous indique que nous sommes proches mais il est quasiment impossible de voir les eaux. J’imaginai un axe de progression simple sur un beau chemin ou alors un lit de galet qui nous permettrait de rattraper le temps mais je me retrouve simplement dans un marais. Le fleuve est sorti de son lit charriant des troncs d’arbres et de petits lacs d’eau croupie parsèment la foret. On avance donc péniblement en longeant le fleuve espérant que la foret s’ouvrira ou qu’une berge rehaussée apparaitra mais il n’en est rien.


0245 : Je repère sur la carte notre position exacte, nous sommes à un kilomètre au Nord-est de notre lieu de dépose. Il est clair que nous ne passerons pas. Je décide de rebrousser chemin pour tenter de rejoindre une ligne à haute tension situé à un kilomètre plein sud. J’espère pouvoir y trouver un chemin d’entretien.

0320 : Nous sommes sous la ligne à haute tension. Il n’y a bien entendu aucun arbre et on distingue un vaste couloir s’étalant plein Est, je veux en faire mon autoroute pour quitter cette maudite foret. A défaut d’arbres couchés et de marais, on se retrouve face à une muraille de ronces et d’arbrisseaux épineux, malgré tout notre acharnement il est impossible de passer par cette nuit noire.


0340 : Ce trajet en dent de scie du Nord au Sud sur l’axe Ouest-est nous a épuisé physiquement et moralement. Cela fait deux heures que nous peinons dans les ronces et nous n’avons progressé sur notre axe à peine plus d’un kilomètre alors que l'on a dut faire le triple. Il parait évident que la forêt est infranchissable dans ces conditions d'obscurité. Je décide donc de rejoindre notre point de dépose pour appeler la « log » par téléphone portable afin d’être récupéré.
Il y a eu tant d’heures de préparation en amont d’une OP et un long trajet en voiture après une semaine de travail que je suis abattu d’avoir à demander une évacuation. Mes compères eux semblent un peu moins affectés et s’imaginent déjà au chaud à l’arrière du diesel. Alors que nous revenons vers l'ouest, j’ai un drôle de pressentiment en voyant un petit talus, je stoppe la colonne et dépasse mon éclaireur sur sa gauche, j'escalade et une fois en haut je distingue la couleur blanchâtre d’un chemin en tout-venant qui pointe plein Est.


Je regarde l’heure, il est

0345 : Je sais que nous ne pourrons pas parcourir les huit kilomètres en deux heures mais avec un peu de chance nous pourrons arriver sur zone avant le lever du jour aux alentours de 08H00 et rejoindre Tapia sur Po pour soutenir leur position. Je trouve plusieurs points hypothétiques de récupération au Sud de notre trajet et je me dis que si à 05H00 nous n’avons pas assez avancé nous rejoindrons un d’eux pour appeler la « log » et nous faire récupérer avant le jour.

Je rejoins mon équipe pour leur annoncer que nous allons tenter notre chance sur cet axe à marche forcée. Pour les gars, la mission était annulée et ils se voyaient au chaud, ils ne partagent pas mon enthousiasme à la suite de cette annonce, mais ils se lèvent sans rien dire et se mettent en ordre de marche.

On avance donc à vive allure sur le chemin sur un axe Sud-est. Je suis censé quitter cette direction et m’enfoncer plein Est dans la foret mais il est hors de question de retenter ma chance dans ce capharnaüm à la recherche d’hypothétiques chemins. Je repère sur la carte plusieurs chemins carrossables qui pourraient nous amener à proximité de la zone mais il nous faut faire un énorme détour d’une dizaine de kilomètres plein Sud.

La perspective de ce long détour et donc d’une accélération de la marche n’enchante guère mes collègues mais tout le monde est d’accord pour éviter la forêt. On marche donc comme des traqués, je trouve toutefois plusieurs raccourcies grâce à des azimuts bruts et nous arrivons complètement épuisé à un petit kilomètre au Sud du point de jonction.


0550 Je contacte par radio Tapia. Ils sont comme nous près de la zone mais dans un labyrinthe végétal. Il me semble que nous pourrons parcourir les derniers mètres restants en une demi-heure mais je veux que mes gars se reposent pour arriver frais sur zone, j’annonce un retard de 50 minutes sur l’heure prévu. Nous sommes exténué mais le plus dur du trajet semble fait et la réception du contact radio avec Tapia est rassurante, nous ne sommes plus qu'à quelques centaines de mètres les uns des autres. Assis derrière des souches, nous contemplons les derniers mètres : La foret qui s’étendait sur une pente douce a été rasé, le halo lumineux d’une ville au loin se reflète sur les nuages et éclaire faiblement cette colline dévastée. On aperçoit en haut au loin quelques arbres, ça doit être notre lieu de rendez-vous. Sur ma carte plusieurs chemins sont censés contourner cette colline mais je renonce à les chercher et décide de tenir un azimut brut. D’ici quelques minutes le cauchemar sera terminé.


0605 Nous avançons péniblement entre les souches déterrées et les branchages morts qui cachent des trous et les traces d’engins remplis d’eau et de sable. Un pied au travers des branches et on s’enfonce jusqu’au genou dans l’eau. A mi-chemin de la colline, je crois rêver : Une énorme clôture nous barre la route. Alors que l’on découvre cette barrière, des phases apparaissent derrière nous à l’endroit de notre dernier arrêt. Des forestiers viennent charger du bois grâce à d’immense camion. Ils sont loin mais il semble que leurs projecteurs ne braquent que nous. On accélère donc la marche en contournant cette maudite clôture vers notre point de rendez-vous et son couvert. Il y a de moins en moins de souches et de branchages mais le sol est très moue et une odeur de bois pourri rappelant celle du lisier de porc annoncent simplement que nous arrivons dans un marais.

A cause des forestiers et du jour qui menace, il n’y a plus moyen de faire marche arrière. L’odeur me tape à la tête, mes épaules sont en feu, je suis mouillé, épuisé, stressé par le temps qui s’écoule et les phares au loin ; j’ai envie de m’effondrer.

A milieu de cet enfer, j’entends un bruit sourd derrière moi, une sangle du sac de Vince a cédé et il a perdu une partie de son chargement dans l’eau croupie. A ce même moment, je reçois par intermittence une communication radio. J’essaye d’émettre à mon tour mais la communication est brouillée. La pression ne cesse de monter. Derrière moi, Vince patauge dans l’eau pour récupérer son chargement, devant moi Ayen mon éclaireur est figé dans la boue le regard au ciel.

Les communications radio de mon oreillette grésillent, je l’enlève car avec en plus cette odeur d’ammoniaque, ma tête va exploser. J’ai envie de hurler « Stop ! Rallumez la lumière, on recommence ».

Mais nous n’avons pas le choix, il faut nous extirper de ce marécage avant le lever du jour, cela prend de longues minutes. Le poids du sac nous déséquilibre, chaque enjambée dans la boue est un supplice.

0730 : Il nous aura fallu plus d'une heure et demie pour parcourir 500mètres mais nous arrivons enfin à faire jonction avec Tapia. Les Rapas40 semblent tous en grande forme. Nous ne l’apprendrons que Dimanche mais leur progression fut tout aussi infernale. Peut-être cachent-ils comme nous leur fatigue histoire de faire bonne figure.

0745 : Sur la carte et les photo-satellites, la demeure ennemie se trouve au creux d’une vallée avec des arbres et des fougères. Tapia assure notre couverture au moment où nous cherchons un site d’observation. Il fait encore très sombre, on ne distingue pas la demeure. Nous supposons que les ouvertures sont situées sur sa façade Sud mais la colline qui donne sur cet axe vient juste d’être déboisée. Les amas de branches et de souches fourniront une bonne cachette cependant à cause de la nudité du site il sera impossible d’effectuer des relèves. On décide donc d’enterrer l’équipe Lynx plein Sud tandis que Tapia s’installera en soutien sur les hauteurs Nord avec une mauvaise vue sur la bâtisse mais un très bon angle sur le dispositif. Entre les deux, il y a la maison et son unique chemin d’accès.

0850 : Le Po Lynx est terminé. Nous avons établi notre poste à flanc de colline entre deux arbres abbatus. La face découverte donne sur l'objectif, nous l'avons été camouflé par du remblai, des branchages et des fougères sèches. Le travail de creusement a été considérablement facilité par la nature du sol sableux et l’absence de grosses racines. Le soleil se lève, il n’y a aucun nuage, la journée semble bien se présenter. Comme l’ennemi n’a pas de moyen aérien et que la météo semble clémente, nous ne construisons pas de toit car nous préférons prendre plus de temps pour bien camoufler les traces autour du Po ; nous utilisons nos bashas pour isoler le sol en prévision d’une longue journée d’attente statique dans le froid et l’humidité. Nous venons sans le savoir, de commettre la première erreur de la journée.

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0900 : La longue marche et l’établissement frénétique de notre Po nous a lessivé. Nous sommes tout les trois allongé côte à côte face à l'objectif. Je commets la deuxième erreur, la plus grave, de la journée en n'affectant à l'observation qu'un seul pax à la place du binôme habituel. Je mets traditionnellement par écris les roulements pour toute la journée afin que chacun s'organise et règle sa montre mais là, je demande simplement à Vince qui semble le plus réveillé de prendre le premier quart puis de m'appeler dans une heure. Je règle ma montre pour sonner dans 50 minutes histoire d'avoir les idées claires pour prendre mon tour.

0930 : Un civil passe sur le chemin en direction de la maison, on ne voit pas ce qu’il fait puis il repart d’où il est arrivé.

1000 : Je prends mon premier quart. J'ai une très bonne vue sur le chemin et la cour d'entrée de l'objectif mais je n'ai pas sa façade. J'essaye de faire un plan du bâtiment mais il me manque beaucoup de données. Il n’y a aucune activité dans la maison.

1100 : Le temps est passé très vite, je réveille Ayen qui me fait mourir de rire. Le pauvre était dans un sommeil lourd, il a bavé comme un bébé. Sa salive a coulé par chaque extrémité de ses lèvres jusqu'à son menton ôtant ainsi sa crème camouflage. Son visage est noirci par la crème camo et sa peau claire apparait en deux ligne verticale à l'extrémité de ses lèvres pareille à de longues dents blanches lui donnant ainsi un air de vampire. Le tableau est parfait lorsque les yeux éblouis par le soleil, il aspire sa salive comme Nosferatu le sang de ses victimes.

1215 : Vince qui a pris son tour de guet me réveille brusquement : « homme armé sur nous ». Un soldat cagoulé sort du chemin vers notre direction mais s'arrête à mi-chemin à cause de la pente trop forte et des arbres couchés. Il observe puis reprend naturellement son chemin. Nous restons sur le qui-vive quelques minutes puis nous décidons puisque tout le monde est bien réveillé de manger ensemble. Pas question de faire du feu bien entendu, le menu est à base de charcuterie et de pain de ration.

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Dans ma tête les tours de garde sont clairs, on continue notre train train toutes les heures, je suis censé prendre mon tour à 13H00 d'ici quelques minutes. Le ciel est bleu, le soleil nous réchauffe mais je décide de me mettre dans mon sur-sac car j'ai froid. Je prends mon tour d'ici quelques minutes alors je veux profiter du peu de temps qu'il me reste pour me détendre en restant bien allongé, j'ai le même sentiment qu'à la sonnerie du réveil le matin lorsqu'on se dit : « Je profite encore des cinq dernières minutes ».

J'entends du bruit derrière nous. Vince, à ma droite, s'agite. J'ouvre péniblement les yeux, il faisait soleil lorsque je me suis assoupi, il fait maintenant plutôt sombre. Je vois le visage d'Ayen près de moi qui baigne littéralement dans une flaque.
p1160620.jpgJe regarde ma montre, il est :

1650 : Le temps a changé, le soleil nous a quitté et il pleut averse. Je vois apparaître derrière nous Hannibal en tenue civile. Cela plusieurs heures qu'il essaye d'établir contact avec nous en vain. On s'est tous endormi après le repas. La pluie qui s'est abattu sur notre position a été retenu par les bashas à terre, nous pataugeons dans une piscine.

Hannibal nous explique qu’un homme en civil est passé à 15H00 et à caché une enveloppe. Un autre individu en tenue militaire est passé la récupérer à 16H00. La demeure est déserte.

1715 : La nuit tombe doucement, je profite encore de la faible lueur pour lever le Po car on ne peut plus rien observer. On rejoint celui de Tapia plus en retrait du dispositif et donc sécurisé. Nous allons profiter du reste du temps avant notre récupération à 2200 pour aller faire des repérages autour de la bâtisse. Il y a plusieurs cours d'eau aux alentours et j'aimerai reconnaître les ponts. Cette patrouille permet aussi aux deux équipes de se familiariser aux manœuvres conjointes.

1830 : Nous rentrons sur le Po de Tapia. Il nous reste une grosse heure avant de rejoindre notre point de récupération à deux kilomètres à vol d’oiseau de la zone. Nous allons en profiter pour faire un contrôle PAMM et préparer le retour. Tapia range les affaires pendant que nous couvrons le secteur. Je fais deux va et vient vers mes camarades en faction aux extrémités du dispositif histoire de vérifier que personne ne dort mais la sieste de la journée a été réparatrice et les SAS12 « chouffent ».

1900 : Tapia prend son tour de garde. Afin de ne pas rater le rendez-vous avec la log à 2200, il est décidé que Tapia prendra la tête de la marche puisque le point de récupération était sur leur passage hier soir et il semble difficile de le trouver. Ayen et Vince sont en train de vérifier leurs affaires et de manger un peu. On enlève les pulls portés la journée en prévision de la marche. Je demande 10 minutes supplémentaires pour étudier la carte. Histoire de faire oublier notre lamentable sieste de cet après-midi, je veux prendre la tête de la colonne et amener tout le monde à bon port. Je cherche un détour afin d'éviter la zone où Tapia en a bavé la nuit précédente. Je suis fatigué, j'ai du mal à bien rassembler mes idées alors pour éviter de faire des erreurs, je demande à Vince, mon numéro 01 pour le retour d'étudier avec moi le trajet. Ayen est allongé près de nous en train de manger.

1920 : Nous sommes donc tout les deux penchés sur la carte lorsque nous entendons un cri effroyable à 200 mètres à l'Ouest de notre position. Ayen et Vince pousse leur bardat dans les fourrés et se mettent en position avec leurs armes pendant que je rassemble mes cartes et vérifie de n’avoir laissé aucun document sur place.

Nous nous mettons en ligne face à l'ouest où se trouve la maison et d'où provenait le cri. Hannibal me signale par radio qu'il lui manque un pax, celui resté justement à l'Ouest de notre position. On avance prudemment en ligne dans cette direction.

Max était installé dans les buissons à l'Ouest de notre position pour assurer la sécurité du dispositif. Il fait nuit noire et quelques gouttes tombent . Les bruits de la forêt sont difficilement identifiables et avec la fatigue, on se fait facilement des idées, dans ce genre de moment, on voit des « chats bleus ». La souche qu'il fixe depuis quelques secondes se met soudain en mouvement droit sur lui. Il s'agit d'un sanglier qui le charge. Max est donc l'auteur de ce cri effroyable mélange de peur primitive et de rage poussé naturellement pour effrayer l'animal. La chose réussit puisque ce dernier se détourne au dernier moment.

Le groupe revient au Po Tapia afin de laisser sortir le sanglier de notre dispositif. Il est de toute façon l’heure de prendre le chemin du retour.

2050 : Les SAS12 prennent la tête de la marche, je vais essayer de ne pas perdre nos amis ni rater le rendez-vous.

2130 : Nous arrivons à proximité du Point de récupération, il a été décidé que Tapia embarquerait en premier et que nous les couvririons. Nous les laissons donc à 500 mètres de l'objectif et nous partons pour sécuriser le croisement et le seul axe dans lequel s'engagera le véhicule 800 mètres au Sud. Nous pourrons ainsi prévenir Tapia qu'il s'agit du bon véhicule et sécuriser l'embarquement.

2138 : J'entends deux détonations au loin. Peut-être s’agit-il d’un fichu braconnier ? Je pense à notre sanglier, le copain de Max.

2143 : Nous arrivons au croisement où l'on commence à se déployer lorsque je reçois une communication radio de mauvaise qualité. Je ne m'inquiète pas outre mesure, ça doit être le pilote qui approche en voiture et s'annonce.

2145 : Nous voyons des phares derrière nous sur le point de récupération. Le pilote était en avance et il doit rentrer avec son premier chargement. Je reçois de nouveau une mauvaise communication, je ne reconnais pas le voix d'Hannibal. Je contacte Tapia pour confirmation :

- « Tapia de Lynx, voiture en provenance du Point Récupération s'engage vers nous, confirmez embarquement. »

- « -Voix essoufflées- Tapia tombé dans embuscade, décrochons sur Palace 03 (notre dernier point de regroupement), un blessé. » 
Il est tentant de stopper la voiture qui approche pour détruire l'ennemi et récupérer le véhicule pour l'évacuation du blessé mais nous ne devons pas faire de vagues. Il est de plus aujourd’hui scientifiquement reconnu que des billes de 6mm pour 0.25gr ne stoppent pas un véhicule même une Citroën.

Tapis derrière des rondins de bois, nous laissons donc passer la voiture qui roule à toute vitesse.

Je laisse Vince au croisement avec nos sacs et je fonce avec son M4A1 accompagné par Ayen sur Palace 03.

22H00 Après les vérifications d’usage, nous faisons jonction avec Tapia. Max est en train de mettre le bras de Wanted en écharpe. Hannibal m'explique qu'en approchant du point de récupération, ils ont été grenadés. Wanted a été touché au bras par un éclat, il joue donc le blessé.

La récupération a été annulée, nous l'avons reporté d'une heure et demie sur un secteur à 1500 mètres au Sud-Est du croisement où nous attend Vince.

Nous progressons en tiroir avec grande prudence, Tapia avec son blessé nous suit par bond de 500 mètres.

23h30 : Lynx arrive sur le second Point de Récupération. Nous voyons clairement la voiture au milieu d'une clairière, moteur et feux éteints. Il n'y a pas de liaison radio possible avec le pilote. Nous laissons donc les sacs derrière nous. Hannibal m'a prêté son PA et avec Ayen nous contournons le véhicule. Vince reste en face pour lui barrer l'unique sortie de la clairière. On avance en rampant sous les souches autour du véhicule afin de vérifier qu'il n'y a pas de tireurs embusqués. Arrivés derrière la voiture, il n'y a aucun bruit. A hauteur de portière, j'aperçois le chauffeur et il est seul, un G36 à la main.

Au top signal Vince fait mouvement face à la voiture histoire d'attirer le regard du chauffeur, au même moment, je balance un coup de surefire pleine face alors qu'Ayen ouvre la portière et attrape le chauffeur par le bras. Une fois à terre, je commence à le fouiller méticuleusement, Ayen a saisi son G36 et Vince assure notre couverture.

Allongé dans la boue, mes genoux sur ses cuisses, le pilote confirme son identité.

J'annonce la situation à la radio, Tapia s’engage sur la dernière portion du chemin.

Nous aidons le chauffeur à se relever, crème camo sur la gueule et smock trempée, on dénote avec ce dernier. Mon coup de lampe avait révélé les plis et la brillance caractéristique du treillis impeccablement repassé.

Histoire de détendre l'atmosphère, je lance au pilote qui s’ébroue :

«-Beau treillis.»

«-Je l'ai sorti pour l'occasion. »

Hannibal confirme qu'il s'agit bien de notre chauffeur et de sa voiture. Il n'était pas prévu qu'on lui tombe ainsi dessus, le pauvre s'était même endormi en nous attendant, le réveil fut donc violent. Il s'avèrera que c'est la deuxième fois pour lui que nous lui tombons ainsi dessus. Notre ami jouait untrafiquant d’armes lors d’une Op précédente.

2340 : Tapia embarque rapidement avec son blessé.

0010 : Lynx embarque sans problème.

0030 Débriefing à chaud du groupe dans une maison en ruine sur propriété privée, nous sommes aux courants d’air mais à l’abri de la pluie. Lampe frontale sur la tête, cartes et bloc-note sur les genoux, les chefs de patrouille expliquent leurs marches d’approche de la veille. Ensuite la journée d’observation et le décrochage sont analysés, les erreurs commises sont décryptées et enregistrées. Chacun prend ensuite la parole à tour de rôle pour exprimer son ressenti à chaud.

La difficulté principale a été la marche d’approche non à cause des kilomètres parcourus mais par le fait d’avoir perdu du temps et de l’énergie à trouver des chemins inexistants dans l’obscurité. Le second problème que nous connaissions déjà fut l’établissement d’un Po dans le court laps de temps des premières lueurs du jour. Combinée à une longue marche d’approche et un état de fatigue conséquent, l’installation du Po est toujours laborieuse. Nous réfléchissons donc pour la prochaine fois à faire des marches d’approches moins lourdes pour « avaler » des kilomètres au retour.

Au final le résultat de cette mission est mitigé.

Les deux équipes ont rejoins l’objectif avec beaucoup de retard. Le Po Lynx a mal fonctionné et n’a pas collecté suffisamment de renseignements. On sait toutefois grâce à Tapia que la maison est inhabitée et qu’elle sert simplement de BLM. Nous n’avons pu prendre en photo aucune personne présente ni identifier notre agent infiltré. Nous n’arrivons pas à expliquer l’embuscade.
dsc_0115n.JPG

0115 Finex, nous allons maintenant pouvoir parler de toutes les anecdotes rigolotes mais avant on s’affaire pour étendre les affaires mouillés et isoler ainsi les ouvertures. Il faut aussi trouver du bois pour faire un bon feu. Pas besoin de commander, ce qui est avec agréable avec les personnes présentes c’est que chacun prend rapidement des initiatives, les équipes se mélangent autour de leaders improvisés et la demeure est rapidement  aménagée. Les bashas sont étendus aux fenêtres, une table mise et le feu crépite, nous allons enfin pouvoir manger chaud. Les Rapas40 n’ont rien mangé du week-end et par peur d’une mauvaise digestion à cause du froid j’ai sauté mon repas le vendredi soir. On a tous l’estomac au fond des talons sauf Ayen et Vince que je soupçonne de manger en un clin d’œil des boites de tripoux froides au lieu de chouffer lorsque je fais mes points topo …

L’odeur acre des pastilles de réchaud emplie la pièce, les ombres dansent sur un vieux crépi blanc et des éclats de rires éclatent. Max bien entendu se fait charrier à cause de sa mésaventure avec le sanglier, un autre (dont je préserve l’identité) parce qu’il a vomi sa bile entre deux communications radio. C’est ensuite bien entendu notre tour; Heureusement pour nous, Hannibal n’avait pas d’appareil photo sur lui lorsqu’il nous a trouvé en train de roupiller sous la pluie mais je pense qu’on va encore entendre longtemps l’histoire des trois cadavres qui ronflent dans la boue.

02H00-10H00 Comme d’accoutumé, nous réalisons nos huit heures de sommeil pour être frais à affronter la longue route du retour et une semaine de travail. Les affaires sont sèches et rangées, il va falloir encore consacrer du temps au domicile pour enlever la boue, le sable et conditionner le tout pour Février.

dsc_0114n.JPG
11H30 Avant de « décoller », les Rapas40 nous font l’agréable surprise de préparer un barbecue avec des spécialités du coin. Ayen et Vince en fins connaisseurs savourent la viande de porcs et nous terminons le repas par une bonne galette car qui sont les rois ?

 dsc_0112n.JPG


Je remercie chaleureusement les Rapas40 pour avoir organisé cette belle sortie et ce barbecue mémorable avec une pensée amicale pour notre « pilote ». Il faut aussi remercier même s’ils ne nous lisent pas Monsieur le Maire et son équipe municipale.

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 10:41

L’entraînement de Décembre sous les premières neiges avait pour thème le camouflage.

1209-entrainement 1173
La séance a commencé avec une revue de paquetage afin de vérifier que tout le monde était prêt à affronter l’hiver et le cas échéant, orienter au mieux les achats de Noel. Chacun présente son emport partageant ainsi expérience et astuces.
1209-entrainement 114434 decembre noir
31 decembre noir
Adrien nous explique sa méthode confidentielle de bivouac tactique ultra léger mis au point après plusieurs années d’expérience dans la brume humide des lendemains froids et désenchantés de fêtes votives aveyronnaise (des stages peuvent être organisés à partir de la Saint Jean 2010).


Tout le monde, ou presque donc, est convenablement équipé pour affronter le froid, les kits et procédures sont harmonisés et la petite troupe est homogène. Je souligne ici l’effort financier des recrues pour se mettre rapidement à niveau sur l’équipement, le matériel radio et les répliques.


L’exercice avait pour but d’enterrer un groupe de six individus sur une semaine voir plus afin d’observer une grange isolée.

1209-entrainement 1148
Nous avons donc établi un PO semi enterré à flanc d’une colline peu boisée mais parsemée de ronces et fougères. A 1500 mètres de la cible, avec la monoculaire X60, un poste bien isolé au sol et convenablement camouflé, le travail semble facile… pour 24 heures de jeu, on a donc une pensée pour les hommes qui restent des semaines dans la froid et l’insécurité. Le seul problème reste les traces de passages sur les feuilles mortes lors des changements de quarts.

1209-entrainement 1151
La zone de vie semi-enterrée assez vaste pour accueillir quatre individus au sec et l’équipement de six a posé un peu plus de soucis mais tout le monde et Koursk en particulier a pris un grand plaisir à patauger dans la boue gelée. Le volume de terre à évacuer était conséquent, nous avions pour nous, une barrière de ronces et de broussailles pour la stocker. La météo annonçait des chutes importantes de neige pour la semaine, il fallait donc construire une toiture de basha supportant le poids de la neige. On a donc utilisé des pieux pour tendre l’édifice au maximum et l’enfonçage de ces derniers a posé des soucis de discrétion.

1209-entrainement 1147
Un PO secondaire installé en hauteur sur notre flanc servait grâce à la vue d’ensemble à protéger l’ensemble de notre secteur.


La journée a permis de corriger des erreurs mais le travail a soulevé de nouveaux problèmes dont nous trouverons sûrement la solution lors de la prochaine journée de mise en pratique.

 

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 11:47
Faute de grives on mange des merles.
Notre sortie "opérationnelle" bi-mensuelle est tombée à l'eau au dernier moment, un cauchemard d'organisateur que je ne croyais plus revivre.
C'était un Vendredi 13.
Les grands ennuis des années précédents sont ressurgis du passé : annulation de dernière minute, casse de matériel, système radio défaillant, trouble de l'érection ...
Malgré tout, nous avons mis à profit notre temps pour "driller" (je ne sais pas si ça se dit).
Au programme :
Révision des exercices d'Octobre dernier et survol du prochain entrainement de Décembre.
Un peu de patrouille donc et du camouflage surtout.
On a travaillé le bivouac tactique avec les nouveaux et réalisé un PO en lisière de forêt :
(Au centre sur la photo, ça sert en quelque sorte d'illustration, le rendu est difficilement percevable sur photo et faussé en plus par la lumière en contre-jour) :

Nous avons pu utiliser les premiers achats faits à partir de la caisse commune du groupe à savoir : 
Monoculaire d'observation X60, grillage à poule et filet cam individuel.
(photo au premier plan à coté de Nono et Frog)

Je n'ai pas eu le temps de prendre plus de photos.
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 21:16

Après l'épreuve de "Selection", voici le premier entraînement de l'équipe effectué au début du mois d'octobre sous un beau soleil d'été indien.

Au programme : le calendrier des sorties et la vie de groupe puis la mise en pratique du déplacement en patrouille et de la communication.

(cliché intéressant montrant l'efficacité du panachage à l'automne)

A midi pour le repas, nous avons abordé les grands sujets de discussion et les questions existentielles :

Réglage des sangles dorsale des Bergen en descente ou bien le choix entre ration conserve, popote maison ou sachet lyophilisé ou bien encore après le cas Romain, le nombre d'enfants non reconnus par Athos...

En après-midi nous avons planché sur la cartographie simplifié, avec le travail sur les instruments de mesure et la carte 1/25000eme. La formation est simplifié, il s'agit de savoir calculer des azimuts et faire les reports carte/terrain. On a terminé par des études de cas.

Cette journée est aussi l'occasion de continuer à faire connaissance avec les nouveaux puisque nous avons doublé nos effectifs. Lors de la création de l'équipe en 2004, nous avions fixé le nombre à quatre pour former une patrouille et garder une certaine intimité. On a souvent progressé à trois jusqu'à l'an dernier et il a été décidé de doubler les effectifs afin de pallier les absences et d'être au moins quatre au sûr à chaque sortie.


Nous ont donc rejoint pour cette saison : Vincent et Arnaud au premier plan et Yoann "Frog" le père fondateur de l'équipe, au milieu.
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