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Le 22SAS12 est un groupe de reconstitution de Parachutiste SAS Français Libre et du 22eme régiment SAS anglais. Ce blog présente notre approche particulière de la reconstitution mais il s'adresse aussi à tous les passionnés des SAS. Nous parlons des opérations, des équipements mais aussi de littérature, de cinéma et de l'actualité. Crée en 2006, ce blog est devenu la première source francophone sur le "Regiment" !   
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22SAS12 is a group reenacting WW2 era Free French SAS paratroopers and the modern 22 SAS. This blog presents our particular approach of the reenactment but is also aimed at all people passionate about the SAS. We talk about operations, equipment but also about literature, cinema and the current events. Created in 2006, this blog has become the premier French-speaking source on the "Regiment" !

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 09:55

Un binôme ou un trinôme de tireur d’élite est aujourd’hui chargé d’effectuer des missions dans deux cadres différents : les tireurs de précision et celui des tireurs d’élite, plus connu sous le nom anglo-saxon de « sniper ».

Un soldat qualifié de tireur de précision ou « TP » est, généralement, armé de fusils de calibre 7.62*51mm ou .338 Lapua Magnum, et est intégré au sein d’une compagnie de combat afin de les supporter en effectuant des débordements et en ce postant sur des points hauts. Son entrainement assidu au tir permettra de faire baisser les têtes à un ennemi situé à une distance ne dépassant pas, en général, les 800 mètres ; alors que les hommes de la compagnie armé en 5.56 n’ont qu’une portée efficace de 300 mètres. Leur aide à la visé à longue distance leur permettent d’identifier les cibles stratégique et ainsi choisir celles qui porteront un coup au moral à une section ennemi ou pas, et donc d’effectuer des tirs sélectifs (officier, opérateur radio,…). Leur mission étant de supporter les troupes amies, ils renseignent, aussi, du mouvement des forces ennemi à son chef de section. Enfin, ils sont couramment employés lors d’opérations de contrôle de foule, pour effectuer des missions de dissuasion.


Binôme de sniper du groupe Rhône – tireur/observateur

Les tireurs d’élite, ou sniper, sont des termes faisant références à des hommes qui sont isolé et amené à travailler en binôme ou en trinôme avec tout type de calibre de fusil, celui allant du standard OTAN 7.62*51mm jusqu’au 12.7*99mm qui leurs permettent de toucher des cibles à plus de 1600 mètres. Ainsi, ils ont pour rôle au combat d’accomplir des missions d’appuie des opérations en délivrant des tirs de précisions sur des cibles sélectionnées depuis une position dissimulé, comme les TP. Ils peuvent aussi être employés derrière les lignes ennemies dans le but d’éliminer une cible précise ou de récolter des informations. Enfin, le sniper grâce à l’usage de calibre puissant peut mettre hors d’état de nuire un véhicule civil ou militaire et ainsi faire de la lutte anti matériel qui peut se traduire au contrôle d’un checkpoint.

On peut appeler “ sniping ”, dans les grandes lignes, l’art de bien tirer au fusil. Cet art peut être atteint à la suite d’un entraînement tenace et ininterrompu. Savoir bien se positionner, gérer sa respiration, contrôler la détente de son fusil, estimer rapidement la vitesse du vent, la distance et l’altitude en cas d’urgence, anticiper le mouvement de la cible, son angle (car la vitesse de déplacement de la cible n’est pas la même sous différents angles), etc… font partis des compétences d’un tireur d’élite. Les qualités individuelles de combattant sont d’une importance primordiale dans la conduite du sniper, car il mène le combat dans des conditions où, les qualités morales, sa volonté et son cerveau tendus jusqu’aux limites extrêmes, sont dans l’intention de tromper et de vaincre l’ennemi.
Le courage lié au sang-froid compte parmi les plus belles qualités de n’importe quel combattant, mais pour un sniper, ces qualités sont absolument indispensables.
Dans l’art aussi compliqué que le “ sniping ”, dans la lutte avec l’ennemi qui sait utiliser à la perfection ses armes, on ne doit pas être inférieur à lui, et à plus forte raison, commettre des erreurs.
Dans cette lutte, l’audace et le courage doivent être accompagnés d’endurance, de ruse et de raisonnement.


Tireur du groupe Rhône armé d’un AW .338

Toutefois, ce serait une erreur d’appeler sniper un homme qui est simplement un excellent tireur. Le chasseur qui place sa balle dans l’œil de l’écureuil n’est pas un « sniper ». Le sportsman qui abat toutes les cibles sans perdre une seule balle n’est pas un sniper non plus.
En plus d’être d’excellents tireurs, ils sont d’excellents observateurs. La réussite du sniper au combat dépend beaucoup de son aptitude à observer et à déterminer les cibles. Rien ne doit échapper à son champ visuel. Il doit savoir, dans tous les milieux, à tout moment, et en toutes circonstances, parfois dans des conditions météorologiques difficiles, démasquer et anéantir les objectifs. Ces hommes sont donc la plupart du temps articulé en binôme observateur/tireur où l’observateur, qui aura au préalable effectué un croquis du champ de bataille en y indiquant des informations sur des distances clé, les axes de circulation, etc… va guider en direct le tireur qui aura l’œil dans sa lunette tout au long de l’action. L’observateur possède une vue général du champ de bataille ; le tireur, lui a une vision tunnel, et est là pour shooter la cible. Enfin, son rôle est aussi de fournir des indications sur les conditions météorologique et géographique qui vont influer un tir à longue distance et qui va permettre le zérotage de la lunette du tireur (la vitesse du vent, l’altitude et la distance). Il est dit qu’au combat, ils changent les rôles toutes les 20 à 30 minutes, car l’observation prolongée aux jumelles fatigue les yeux.


Observateur du groupe Rhône en train d’effectuer un croquis du champ de bataille. On peut apercevoir ces instruments principaux : télémètre laser, anémomètre, carnet et lunette d’observation camouflée grâce à un filet


Le sniper est un soldat qui doit être plus rusé que son ennemi. Il doit savoir bien se camoufler, afin de rester invisible pour l’ennemi, avoir un sens aigu de l’observation et connaître les procédés d’observation de l’ennemi. Le sniper est un homme volontaire, de grande endurance et de patience. Il doit être habile, leste, et avoir des réflexes rapides. Toutes ces qualités lui permettent d’utiliser au mieux son arme et de battre l’ennemi à coup sur.
Il pratique l’art du camouflage. Se camoufler signifie tromper la vigilance de l’ennemi et, par conséquent, avoir la possibilité de l’anéantir avant qu’il ne fasse feu sur notre sniper. La réussite des snipers dépend en grande partie de leur aptitude à utiliser le terrain. Sous-estimer le camouflage signifie s’exposer au danger et ne pas être à la hauteur dans l’art militaire. Savoir bien se camoufler est une des principales caractéristiques du sniper en tant que militaire, qui le distingue du tireur sportsman. Le sniper doit utiliser le terrain avec art pour ne pas être démasqué par l’adversaire.




Se déplacer sans éveiller les soupçons avec une « ghilie suit »

Agissant parfois seul, derrière les lignes ennemies, le sniper doit savoir assurer sa sécurité. D’où l’articulation en binôme, où la progression est une couverture mutuel à chaque instant. Lors d’un tir suivis d’un décrochage, l’observateur armé d’une arme plus légère mais automatique comme un M4, est chargé de couvrir les fesses du tireur qui décroche en premier. Suivant la zone et la mission ils leur arrivent, même, d’évoluer en trinôme avec un troisième soldat équipé d’une arme plus lourde comme un M4 + 203 et qui est posté un peu plus haut pour couvrir l’arrière du binôme sniper. 

 
Après la phase d’infiltration et l’arrivé sur l’objectif, le binôme se déséquipe et ne prend que l’essentiel pour arriver sur la zone de tir, en se couvrant mutuellement


Et le matériel est ensuite camouflé pour éviter de se faire repérer. Evènement qui conduit souvent à l’avortement d’une mission.

Ne pas laisser de traces est un art. D’où la patience de ses hommes, qui doivent se déplacer lentement, méticuleusement, sans faire de mouvements brusques qui pourraient casser des branches, aplatir des feuilles et surtout laisser de la jute au sol. Il faut être vigilant car comme disait notre cher Pousse Cailloux, s’il y a un élément qui trahis la présence de sniper, c’est bien celle de la jute. Et nous en perdons beaucoup : ça s’accroche, s’arrache. Les passages de barbelés sont généralement fatals.

Est-ce qu’il est possible de faire du sniping dans le Milsim ? :

Le problème n’est pas dans l’application de l’art du sniper qui comprend une façon différente de s’équiper, de s’articuler, de se déplacer,… par rapport à un groupe choc ou de reconnaissance classique et qui rend l’activité très intéressante. Nous avons plutôt émis des réticences quand à la phase de tir et l’aspect tir longue distance.
Nous utilisons des répliques d’arme qui tirent des billes de 6 mm en plastique à une puissance allant autour de 130 m/secondes. Ce qui équivaut, avec une réplique non boostée, à des tirs efficace à une distance de 35/40 mètres. Faire du tir longue distance dans ces conditions est donc proscris. Ne sachant pas trop les performances qu’il est possible d’obtenir en upgradant une réplique, c'est-à-dire en la rendant plus puissante, nous nous sommes basé sur une distance de 50 mètres, pensant qu’au-delà, avec la fragilité du projectile, il était peu probable d’atteindre une cible en tir tendu.

Nous avons testé plusieurs types de réplique alimenté de différente façon : l’électrique, le gaz et le « spring ».

Nous avons commencé par le gaz CO², qui est la source d’énergie la plus puissante en matière de réplique d’airsoft. Le résultat a été concluant pour certains tirs, en atteignant des distances de plus de 60 mètres mais pas pour d’autres. Le problème du gaz est que son approvisionnement est irrégulier à chaque coup. Nous ne pouvons donc pas nous baser sur quelque chose d’instable. Nous avons abandonné.

Ensuite un ami a testé le spring. C'est-à-dire une réplique de type M24, à rechargement manuel, et où la libération brutal d’un ressort sous pression créé l’essence du mécanisme : de l’air sous pression. Il a eu la chance d’obtenir d’origine une réplique tapant assez fort, lui évitant de l’upgrader. Car le problème des spring, est que l’upgrade se situe au niveau du ressort : plus nous avons un ressort puissant, plus l’air dégagé par celui-ci sera importante. Et ceci est un problème lorsque l’on veut le tendre : c’est difficile. De plus, le tir n’est possible qu’en coup par coup, nous perdons, donc, à chaque coup, la visée. Si la cible est manquée, on est obligé de réarmer, et de retrouver sa cible. Et sur une distance de 50 mètres, face à une section, on a vite fait de se retrouver dans une situation dangereuse. Cependant, l’avantage de ces répliques est que nous obtenons des tirs réguliers, il est donc possible de faire du sniping avec celle-ci, si on maitrise bien son arme ; que l’on est sur de faire mouche du premier coup. Mais nous avons aussi, abandonné l’idée.

Il restait donc les répliques électriques dont le grand avantage est que le sélecteur de tir a un vrai rôle : suivant les armes nous pouvons choisir d’être en mode sécurité, rafale de 3, semi automatique, ou automatique. Pensant que le projectile sera plus ou moins fiable durant tout le long de sa course, à cause de sa faible vitesse et de son faible poids, pouvoir effectuer des tirs en mode semi auto est la clé du succès. Balancer deux séries de « double tap » permet d’assurer le coup à une distance de 50 mètres. Cependant le problème est que ces répliques sont d’origine de faible puissance et peu précise. Il faut donc augmenter la puissance de ces deux facteurs, ce qui peut très vite devenir onéreux. L’autre problème réside dans la batterie : nous crapahutons par tout temps, en été comme en hiver, sur des durées plus ou moins importantes et somme donc confronté aux effets du froid sur les batteries qui a tendance à les vidées beaucoup plus rapidement. Les nouvelles batteries chimiques nommé « LIPO » (Lithium Ion et Polymères), semblent cependant beaucoup plus résistantes à la température que les batteries classiques constituées de piles. Le passage en LIPO est donc conseillé. Toutefois il est possible de gérer la température de sa batterie sur le terrain en l’enfermant dans une boite hermétique dans lequel on insert des chaufferettes.
Nous crapahutons aujourd’hui avec un M14 EBR Marui électrique, avec un corps en métal G&P et l’observateur possède une réplique de Mk18 mod0 de chez AVALON. Le tout en LIPO. Le M14 tape à une distance de 50 mètres ce qui nous permet d’être hors de porté des répliques non boostée et donc de pouvoir décrocher en un minimum de sécurité.
Donc, OUI le sniping est une activité possible dans le Milsim mais onéreuse car en plus d’équiper sa réplique il faut aussi posséder du matériel spécifique d’observation.


Photo général, montrant le matériel emporté par un binôme sniper classique lors d’une opération de 48 heures. Et encore il y manque quelques éléments.

Je tiens à remercier les talents de Xavier, aka 12 et Cédric aka Cedr01 pour leur patience et leur talent de photographe. Et bien sur, Julien aka Janus qui a transpiré avec moi sous le soleil chaud du moi d’aout.

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Published by ROMAIN - dans TECHNIQUE
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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 16:13

F.F.O.M.E.C.B.L.O.T

 

Les bases du camouflage militaire

 

 

Avant de rentrer dans le détail et définir cet obscur acronyme, il est important de rappeler la définition même du camouflage militaire.

 

Le camouflage militaire est un art (véritable), qui consiste à vous dissimuler, pour vous soustraire à la vue, à l'ouïe et à tout moyen de détection employé par l'ennemi.

 

Se dissimuler est l'essence même du camouflage militaire, mais il faut aussi considérer qu'il n'est pas obligatoire de se cacher au sens littéral du terme pour se soustraire aux moyens de détection de l'ennemi.

 

Le camouflage, comme tout art digne de ce nom, fait appel à des règles de bases, fondamentales, que nul, comme toute loi, n'est censé ignorer.

Mais comme toutes règles, celles du camouflage militaire se doivent d'être adaptées et adaptables à la situation, et constamment évolutives.

 

En gros, pour faire simple, le camouflage consiste à ne pas se faire repérer par l'adversaire ou l'ennemi, et le meilleur moyen pour cela, plus que de bien se cacher, est de ne pas exister.

 

Ne cherchez pas à imiter ou à vous fondre absolument, parce qu'il arrive de ne pas pouvoir.

Ne cherchez pas à tout prix à être tel ou tel élément du décor.

Ne soyez pas. Ou soyez le vide qui entoure le buisson.

NE NOURRISSEZ PAS LE CERVEAU D'EN FACE.

Si l'adversaire s'arrête sur vous, même si vous avez l'aspect d'un buisson à s'y méprendre, vous existez pour lui. Ne donnez aucune nourriture à son cerveau, afin qu'il ne soit jamais en mesure de vous identifier, et donc, de vous considérer.  

Le cerveau d'un mammifère (comme l'homme, donc), ne peut pas définir ce qu'il n'identifie pas.

 

Le camouflage mili est un gage de survie en territoire hostile et en appliquer les règles de bases sans vision évolutive est synonyme de compromission rapide, et donc, chez les professionnels de la guerre, de mort imminente.

 

Avant de parler de ce fameux FFOMECBLOT, je me dois de revenir sur un point fondamental.

Même s'il se pratique en milieu urbain, loin de tout espace forestier ou naturel, le camouflage militaire doit suivre les mêmes règles que le camouflage destiné à la photographie et à l'étude éthologique des espèces sauvages.

La nature est la première "étape" du camouflage. Son premier test grandeur-nature. Se fondre dans un milieu sauvage signifie aussi préserver son équilibre et son intégrité, tout en assurant sa propre protection.

La nature est l'alliée de celui qui sait s'y dissimuler, car, en territoire hostile, plus qu'ailleurs, passer totalement inaperçu aux yeux et aux oreilles de la faune peut vous permettre d'avoir une longueur d'avance sur votre adversaire ou votre ennemi.

 

Il existe des animaux dont le rôle naturel consiste à alarmer leur écosystème de la présence d'un intrus.

En connaissant les espèces, vous vous éviterez beaucoup de troubles qu'un "ignorant" ne saurait éviter. Et, je le rappelle, passer inaperçu auprès de la faune sauvage, c'est aussi ne pas la déranger, et donc, en connaissance de cause, la respecter.

 

Revenons donc au camouflage militaire, dont le but est strictement humain, que ce soit pour de l'action directe ou du renseignement (ce qui est plus de mon ressort).

 

J'en arrive donc au titre de ce chapitre: FFOMECBLOT.

 

Le FFOMECBLOT est un acronyme militaire (c'est presque un pléonasme aujourd'hui), qui rappelle des souvenirs à tous ceux qui ont connu à un moment donné de leur vie le fameux mois de classe, lors de leur période de service militaire. FFOMECBLOT s'apprend sur les bancs des salles d'instructions régimentaires et, malgré son aspect TTA frustrant, il est la base indiscutable de l'application efficace d'un camouflage militaire de terrain.

 

FFOMECBLOT réunit les 10 principes de bases du camouflage, les 10 facteurs fondamentaux, récurrents et inévitables qui interviennent dans le domaine.

 

Fond

Forme

Ombre

Mouvement

Eclat

Couleur

Bruit

Lumière/Lueur

Odeurs

Traces

 

Et bien, agissons dans l'ordre.

 

 

FOND

 

Le fond est bien entendu le décor dans lequel vous évoluez.

Il se subdivise, évidemment. Voici un exemple:

 

Forêt

Claire/dense

Feuillue/persistante

Dominante verte/brune/ocre/grise

Etc…

En analysant avec précision votre environnement direct, vous mettez tous les atouts de votre côté et évitez ainsi les pièges éventuels.

Vous devez constamment garder en mémoire l'environnement et ses particularités, devant vous, pour trouver un écran de dissimulation, mais surtout derrière vous, pour ne pas jurer (comme une olive noire dans un bol de lait) dans votre décor. Pensez toujours à l'arrière-plan, comme si l'adversaire vous voyait à 360°.

Ne soyez pas charmé par votre propre pouvoir camouflant. Votre DPM ou Multicam peuvent vous sembler invisibles de face, parce que VOUS vous projetez fatalement devant votre nez, en vous convainquant inconsciemment que l'ennemi voit ce que vous voyez. Mais si vous êtes le Positif de l'image, l'ennemi en voit le Négatif.  

Il se peut donc que vous soyez dans l'axe d'un rocher ou d'un mur clair qui dort dans votre dos et que vous n'avez pas vu, parce que vous faites une fixette devant votre nez.

En infiltration, on doit se considérer tout le temps observé par quelqu'un. C'est la raison pour laquelle il faut faire attention sur 360°, parce le fond sur lequel vous évoluez peut trahir votre présence.

Quelques exemples: La nuit. Le ciel nocturne est toujours plus clair que la forêt. Attention à ne pas marcher en ligne de crête, votre silhouette se détache en noir sur fond clair.

En forêt, ne projetez pas le pouvoir camouflant de votre tenue devant vous, mais derrière vous, en tenant compte de l'espace vide "incolore" d'entre les arbres.

En plaine ouverte, attention à l'arrière plan, même lointain. Une maison, si lointaine soit-elle, peut "happer" un court instant la dominante sombre de votre treillis. Un court instant qui peut suffire.

En Irlande du Nord, les sympathisants et les activistes de l'IRA peignaient les murs des maisons d'une large bande blanche, à hauteur d'homme, afin que les patrouilles britanniques soient visibles lorsqu'elles longeaient les murs de ces mêmes maisons. La silhouette sombre du trooper se détachant irrémédiablement sur fond blanc. A méditer…

 


Le FOND est essentiel lors de votre progression. Il est le premier facteur à considérer pour vous rendre de A à B, de B à C, etc.

Ne pas jurer dans votre environnement direct, c'est déjà un pas vers un camo efficace.

N'oubliez pas: un coup d'œil devant, un coup d'œil derrière.

 

FORME

 

Nous parlons de la forme qu'a votre silhouette.

 

On lit souvent que l'être humain est "identifiable" par le Delta" caractéristique que forme la tête et les épaules. Moi, je parlerai plutôt d'"Oméga" .

C'est bien cette forme de fer à cheval qui trahit un buste et une tête humains et ça, homme ou animal, tout le monde le sait …

 

C'est bien simple, brisez cette forme, et la forme du corps humain en général (briser l'oméga tête-épaules est souvent suffisant).

Voilà la vocation de la "disruptivité" d'un camouflage: briser par une alternance clair/foncé la forme du corps humain.

 

Attention cependant à ne pas trop en faire. Une simple écharpe-filet jetée sur la tête et couvrant les épaules suffit la plupart du temps à briser cet Oméga.

Souvenez-vous que le mieux est l'ennemi du bien, donc, ne déplacez pas le problème. Un oméga moulant en toile de jute ou en feuilles synthétiques n'en est pas meilleur pour autant.

C'est d'abord l'oméga qu'il faut briser, puis la texture de votre corps (cacher sa peau).

 

Autre chose, attention que la "forme" de votre tenue (votre aspect géométrique) ne jure pas dans votre environnement direct. Un paquet compact aux formes trop nettes, même si elles n'ont rien d'humain, peut vous trahir.

 

Personne ne vous demande de ressembler à tout prix à un élément du décor. Ne le faites pas, car ils sont tous différents et bien trop complexes pour être imités à la perfection. Et surtout, comme ils peuvent être décrits par un homme qui observe ("dentelé, découpé, ciselé…"), n'ayez pas une forme descriptible.

 

Soyez plutôt un tas de merde informe et indescriptible, qu'un "magnifique buisson brillant, touffu, vert et hérissé, à 200 m sur la droite, au pied du gros sapin".

 

Qui peut trouver les mots pour décrire un tas informe, aux couleurs mal définies? Et qui, surtout, va y arrêter son regard? sachant que le premier réflexe d'un soldat aux abois ou méfiant et de rechercher le visage d'un ennemi.

OMBRE


 

On ne peut pas composer avec notre ombre.

Tant qu'il y a de la clarté, elle nous suit comme la peste. Je dis clarté, et pas lumière, car la clarté de la Lune suffit à générer une ombre. Pensez y surtout les nuits de pleine Lune.

 

Quelle que soit vos teintes, votre forme, votre allure de progression et votre discrétion, vous ne pouvez pas l'éviter: vous créez une ombre.

Comme vous n'êtes pas, si je puis dire, des fantômes, vous êtes obligés d'en tenir compte.
 

 

Pour cela, premièrement, surveillez toujours l'angle de la lumière solaire. Ne longez pas un mur ou une haie, ou je ne sais quoi d'autre, si la lumière solaire y projette votre ombre.

La lumière solaire doit de préférence être dans votre dos, quand vous avancez vers l'ennemi. Ce qui aura deux avantages: la lumière sera projeté vers lui, donc, vers le sol et le soleil de face gênera considérablement sa capacité à vous déceler.

Mais, revers de la médaille, votre ombre peut courir jusqu'à lui, s'il n'y pas d'obstacles entre votre ombre et lui (facteur dont il faut tenir compte en milieu urbain, où la distance d'engagement diminue vraiment).

 


Attention:
 _ ne coupez pas le soleil directement, façon éclipse. C'est radical pour vous faire repérer.

_ Ne créez pas de zones d'ombre sous-jacente: quand vous êtes accroupis, vous créez une zone d'ombre entre votre cou et vos cuisses. Quand vous êtes en position d'observation allongée, entre votre menton, vos coudes et le sol. Gaffe, ça se voit de loin, parce que ça crée un "effet cavité" quand on voit ça de face.

_ Ne laissez pas votre ombre dépasser d'un mur derrière lequel vous vous planquez.

 

Dans tous les cas, c'est une certitude, plus vous ramasserez votre silhouette, moins votre ombre vous trahira: si votre silhouette est ramassée, l'ombre qui est projetée en est moins facilement identifiable. Un homme accroupi derrière un mur a une ombre projetée qui dépasse du mur (ça ne doit pas arriver) moins évidente que celle d'un homme debout.

Plus vous vous ramassez sur vous-même, tête et épaules comprises, moins votre ombre sera assimilable à votre rang d'homme.

Ca n'en est que plus évident lorsque vous êtes allongé. L'ombre générée est presque nulle et, pour peu que le camouflage soit ample et 3D (et ne générant pas "d'effet cavité"), elle n'est pas assimilable à l'être humain.

 

MOUVEMENT

 

En ce qui concerne le camouflage militaire, il y a 2 types de mouvements à considérer:

 

_ Le mouvement de déplacement;

_ Le mouvement d'action.

 

Le mouvement de déplacement est la manière et l'allure auxquelles vous vous déplacez.

 

La première chose à éviter est la précipitation, qui est un ennemi du camouflage. Elle doit être réservée à l'exfiltration, lorsque votre forfait est accompli et que vous devez dégager la place rapidement.

 

Dans la nature, des espèces d'oiseaux et de mammifères, ainsi que certains amphibiens et insectes sonneurs ont un rôle de sentinelles. Au choix, ils se mettent à crier ou se taisent subitement en présence d'un danger, en l'occurrence un super prédateur tel que l'Homme, alertant du coup l'ensemble de leur biotope et les humains qui le comprennent.

 

Ce phénomène est d'autant plus vrai si vous marchez comme un prédateur en chasse.

Les animaux vivent suffisamment de perturbations d'origine humaine, sans que vous ayez besoin d'en rajouter. 

 

En approche, marchez en ramassant votre silhouette, utilisant tous les écrans disponibles entre votre objectif et vous. Mais marchez normalement, simplement, en ralentissant considérablement votre vitesse. Un mouvement régulier et fluide est beaucoup moins perceptible qu'un mouvement sec et rapide, surtout face à un œil exercé qui fixe une zone avec intérêt.

Avancez au ralenti, sans pour autant adopter une attitude anormale.

Pas de Playmobil, pas de robot, pas de caméléon qui décortique ses mouvements.

Soyez ralenti, marchez en douceur, sans saccades. La marche d'approche est par définition stressante et pénible… faites en sorte que ça n'empire pas.

Détendez vos pieds et posez toute la plante au sol. Pas que la pointe, encore moins que le talon. Tout le pied, en déroulant du talon à la pointe, souple et plat. C'est le meilleur moyen d'être discret, stable et de ne pas s'épuiser.

 

En gros, quand vous marchez, faites comme un herbivore qui se nourrit. Un pas tranquille, prudent, sans bruit et sans saccades. C'est inné chez eux, ceux qui leur permet de se fondre tout en continuant à se nourrir, sans créer de bruit qui parasiterait leur ouïe. Pas d'arrêt fréquent comme un prédateur qui piste. Ne tournez la tête que lentement, le contraire serait un signe menaçant pour les animaux qui alarment leur environnement.

 

Si vous rampez, faites le serpent et pas le lézard. Ne vous secouez pas. Traînez-vous, sil le faut, comme une limace. C'est plus fatigant, mais tellement plus discret.

Il suffit de comparer la discrétion de déplacement dans l'herbe, entre un serpent et un gros lézard…

 

Le mouvement d'action

 

C'est l'ensemble des mouvements que vous faites pour tout ce que vous devez faire à part marcher: vous grattez, monter votre arme, regarder aux jumelles, manger, boire, pisser… que sais-je encore.

 

Comme vous devez vous considérer comme constamment surveillé, oubliez tout ce qui est mouvement ample et décollé du corps.

Faites glisser vos mains et vos bras le long de votre corps, comme une caresse. Si, par malheur, vos mains ne sont pas couvertes, un mouvement ample et rapide peut être vu de très loin, par un homme ou un animal.

 

Là encore, prenez votre temps; bougez lentement et en gardant vos membres collés à votre corps.

 

 

ECLAT

 

Malheur à celui qui luit ou qui brille!

 

Avant toute chose, pensez à rendre tout votre équipement MAT.

Prenez le temps d'en faire le tour. Passez à la bombe de peinture ce qui doit l'être; si la brillance persiste, passez la surface métallique à la flamme, si possible, ça la rendra plus mate.

 

Oubliez le cirage sur les rangers. Ca brille et ça sent. En fait, oubliez les rangers si vous comptez marcher en souplesse.

 

Evitez tout ce qui est trop riche en nylon. Le nylon, ça luit au soleil.

 

Bien sûr, pensez qu'en approche et en situation de stress, vous allez suer comme un bœuf. La sueur se voit sur une peau claire, mais c'est encore plus vrai sur une peau mate ou noire; le soleil s'y reflète un peu trop bien.

Les crèmes de camouflage se délavent vite à cause de ça.

 

Perso, je préfère les cagoules ou les filets. Mais prenez tout le temps qu'il faut pour bien choisir ce qui va couvrir votre tronche: champ de vision large, matière qui ne gratte pas, couleurs judicieuses, pas trop chaud, bien fixe, etc… Un bon camouflage de visage est essentiel.

 

Souvenez-vous qu'un éclat se voit à des kilomètres et qu'une simple lunette de tir trop exposée peut trahir votre présence. Pensez aux bonnettes et aux caches en "nid d'abeille". A défaut, utilisez un filet camo ou de la gaze médicale teinte au thé.

 

Je le redis, faites le tour complet de votre équipement avant de partir, histoire que vous puissiez revenir tranquille.

Etre trahit parce qu'une pièce de votre équipement brille, c'est tragicomique. Le comique n'étant pas de votre côté…

 

COULEUR

 

 

A l'évidence, personne ne vous demande de porter une tenue rouge sur la neige.

 

Mais il faut savoir que l'œil humain est assez facile à leurrer, surtout s'il ne perçoit pas de mouvement dans son champ de vision.

 

Dans le spectre des couleurs, nous pouvons facilement être leurrés: une couleur efficace est une couleur qui s'insère dans un large spectre.

Pourquoi l'Alpenflage Suisse, ce fameux camo rouge, est-il si efficace en forêt? Simplement parce que le rouge est correctement inséré dans le spectre des couleurs que l'on perçoit, entre le marron de l'humus et des écorces, et le brun roux caramel des feuilles qui forment la litière forestière. Bingo, le rouge est un compromis acceptable entre toutes ces couleurs.

 

Ce principe marche pour toutes les nuances de couleurs, mais pas pour l'imbécile heureux qui a créé l'ARPAT en prétendant qu'il se fondrait correctement en forêt. Lui, il mériterait des baffes, et je reste sobre…

 

Parce que la couleur, ça va sans dire, doit être compatible avec l'environnement de votre mission. Cherchez celles qui s'insèrent entre les couleurs dominantes du décor.

C'est un peu le principe du Multicam, qui lui, en plus, fond ces couleurs, les rendant peu discernables de manière franche par le cerveau humain.

Imaginez une forêt aux feuillages jaunes et aux troncs rouges. Les deux couleurs sont trop opposées pour pouvoir se chevaucher discrètement. Prenez une tenue orange, vous jouerez efficacement sur la perturbation de l'œil induite par l'addition jaune + rouge.

 

Plus réaliste, si vous devez constituer vous-même votre camouflage, collez les couleurs sans limite franche, là où vous hésiterez à définir une dominante (principe du Multicam). Vous hésitez entre le kaki et le marron? entre l'écorce et le feuillage? mêlez sans frontière nette les deux couleurs, vous n'en serez que plus efficaces, tantôt kaki, tantôt marron. 

 

Certaines couleurs efficaces peuvent vous surprendre, mais partez du principe qu'il faut travailler sur COMMENT vous percevez et non pas QUELLE EST EN REALITE LA COULEUR que vous percevez. C'est la lumière qui donne son rendu à une couleur. Pas la couleur elle-même. Il n'existe pas de couleur invariable sous la lumière. Exemple: les Land Rover roses des SAS dans le désert. Il n'y a pas de rose dans le désert, mais cette couleur s'insère correctement entre l'ocre des pierres, le sable beige et les ombres qui sont marrons… le tout, magnifié par la lumière du désert et l'effet rose qu'elle donne à cet environnement.

 

Choisissez votre tenue avec soin, sans tenir forcément compte de la destination originelle du camouflage. Le DPM Désert 95 marche magnifiquement dans une forêt tempérée en hiver et même en été, quand les feuillages verts sont hauts. A-t-il été pensé pour ça?

 

Enfin,  puisque toutes les solutions sont dans la nature, faites comme les grands prédateurs: foncé en haut, clair en bas. Pourquoi?

Parce que l'étage bas de la végétation change peu, comparé aux étages supérieurs. L'herbe jaunit bien plus vite que les feuillages, non?

Mais surtout, parce que si vous évoluez dans une végétation claire, vous n'en serez que plus efficaces en conditions de faible lumière ou de lumière rasante.

C'est le contraire d'une ligne de crête. Si vous marchez debout en pleine cambrousse et que vous traversez des milieux herbeux, le pantalon clair ne jurera pas à sa hauteur et la veste foncée, se fondra plus facilement sur la ligne de fond constituée pas les arbres (mais pas sur fond de ciel nocturne, je le rappelle).

 

Là encore, prenez le temps au préalable d'étudier le choix d'une tenue.

Oubliez d'être beaux, soyez efficaces.

Et surtout, n'espérez pas trouver un camouflage qui marche dans tous les environnements, ce n'est pas possible, à moins d'avoir le même costume que le monstre peu avenant de Predator.

Preuve en est que le Multicam ne marche pas partout.

 

Une solution Combat Proven: panachez vos tenues.

 

 

BRUIT

 

Ne perdez pas votre temps à vous déguiser en arbre si vous marchez avec la discrétion d'un éléphant en rut.

 

Le bruit est le premier facteur de détection par l'ennemi à courte et moyenne distance (de 0 à 100 m).

S'il n'y pas de bruit suspect, pourquoi devrait-on se méfier?

 

Le bruit est un indicateur de la stabilité d'un milieu.

Apprenez à connaître les espèces qui alarment leur milieu pour ne pas les alerter (en plus, vous en serez respectueux); profitez des bruits réguliers (chutes d'eau, routes, grillons, vent, tonnerre…) pour vous déplacer.

 

Mais, là encore, ne jurez pas dans votre environnement.

Sauf si vous êtes trop près de votre adversaire, vous pouvez vous permettre un peu de bruit, tant qu'il ne dépasse pas le seuil sonore ambiant. Un pas prudent dans des feuilles mortes ne s'entend pas forcément, même à moyenne distance (25 à 100 m).

Si vous faites du bruit, ne dépassez pas le seuil du bruit mat (sans écho). Pas de bruit sec. Une branche ou une brindille qui pète, vous m'en direz des nouvelles. En forêt, c'est impardonnable. Comme une pierre qui tape en montagne.

Regardez où vous mettez les pieds. Dans tous les cas, vous ferez moins de bruit en posant le pied bien à plat plutôt que sur la pointe (votre poids étant dans ce cas concentré sur la pointe).

 

Le silence n'existe pas et il est très difficile pour une oreille humaine (surtout si elle vient de la ville) de localiser un bruit qui ne détonne pas dans son milieu.

 

Evitez les bruits réguliers ou facilement identifiables, comme une série de pas, un raclement de gorge, un reniflement, le balancement de l'eau dans la gourde, etc…).

 

Agissez en fonction des conditions du moment et du milieu:

En forêt, il est très dur pour un homme de localiser la source d'un bruit, parce que les sons rebondissent sur les arbres et les talus et sont absorbés par l'humus mou.

Pire en montagne et en milieu rocheux, ou tout les sons sont renvoyés tous azimuts et où le vent presque omniprésent fait voyager les sons sur de longues distances.

 

Ce qui vaut pour les autres vaut aussi pour vous…

 

La nuit, les sons voyagent plus et sont plus perceptibles, parce que les "nuisances" diurnes ont disparu: plus de grillons, moins d'avions dans le ciel, plus de chants d'oiseaux, souvent moins de vent…

 

Un pas humain peut être perçu à 200 m; un véhicule à plusieurs km, tout dépend de sa taille. Une conversation vole bien au-delà de ses participants. Attention.

 

Enfin, convenons-en, fixez vos équipements baladeurs et ne créez absolument pas de bruit artificiel, notamment produit par du métal qui choque, du plastique ou un tissu synthétique qu'on froisse.

LUMIERE/ LUEUR

 

La lumière est celle que vous ne devrez en aucun cas produire.

 

Il est inutile de faire un topo sur la lampe de poche ou la lampe frontale. On ne les utilise pas sur le terrain sans précaution, c'est une notion antinomique au camouflage.

 

Si vous devez lire une carte, par contre, recroquevillez-vous près du sol, couvrez-vous le haut du corps d'un poncho ou d'une basha et utilisez le filtre rouge de votre lampe militaire ou la position veilleuse de votre lampe civile au plus près de la carte.



 

La lumière rouge se voit bien moins dans la nuit, car elle n'a pas le halo d'une lumière blanche.

 

En infiltration, laissez vos yeux s'habituer à la pénombre. Au bout de quelques dizaines de minutes, par nuit claire, vous retrouverez une certaine acuité visuelle, sans pour autant devenir un hibou.

Vous arriverez à distinguer les formes majeures de l'environnement, mais ne vous attendez pas à des miracles; à part les nuits de pleine lune où il vaut mieux éviter de s'agiter dans des zones hostiles, vous pourrez passer à côté d'un homme sans le voir, et vice versa.

 

Le danger, à l'heure actuelle, provient des systèmes passifs de vision nocturne, les intensificateurs de lumière (IL). Ils sont dangereux, car en plus d'être très performants, ils sont totalement passifs et donc, indétectables, contrairement aux systèmes Infrarouges (IR).

L'IR produit un faisceau de lumière invisible à l'œil nu, mais bien visible par un autre système IR. Aussi puissant qu'une bonne lampe torche, un projecteur IR est facilement détectable par un même système et donc, très vulnérable.

 

Les systèmes IL, eux, sont capables de fonctionner dès que quelques étoiles constellent le ciel (pas les générations 1, cependant). Leur mode de fonctionnement est basé sur le captage et l'amplification de toute lumière active ou résiduelle.

Inutile donc de rappeler que les réchauds, cigarettes et autres réjouissances du genre sont totalement à proscrire, parce qu'en plus de produire des odeurs fortes pour le milieu naturel, ils sont visibles à des kilomètres!

 

Avec un camouflage efficace le jour, vous serez efficace face à un IL, à condition de ne pas porter une source de lumière et de ne pas faire le poireau les bras en croix au milieu d'une route.

 

Soyez vigilants à tous les niveaux, car les appareils rétroéclairés, comme les montres ou les GPS, peuvent vous trahir face à un observateur muni d'IL.

 

Mais comme ce qui est valable pour vous est valable pour les autres, adaptez-vous à la situation et aux conditions.

Il est des nuits ou, si on n'a pas de système de vision nocturne, on fait bien de rester couché…

 

 

ODEURS

 

Ce domaine est semblable à celui du bruit.

 

Pour faire simple, encore une fois, contentez-vous de ne pas puer plus que le décor. Vous avez le droit d'avoir une odeur, tant qu'elle ne surpasse pas celle ambiante.

 

Il est évident que certaines odeurs n'ont pas leur place dans le milieu naturel:

_ Esbit des réchauds;

_ Cirage des chaussures;

_ Urine humaine à l'odeur très identifiable (on peut même deviner la dominante d'un menu);

_ Merde humaine (pour les mêmes raisons que l'urine);

_ Sueur humaine: un animal qui sue ne sent pas le poisson frit comme un humain qui sue;

_ Graisse d'arme;

_ Fumée;

_ Nourriture,

_ Tabac…

 

Sans aller jusqu'à ce couvrir le corps d'urine de cerf ou d'un élixir de feuilles de hêtre, contentez-vous de ne pas produire de nouvelles odeurs ou d'odeurs fortes.

Les hommes habitués à vivre dans la verte peuvent déceler des odeurs "étrangères" au milieu très facilement. Je ne vais pas vous parler de mon cas, je ne tiens pas à passer pour un lycanthrope…

 

 

Une bonne parade consiste à rouler ses vêtements dans la terre du site (ou s'y rouler soi-même avec ses vêtements) pour atténuer sa propre odeur. Toutefois, il faut raison garder, un chien possède un odorat 1000 fois supérieur à celui d'un homme.

Donc, si vous êtes confrontés à une truffe hostile qui vous course, ne vous imaginez pas qu'un cours d'eau sèmera votre trace. L'humidité conserve les odeurs (principe des eaux de toilette) et les relâche encore d'avantage lorsque la chaleur augmente.

Exemple: un chien mouillé ne pue pas trop tant qu'il est à l'extérieur sous la pluie. Dès qu'il rentre dans un couvert chauffé (maison ou voiture), les gouttes d'eau nichées dans ses poils vont s'évaporer et libérer la molécule qui pue; d'où l'odeur immonde du chien mouillé…

 

Si on vous piste, privilégiez les espaces moins humides, pas encaissés et plus ventilés, là où votre odeur peut être vite balayée par le vent. Mais faites en sorte de ne pas être pistés.

 

Enfin, comme vous avez aussi le droit de détecter les odeurs des autres, entraînez-vous à renifler et, avec patience, constituez-vous un catalogue (souvenirs) d'odeurs diverses et variées.

Vous apprendrez ainsi à faire le tri et à trouver l'intruse.

 

Sur le terrain, lorsque vous sentez quelque chose qui détonne, reniflez par petits coups, et ne vous remplissez surtout pas le nez de cette seule odeur, sous peine d'avoir l'odorat neutralisé.

 

 

TRACES

 

Comme j'aime à le dire dans mon discours de sensibilisation à la protection de la Nature, le meilleur moyen de protéger un milieu est de ne pas y laisser de traces.

 

Et bien, pour vous camoufler correctement, appliquez ce principe sans retenue. Apprenez à ne laisser aucune trace et la nature vous remerciera en se montrant clémente.


 


Les exemples sont nombreux:

_ Pas de signature visuelle, sonore ou olfactive;

_ pas de résidus de repas (charbon, esbit, papiers, os, plastiques…);

_ pas de marques sur la végétation (branches cassées, prés piétinés…);

_ pas d'empreintes de pas identifiables, sur un sol nu (boue, sable…) ou dans l'herbe (la coulée d'un animal est plus étroite et rectiligne que celle d'un humain, en "escaliers");

_ pas d'urine ou d'excréments dans votre sillage, sans parler du papier toilette. Eloignez-vous et enterrez votre lot à bonne profondeur. Ne soyez pas bêtement trahis à cause d'un tas d'insectes coprophages (qui mangent la merde);

_ assurez-vous de ne rien semer (papiers, brins de toile jute, bouts de filet camo…).

Etc.

 

Faites attention à tout pour ne pas être la proie et pour être le prédateur.

 

Les toiles d'araignées qui barrent les chemins sont un bon indicateur de la présence d'un homme. Si vous en prenez plein la poire, ça peut vouloir dire quasiment à coup sûr que personne n'est passé avant vous… Pas de trace, c'est utile, quel que soit le sens de lecture.

 

Attention à ne pas modifier le décor.

En sortant d'un cours d'eau, ne vaporisez pas les pierres sèches d'eau ou de sable mouillé (qui va blanchir en séchant).

En milieux rocailleux, veillez à ne pas retourner les pierres, qui sont toujours sales dessous et propres dessus. Ne les rayez pas non plus si vous marchez avec des crampons en alu ou des bâtons de rando.

 

Si vous coupez une branche fournie pour gommer vos empreintes derrière vous (façon "les larmes du soleil"), ne jetez pas la branche n'importe où après usage; une branche de noisetier (souillée de boue de surcroît) n'a rien à faire dans une hêtraie ou une pinède…

 

Plus vous connaîtrez le milieu sauvage, plus il s'alliera à vous, à la seule condition d'y être discret et respectueux.

Le milieu se passe bien volontiers de vous et de votre impact et c'est en ayant conscience de cela que vous devrez agir pour vous y dissimuler et faire ce que vous avez à faire.

 

Ne considérez pas le milieu sauvage comme une barrière ou un obstacle, mais bien comme un allié. Et c'est en cela que vous devez le respecter.

 

Cette analyse est terminée. Elle ne représente qu'une petite partie de ce dont je pourrais réellement vous parler, tant il y a à dire.

 

Chacun de ces dix chapitres a été réduit à sa portion congrue afin de pouvoir être plus digeste. C'est relatif…

 

Je me ferai un plaisir de développer ou d'éclaircir certains points si besoin est.

 

Et je finirai ce chapitre dédié aux bases du camouflage militaire en reprenant la devise d'une unité que j'admire: le CPIS, ex 11 ème Choc: "Nul ne verra, nul ne saura".

 

Et maintenant, à vos buissons!!

 

Le Phasme,

le 02 juillet 2009  
Photos SAS12

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 12:07

Le Systema : l'art martial « russe »

 

Nombreux sont ceux qui regardent le Systema russe (utilisé par les fameux spetsnaz) d'un œil plus que sceptique, ce qui rend des explications d'autant plus intéressantes. Je ne prétends pas connaître à fond ce sport de combat, ne le pratiquant pas moi-même en club ; mais gambadant souvent sur des tatamis et ayant cherché à étudier certains mouvements et techniques du Systema à titre personnel, j'ai pu commencer à me forger une idée, notamment en décryptant des vidéos sérieuses prises sur Internet. L'article qui suit ne propose donc qu'une ébauche personnelle de réponse aux nombreuses questions que se posent les amateurs de combat à propos du Systema russe. Pour l'historique complet du Systema, voir l'article sur Wikipédia, très bien documenté. 

- Le Systema ? Pfff ! C'est bizarre, on dirait du « n'importe quoi » et ça a l'air complètement farfelu !

Il semble qu'il faut admettre qu'un certain nombre de pratiquants se réclament du Systema de manière quelque peu autoproclamée, sans doute pour des questions de business ou de gloriole sur Internet. D'où un certain nombre de vidéos un peu bizarres ou incompréhensibles censées attirer l'internaute crédule.

Par contre, il est facilement démontrable que le Systema (le vrai), est efficace et fonctionne réellement. En effet, la mentalité russe est déjà très dure et très virile, et on n'imagine donc pas des Russes (des forces spéciales en plus) employer des techniques de combat de « fillettes ». D'ailleurs on ne verrait à travers le monde aucune Force Spéciale -quelle qu'elle soit- qui ne chercherait pas à utiliser une méthode de close-combat efficace ! Voilà pour le premier argument qui me paraît par lui-même convainquant.

 

Ensuite, il faut noter que le Systema a été développé par les scientifiques soviétiques au cours de la guerre froide et tenu longtemps secret (il était utilisé par les gardes du corps de Staline). J'imagine que cet apport scientifique servit essentiellement à étudier le corps humain : très certainement sur le plan moteur, avec l'exploitation des axes de rotation et des faiblesses musculaires du corps (blocage de muscles par pression), et avec l'amélioration de l'entraînement musculaire des soldats via des exercices de renforcement atypiques, mais très efficaces pour en avoir testés quelques uns ; de plus, cet apport a semble-t-il porté aussi sur l'étude de réflexes psychologiques naturels chez l'homme, afin d'en exploiter les bénéfices en combat au corps à corps : par exemple, une main ouverte approchée vivement et très près du visage permet non seulement d'aveugler temporairement l'adversaire, mais aussi de provoquer un mouvement de recul et donc de le déstabiliser. On peut pratiquer cette expérience -et d'autres- sur un cobaye qui ne s'y attend pas : il suffit alors d'observer son réflexe naturel de recul. C'est en réalité l'équivalent d'une feinte, qui doit amener le défenseur dans une position critique pour lui-même, mais exploitable par l'attaquant. Donc rien de très nouveau, sauf qu'il semble que les scientifiques russes ont poussé très loin et méthodiquement cette exploitation des réflexes, et je pense -c'est encore un avis personnel- les réflexes oculaires. C'est ce qui semblerait expliquer pourquoi certains pratiquants paraissent être entraînés vers le sol sans que leur adversaire ne les touche.

 

Enfin, la partie la plus sujette à caution et à prendre avec de très très grosses pincettes : les techniques spéciales du Systema, qui feraient appel à « l'énergie interne », comme dans les films de Kung Fu : marcher sur des braises sans être brûlé, techniques de casse spectaculaires, projection d'énergie interne vers l'adversaire (équivalent d'un coup de poing invisible ou du Kaméa méa de Dragon Ball Z !!!), torsion de barres de fer en les bloquant au niveau de la gorge (comme dans les démonstrations des moines Shaolin)... Faute de pouvoir les tester et de les démystifier, et bien que très sceptique, je me garderais cependant bien de me moquer de ces « techniques » qui sont effectivement présentées dans des vidéos par des spécialistes de la discipline. En effet, ce qui est certain en revanche, c'est que les Soviétiques tout autant que les Américains ont sérieusement cherché durant la guerre froide à savoir si ce type de capacités pouvaient exister. Leur idée folle était alors de former des « supers soldats » capables d'encaisser et de résister au-delà de la norme sur le champ de bataille. Il est probable que, d'un côté comme de l'autre, ce projet improbable ait surtout servi d'outil de propagande à l'encontre du camp adverse. Voilà, il me paraissait important de ne pas éluder cette réputation de « supers pouvoirs » qui colle à l'image du Systema, ce qui par ailleurs a au moins le mérite d'expliquer pourquoi tant de vidéos farfelues traînent sur la toile.
 

A gauche, le type chauve est un instructeur reconnu (j'ai oublié son nom), un véritable expert, ce qui rend assez difficile, comme je le disais plus haut, de critiquer sans ambages les « techniques spéciales » du Systema, telle que celle réalisée sur la photo (voir aussi la vidéo suivante ). 

- Sur les vidéos, les pratiquants de Systema semblent se laisser faire et ne pas réagir aux attaques... C'est donc du flan !

 

Deux choses : dans de nombreuses disciplines de combat, lors de démonstrations, les défenseurs prennent souvent la mauvaise habitude d'anticiper l'attaque de leur adversaire, tout simplement parce que le programme du « show » est évidemment préparé, et donc il n'y a aucune surprise ; ce genre de manque de réalisme n'est par conséquent pas imputable au Systema en particulier, mais peut s'observer dans n'importe quel style de combat. Par contre, dans le Systema les saisies au niveau de la nuque sont nombreuses, ce qui explique souvent l'impression de passivité : quiconque pratique une forme de jiu-jitsu ou de close combat, sait la fragilité des cervicales qui portent de plus le poids du crâne ; une fois mises en torsion, il est difficile de ne pas sentir une tension douloureuse à la moindre tentative de mouvement. Souvenez-vous de votre dernier passage chez l'ostéopathe, et comme vous ne faisiez pas le fier lorsqu'il s'apprêtait à vous faire craquer les vertèbres du cou ! Dans cette situation, bouger sans se faire très mal est impossible, ce qui contraint le défenseur à suivre le mouvement que lui intime son attaquant...   

 

 

Vous avez le choix entre vos parties ou vos cervicales... charmante technique !

 

- Franchement, le Systema, on dirait de la danse : ils ont les bras en l'air et ils font des pas sur le côté ! C'est de la valse... ou quoi ?

 

A titre de note, nombre d'Arts martiaux ont plus ou moins pour origine la danse justement... Bon, histoire mise à part, le Systema utilise beaucoup de changements d'axes du corps ce qui explique ce côté très fuyant par moment, lorsque le défenseur s'efface face à l'attaquant. C'est très utile, car dans leur immense majorité, les sports de combat n'utilisent que les attaques et les déplacements frontaux et rectilignes, c'est-à-dire en avant et en arrière, avec éventuellement quelques entrechats sur le côté (en boxe notamment). Les gens qui ne savent pas se battre et les animaux en général, utilisent ce type d'attaque très frontale et instinctive qui consiste à foncer directement sur l'adversaire. En choisissant de s'effacer latéralement, le pratiquant de Systema absorbe l'attaque adverse, puis contre-attaque. Une autre technique avoisinante, dans le Systema, consiste à accompagner le mouvement de l'adversaire par un « brossage » : par un mouvement sec on vient « brosser » le bras ou la jambe de l'attaquant (en général par le dessous), pour le ou la repousser derrière soi, dans le style d'un revers au tennis ; résultat : l'attaquant est entraîné en avant par son propre poids et chute... Une technique similaire est utilisée en boxe thaïe pour parer les low-kicks.

 

Quant aux bras très écartés et en hauteur, il s'agit d'une forme de garde (comme si les bras étaient une épée ou un bâton) qui permet de dévier et parer des attaques, mais aussi de saisir ou de frapper au niveau du cou, de la nuque et de la tête. Les mains ouvertes sont typiques des méthodes de combat qui cherchent à saisir l'adversaire : un poing fermé offre moins d'alternatives de coups, alors qu'une main ouverte permet aussi bien de frapper avec le tranchant (manchette), avec la paume, le revers de la main, de pousser, de piquer avec les doigts ou bien de saisir pour réaliser une clef ou un étranglement.

 

Pour terminer, mon avis personnel sur le Systema :

M'étant intéressé à ce sport de combat par pure curiosité, et par une certaine russophilie, j'ai une grande envie de continuer en club en espérant qu'il y en a un près de chez moi... J'ai été très favorablement impressionné par les techniques de désarmement, aussi bien contre arme blanche, que contre fusil mitrailleur ou pistolet. J'avoue que j'en ai essayées quelques unes avec un ami et j'y ai trouvé une véritable efficacité. Bien maîtrisées, ces techniques me semblent redoutables et pensées pour une efficacité totale (sans doute la touche des scientifiques !), surtout pour se défendre. Par contre, c'est plus technique et plus complexe à apprendre que le Krav Maga ; ce dernier étant fait pour être appris en un minimum de temps, ses techniques sont ultra simples, mais une bonne base en Krav Maga aide favorablement à comprendre le fonctionnement du Systema.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cet art martial russe, évidemment : travail d'encaissement des coups au sternum par l'utilisation de techniques respiratoires, puissance des frappes (qui elles aussi sont particulières), et apparemment usage de points de pression sur les muscles... La liste est longue et en dépit de mon intérêt nombre d'aspects de ce type de corps à corps m'intriguent complètement ! Avis aux amateurs qui pratiqueraient ce sport, je suis friand de détails !

Liens :

 

Site officiel Systema français 

Techniques « bizarres » (surtout à la fin de la vidéo), en russe ; à noter l'usage imaginatif de la sangle de Kalachnikov.

 

Site russe d'un instructeur très connu (Oleg Spector) avec un grand nombre de vidéos instructives

 

Vidéo « brossage », changement de l'axe du corps, saisies, clefs au cou... un bon panaché de techniques avec des ralentis.

 

Désarmement contre couteau
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 11:11

 Je tenais depuis quelques temps à aborder le sujet du motif de camouflage de la British Army, le désormais célèbre Disruptive Pattern Material (DPM), littéralement "tissu à motifs qui déroutent".

En effet, si les photos de SAS sont rares, certaines montrent les troopers fidèlement vêtus de leur camouflage national, en version tempérée (woodland) et surtout en version désert (vu l'actualité depuis 1991).

L'efficacité du DPM n'est plus à démontrer depuis sa "naissance" en 1968 et son adoption, l'année suivante, par l'armée britannique. Voilà donc 40 ans que le DPM accompagne les soldats de Sa Très Gracieuse Majesté aux quatre coins du monde.

Malgré quelques refontes, le camouflage, dans ses deux versions, est presque resté le même depuis le début. 
 

Son efficacité est incontestable et les forces spéciales ne se privent pas de l'employer, au Royaume-Uni, mais aussi en France, aux Pays-Bas et dans d'autres pays tels que la Russie (sous un autre nom toutefois).

Mais depuis 2002, un nouveau camouflage à la conception entièrement informatisée a fait son apparition: le Multicam, de la firme américaine Crye Precision.

Annoncé comme révolutionnaire, le Multicam est destiné à procurer à celui qui le porte un camouflage très correct sur la plupart des théâtres d'opérations, que ce soit le désert, la forêt, la savane ou la jungle.

Si la conception du DPM repose sur des motifs peints, impossibles à décrire, et qui décomposent la silhouette humaine, celle du Multicam se fonde sur la perturbation de l'œil (et donc du cerveau) humain, par une certaine fusion de couleurs remarquablement choisies.



Ce post n'a pas pour vocation de critiquer sans fondement tel ou tel camouflage, mais a pour but de comparer le DPM au Multicam, car de récentes photos attestent du port du Multicam par des Forces Spéciales britanniques, sans parler des Contractors, en Irak, et très certainement en Afghanistan.

 

Pourquoi comparer le DPM au Multicam?

 

Pour comparer le meilleur, tout simplement.

L'armée britannique est connue pour son pragmatisme, et cela se ressent aussi dans son camouflage.

Les amateurs de camo le savent, ainsi que les reenactors tels que mes fellow troopers du monde du 22sas12, sans parler des FS, bien sûr. Le DPM est le meilleur camouflage disponible pour le milieu tempéré, malgré son âge et la concurrence féroce. Les couleurs sont justes et surtout le motif, qui fait sa force et son incontestable efficacité. Nombreux sont les camouflages performants, notamment les récents pixélisés, mais l'effet et le rendu ne sont jamais aussi bons (voilà, entre autres, pourquoi l'armée brit n'en a pas encore changé).

 

Le Multicam semble venir bouleverser la donne, par son aspect et sa conception particulièrement complexe. Très prisé des FS, des contractors et du monde de l'Airsoft, ce camouflage est pressenti comme le futur camouflage de l'armée US, en particulier de ses FS. Dans certains milieux, on ne jure plus que par le Multicam, d'autant plus que c'est un camouflage très esthétique (notion quelque peu antinomique toutefois pour un camouflage...).

 

Voici donc un comparatif réfléchi et neutre de ces deux camouflages. Personnellement, j'utilise les deux à parts égales, pour mes activités favorites: l'observation et l'espionnage animalier.

Comment comparer le DPM au Multicam?

 

De la manière la plus pratique et neutre qui soit.

 

Je suis parti en randonnée (chez moi, dans le Mercantour) avec un ami, et chacun portait son camouflage. Moi en DPM et mon pote en Multicam.

Ma veste est une chemise "temperate combat shirt, woodland", DPM Soldier 95, déjà bien portée, constituée de polycoton (65% polyester/35% coton), un excellent tissu confortable, solide et séchant vite. C'est le modèle réglementaire de l'armée Britannique (c'est dire).

La veste de mon pote est une Army Combat Shirt de la firme américaine Propper, en camo Multicam original, 50% nylon, 50% coton, tissu apparemment indestructible, mais plus rêche et moins confortable que la veste en DPM. Veste achetée neuve mais déjà bien portée et lavée. Les satanés velcros chers à l'armée US ont été retirés pour plus de discrétion.

 

Les photos que vous allez voir ont été prises de la même manière exactement, pour le DPM et pour le Multicam. Ce que vous voyez est simplement un "trucage" plutôt grossier, je vous l'accorde, mais suffisant, qui consiste à "découper" une veste pour la "coller" à côté de l'autre.

 

Important pour la neutralité du test, et j'insiste là-dessus, les deux camouflages ont été photographiés au même endroit et sous la même lumière, chaque fois à la même distance pour la même situation, entre 5 et 20 m. Les photos "truquées" sont donc valables.

 

Pour éviter une surcharge de photos au blog, j'ai simplement découpé une veste pour la coller sur la même photo que l'autre veste, faisant d'une pierre deux coups. Et pour un meilleur rendu, j'ai fait disparaître nos visages et nos pantalons en collant des morceaux de décor pris sur le contour direct de la veste. Ce qui n'a aucune incidence sur l'objectivité du test.

 

Sur les photos, regardez en détail les camouflages, mais regardez aussi les points rouges aux quatre coins, qui vous permettent de vous rendre compte de leur efficacité réelle dans leur environnement et quand vous ne les regardez pas directement.

 

Les photos sont brièvement commentées, notées comme un match entre deux joueurs.

 

Comparaison sur fond végétal total (gros roncier), hors couvert, avec soleil naissant, de face.

Le DPM l'emporte, par son motif brisant et surtout ses couleurs. Le Multicam est bien trop clair et pas du tout disruptif.    

DPM 1-MCam 0

 

Comparaison sur fond de mur de pierre (valable pour la plupart du bâti en général). Le Multicam l'emporte, car les couleurs fusionnées du motif sont quasiment celles du mur derrière, aussi variées et mêlées. Les plis du vêtement créent des ombres suffisantes pour briser la silhouette humaine déjà très bien fondue. Le DPM est là, un peu trop sombre, et l'aurait emporté s'il avait été sur le toit herbeux...

Quand on regarde les points rouges, la veste Multicam disparaît du décor...

DPM 1-MCam 1

 

Comparaison sur fond de pelouse alpine mixte parsemée de rochers, en lisière de forêt. Faible soleil du côté droit.

Le Multicam l'emporte, grâce à ses couleurs équilibrées entre les rochers et la pelouse alpine. Les décors à grande surface, sans ombre, sont à l'avantage du Multicam.

Le DPM l'aurait emporté 15 m en arrière...

DPM 1-MCam 2

Comparaison sur fond d'écorce de pin sylvestre. Faible lumière solaire du côté gauche.

Là encore, les couleurs du Multicam font la différence, contre le tronc de l'arbre.

Mais un jugement objectif tient compte qu'on se déplace entre les arbres.

Le DPM l'emporte entre les arbres, le Multicam contre...Match nul.

DPM 2-MCam 3

 

Comparaison sur fond de paroi rocheuse piquée de buissons. Soleil voilé.

On remarque que le Multicam a quasiment l'aspect du rocher. Cependant, la couleur Tan du DPM ainsi que son taux élevé de vert feuillage lui permettent de se fondre entre la roche et les buissons de la paroi.

Le parfait camouflage dans cette situation serait un panachage des deux camo.

Là encore, match nul, même si la raison donnerait le Multicam vainqueur, par son spectre des couleurs plus étendu et donc, sa plus grande capacité à évoluer dans le décor.

DPM3-MCam 4

 

Multicam en sous-bois vert, typique des zones tempérées d'avril à septembre. Lumière faible de fin d'après-midi. Savant équilibre des couleurs du Multicam entre celle des troncs d'arbres, des pierres moussues et de la terre nue. Très bon rendu général, mais manque important et pénalisant d'effet disruptif. La silhouette n'est pas brisée. Une masse d'une couleur indescriptible apparaît, pouvant être confondue du coin de l'œil avec un rocher ou une souche. Mais attention quand on regarde droit dessus, en détail...


DPM en sous-bois vert, exactement au même endroit que la précédente. Au premier coup d'œil, le camouflage semble trop foncé, mais l'effet disruptif du motif et l'alternance clair-foncé l'emporte sur le rendu général du Multicam. Là, le DPM règne presque sans partage, parce que son motif, contrairement au Multicam, brise la silhouette humaine. L'observation du camouflage dans le détail a influencé ma décision.

DPM 4-MCam 4

Multicam sur fond de litière du sous-bois. Dominante marron-roux. Pas de lumière. Même problème que dans la précédente situation: les couleurs du Multicam sont les bonnes, mais l'effet non disruptif frappe durement. Le rendu général est toujours le même. Masse indescriptible dans les teintes du milieu, efficace dans l'immobilité, dangereuse dans la mobilité. La silhouette humaine n'est pas brisée au niveau même de la tenue. Il faut compter sur des éléments du décor pour y remédier.


 

DPM au même endroit que la photo précédente. Le rendu général du DPM dans son domaine sacré se passe de commentaire. Le porteur de DPM est presque invisible, à seulement quelques mètres. L'effet disruptif est à son paroxysme, renforcé par la justesse des couleurs. Fixez les points rouges avec insistance, le camo semble disparaître dans le décor.

DPM 5-Multicam 4

 

Les résultats du match

 

Aux points, le DPM l'emporte d'1 sur le Multicam, simplement parce que deux situations forestières ont été considérées. J'en conclue donc que ces deux camouflages sont aussi efficaces, malgré leurs grandes différences d'aspect, de conception et d'âge (donc, de contexte de création). Le Multicam a été pensé avec l'influence passive des futurs théâtres d'opérations au Moyen-Orient.

 

Ma conclusion

 

Cette conclusion est personnelle, n'engage que moi, au travers des images de ce test.

 

Le DPM est pour moi le meilleur camouflage en zones boisées.

J'en ai testé plusieurs depuis des années, du Centre-Europe Français aux Vegetato et San marco italiens, en passant par le Woodland US, le Tiger ou les camouflages à pois des pays germaniques.

En mileu boisé, végétalisé, il n'y a pas meilleur que le DPM britannique (il n'y a qu'à voir qui l'utilise...). Le Marpat US est très bon, mais n'a pas d'effet disruptif.

Briser la silhouette humaine et la gommer du paysage est la première vocation du camouflage vestimentaire.

Le DPM s'acquitte avec excellence de cette tâche dans sa version tempérée, mais aussi dans sa version désert, mais c'est bien dans sa version tempérée qu'il est indétrônable. Il est toutefois perfectible hors de son contexte, comme tous les camouflages à destination des zones boisées, mais il se défend bien une fois délavé.

 

Le Multicam est, quant à lui; le meilleur camouflage disponible pour les zones non boisées, peu ou pas végétalisées. Sa force réside dans son évolutivité, son pouvoir à passer d'un environnement boisé à une zone sans végétation avec succès, sans casse. Le Multicam est parfait, je le dis sans retenue, pour la montagne, où les versants alternent entre végétation et nudité rocheuse.

Il est un compromis idéal et jusqu'alors inconnu dans le domaine, pour qui opère dans un environnement très variable, comme l'Europe méridionale, les zones tropicales, semi-désertiques (Afghanistan et Irak). 

La faiblesse du Multicam provient justement de sa polyvalence. Il est excellent en milieu peu ou pas végétalisé, particulièrement le rocheux et l'aride, quel qu'il soit. Mais s'il trouve toujours une couleur pour se fondre dans tous les environnements, il est handicapé par certaines de ses autres couleurs alors: un peu trop jaune pour la forêt, un peu trop vert pour le désert et indiscret en sous-bois à cause de ses tâches blanches.

Comme il n'est pas disruptif, il est bien moins bon que le DPM en sous-bois. Le manque d'effet disruptif est typique des camouflages US, comme l'esthétique manifeste.

Enfin, le tissu employé (ny/co) pour la veste Propper ACU, s'il me semble indestructible (vraiment), brille bien trop à mon goût dans la pleine lumière.

 

J'en profite pour souligner aussi qu'il ne peut exister de camouflage universel, aussi vrai que les décors terrestres sont tous différents. 

 

DPM + Multicam ?

 

Oui et cent fois oui!

 

En tenant compte des qualités, des défauts et du spectre des compétences de chaque camouflage, on peut en déduire que l'association du DPM et du Multicam est plus que conseillée, et ce, quel que soit le milieu.

 

Amorcée en Irak en 1991 (patrouille B.2.0), assumée en Astan depuis 2002, le panachage des camouflages boisé-désert a prouvé son efficacité au combat.

 

Nous pouvons en déduire que le panachage des tenues DPM et Multicam nous procurera le meilleur des camouflages vestimentaires non 3D (ghillie suits).

 

Dans la logique des choses, il faut alterner intelligemment les deux camo.

Le plus raisonnable semble:

_ Chapeau multicam, plus clair que le DPM, car la tête est souvent à la hauteur de la ligne d'horizon et qu'elle doit briser les teintes de la veste au-dessous.

_ Veste DPM, le buste étant en priorité la partie du corps à "briser" et la végétation buissonnante et arbustive étant la plupart du temps à hauteur d'homme.

_ Pantalon Multicam. L'idéal serait un pantalon mixte: cuisses DPM et guêtres Multicam. Le camo plus clair doit toujours être porté en bas, été comme hiver, à cause des changements de lumière, mais aussi et surtout à cause de l'évolution saisonnière de la végétation. Les 30 premiers centimètres de la végétation changent moins que le reste, plus haut.

_ Equipements (gilets et vestes tactiques, etc...) en Multicam: sur une veste DPM, un kit Multicam apporte un effet tridimensionnel, comme des pierres au milieu de la forêt.

 

Le mélange des deux me paraît le meilleur compromis entre furtivité et pragmatisme.

 

 

Ce test est à présent terminé. J'espère qu'il permettra à qui le lira de comprendre mieux l'univers et les subtilités du camouflage et de tirer le meilleur de chaque camouflage.

Ce post s'adresse aux bêtes de terrain dont les membres du 22SAS12 et ses "fidèles" font partie. Il s'adresse aussi aux reenactors de tous horizons, aux airsofteurs passionnés et impliqués.

Il ne s'adresse par contre pas, et je mets un point d'honneur à le dire, à ceux qui l'utiliserait pour nuire à la Nature et notamment à la faune sauvage.

 

On ne se camoufle bien qu'en comprenant et qu'en respectant son environnement.

 

"Nul ne verra, nul ne saura"


Test et photos réalisé par "Le Phasme" en Mai 2009

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 13:08
Le vieil adage « tu vis avec ton sac, tu combats avec ton gilet et tu survies avec tes poches » est en partie vérifié.

Voici la composition de mon sac à dos pour un scénario "milsim" de reconnaissance et de renseignement sur 72 heures par mauvais temps. Le contenu peut changer suivant le caractère de la mission et la météo mais c'est une bonne base. Je transporte essentiellement l'eau, la nourriture et le kit bivouac.

Le contenu :


à gauche de haut en bas :
- affaires de rechange dans une poche étanche (chaussettes, sous-vêtement, masque de nuit)
- boite incassable (car je l'a met sur le poche frontale) avec le lot de piles, les batteries pour la radio, un accu supplémentaire pour l'AEG et un kit réparation.
- le sur-sac étanche camouflé pour le BFM

au centre de haut en bas :
- un grand kit médical et hygiène
- 24H et plus de nourriture
- une ration TTA 24H française customisée
- un matelas gonflable
- un sac de couchage, son sac à viande et son sur-sac étanche
- une bache épaisse OD pour le sol
- un basha DPM
- des poches poubelles épaisses pour protéger le tout

à droite de haut en bas :
- le kit bivouac (sardines, para corde et tendeurs)
- le sac d'hydratation 2 litres
- une pelle pliante

Il s'agit de matériel de confort, le nécessaire vital à la mission est transporté dans le gilet de combat et la smock. J'ai ma cantine, 24h de ration, deux gourdes ainsi que la gore-tex sur mon gilet et la smock.

Le contenant :



Mon sac trois jours BFM fabriqué par Camelback sans la sangle dorsale.
J'ai utilisé durant plusieurs années un sac bergen 100 litres qui permet un plus grand emport, on bénéficie d'une marge de manoeuvre par exemple, si on doit vider le camp de base rapidement, on peut tout fourrer à l'intérieur ce qui n'est pas le cas du BFM où tout doit être bien rangé pour gagner de la place. Cependant le BFM est mieux conçu, il est plus léger, son port est agréable, il est donc parfait pour ce genre de mission. Pour le transport d'outils ou de munitions, il faudra quand même voir plus grand. 

Le contenu dans le contenant :

Je suis autonome pour une durée de 72 heures voir plus avec un poids de 12 Kg.


La pelle et le sur-sac camouflé sont situés dans les poches latérales pour un accès rapide, de plus une fois sale et mouillés, ils ne souilleront pas les autres affaires. Le basha DPM, qui est la première chose que j'installe pour mon bivouac, est dans la poche frontale inférieure pour les mêmes raisons. Sur la poche frontale, je mets le nécessaire d'entretien et les piles dans une boite incassable. Il me reste de la place que j'utilise comme fourre-tout. 
Dans le sac, de bas en haut, je met la bâche, le sac de couchage qui sera compressé par le poids des ration et du kit médical. Le sac étant légèrement pyramidal, je complète les espaces avec le kit bivouac et au dessus le matelas gonflable que j'aurai préféré mettre en dessous mais je n'ai pas la place.
Il y a beaucoup de rangement dans le sac BFM mais je ne l'ai utilise pas, je préfère les boites en plastique car elles sont étanches, solides et on voit ce qu'il y a à l'intérieur.
Je consomme en priorité l'eau et la nourriture du sac gardant ce que je transporte sur moi pour les coups durs.



On est loin des "frigos" transporté par les SAS, il s'agit simplement de matériel pour un bivouac "milsim" confort.
On organise au mieux le contenu avec le reste du groupe, je peux par exemple remplacer mon basha ou ma bache pour un monoculaire puissant, puisque j'ai pris une pelle, mon binome prendra la scie pliante etc etc.
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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 15:01

Le vieil adage « tu vis avec ton sac, tu combats avec ton gilet et tu survies avec tes poches » est en partie vérifié.

La veste "smock" anglaise permet un emport très important presque similaire au gilet de combat dont je vous laisse regarder la composition sur cette page : Comment organiser un gilet de combat.
On ne met donc dans les poches de la veste que sur le strict nécessaire à la survie. Je ne suis pas militaire et nous ne sommes pas confronté dans le "milsim" à des questions de survie pure. Toutefois je vous présente ma smock et son contenu élaboré à la base du vieil adage "tu survies avec tes poches" et après des années de pratique à jouer au SAS dans les bois.

Le contenu :

technique00187-copie-1.jpg
Pour cette photo, j'ai disposé le contenu dans la position qu'il occupe dans la veste.

Le contenant :



La smock "kommando" 1012 fabriquée par Arktis qui est selon moi la meilleure disponible en 2009 sur le marché, vous pouvez lire sa fiche descriptive sur cette page : review smock "kommando" 1012

Le contenu dans le contenant :


Comme vous pouvez le voir, je n'utilise pas les poches supérieures puisque le gilet de combat gène l'accès. Par contre je peux utiliser les larges poches inférieures sous le gilet. Bien entendu, ce n'est pas très pratique mais le contenu est surtout stocké, si j'ai mon gilet, je me sers principalement de ce qu'il y a à l'intérieur.

Les poches intérieures, une question vitale :


Dans la poche de droite, je mets mon kit évasion dont je ferai une présentation prochainement, on y trouve une lampe, un canif et une boussole. Cela ne sert pas vraiment pour nos activités de plein air mais quitte à faire comme les vrais, ce n'est pas ce qui pèse ou prend le plus de place.
Dans la poche de gauche, il y a mon vrai kit d'évasion à savoir mes clés de voiture, mon permis de conduire et trente euros en liquide pour un taxi. J'y ajoute un carnet avec des numéros de téléphone et une carte plastifié de la zone de jeu.
Je ne suis pas censé me servir du contenu de ces poches seulement le jour où je serai vraiment perdu ou si je rate mon rendez-vous avec la "log" : le cauchemardesque RATP : Rentres Avec Tes Pieds !
Si ça arrive, je vous promets de narrer le récit sur ces pages, ça va être burlesque.

Les poches inférieures :

J'épaule à gauche donc j'ai mis les objets que je vais utiliser le plus osuvent à droite.

Il y a mon kit d'orientation qui est très précieux. 
Dans un tas de ronces pour un PO ou bien si j'étais traqué à mon réveil sans mon sac à dos ni mon gilet de combat, j'ai mis mon kit de camouflage.

A gauche sous mon "arme", le strict nécessaire au cas je me retrouve sans sac ni gilet.


De quoi me nourrir : des barres de céréales, une ration TTA et un kit chaud (de quoi faire du feu et du thé)
De quoi me réchauffer : ma deuxième paire de gants, un deuxième bonnet et un sous vêtement en laine de mérinos, le tout dans un sac étanche.

Dans la gibecière dorsale, on peut y mettre un filet de camouflage, sa guillie suit mais en général j'y stocke ma parka en gore-tex.

En conclusion, vous constatez que je stocke dans ma smock des objets en double que j'ai à portée de main dans mon gilet de combat. Je ne suis pas un combattant qui sera confronté à la survie avec sa smock mais j'ai appliqué la même philosophie.
J'ai mis des choses qui m'aideront à surmonter le vrai danger du "milsim" à savoir se retrouver seul en altitude par mauvais temps sans mon équipement. Je peux donc tenir 24 heures "confortablement" , le temps nécessaire pour retrouver la civilisation.

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 00:01
Le Phasme nous présente une tenue "low profile":

Expression bien connue des pratiquants d'Airsoft, des adeptes du Milsim et des amateurs de Forces Spéciales en général, le "Low Profile" est d'actualité depuis l'attaque de l'Afghanistan à la fin de l'année 2001 par les troupes occidentales.

Littéralement, "Low Profile" (LP) signifie "Profil Bas". Ce terme désigne l'attitude, mais surtout la tenue employée en milieu hostile par les unités spéciales et/ou clandestines.
L'attitude et la tenue LP ont pour but d'évoluer avec moins d'entraves dans un milieu très ou extrêmement hostile à l'uniforme du soldat et du policier.
Une tenue LP est plus une tenue de combat de basse visibilité qu'une tenue purement civile. Il y a une nuance, si l'emploi est policier ou militaire.

Pour les personnels opérant sur le territoire national, une tenue LP est tout bêtement civile, celle que les enquêteurs OPJ, les opérateurs des BACs ou des unités spéciales des forces de sécurité intérieure (Police/Gendarmerie/Douanes) portent au quotidien ou endossent à l'occasion pour se fondre dans la population et agir discrètement.
La tenue civile a aussi pour effet de ne pas être aussi agressive pour certains qu'un uniforme, ce qui induit souvent une forme de respect et une crainte qu'un uniforme ne suscite pas forcément. Là où l'uniforme peut fermer le dialogue et envenimer une situation tendue, la tenue "Low Profile" intervient. Pour le commun des mortels, un personnel des forces de sécurité en tenue civile est gage d'un "petit quelque chose" en plus et d'une expérience supplémentaire...

Pour les militaires, les choses sont plus compliquées.
L'origine du LP militaire est peut-être aussi vieille que le militaire lui-même. Plus particulièrement pour le militaire engagé dans des opérations clandestines, celles que l'Etat qui l'emploie ne peut en aucun cas reconnaître officiellement.
Dans ce cas précis, le militaire infiltré en milieu hostile pour une mission clandestine se doit de se fondre dans la population ou d'être le plus discret possible s'il agit à la frange des troupes régulières de son propre camp (se fondre dans la troupe et éviter les fuites maladroites).
Les hommes engagés dans une opération clandestine ne sont pas forcément des espions à proprement parler, mais peuvent faire partie d'unités qui n'agissent que dans le secret (pour les autres unités, le grand public... et certaines autorités de leur propre pays parfois).


Sous les feux des projecteurs depuis l'Opération Enduring Freedom en Afghanistan en 2002, puis en Irak pour Iraqii Freedom, les forces spéciales et certaines unités encore plus discrètes ont démontré un goût immodéré pour ces tenues "Low Profile", qui sont à la fois des attitudes, des vêtements et des armements situés à des années-lumière de ce que l'on peut voir chez le troupier du rang.

Nous avons tous vus des photos ou entendu parler de ces super-soldats, que ce soit en A-Stan ou en Irak.
SAS, SBS et SRR Britanniques, pour les plus réputés; Delta Force et Special Operation Groups de la CIA (commandos clandestins) américains; Forces spéciales Françaises des trois Armes et Forces Spéciales de la DGSE (CPIS,CPEOM ou CPES).
Dans un contexte voisin, au Proche-Orient, les unités très spéciales de Tsahal, chargées des actions clandestines dans les territoires occupés ou au Sud-Liban: les Sayerot "officielles", le Kommando Yami et les unités plus que secrètes comme Egoz, Duvdevan ou Shimshon. Ces unités opèrent presque exclusivement en "Low Profile", poussant cette discrétion au stade du mimétisme absolu, de par le caractère de danger extrême de leurs missions.

Le "Low profile" est aujourd'hui caractéristique des Forces Spéciales et non conventionnelles, comme les commandos et les FS des services de contre-espionnage (CIA, DGSE, Mi-6, Mossad...). Pourtant, son origine remonte à l'antiquité, notamment au conflit qui oppose l'Empire Romain aux combattants Juifs en Judée et en Galilée (déjà!). Les combattants Juifs se fondaient dans la population locale pour frapper l'ennemi, en usant de tout ce qui pouvait le leurrer (langue et vêtements). C'est bien une forme de Low profile, déjà...


Plus tard dans l'histoire, tout combattant désireux de s'opposer à une force armée hors d'un contexte d'affrontement en champ ouvert, aura recours au LP.
Les rebelles, insurgés, guérilleros, maquisards et résistants usent et abusent du "Low profile", pour plusieurs raisons: absence de front régulier et population au contact direct des troupes ennemies; impossibilité physique d'utiliser un uniforme; actions moralement répréhensibles par la morale, notamment pour éviter de nuire à la popularité du mouvement.
A partir des années 45-50, les forces conventionnelles occidentales, confrontées aux luttes sanglantes de la décolonisation, vont comprendre rapidement l'intérêt de ne pas systématiquement opérer en uniforme. Un exemple célèbre reste celui du français Vandenberghe, du Commando delta en Indochine; par mimétisme avec ses hommes, mais aussi par souci de discrétion, ce soldat hors-pair combattit avec le pyjama noir traditionnel des paysans vietnamiens. Ce que feront parfois certaines forces spéciales U.S ( Navy SEAL's) dans le conflit qui suivra à partir de 1963.

Dans un pays soumis à une occupation étrangère, l'uniforme étranger est synonyme d'agression. Un pays est réputé pour ce phénomène: l'Afghanistan. Deux uniformes s'y sont déjà cassé les dents: le Britannique au 19ème siècle, le Soviétique au 20ème. Tout un lot d'uniformes différents semble subir le même sort depuis 2003-2004: celui des troupes occidentales.
En Afghanistan, l'uniforme étranger ne passe pas. En Irak non plus, d'ailleurs. Ces deux pays répondent à des lois religieuses, tribales et claniques et l'uniforme du soldat étranger devient à lui seul une agression morale, visuelle et physique, en particulier dans les zones tribales ou les régions difficiles d'accès (qui sont souvent les mêmes).
C'est là que le "Low Profile" intervient. Il a pour but de se montrer discret dans les actes, les manières et les tenues. Pour les unités spéciales, il ne s'agit pas d'arriver en blindé rugissant et menaçant, d'effrayer une population civile déjà éprouvée et de paraître "inhumain". Tout le contraire d'une troupe d'infanterie mécanisée américaine, qui débarque arme au poing, sanglée et casquée de partout, protégée au point de proscrire les contacts physiques avec les populations civiles.
Voyez la différence entre un SAS qui arpente les montagnes d'Afghanistan portant Pakhol et shemag et une tortue-ninja des Marines U.S.
L'objectif est pourtant le même: gagner la guerre, neutraliser l'ennemi, vaincre les cœurs et les esprits.

Dans ce contexte, les unités spéciales et clandestines appréhendent toute l'importance d'être "Low Profile".
Pas d'uniforme, ou seulement quelques pièces, pour montrer à quel camp on appartient. Vestes et pantalons civils tels que des jean's, pour casser l'image du soldat en treillis. Gilets multi-poches qui rompent avec l'aspect belliqueux des brêlages débordants et qui escamotent les armes de poing aux regards des civils. Barbes mimétiques pour adopter les coutumes des locaux. Patrouilles discrètes en dehors des zones de patrouilles mécanisées, armements souvent facilement dissimulable...

Les troupes anglaises et les rares commandos clandestins qui se sont "laissés" voir ou photographier en sont bel un exemple: les hommes apparaissent barbus, portant sur la tête tout ce qui peut les distinguer d'un troupier; gilets ou rigs non règlementaires; jean's ou pantalons de trek civils; chaussures de montagne; armement court et "customisé" (M4 CQB, M1A SOCOM, HK G36 C, PDW's, etc.).

Ce genre de tenue désormais appelée "Low Profile" a pour but évident de contourner l'image traditionnelle du soldat du rang, venu pour occuper et pour mener une lutte brutale, inégale et traumatisante.
La population qui rencontre un personnel d'aspect plus civil, donc moins agressif par nature, se laisse plus facilement approcher et est à priori plus encline à coopérer avec lui. A charge à ce personnel FS de s'adapter à son environnement (Cf. Vandenberghe).



Si le "Low Profile" est souvent gage de progrès et de réussite dans les opérations qui visent à rallier les populations locales, il est à double tranchant.
Les FS américaines et Britanniques ont systématiquement opéré en tenue LP aux premières heures du conflit en A-Stan, ce qui a aussi eu pour effet une arrogance ouverte vis-à-vis de la troupe conventionnelle qui n'opère qu'en uniforme. Partir combattre en jean's avec une casquette de base ball a pour but, ne le cachons pas, d'affirmer la liberté relative dont jouissent les FS dans biens des domaines, notamment la "démilitarisation". Ce qui induit des jalousies et des tensions.
Les commandos clandestins type SOG ou CPIS n'ont quant à eux aucun compte à rendre sur leurs tenues et leur matériel; seul compte le résultat.

Autre problème, l'abondance des personnels travaillant en civil sur les théâtres d'opérations modernes: Forces Spéciales, journalistes, médecins et ONG, Contractors.
Dans un contexte aussi difficile que celui de l'Irak ou de l'Afghanistan, quelle est la part de la population qui est capable de faire la différence entre un Land Rover du SAS et d'une ONG, ou entre un médecin des FS protégé par un pare-balles et un PA et un contractor de Blackwater?

Le "Low Profile" commence à être identifié avec le temps. Ceux d'En-Face ont fini par comprendre que les gars en jean's qui n'ont pas l'air de soldats sont en réalité bien plus dangereux et précieux qu'un troupier.
Hormis les espions et certaines unités URH pointues comme le 13ème RDP ou le SRR dont le rôle est de se fondre dans le paysage, ceux qui agissent en tenue "Low Profile" ou qui en ont les manières, deviennent des cibles de choix.

Trop de "Low profile" risque de tuer le "Low profile".
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 17:35
Article réalisé par "M. Pousse-cailloux", Infirmier de Sapeurs-Pompiers Professionnel ayant passé pas mal de temps dans des services de réanimations et d'urgences.


Composer un MEDIKIT idéal est quasiment impossible car il est spécifique à chaque personne et à chaque climat. De plus la composition repose aussi sur le niveau de formation et de connaissance de l'opérateur qui le met en œuvre. Ce kit est individuel, c'est le soin de base qui ne repose pas sur des compétences médicales ou paramédicales évolués. Ces deux aspects seront traités ultérieurement dans d'autres contributions, si bien entendu vous le souhaitez. En outre cette composition est celle immédiatement accessible (sur le harnais ou la veste de combat), un deuxième kit sera lui dans le sac pour réassort et soins plus important. La composition et les indications seront pour plus tard.

Néanmoins il existe une composition de base permettant de couvrir un certains nombre de désagrément de la vie en compagne.

Sur les listes proposées par les différents intervenants du forum, il est cité un certain nombre de matériels et de médicaments ; certains vont être repris ci-dessous et d'autres éliminés. Je vous expliquerai à chaque fois le pourquoi de la sélection.

Il va de soi que cette liste est indicative et ne repose pas sur la connaissance des antécédents de chacun des lecteurs. Pour certains médicaments il vous faudra impérativement une ordonnance, que vous joindrez à votre kit pour pouvoir passer une frontière avec. La consultation est importante car votre médecin peut trouver une incompatibilité avec votre état de santé.

Pour la gestion des dates de péremptions un logiciel existe est gère les dates pour vous, une feuille EXEL peut aussi le faire avec un peu de pratique de cet outil informatique.


Le contenant : une MEDIC POUCH BLACKHAWK.



La composition du Kit :


de haut en bas et de droite à gauche.

 

ELASTOPLAST (idéal pour faire tenir n'importe quoi sur la peau).

Boite de COMPEEL

Paire de ciseau GESCO

Thermomètre

BETADINE DERMIQUE (désinfectant)

Sérum physiologique (unidose 10ml et 30ml)

EOSINE AQUEUSE (pour assécher des plaies)

Couverture de survie

Petit ciseau

Pince à écharde

Lame de bistouri (n°11)

Paquets de compresses stériles

Gants à usage unique.

2 boites NRBC étanches (cf. photo suivante)

Pansement pour ampoule de différentes tailles.


De haut en bas et de droite à gauche

 

Bande Velpeau petite taille.

Gélules de CONTRAMAL 50 mg (stockée dans un tube étanche).

Compresses individuelles imprégnées de désinfectant.

Gélules de tiorfan.

Gélules de DI-ANTALVIC (ne jamais associer avec le CONTRAMAL).

Comprimés d'IBUPROPHENE.

Compresses en emballage individuelle.

Petits pansements.

Grands pansements.

Tube de PARACETAMOL (ne jamais l'associer avec le DI-ANTALVIC) à prendre sans eau.

Sparadrap.

STERISTRIP petite et grande taille.

Sachets de SMECTA (pour les diarrhées).
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 16:37
Voici une liste de matériel pour dormir rapidement au sec discretement.

De la terre vers le ciel :

- Une petite bache OD (qui peut servir à isoler un PO)
- Des sardines
- Tapis ou matelas de sol
- Sac de couchage
- Sac à viande ( en polaire par grand froid)
- Sur-sac étanche ( gore-tex dans l'idéal )
- Tenders ou paracordes de différentes tailles
- Basha (DPM bien entendu)

On peut remplacer le matelas par un hamac. Le modèle jungle MoD anglais est très léger et résistant. 

On rajoutera pour optimiser le temps de repos :

- Un tee-shirt en coton (celui du kit camouflage par exemple)
- Un masque pour les yeux



Quelques conseils d'entretien et de stockage :

- Le matelas auto-gonflant reste stocké gonflé sinon il se déforme et s'use.
- Le sac de couchage est stocké lui aussi ouvert, plié sur un cintre et non dans son sac compressif.
- On ne lave jamais un duvet cela lui fait perdre sa capacité thermique. Il faut utiliser un sac à viande qui lui, est lavable en machine.




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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 13:23

Le Phasme, fort de son expérience de photographe animalier, nous livre un formidable travail pour réaliser une "guillie suit" :

La "ghillie suit", pour les amateurs de langue anglaise, se prononce "Guy-li-soute". Elle a été mise au point au 19 ème siècle par des garde-chasse écossais qui avaient en charge l'anti-braconnage et le recensement des cerfs. Ghillie est le nom de la chaussure écossaise et suit, c'est le costume ou la tenue.

La ghillie ne soit pas servir à imiter le décor, vous le savez, mais à tromper totalement l'oeil vicieux de l'adversaire. L'oeil ne doit pas s'arrêter sur vous, sinon, vous êtes mort. Un porteur de ghillie ne doit pas ressembler au décor ni à quoi que ce soit. Un porteur de ghillie ne doit ressembler à rien. C'est pour cette raison que la notion d'esthétique est à oublier.
Autre chose avant de développer le sujet, ne prévoyez pas des heures de confort lors de l'utilisation d'une ghillie; en porter une, c'est proprement chiant, voire l'enfer. On s'accroche, ça pue, ça gratte, ça pèse. Exactement comme quand vous vous glissez sous un couvert. Si ces ingrédients sont réunis, c'est que vous êtes correctement camouflés. Attention, porter une ghillie ne vous rend pas invisible. C'est une des dernières étapes du camo, qui en compte des dizaines.

Alors, commençons par les ingrédients, avant de se lancer dans la recette.



_ un hamac de jungle kaki;
_ du fil de pêche très résistant (au moins 7 kg);
_ 6 à 8 m de tissu camo de n'importe quel camo (moi, c 'est du vegetato);
_ un boonie hat;
_ de la paracorde, on ne sait jamais;
_ de bons ciseaux;
_ un t-shirt manches longues (de préférence) ou courtes, de taille très ample.


Le hamac de jungle est un filet large et ultra-résistant, au poids et à l'humidité. Enlevez les anneaux et tous les fils et cordelettes qui ne constituent pas la trame du filet proprement dite. Brûlez ensuite la tête des fils qui sont effilochés. Comme c'est du nylon, ca se rétracte comme du plastique fondu et ça ne bouge plus. Comme avec la paracorde, à chaque bout.
Le hamac va constituer le corps de votre costume des bois.

Le fil de pêche va servir à coudre (à la main) et à lier les côtés, les aisselles et les bras de la ghillie. Et à fixer le filet sur le boonie, avec les passants de camo du chapeau.

Le tissu camo, évidemment, va servir au camo à proprement parler. Découpez dans la masse toutes les bandelettes que vous pourrez; environ 4 à 5 cm de large pour une trentaine de longueur. Elles seront nouées ensuite sur le filet du hamac. Je ne suis pas fan de la toile de jute, car elle devient vite un nid à parasite et à insectes désobligeants. Les mailles fissent par s'écarter et il faut la renouveler tout le temps. En plus, on sème tout le temps des brins et ça, c'est pas bon du tout pour la discrétion. Le tissu, malgré ce qu'on peut lire, vieillit au contact du terrain. S'il est ripstop, c'est encore mieux, car il ne va pas s'effilocher et semer comme le jute. Un tissu ripstop camo usé est très camouflant.

Un boonie hat camouflé déja usé (car souple), constituera, une fois recouvert d'un morceau de hamac, le camo de tête. Cousez d'abord la visière frontale du boonie sur le tube du chapeau, un peu comme le faisait les chindits ou les sudistes. Votre chapeau aura ainsi le front relevé (à la Napoléon), ce qui vous permettra d'avoir un champ de vision plus large. Les bandes de camo qui tombent depuis le filet se chargeront de masquer votre tronche. Et, de toutes manières, si vous voulez vous la jouer tapis végétal, vous ne lèverez pas la tête, cqfd.

La paracorde ne sert pas véritablement lors de la confection de la ghillie, mais il faut en avoir, pour assurer une réparation de fortune lorsque frappera la loi de Murphy. Il vaut mieux nouer de la paracorde que du fil de pêche, quand on noue dans l'urgence et dans l'inconfort.

Les ciseaux doivent être des modèles de couturier. Larges, longs et confortables, parce que découper des dizaines de bandelettes dans 8 m de tissu va user et cloquer vos doigts rapidement. Pas de ciseaux à ongles.

Enfin, un t-shirt de couleur sombre, d'une taille bien supérieure à la votre, qui va servir de sous-peau au filet. Vous coudrez le t-shirt sous le filet, pour constituer littéralement une 2ème peau. Pourquoi, parce que ça vous évitera tout simplement de vous emmêler les pinceaux chaque fois que vous enfilerez la ghillie, surtout si vous le faites rapidos sur le terrain. Lorsque vous la roulerez, au moins, vous n'aurez aucun problème pour la démêler.
En plus, ça constituera un véritable survêtement, ample et lavable en machine sans aucun problème, du moment que tout est bien cousu et ajusté correctement. cette "ghillie" rajoutera une couche quand il fait froid et sera légère en conditions chaudes.

Voilà pour les ingrédients.

J'en oublie un de taille: la patience. C'est très très long de réaliser une bonne ghillie. La patience est de rigueur; tant mieux, parce qu'un porteur de ghillie doit être tout sauf impatient.

Une fois que tous les ingrédients sont réunis sur la table, vous pouvez commencer l'ouvrage.

Alors, autant le préciser, cette Ghillie est universelle, aussi adaptée à l'obs des bestioles, qu'au ROHUM et qu'au sniping.

Cette ghillie est au final un ensemble veste-chapeau, car j'estime que si le camo est suffisamment bien réalisé, vous pouvez vous passer d'un pantalon de type Chubaca. Les tons de la ghillie devant être choisis avec soin selon la zone que vous fréquentez, le camo du pantalon ira de pair. Rien ne vous empêche cependant de réaliser un pantalon sur le modèle de la veste.

Le v"egetato" étant assez passe-partout quand il est découpé et utilisé en 3D. Le Centre-Europe peut rendre de loyaux services dans ces cas-là. Le DPM, un peu moins, car plus foncé, mais, que je ne prenne personne à découper du DPM. L'idéal, vraiment, serait du Multicam, mais nous ne sommes pas encore milliardaires au point de nous le permettre!

Alors, attaquons avec le hamac.

Donc, débarassez-vous des anneaux de suspension et de toute la petite corderie et des lanières tressées qui sont destinées à suspendre votre sommeil.
Ne conservez que le filet qui forme un rectancle, légèrement élastique.
Brûlez les têtes des brins de nylons pour éviter qu'elles ne s'effilochent.
Quand votre filet est prêt, étalez-le sur une table, et rien d'autre, car mieux vaut être assis pour travailler plusieurs heures.
Découpez votre filet en croix et gardez bien les chutes, elles serviront pour le chapeau. La croix doit être irrégulière: une branche large pour la face; une branche large pour le dos; les deux branches restantes étant plus fines, pour chaque bras.
Attention, assurez-vous de découper les branches pour les bras assez larges pour que les bords se rejoignent autour de vos bras.

La croix découpée, ôtez un bout pour passer la tête au centre de la croix. Pas trop serrée, car la ghillie doit flotter et on est vite étranglé quand on lève la tête depuis un couvert. Brûlez toujours les têtes des brins coupés.

Passez la ghillie. L'idéal est d'avoir le filet qui arrive à mi-cuisse. avec l'ajout de tissu qui pendouille, on arrive presque aux genoux. Avec la hauteur de l'herbe, on est gagnant. Et puisqu'on ne tire ni observe debout la plupart du temps, vous m'avez compris...
Côté dos, pareil, ça tombe sous les fesses. pour les bras, faites que ça ne dépasse pas en longueur la moitié de l'avant-bras ou au pire, le poignet. C'est important, surtout quand il y a de la ronce devant soi ou qu'il faut manier une pétoire (ou les deux, souvent).
Mais la ghillie, à ce stade, est ouverte et baille.



Avec le fil de pêche (préférez-le vert), vous allez fermer tout ce qui baille. De chaque côté, liez la face au dos, surtout pas près du corps. gardez de l'amplitude, ça vous rendra service pour le confort et le cassage de silhouette.
Fermez bien au niveau des aisselles, en laissant du jeu, histoire de pouvoir lever les bras plus haut que votre nombril. Vous devez être un fantôme, pas une momie.
Enfin, nouez avec le fil de pêche la longueur des bras, toujours avec beaucoup de jeu, et pour les même raisons.

C'est long et plus vous utilisez de noeuds au fil de pêche, plus l'ensemble sera préformé et solide. Quand la base filet (le patron) est finie, en la portant, vous devez avoir l'impression de porter une veste trois fois trop grande. C'est le but.



Ensuite, passez au t-shirt. Si vous faites du S, prenez un L ou un XL. Prévoyez de passer parfois la tenue par dessus un blouson type Snugpak.
Ajustez-le bien à l'intérieur du filet, surtout au niveau du col et des épaules, avec des points solides de couture; concentrez-vous à l'ajuster sur cette zone cou-épaules, parce que si c'est bien fait, vous n'aurez aucun problème de mobilité. Dans le cas contraire, vous évoluerez comme Quasimodo...
Quand c'est bien ajusté, cousez des points partout. Plus y en a, mieux c'est car, la Ghillie deviendra une véritable côte de mailles.



Le T-shirt-deuxième peau doit être ajusté, sombre, sans motifs, ou alors camo, c'est mieux. L'avantage de ce système filet-T-shirt, c'est sa polyvalence et sa facilité d'entretien. Vous l'enfilez comme un T-shirt, et pour cause, sans vous emmêler les doigts dans les mailles du filet. Préférez un T-shirt manches longues.
Vous pourrez la rouler 50 fois, sans passer 15 ans à trouver le trou pour la tête et celui pour les bras. Et, sacro-sainte hygiène, vous pourrez la laver en machine, sans retrouver des boulettes-couscous de toile de jute dans le tambour de la machine (au mieux). En plus, elle est légère et vous évite de l'avoir directement sur la peau (vu la densité de tiques en France, on appréciera d'autant).

Quand la veste filet sur T-shirt est prête, prenez votre sac plein de bandes de tissu ripstop camo. Sainte-patience, priez pour nous; commencez à nouer.



Commencez par le bas, histoire de couvrir le filet du mieux possible. Nouez-en partout, c'est un filet, c'est fait pour. Moi, je noue une bande sur l'endroit (côté camo) et une bande sur l'envers (côté olive). Ca accentue l'effet fouilli de la végétation.
Couvrez tout le filet, à exception peut-être, d'un petit carré sous les aisselles, histoire de pouvoir fermer les bras.

L'avantage des noeuds est qu'il donne du volume, qu'il est rapide à mettre en oeuvre et qu'il se défait (avec une pince plate). Si vous voulez consolider vos noeuds, trempez la ghillie dans l'eau un moment.



Sans tenir compte des cloques aux doigts, voilà votre veste terminée.
Ah, j'oubliais... c'est très long, mais long, mais long...



Le chapeau sera l'objet de la troisième partie.

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Published by LE PHASME - dans TECHNIQUE
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